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mercredi 16 mars 2022

HANA THIERRY, LES HIRONDELLES ET AUTRES NOMS D’OISEAUX

Touria Arab-Leblondel

Éditions Milan  

"Je m'appelle Hana, Hana Thierry.
Dit comme ça, on ne sait pas trop d'où je viens. Hana, ça fait prénom du monde, universel, un truc sans origine et facile à prononcer. [...] Thierry, c'est bien français, pas besoin de m'expliquer. Au collège, on m'appelle même Hana Babtou. Mon nom est bien blanc, mais moi je suis brune, j'ai le cheveu frisé, crépu même. Le teint basané. Une Arabe, quoi. Ni mon prénom ni mon nom ne le gommeront."

mardi 14 septembre 2021

Cité Les Argonautes, tome 1

Des Mensonges Plus Grands Que le Collège

Insa Sané

Éditions Milan

Moi, c'est Bounégueux. Quand j'ai emménagé dans la Cité des Argonautes, je suis devenu le Nouveau. Mais quand on rentre en sixième on est tous des Nouveaux, non ? Mon père dit qu'il vaut mieux être petit chez les grands que grand chez les petits, mais moi, je sais bien que les alliances sont capitales au collège ! Erwan, Maya, Jeanne et Medi l'ont bien compris eux aussi, et on a décidé de se serrer les coudes...même si notre amitié repose sur un mensonge.

lundi 12 octobre 2020

Taxonomie de l'amour

Rachael Allen

Editions Bayard

« Chose à savoir sur Hope Birdsong, ma nouvelle voisine : je suis sûr à genre 80% qu'elle a des pouvoirs magiques. Elle fait peur à des brutes deux fois plus grandes qu'elle, elle aime grimper dans les arbres, ses cheveux sentent le chèvrefeuille en fleur, et elle ne se moque pas de mon syndrome de La Tourette.

mardi 15 octobre 2019

Les Collégiens

Colas Gutman
Editions L'école des Loisirs
« Je n'ai pas choisi d'entrer en sixième k, je n'ai pas choisi non plus de faire cinquante trois fautes d'orthographes par dictée. A côté de moi, un type écrit sur la table « Le collège : c'est plus facile d'y rentrer que dent sortir. » Je ne suis pas sûr que collège prenne deux l, je décide d'appeler l'individu « Dent » et de m'en faire un copain. (...) 11 H30 Cantine (Eh oui déjà, même si t'as pas faim, tu manges) 14h 00 Contrôle d'Anglais : je rate. 15 H 00 Interro de maths : je foire. 16 H 00 Exposé de français : je dors. 17 h 00 Grille du collège : je sors. »

12 presque 13

Lisa Greenwald
Editions Slalom
Ari et Kaylan sont meilleures amies depuis le CM1. Pour leurs années de collège, elles décident de mettre toutes les chances de leurs côtés en créant des listes de défis, envies et rêves à réaliser avant leur anniversaire. Mais le monde des adolescents n'est pas sans embûches.

lundi 18 février 2019

Coeur Grenadine : Popcake à la folie

Coeur Grenadine : Popcake à la folie
Suzanne Nelson
Editions Bayard
La guerre des popcakes est déclarée !

Ali est la reine des popcakes, ces petits gâteaux en forme de sucette. Toutes ses copines en sont fans. Mais son père, propriétaire d'une pâtisserie, refuse qu'elle y vende ses créations. Quand une chaîne de cafés s'installe en face de la boutique familiale, les clients se font rares, et Ali est sûre que ses délicieux popcakes pourraient tout changer. Alors qu'elle tente de convaincre son père, elle est chamboulée par l'arrivée d'un nouvel élève au collège. Leur première rencontre est un désastre, pourtant son coeur s'emballe dès qu'elle l'aperçoit. 
Mais Ali a une seule idée en tête : réaliser le meilleur popcake du monde !


J'ai adoré ce petit roman jeunesse ! Encore plus qu'Un macaron pour deux que j'avais déjà beaucoup aimé ! (pour voir la chronique de ce dernier, cliquez sur l'image) 
Ali et ses amis sont vraiment attachants ! J'ai trouvé le texte tout à fait réaliste cette fois. Les adolescents sont encore aux balbutiements de leurs premiers émois amoureux, ils sont patauds, ils tremblent, hésitent, c'est charmant et bien plus crédible. Les jeunes lecteurs vont se retrouver dans ces héros. Ils vont en cours, vivent intensément leurs amitiés mais aussi leurs désamours avec certains de leurs camarades, ils aiment cuisiner, jouer aux jeux vidéo, et prévoir des sorties en groupe, ils se disputent avec leurs parents, trouvent tout injuste et ne comprennent pas forcément les adultes, bref l'autrice est bien arrivée à se plonger dans ce monde de pré-ados/ados, sans en faire trop. 
Le style est si léger et fluide que ce roman sera dévorée à toute vitesse par les lecteurs entre 11 et 16 ans. 

