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mercredi 11 octobre 2017

Le grand saut, tome 2

Le grand saut, tome 2
Florence Hinckel
Editions Nathan
"Depuis l’accident d’Alex, le groupe des six amis inséparables a volé en éclat. Paul et Iris ne s’adressent plus la parole, Alex s’isole, Marion s’enferre dans une nouvelle relation d’amitié empoisonnée, Rébecca aime Alex qui ne l’aime pas, Iris découvre un nouveau secret perturbant, Paul ne va plus au lycée, et Sam ne se sent nulle part à sa place. Pour couronner le tout, le bac approche avec son lot d’angoisses et de promesses de liberté Réussiront-ils à recoller les morceaux de cette amitié qui leur donnait des ailes ? Et à trouver, chacun, la force d’affronter obstacles et rêves les plus fous ?"

Florence Hinckel détient la palme (la plume d'or ?) de la frustration du lecteur ! J'avais fini le premier volume dans un état de consternation avancé, et voilà qu'elle me refait le même coup avec le 2 ! Argh ! Dans ce tome, on retrouve avec plaisir nos héros. Vous vous en rappelez ? Alex le beau gosse intelligent et sensible. Paul le blondinet bellâtre qui part en live (oui, je ne suis pas une grande fan de ce perso, j'avoue, c'est celui qui m'agace le plus). Marion, la rêveuse, l'intello, mais la paumée aussi. Rebecca, qui m'agace peut être autant que Paul, la fille superbe à qui tout semble réussir mais qui cache secrètement qui est l'élu de son cœur. Sam, petit, maigre et roux ! Assez obsédé par les filles, il espère rencontrer LE grand amour (et si possible très vite). Harcelé, agressé, il passe une bonne partie du livre à avoir peur qu'on lui tape dessus. Et enfin Iris, ma chouchoute, la naturelle, la spontanée du groupe.

Suite à son accident à la fin du tome 1, Alex est désormais en fauteuil roulant (vous vous rappelez la fin du tome 1 quand il avait refusé de voir Iris ? L'horreur je vous dis pour mon ptit cœur sensible !). On va l'accompagner dans ses hauts (okay pas très hauts et peu nombreux) et ses bas (à la pelle et plutôt vachement bas). Paul est lointain aux yeux du lecteur, autant qu'il l'est avec ses amis, il se drogue, ne va plus en cours, il semble perdre pied et se perd peu à peu lui-même. Il vit malheureusement dans la culpabilité...
Marion n'a pas la vie facile, au milieu des querelles de ses parents divorcés, elle tente de s'occuper de son ptit frère (Tom, j'adore ce gosse) du mieux qu'elle peut. Mais elle, qui s'occupe d'elle ? Délaissée, elle sombre régulièrement dans la mélancolie et les tics envahissent son quotidien. Marion va changer dans ce tome, se faire du mal et toucher le fond. Désormais on ne peut qu'espérer qu'elle rebondisse enfin. Rebecca s'adonne avec passion au théâtre, on ne la voit que peu (tant mieux gniark gniark). Elle est toujours là pour ses amis, mais se montre discrète sur ses envies.
Sam vit dans la crainte de croiser les mauvaises personnes aux mauvais endroits (à savoir ceux où il ne pourra pas leur échapper). Un stratagème va s'imposer à lui pour calmer le harcèlement qu'il subit mais ça ne durera pas. Heureusement la fin du roman est bien plus clémente avec lui. Je suis ravie du choix de l'auteure (bien entendu, je ne vous en dis pas plus) et de ce qu'elle a réservé au lecteur et à Sam (les pages 379 et 380 sont juste parfaites ! merci pour ces deux pages de douceur dans ce monde de brutes). Tout comme Becky Iris n'apparait que peu (snif cette fois). Et à ma plus grande insatisfaction, rien ne bouge ou presque entre elle et Alex. Pour une fois dans ma vie que je veux de la romance dans un roman, y'en a pas (entre ces deux personnages en tous cas) ou presque ! Bon, il y a bien quelques petits passages sympathiques et touchants mais ça ne va pas assez vite à mon goût. Frustrée je vous ai dit !

Le grand saut ne peut laisser indifférent, il vous embarque avec lui, et vous transporte dans cet univers de grands ados en construction. Les thèmes actuels sont bien entendu essentiellement pour la modernité du récit et l'identification des lecteurs. Divorce, secret de famille, amitié, romance, sexualité et première fois, suicide, mutilation, drogue, finalement le panel est très très large. Mais pour moi la force de cette histoire c'est de nous faire vivre les personnages comme rarement. On se les approprie si bien, on les sent vibrer, on en oublierait presque que ce ne sont que des personnes de papier tellement on se sent impliqué !
A nouveau un coup de cœur pour ce second volume et il n'y a plus qu'à attendre mai 2018 pour le troisième tome !

mercredi 11 janvier 2017

U4 - Contagion

U4 - Contagion
Grevet 
Hinckel
Trébor
Villeminot
Editions Nathan
Le virus U4 a décimé 90% de la population mondiale, n’épargnant que les adolescents entre 15 et 18 ans et de rares adultes. Jules, Koridwen, Stéphane et Yannis font partie des survivants. Mais ils ne sont pas les seuls...

« Je m’appelle Séverine, le monde est ravagé et je crois que je suis enceinte. Je m’appelle Philippe, moi, président de la République française, je n’ai pas pu sauver ma propre famille. Je m’appelle Nicolas, je suis bloqué en Espagne avec mes potes : tout le pays est mort sauf nous, touristes français. Je m’appelle François, c’est de la folie mais par amour, je suis prêt à redevenir un hors-la-loi. Je m’appelle Koridwen, j’ai l’impression d’avoir déjà vécu ça… »

Recueil de nouvelles avec une alternance des 4 auteurs. Les styles et écritures variées offrent un réel plaisir de lecture, tous convergent vers leur même destiné, un renouveau, une fluidité particulièrement agréable. On retrouve tous les personnages qu'on avait déjà suivi dans les précédents tomes d'U4, qu'on voit chacun de leurs points de vue. ils ont tous vécu l'épidémie et ses conséquences de façon différente. Chaque protagoniste a une histoire différente et a fait des choix distincts. Entre ceux qui tournent mal, ceux qui veulent sauver le monde et ceux qui veulent le reconstruire, avancer. Outre les protagonistes attachants, l'ambiance de ce monde post-apocalyptique est toujours la même.
C'est une excellente continuation, le lecteur est heureux de poursuivre un bout d'aventure avec ses héros, l'ouvrage fait le lien entre toutes les histoires des quatre personnages principaux.

Les illustrations qui ponctuent les récits sont des rappels des précédents opus, un parti pris original mais finalement très plaisant.

jeudi 21 novembre 2013

Aventures au collège


Collège Art, tome 1 : Amis, Batterie & Cie
Alice Brière-Haquet
Kim Consigny
Editions Flammarion
Collection Castor Poche
Sibylle vient d'avoir 11 ans et a l'impression d'avoir passé un cap. Alors qu'elle espérait des cadeaux funs et modernes, ses parents lui offrent une batterie. Pas étonnant dans une famille de musicien ! Sauf que Sibylle est justement le petit canard au sein de tous ces artistes, contrairement à ses soeurs, elle n'a pas eu de déclic musical, au grand dame de son père, chef d'orchestre et de sa mère, premier violon. 
Sibylle est en 6ème dans un collège tourné vers les Arts. Jusqu'à présent, la jeune fille s'était contentée de jouer du triangle. Mais un mois après la rentrée, l'arrivée d'un petit nouveau, Mathias, et l'envie de l'impressionner pourrait changer la donne. 
Lorsque leur professeur principal annonce à la classe le lancement du PPP, le projet de pratique personnel, Sibylle veut trouver une solution pour échapper à un spectacle familial, elle décide alors avec ses deux meilleurs amis de monter sur scène à trois. Et avec Mathias qui fait bientôt partie de leur projet, c'est encore mieux. Mais Sibylle n'avait pas envisagé les difficultés qui l'attendaient. A commencer par devoir apprendre rapidement de la batterie. 
Voici une belle nouvelle série sur le thème des Arts qui commence très bien ! Sous la forme d'un journal intime, nous allons suivre Sibylle, une héroïne drôle, un poil moqueuse, qui devient vite attachante. Elle nous présente une galerie de personnages plus ou moins sympathiques. Le lecteur retrouve les différentes personnalités qui hantent les couloirs du collège, de la fille super sympa à la peste insupportableSibylle n'est pas non plus sans défaut, elle ne fait pas exception et se montre parfois rapide dans son jugement
Sur un ton enjoué et actuel, l'auteure nous donne une série au goût de Fame ou, pour utiliser une référence plus récente, de Glee, mais pour les plus jeunes. Des thèmes variés sont abordés. Les relations de Sibylle avec ses parents et ses soeurs, sa jalousie aussi, tiennent une place importante dans le récit. La persévérance est également mise en avant, ainsi que le développement de la confiance en soi
Sibylle est une héroïne qui parlera aux garçons et aux filles dès 9 ans

Le tome 2 est déjà paru. 
"Une équipe de télévision s'installe au collège. C'est l'occasion rêvée pour tous les élèves de montrer leur talent. A moins que mensonges et trahisons ne viennent tout gâcher. Sibylle et ses amis resteront-ils soudés ?"