 Certains romans me donnent envie de rassembler en images les moments clés de ma lecture. Popcake à la folie m'a inspiré le montage suivant. 

petit + perso : L'autrice a l'air super sympa !! Ça me donne encore plus envie de lire ses romans ! Elle a écrit un message sur instagram sur ma photo de ses deux livres et l'a même partagée !! Je ne sais pas vous mais moi ça m'émeut toujours qu'un auteur prenne le temps de mettre un ptit mot à ses lecteurs. Suzanne Nelson, coeur sur vous !! ^^

vendredi 15 février 2019

Coeur Grenadine : Un macaron pour deux

Coeur Grenadine : Un macaron pour deux
Suzanne Nelson
Editions Bayard
 Le monde de Lise est sans dessus-dessous ! Sa nouvelle belle-mère, déjà mère d'une adolescente, est enceinte ! Voilà donc notre jeune héroïne obligée de déménager et de cohabiter avec une horrible peste, Destry, d'un an de plus qu'elle ! Mais après une soirée déguisée, alors qu'elle est encore masquée, Lise sympathise avec un beau jeune garçon et comprend que finalement sa nouvelle vie pourrait lui réserver de belles surprises. Au collège, Lise se fait rapidement deux amis, le doux et compréhensif Kyan ainsi que la belle et impétueuse Viv. A eux trois, ils ont une mission, retrouver le roméo qui a fait tourner la tête d'Elise lors de la soirée de St Valentin.

Tout mignon !
Qu'est-ce que j'aime les petites lectures douces et acidulées de ce style ! Ma seule réserve concerne l'âge indiqué; l'héroïne est en 4ème et son amoureux en 3ème or ils ont un comportement et une maturité de lycéens et pas du tout de collégiens. D'autant plus qu'à côté de ça, le ton est vraiment très léger et nous sommes bien dans un roman feel-good pour les 11-15 ans. Les différents protagonistes sont charmants, des caractères qui prennent le contre-pied de certains stéréotypes en particulier avec la jeune mannequin Viv qui se révèle amicale. On retrouve les thèmes qui parlent à nos enfants, le déménagement, la famille recomposée, l'amitié et les premiers papillons dans le ventre. Un très joli moment de lecture. 

jeudi 27 septembre 2018

Miranda Mullaly & Moi

Miranda Mullaly & Moi 
Jake Gerhardt
Editions Bayard
Qui réussira à sortir avec Miranda Mullaly, la fille la plus belle, la plus intelligente, la plus populaire de Penn Valley ?
Sam, le clown de la classe ? Chollie, le cancre ? Duke, l'intello ?
Chaque garçon élabore une stratégie pour attirer l'attention de la jeune fille : tenter de se faire élire délégué de classe à ses côtés (échec), lui donner la réplique dans la comédie musicale du collège (re-échec), déblayer la neige de son allée afin d'entrer dans les bonnes grâces de son père...
Mais Miranda sait-elle seulement que ses admirateurs existent ?


Divertissant, gentillet, ce récit qui alterne les points de vue de collégiens a été une agréable lecture. Niveau ambiance, ça me fait penser à un mélange de séries télé de Gulli mais également au Petit Nicolas car même si les personnages sont plus vieux on est dans la même atmosphère de légèreté et de bêtises enfantines. On a le clown de la classe, l'intello, le cancre, et la fille populaire mais très gentille.
En prime, le roman se finit bien, deux couples se forment, pas ceux qu'on attendait au départ, et c'est tout mignon.
Point très positif du récit, enfin une histoire qui se passe au collège et qui sonne juste. Les différents protagonistes sont authentiques et ressemblent à nos enfants, on est très loin des romans avec des personnages qui font plusieurs années de plus que leurs âges réels.

Une comédie que je conseille sans réserve aux collégiens voire à la fin de primaire ! Dès 9/10 ans. 


mardi 5 décembre 2017

20, allée de la Danse

20, allée de la Danse
Elizabeth Barféty
Editions Nathan
Découvrez la vie et les rêves des petits rats de l'École de danse de l'Opéra !

Je n'avais encore fait aucune chronique sur la série et pourtant je l'adore ! En plus, nous avons de la chance, les sorties s'enchaînent rapidement avec déjà 8 tomes parus.
20, allée de la danse met en scène 6 petits rats qui forment une bande soudée dans l'école de danse. 4 filles et 2 garçons qui viennent de métropole, d'Outre-mer et même d'un pays voisin. Ceux qui habitent trop loin sont pensionnaires et sont accueillis dans des familles d’accueil le week-end. Seul Bilal, un des garçons, habite tout près et est externe.
Pour les jeunes lecteurs avant qu'ils ne découvrent les filles aux chocolats et Bienvenue au Cast, c'est juste parfait ! Légère, facile à lire, la collection aborde des sujets plus sensibles mais toujours en restant accessibles aux jeunes lecteurs. Des récits qui donnent de l'énergie ! Les jeunes lecteurs verront les efforts que font les personnages pour évoluer dans le milieu de la danse alors qu'ils ne sont que des enfants. Chaque héros a ses faiblesses et chacun a "son petit caractère".
On admire leur volonté et leur énergie de réussir, que ce soit scolairement, dans leur pratique sportive que pour faire face à leurs soucis personnels.  Ce sont donc des récits très vivants, lumineux et qui font du bien à lire. A découvrir sans hésitation et dès 9 ans.

(8 tomes sont bien parus, il m'en manque juste 1) 

vendredi 14 octobre 2016

Aux innocents les menottes, affaire 3


Aux innocents les menottes, affaire 3 : Mon frère est un hacker !
Christian Grenier
Editions Oskar
Quand la police se présente à leur porte, Jules et sa mère ne se doutent pas que leur vie va basculer.

vendredi 15 janvier 2016

Les deux terribles

Les deux terribles
Que le meilleur gagne
Jory Jonh 
Mac Barnett
Kevin Cornell
Editions La Martinière J. 
Dans son ancien collège, Miles était le roi de la blague. Mais ici, à Roupilleville, la place semble déjà prise. Miles est prêt à se surpasser pour reconquérir son titre. Hélas ! son concurrent est un blagueur hors pair et Miles pourrait bien avoir trouvé son maître... 
Contre l'ennui et la morosité, leur arme fatale, c'est la blague. 

Pas facile de changer de région et d'école ! Et pour la rentrée, Miles notre jeune héros n'a qu'une idée en tête : s'imposer immédiatement comme le roi des canulars ! Les dialogues sont très réalistes, pour une fois nous n’avons pas l'impression que les enfants ont plus que leurs âges. Le récit est très drôle. Si on suit le jeune héros, l'histoire se penche également sur le quotidien de l'horrible directeur. L'auteur crée de nombreux parallèles de façon à renforcer les différences, les contrastes entre les uns et les autres, et renforcer les comiques de situations. Le texte est enjoué, farfelu, et s'accompagne d'illustrations en noir et blanc simples mais fortement expressives rajoutant donc de l'hilarité. Les deux terribles devraient plaire à tous les jeunes lecteurs à partir de 9 ans, même aux plus réticents à la lecture ! 

mardi 10 novembre 2015

Cupcakes & Compagnie, Tome 1

Cupcakes & Compagnie, Tome 1 : La gourmandise n'est pas du tout un vilain défaut

Lisa Papademetriou

Editions Hachette 

Pour Hayley, la vie ça n’est pas tous les jours du gâteau ! Ses parents ont divorcé, sa mère a perdu son travail et elle est coincée dans la même chambre que sa petite sœur Chloé depuis qu’elles habitent dans l’appartement de leur grand-mère. Quand rien ne va plus, Hayley a une recette infaillible : dégainer sucre, farine et spatule, pour confectionner de délicieux cupcakes. Car la pâtisserie rend toujours la vie d’Hayley plus douce ! Mais quand sa meilleure amie Artie et elle commencent à s’éloigner, Hayley comprend qu’il va lui falloir un peu plus que du sucre et quelques épices pour sauver leur amitié.

Si j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire les vingt premières pages, je me suis finalement vite prise d'affection pour la jeune narratrice. Hayley nous raconte sa vie quotidienne au collège et en famille. Les changements s'accumulent pour la jeune fille dernièrement, et elle a de plus en plus de mal à y faire face. Partagée entre le divorce récent de ses parents et la rencontre de la nouvelle amie de son père, déstabilisée par son déménagement avec sa mère et sa soeur chez sa grand-mère, accablée par la bouderie de son meilleur ami amoureux d'elle et demeure vexé d'être rejeté, et surtout assister à la transformation de sa meilleure copine en pimbêche égoïste, cela fait beaucoup d'un coup !

 Heureusement Hayley peut progressivement compter sur sa toute nouvelle amitié avec une de ses camarades de classe. Sa grand-mère, sa mère, et sa soeur sont toujours là pour elle, la fiancée du père est plutôt attentive et compréhensive, quant à Marco malgré sa déception il laisse parfois échapper quelques paroles de réconfort. Du vieux fleuriste amoureux de la grand-mère, à la vieille dame au chien acariâtre, en passant par l'ami imaginaire de la soeurette, et du vrai copain qui n'ouvre pas la bouche, les différents protagonistes ont des caractères bien marqués et ressortent tous aux yeux du lecteur. L'histoire est fraîche, tendre mais dure quelques fois, semée des mille petits tracas qui peuvent assombrir la journée d'une collégienne, et pleine de gourmandises au travers du décor de ce café familial et des recettes qui jalonnent le récit.

 J'ai hâte de lire la suite, le tome 2 est déjà sorti, j'espère que je le découvrirai rapidement. 
A lire dès 9 ans. 

lundi 5 octobre 2015

Le collège Lovecraft, tome 1

Le collège Lovecraft, tome 1 : Professeur Gargouille
Charles Gilman
Editions Bayard Jeunesse
Le collège Lovecraft Professeur Gargouille Matteo fait sa rentrée au collège Lovecraft. Panneaux solaires, écrans tactiles, tablettes numériques... le collège est à la pointe de la technologie ! Mais bientôt, des événements étranges se produisent. Des rats surgissent des casiers, des élèves disparaissent, et Matteo découvre dans l'immense bibliothèque un passage secret. Quant au professeur de sciences, Garfield Gouille, il se comporte très bizarrement... Aidé d'improbables amis, Matteo va découvrir que le collège Lovecraft cache un secret... Démoniaque !