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secrets.com
Florence Hinckel
Editions Rageot
Collection Rageot Romans
A la suite d'une discussion dans la cour du collège avec ses copines, Mona a l'idée de créer un forum pour les 6ème. Sur ce site, chacun pourra s'exprimer sous couvert d'anonymat et avouer les secrets qui le taraudent. Sa mère l'aide pour la création du forum, le proviseur accepte que des affiches soient posées dans le collège et la bibliothécaire a pour mission de se charger de la modération des messages et des commentaires. Si secrets.com devient très vite une belle réussite et un site incontournable pour les élèves de 6ème, les problèmes ne tardent pas à apparaître...
Sur un ton léger, ce roman s'adresse principalement aux jeunes lecteurs qui sont à la frontière de l'enfance et de l'adolescence. 
"Mais avant de sortir, j'ai le malheur de poser le regard sur mon reflet dans le miroir du vestibule. Une fois sur trois, je ne me reconnais pas. Cette fois-ci, je suis encore une autre. Est-ce que toutes les filles de onze ans et demi ont l'impression de se métamorphoser à la vitesse de la lumière ?" 
La petite héroïne Mona est sympathique, attachante et parle de ses copines et de sa famille à la manière d'une pré-ado
L'apparence, les garçons et bien entendu les secrets deviennent pour Mona les sujets primordiaux. Le récit met en avant de nombreux thèmes, les relations parents-enfants, l'amitié, les premiers émois amoureux, la puberté, la célébrité...
L'auteure parle donc de tout ce qui préoccupe les 9-13 ans. Mona va découvrir que sous couvert d'anonymat, internet peut permettre aux personnes mal intentionnées de laisser échapper le pire d'eux-même mais que la toile peut également parfois aider ceux qui en ont besoin. Un récit qui montre bien l'important de parler et de ne pas se taire, à découvrir dès 9 ans
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Enzo, 11 ans, Sixième 11
Joëlle Ecormier
Editions Nathan
Enzo a 11 onze et une certaine impression d'être poursuivi par le chiffre 11. Sa rentrée en 6ème (11 bien naturellement), se passe plutôt bien, surtout qu'elle est embellie par la présence d'Eva, jeune fille de son âge, franco-chinoise, qui fait partie de sa classe.
"Eva était un peu plus petite que les autres mais ce n'était pas pour ça que je ne voyais qu'elle. Je crois que le mot "belle" a été inventé pour elle."
Une semaine après le début des cours, un nouveau fait son entrée. Il s'appelle Owen et Enzo va de suite le détester.
"Il arrivait des Etats-Unis et il ressemblait à Jacob dans Twilight. Il avait une tête de copain et de petit copain parfait. Sa façon de s'habiller était parfaite. Son sac était parfait. Sa coiffure était parfaite. Il avait l'air deux fois plus âgé que nous. Je l'ai détesté tout de suite."
Enzo reste à part au collège et ne cherche pas à se faire des amis. La seule personne avec qui il communique est Eva. L'heure de SVT est proprice aux échanges de petits mots entre les deux qui sont assis côte à côte. C'est sur un de ces bouts de papier qu'un jour Enzo va avouer à Eva la longue série de 11 qui le poursuit. La filette ne gardera pas ce secret pour elle et à partir de là tout va changer...
J'ai énormément aimé ce roman jeunesse. Je l'ai même lu deux fois en 2 mois. Il aborde de très nombreux sujets tout en restant cohérent. D'une part, le lecteur suit Enzo au collège et le découvre dans cet environnement où notre jeune héros ne se sent pas toujours à sa place
"J'ai découvert que j'avais un super pouvoir : je suis Invisible-Man. On me passe devant, on m'écrase, exactement comme si je n'existais pas."
Les cours, les profs, les interros, l'élection des délégués, on s'approche très près de la vie quotidienne d'un collégien
D'autre part, le lecteur découvre le narrateur sous l'angle familial. Garçon aimé, il est entouré par une mère active, un père au chômage et une petite soeur un peu pénible. Pendant les vacances de la Toussaint, après une visite de la maison, en Normandie, de sa grand-mère récemment décédée, les parents d'Enzo décident de se séparer, du moins temporairement. L'auteure met bien l'accent sur les difficultés dans un couple lorsque le chômage s'installe sur une longue durée. Elle n'oublie pas non plus de rendre le récit touchant. Elle crée une belle histoire au père ainsi qu'une relation forte entre lui et son fils. Les passages concernant la grand-mère sont également émouvants
"Avant il y avait aussi un âne qui s’appelait Basile. [...] Il n'a pas fait long feu. Papa a dit qu'il était mort de chagrin. Le potager de légumes ne s'est pas gêné pour faire pareil. [...] Basile et le potager se sont donnés le mot pour ne pas avoir à supporter l'absence de grand-mère. J'aurais pu l'avoir aussi, le mot, j'étais tellement triste, mais je n'ai pas voulu le prendre. Je dois être plus courageux que des petits pois et qu'un âne noir."
Le roman est remarquablement bien écrit tout en s'adressant aux jeunes lecteurs dans un style actuel
Enzo souffre d'un sentiment d'exclusion et va apprendre à s'ouvrir aux autres et à communiquer. Au collège, les apparences sont souvent trompeuses. Lui, le solitaire, va avoir un jugement trop actif concernant un de ses camarades. Après la vie en 6ème, le premier amour, la séparation des parents, le deuil, l'auteure développe avec justesse un nouveau point qui trouve sa place dans la logique de l'histoire : la maladie
Mais le livre n'en oublie pas d'être drôle, toutes les petites réflexions sarcastiques d'Enzo sont réjouissantes à lire. 
Un roman extra à découvrir dès 9 ans
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