Ce premier tome du collège Lovecraft s'apparente énormément à ce que l'on trouve dans les récits de la célèbre collection Chair de Poule de Bayard Jeunesse. Une équivalence mais avec un bel enrobage en quelque sorte, l'édition en grand format, avec une couverture lenticulaire particulièrement bien réussie, donne une impression de littérature pour les plus âgés; les jeunes lecteurs ne pourront qu'apprécier d'avoir un de leur premier livre de "grands". 
Les personnages sont bien présentés et finalement pas si stéréotypés, l'auteur prenant même le contre-pied de plusieurs caractères des protagonistes. Matteo, l'anti-héros du roman, se révèle courageux voire téméraire. Sa nouvelle amie qui semble pourtant être une rebelle intrépide cache une grande peur. Le gros bras qui harcèle Matteo depuis des années, Glenn, a quelques faces cachées tout à fait touchantes... Le nouvel animal de notre héros est tout à fait atypique et attachant, même en étant phobique on peut se mettre à aimer ce petit animal et a trembler pour lui.  
L'histoire est bien menée, roman fantastique avec sa part d'horreur, l'ambiance est sombre et chargée de frissons. Démon, rats à gogo, pieuvre, "fantôme", ce collège est tout sauf normal. Etant dans du roman jeunesse, le récit se fait drôle aussi par moments. L'auteur aura réussi à créer un roman addictif, d'une lecture très fluide, qui transportera dans son imaginaire peuplé de créatures les jeunes lecteurs dès 10 ans. 

lundi 21 septembre 2015

Mentine, tome 2

Mentine, tome 2 : Cette fois c'est l'internat ! 
Jo Witek
Editions Flammarion jeunesse
Mentine adore dépasser les limites, surtout celles de ses parents ! Exclue. Cette sentence est tombée en novembre, à quelques jours de mon anniversaire. J'allais avoir treize ans, j'étais déscolarisée, et sur le champ de bataille de ma vie, une survivante : Johanna Estamplade, ma seule amie ! L'idée de papa m'a fait l'effet d'une douche de glaçons. Sa super trouvaille était un internat spécialisé, une usine à grosses têtes. Une école où on allait me transformer en petit singe savant. Adieu Johanna, adieu toute ma vie, je pars en Suisse étudier...

J'avais aimé le premier tome et j'ai carrément adoré ce second volume ! Le début est franchement dur, le collège étant un univers impitoyable. On fait face au harcèlement de Mentine (en live et via le net) et à sa longue descente aux enfers.  La jeune fille essayera de remonter la pente et de prendre le taureau par les cornes en faisant agir sa langue acérée mais les flèches qu'elle adresse à ses camarades sont bien trop piquantes pour finalement fonctionner. Alors la voilà qui part pour ce pensionnat pour enfants à haut potentiel, et là c'est l'éclate. L'éclate pour elle et pour nous lecteur. (En tant que maman d'un enfant précoce, je dois dire que la pension de Mentine fait juste rêver ! ) Dans cette deuxième partie du roman, on découvre le fonctionnement de cet établissement, ainsi les enfants peuvent suivre les cours qu'ils veulent et de progresser à leur rythme. Cette école prend en compte la capacité des gamins et ne cherche pas à les uniformiser. Le récit fait la part belle au respect des individualités et des différences. Par exemple être un ado et mettre devant tout le monde des pantoufles nounours, pourquoi pas ! Hurler au loup en cas de crise de mal-être, allons-y gaiement ! Le respect est le maître mot. 
"A George-Sand, on pouvait être soi et être aimé tel qu'on était. On pouvait laisser ses blessures sécher à l'air libre, en espérant qu'elles cicatrisent à jamais - ou du moins qu'elles cessent de nous faire souffrir."
Les personnages sont attachants (Mentine, elle, frôle le attachiante), j'ai particulièrement aimé le jeune suicide-man, un gamin qui organise sa mort régulièrement... tout comme Mentine se détend en inventant ses propres oraisons funèbres. La jeune héroïne évolue beaucoup au fil des pages, en trouvant sa place elle s'apaise enfin, devient ainsi plus réceptive, et montre plus d'empathie. Elle se montre lucide face à ce qu'elle apportait aux autres et en particulier à sa meilleure amie Johanna qui n'a pourtant jamais cessé de la soutenir. Le récit se termine sur un happy-end, d'ailleurs mon seul bémol serait concernant la romance de fin que j'ai trouvé un peu trop appuyée; d'un goût personnel j'aurais préféré le livre sans ça... mais le roman s'adressant aux 10-16 ans, je suis certaine que ça leur plaira à eux ! :) 
Le texte est rythmé, pertinent et très moderne. Les jeunes lecteurs vont se régaler et s'amuser au travers de cette aventure, que les problèmes liés au décalage des enfants précoces leur parlent ou pas finalement. C'est donc une lecture absolument délicieuse (mais qui ne manque pas de piquant !) et c'est à découvrir à partir de 10 ans. 

vendredi 17 octobre 2014

Tu es mignon parce que tu es un peu nul

Tu es mignon parce que tu es un peu nul 
Claire Castillon
Editions L'école des Loisirs
Collection Neuf
Au secours ! Pour Quentin, tout s’embrouille… Déjà, ses parents ne sont plus les héros flamboyants qu’il croyait. Sans explication, son grand-père ne lui parle plus. Et puis, sa fantasque tante Rude, qui est chanteuse de nuit dans ses rêves et s’habille en blanc, n’est autre que… le frère de sa mère. Et au collège ? Les choses ne sont pas forcément plus simples. Quentin doit partir en classe de neige alors qu’il ne sait pas mettre un ski devant l’autre. Ce qui ne va pas arranger ses affaires avec Lydie, dont il est amoureux, mais qui l’ignore royalement. À onze ans, il n’est pas si évident de trouver son genre. Et pour Quentin, une chose est certaine : rien n’est certain.

Au bout de deux pages, on comprend le malaise. Quentin, lui, trop jeune jusqu'alors ne s'était aperçu de rien. Sa tante, chanteuse de cabaret au Brésil, est en fait un homme. Quentin est du genre qui fuit et plutôt que  de poser des questions pour confirmer ce qu'il pense avoir compris, il préfère tout garder pour lui... ou alors parler avec Lydie, son amoureuse qui ne le sait pas, dans sa tête. 
Crédule, naïf, voilà un vrai héros (tendance anti-héros) de 11 ans ! Pas un jeune garçon très libre tel que je le vois parfois dans certains romans mais un personnage où, enfin, je peux reconnaître mon fils ! 
Les parents de Quentin aussi sont fortement représentatifs d'une réalité possible. La mère est hypersensible et angoissée, le père est un homme lunaire et solaire. Quentin, quant à lui, fait tout ce qu'il peut pour leur faire plaisir, surtout à sa mère. 

"Avant de souffler mes bougies, j'avais dix ans, j'avais tout le temps devant moi et j'étais optimiste. A présent, j'en ai onze, je suis propriétaire dune montre et je vivote. On me cache des choses. Si ma tante est mon oncle, ma vie va t-elle se briser ? Vais-je apprendre que mon père est ma mère ? Mon ordinateur, un aspirateur ? Pépé, un gentil grand-père ? Béconles-Bruyères, un pays d'Afrique ? Et Lydie, un rêve ?"

Peut-être qu'on lui a caché trop longtemps la vérité sur le sexe de son oncle, toujours est-il que Quentin est persuadé d'être noir, ou pour être exacte bicolore, et d'avoir été adopté. Le garçon sensible et anxieux, aurait bien besoin d'être rassuré. 

Le récit est bourré d'humour ! En lisant, je me suis dit que je devais absolument me procurer les autres livres de l'auteure ! Mais en fait, j'en ai déjà lu un et bizarrement (et malheureusement) je ne l'avais pas aimé. Tous les matins depuis hier m'avait carrément déplu. Étrange quand je vois comme Tu es mignon parce que tu es un peu nul est un coup de coeur ! Je pense relire Tous les matins depuis hier, peut-être que je l'avais lu à un moment qui ne lui convenait pas (?). J'essaierais également de me procurer Un maillot de bain une pièce avec des pastèques et des ananas (quel titre !). 
Dans Tu es mignon parce que tu es un peu nul les relations entre les pré-adolescents semblent tellement justes ! Au fil des pages, Quentin évolue et s'affirme. 

"Les enfants sont bêtes, les enfants sont méchants. Quand je serais grands, j'abolirai les enfants." 

"S'il ne revient pas aux adultes d'être tolérants, qui va l'apprendre aux enfants ?" 

Au début du livre, je trouve que Quentin a des similitudes avec Simple héros de Marie-Aude Murail et je sens que je serais capable d'aimer ce roman presque autant que j'aime Simple ! 

Mais Quentin ne reste pas dans l'enfance, ou presque la petite enfance (oui, même à 11 ans), il comprend enfin que les parents et les adultes en général ne sont pas tout puissants. Il apprend aussi à traduire les discours à deux sens de ses parents. 

Un excellent roman sur la tolérance, les relations parents-enfants, l'amitié et la vie au collège, le tout avec beaucoup d'humour, bref que du bon pour les 9 - 12 ans. Mon grand de presque 11 ans a, je cite, "adoré, adoré, adoré, adoré !" 

lundi 11 août 2014

En 6e A, tome 1

En 6e A, tome 1 : Un pied au collège
Emmanuel Bourdier
Editions Flammarion
La rentrée en 6ème, c'est déjà une épreuve en soi mais quand on déménage à l'autre bout de la France, c'est certainement pire. Gavin quitte sa maison, ses amis et surtout la meilleure d'entre tous Marge (Marjorie) et se voit propulsé dans un environnement inconnu (et parfois un peu hostile). Il se fait rapidement des amis, Sami le rigolo, Boris l'intello russe, Gaspard le géant au grand coeur... et Liberty la redoublante qui fascine notre jeune héros. S'il est plus petit que les autres et n'aime pas le foot, il a un sacré atout dans sa manche, il touche sa bille en guitare et ça, Liberty n'y ait pas insensible.

Un joyeux roman qui s'adresse aux pré-collégiens et collégiens (que j'ai d'ailleurs acheté pour le mien qui fait sa rentrée en 6ème -oh mon Dieu au secours - dans -seulement- 3 semaines) dans un style simple et actuel. L'histoire met en scène des gamins sympas pris parfois à partie pour le monde cruel du collège (à savoir un 4ème qui joue les gros bras), ou par une histoire personnelle difficile en ce qui concerne Liberty (l'auteur ne fait pas dans la pesanteur). L'amitié, et la découverte du premier amour (et du premier baiser) sont toutefois les maîtres mots du récit. 
Les illustrations, comme par exemple les réponses en dessin de Marge aux lettres de Gavin, sont de Gen Chapron.
Seul inconvénient, le récit est trop court (de fin août aux vacances de Toussaint) et le lecteur se retrouve avec une forte envie de savoir comment continue la petite vie des personnages. 

mardi 22 avril 2014

Les Todds, tome 1

Les Todds, tome 1 : L'étrange héritage de l'oncle Déprius
Harald Tonollo
Editions Hachette
Les Todds sont une bien étrange famille, descendants de sorcières, enchanteurs et autres êtres surnaturels, qui vivent de nos jours. Leur apparences extérieures ne prêteraient pas forcément attention sur eux, si ce n'est leur goût pour le noir, mais s'ils ne disposent plus des pouvoirs magiques de leurs ancêtres, ils conservent quelques dispositions atypiques, comme une espérance de vie huit fois supérieur aux humains ou la faculté de voir dans le noir. Autres différences avec nous, ils adorent ce qui est bizarre, affreux, et passablement dégoûtant, manger des salades de mouches bleues ou se baigner dans des bassins remplis d'insectes font partie de leurs plaisirs. Ces particularités ne sont pas au goût de Polly, la benjamine de la famille et pour cause, c'est un "caprice de la nature", petite fille humaine née dans cette famille de sorciers. La vie de la fillette qui est déjà bien assez différente à son goût, prend une tournure catastrophique lorsque sa mère hérite d'un vieil oncle. Obligée de déménager dans un sombre et lugubre manoir sans électricité, de changer de collège, Polly va avoir du mal à trouver ses marques. 


Servi par une belle couverture en carton rigide, une couleur verte flashy, et des illustrations marquantes sur la 1ère et 4ème de couverture ainsi que sur la tranche, le livre attire le regard ! Le contenu est tout aussi distrayant. Le lecteur découvre avec plaisir ces excentriques personnages dignes successeurs de la famille Addams. 
Le père entrepreneur de pompe funèbre, les jumeaux (frères de Polly) facétieux et agaçants comme peuvent l'être tous les frères, Hannibal le yorkshire qui a la puissance d'aboiement d'un bouledogue, le sinistre jardiner qui ne laisse pousser qu'orties et chardons, la cuisinière étrangère qui élève des larves de divers cloportes, tout est assemblé pour donner une ambiance marquante tout aussi saugrenue qu'inquiétante.  Le récit est un mélange d’éléments ragoûtants et d'humour, les jeunes lecteurs frissonneront de dégoût en s'amusant des réactions de Polly. Mais le livre ne s'arrête pas à un récit d'horreur amusant, l'auteur s'inscrit dans la réalité et le monde contemporain en projetant l'héroïne dans les difficultés liées à l'adolescence et au changement d'établissement scolaire. Polly va aussi venir en aide au seul camarade de classe avec lequel elle a réussi à sympathiser un minimum, Otto. Et lorsque ce dernier va lui avouer être victime d'harcèlement et de racket de la part de deux autres élèves, Polly va mettre au point un plan d'action pour que cela cesse. Pour cela, elle va demander de l'aide à ses frères, car s'ils sont enquiquineurs et souvent dégoûtants, lorsqu'une crise est là, la famille sait se serrer les coudes. 
Le roman s'accompagne des jolies illustrations en noir et blanc de Carla Miller et Isabelle Metzen.
 Les chapitres sont courts et le texte se prête bien à la lecture à voix haute, c'est tout à fait le style de roman agréable à lire le soir à ses grands enfants. A découvrir à partir de 7/8 ans. 
 



vendredi 28 février 2014

L'amour au subjonctif

L'amour au subjonctif
Pascal Ruter
Editions Didier Jeunesse 
Roméo aime Juliette depuis la maternelle. Ce voyage en Italie, il le prend un peu comme sa dernière chance puisque l'année prochaine ils iront dans des lycées différents. 
Juliette, elle le trouve bizarre Roméo. Il l'intrigue mais elle a l'impression qu'il ne l'aime pas. Une vieille rancoeur qu'il semble traîner depuis la maternelle. 
Il y a les autres 3ème dans ce car qui mène cette classe de latin jusqu'à Naples. Anna et Zoé, les deux amies de Juliette, la première est en quête de ses origines et surtout d'elle-même et Zoé, fantasque, se voit déjà en haut de l'affiche. Merlin profite des excursions pour jouer les pickpockets. Les professeurs ne sont pas en reste, ce sont deux psychorigides et un homme malheureux et paumé qui accompagnent les grands enfants. Pour finir le tableau, on a Tarzan, le conducteur de car, rouleur de mécanique, charmeur et amateur de séries télé romantiques. Sans oublier le chat "Tête de con" dont je me suis demandée où il faisait ses besoins pendant tout le séjour (énigme non résolue à la fin).  De Paris à Rome puis à Pompéi, ce voyage va être riche en émotions et découvertes pour chacun des participants. 

Les situations sont fantasques, les dialogues et les personnages parfois impossibles,  mais justement c'est ce qui fait le sel du récit, ce qui donne cet élan au roman et nous emporte dans le tourbillon de la vie de ces ados et de leurs profs (sans oublier le conducteur de bus) un peu déjantés. 
On rit, on s'émeut de leurs ressentis et petit à petit on s'attache à tout ce joyeux petit monde. 
Roméo, Juliette, Anna, Zoé, Merlin, à travers leurs points de vue, on suit les péripéties de ces 4 jours d'excursions, et on touche du doigt 5 sensibilités, 5 histoires avec ses côtés lumineux comme ses faces sombres. Un roman qui devient ainsi de plus en plus touchant et que l'on referme le sourire aux lèvres. Une belle ode au carpe diem.  

"En voyage, on déraille tous un peu. Personne n'est vraiment dans son assiette. On a les sentiments comme dans une centrifugeuse !" 

Vous pouvez lire les premières pages du roman, ICI. 

Les très chouettes illustrations (couverture et rabats) sont de Margaux Motin. En achetant votre livre en librairie vous pourrez avoir de belles cartes illustrées par l'artiste ! Sur le blog de l'éditeur, vous pouvez voir une photo des cartes, ICI. 

jeudi 21 novembre 2013

Aventures au collège


Collège Art, tome 1 : Amis, Batterie & Cie
Alice Brière-Haquet
Kim Consigny
Editions Flammarion
Collection Castor Poche
Sibylle vient d'avoir 11 ans et a l'impression d'avoir passé un cap. Alors qu'elle espérait des cadeaux funs et modernes, ses parents lui offrent une batterie. Pas étonnant dans une famille de musicien ! Sauf que Sibylle est justement le petit canard au sein de tous ces artistes, contrairement à ses soeurs, elle n'a pas eu de déclic musical, au grand dame de son père, chef d'orchestre et de sa mère, premier violon. 
Sibylle est en 6ème dans un collège tourné vers les Arts. Jusqu'à présent, la jeune fille s'était contentée de jouer du triangle. Mais un mois après la rentrée, l'arrivée d'un petit nouveau, Mathias, et l'envie de l'impressionner pourrait changer la donne. 
Lorsque leur professeur principal annonce à la classe le lancement du PPP, le projet de pratique personnel, Sibylle veut trouver une solution pour échapper à un spectacle familial, elle décide alors avec ses deux meilleurs amis de monter sur scène à trois. Et avec Mathias qui fait bientôt partie de leur projet, c'est encore mieux. Mais Sibylle n'avait pas envisagé les difficultés qui l'attendaient. A commencer par devoir apprendre rapidement de la batterie. 
Voici une belle nouvelle série sur le thème des Arts qui commence très bien ! Sous la forme d'un journal intime, nous allons suivre Sibylle, une héroïne drôle, un poil moqueuse, qui devient vite attachante. Elle nous présente une galerie de personnages plus ou moins sympathiques. Le lecteur retrouve les différentes personnalités qui hantent les couloirs du collège, de la fille super sympa à la peste insupportable. Sibylle n'est pas non plus sans défaut, elle ne fait pas exception et se montre parfois rapide dans son jugement. 
Sur un ton enjoué et actuel, l'auteure nous donne une série au goût de Fame ou, pour utiliser une référence plus récente, de Glee, mais pour les plus jeunes. Des thèmes variés sont abordés. Les relations de Sibylle avec ses parents et ses soeurs, sa jalousie aussi, tiennent une place importante dans le récit. La persévérance est également mise en avant, ainsi que le développement de la confiance en soi. 
Sibylle est une héroïne qui parlera aux garçons et aux filles dès 9 ans. 

Le tome 2 est déjà paru. 
"Une équipe de télévision s'installe au collège. C'est l'occasion rêvée pour tous les élèves de montrer leur talent. A moins que mensonges et trahisons ne viennent tout gâcher. Sibylle et ses amis resteront-ils soudés ?"

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secrets.com
Florence Hinckel
Editions Rageot
Collection Rageot Romans
A la suite d'une discussion dans la cour du collège avec ses copines, Mona a l'idée de créer un forum pour les 6ème. Sur ce site, chacun pourra s'exprimer sous couvert d'anonymat et avouer les secrets qui le taraudent. Sa mère l'aide pour la création du forum, le proviseur accepte que des affiches soient posées dans le collège et la bibliothécaire a pour mission de se charger de la modération des messages et des commentaires. Si secrets.com devient très vite une belle réussite et un site incontournable pour les élèves de 6ème, les problèmes ne tardent pas à apparaître...
Sur un ton léger, ce roman s'adresse principalement aux jeunes lecteurs qui sont à la frontière de l'enfance et de l'adolescence. 
"Mais avant de sortir, j'ai le malheur de poser le regard sur mon reflet dans le miroir du vestibule. Une fois sur trois, je ne me reconnais pas. Cette fois-ci, je suis encore une autre. Est-ce que toutes les filles de onze ans et demi ont l'impression de se métamorphoser à la vitesse de la lumière ?" 
La petite héroïne Mona est sympathique, attachante et parle de ses copines et de sa famille à la manière d'une pré-ado. 
L'apparence, les garçons et bien entendu les secrets deviennent pour Mona les sujets primordiaux. Le récit met en avant de nombreux thèmes, les relations parents-enfants, l'amitié, les premiers émois amoureux, la puberté, la célébrité...
L'auteure parle donc de tout ce qui préoccupe les 9-13 ans. Mona va découvrir que sous couvert d'anonymat, internet peut permettre aux personnes mal intentionnées de laisser échapper le pire d'eux-même mais que la toile peut également parfois aider ceux qui en ont besoin. Un récit qui montre bien l'important de parler et de ne pas se taire, à découvrir dès 9 ans. 
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Enzo, 11 ans, Sixième 11
Joëlle Ecormier
Editions Nathan
Enzo a 11 onze et une certaine impression d'être poursuivi par le chiffre 11. Sa rentrée en 6ème (11 bien naturellement), se passe plutôt bien, surtout qu'elle est embellie par la présence d'Eva, jeune fille de son âge, franco-chinoise, qui fait partie de sa classe.
"Eva était un peu plus petite que les autres mais ce n'était pas pour ça que je ne voyais qu'elle. Je crois que le mot "belle" a été inventé pour elle."
Une semaine après le début des cours, un nouveau fait son entrée. Il s'appelle Owen et Enzo va de suite le détester.
"Il arrivait des Etats-Unis et il ressemblait à Jacob dans Twilight. Il avait une tête de copain et de petit copain parfait. Sa façon de s'habiller était parfaite. Son sac était parfait. Sa coiffure était parfaite. Il avait l'air deux fois plus âgé que nous. Je l'ai détesté tout de suite."
Enzo reste à part au collège et ne cherche pas à se faire des amis. La seule personne avec qui il communique est Eva. L'heure de SVT est proprice aux échanges de petits mots entre les deux qui sont assis côte à côte. C'est sur un de ces bouts de papier qu'un jour Enzo va avouer à Eva la longue série de 11 qui le poursuit. La filette ne gardera pas ce secret pour elle et à partir de là tout va changer...
J'ai énormément aimé ce roman jeunesse. Je l'ai même lu deux fois en 2 mois. Il aborde de très nombreux sujets tout en restant cohérent. D'une part, le lecteur suit Enzo au collège et le découvre dans cet environnement où notre jeune héros ne se sent pas toujours à sa place. 
"J'ai découvert que j'avais un super pouvoir : je suis Invisible-Man. On me passe devant, on m'écrase, exactement comme si je n'existais pas."
Les cours, les profs, les interros, l'élection des délégués, on s'approche très près de la vie quotidienne d'un collégien. 
D'autre part, le lecteur découvre le narrateur sous l'angle familial. Garçon aimé, il est entouré par une mère active, un père au chômage et une petite soeur un peu pénible. Pendant les vacances de la Toussaint, après une visite de la maison, en Normandie, de sa grand-mère récemment décédée, les parents d'Enzo décident de se séparer, du moins temporairement. L'auteure met bien l'accent sur les difficultés dans un couple lorsque le chômage s'installe sur une longue durée. Elle n'oublie pas non plus de rendre le récit touchant. Elle crée une belle histoire au père ainsi qu'une relation forte entre lui et son fils. Les passages concernant la grand-mère sont également émouvants. 
"Avant il y avait aussi un âne qui s’appelait Basile. [...] Il n'a pas fait long feu. Papa a dit qu'il était mort de chagrin. Le potager de légumes ne s'est pas gêné pour faire pareil. [...] Basile et le potager se sont donnés le mot pour ne pas avoir à supporter l'absence de grand-mère. J'aurais pu l'avoir aussi, le mot, j'étais tellement triste, mais je n'ai pas voulu le prendre. Je dois être plus courageux que des petits pois et qu'un âne noir."
Le roman est remarquablement bien écrit tout en s'adressant aux jeunes lecteurs dans un style actuel. 
Enzo souffre d'un sentiment d'exclusion et va apprendre à s'ouvrir aux autres et à communiquer. Au collège, les apparences sont souvent trompeuses. Lui, le solitaire, va avoir un jugement trop actif concernant un de ses camarades. Après la vie en 6ème, le premier amour, la séparation des parents, le deuil, l'auteure développe avec justesse un nouveau point qui trouve sa place dans la logique de l'histoire : la maladie. 
Mais le livre n'en oublie pas d'être drôle, toutes les petites réflexions sarcastiques d'Enzo sont réjouissantes à lire. 
Un roman extra à découvrir dès 9 ans. 
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