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mercredi 18 septembre 2019

Time Bomb

Joëlle Charbonneau
Editions Milan
En ce samedi précédant la rentrée, le lycée devrait être vide. Pourtant, six ados y sont : Diana, la fille du sénateur, qui veut s’occuper de l’annuaire des élèves ; Rachid, qui cherche à se fabriquer une nouvelle carte de lycéen qui ne le stigmatiserait pas ; Z, parce qu’il est à la rue suite au décès de sa mère quelques semaines auparavant ; Tad, qui entend remettre à leur place ses coéquipiers de l’équipe de foot ; Cassandra, victime de bullying et bien déterminée à faire bouger les choses. Chacun a une bonne raison d’être là ; chacun a quelque chose à cacher.

mardi 10 septembre 2019

Amélia Fang, tome 1

Amélia Fang et le bal barbare 
Laura Ellen Anderson
Editions Casterman
Que c’est barbant, un Bal barbare !
Amélia Fang, malicieuse vampirette, déteste assister au Bal barbare annuel organisé par sa mère, la comtesse Frivoletta. Ce soir-là, le palais est rempli de vieux monstres qui portent trop de dentelles et qui empestent le Poubel n°5. Comble de malheur, Tangine, prince de Nocturnia et sale-gosse-pourri-gâté, capture Trouille, sa citrouille de compagnie. La guerre est déclarée ! 

Mortina

Barbara Cantini
Editions Albin Michel Jeunesse
Mortina est une petite fille tout ce qu'il y a de plus convenable, mis à part le fait que c'est un zombie. Elle vit à la villa Décadente avec sa tante Trépassée et son lévrier albinos également mort-vivant, Touillette. Les amusements se font rares. Il faut dire qu'on ne peut pas tellement quitter la maison, à cause des villageois étriqués, prompts à sortir les fourches à leur approche... Jusqu'au jour d'Halloween, où profitant de la distraction de sa tante, Mortina rejoint une bande d'enfants pour faire du porte-à-porte. Chacun est déguisé et elle se fond dans le décor. Bientôt pourtant, Mortina n'aura plus qu'une solution pour garder
 son secret : le révéler !

mardi 3 septembre 2019

Zombies Zarbis

Marie Pavlenko
Carole Trébor
Editions Flammarion Jeunesse
Dans le Nord de la France, Noirsant a la particularité d'abriter des zombies dans son ancien cimetière. Ces êtres aimables se cachent et ne sortent que la nuit par crainte des vivants.

lundi 9 novembre 2015

Descendants - Le roman du film

Descendants - Le roman du film
Rico Green
Editions Hachette
Mal, Evie, Jay et Carlos sont les enfants de Maléfique, la Méchante Reine, Jafar et Cruella D'Enfer. En une phrase : les personnages les plus cruels, les plus diaboliques de tous les temps. Leur vie, ils l'ont passée sur l'île de l'Oubli, un taudis nauséabond où pullule la crème de la crème des voyous, mauvais garçons et brutes épaisses en tout genre. Mais à l'aube de son Couronnement, le prince Ben, le fils de la Belle et la Bête, décide de donner une seconde chance aux enfants «innocents» de l'Île de l'Oubli. Il invite donc les Descendants sur Auradon, pour qu'ils puissent suivre des cours de «bonté». Ce que Ben ignore encore, c'est que Mal et ses amis ont un tout autre plan en tête : la conquête du royaume, tout simplement ! Prends garde, Auradon... Les Descendants arrivent !

Ne vous attendez pas à de la grande littérature, l'écriture est très simple, mais le roman plaira avec certitude à tous les pré-ados ! Mon fils de tout juste 12 ans a adoré ! Il a ensuite enchaîné en visionnant le film. Pour les enfants qui ont du mal avec la lecture, le film peut d'ailleurs peut-être représenter une agréable carotte ? Je pense en prime qu'il vaut mieux lire le roman en premier puisqu'il retranscrit le film scène par scène, en regardant le film au préalable le livre pourrait donc se révéler plus ennuyeux. Dans le récit écrit, il ne manque que les passages du film qui sont chantés ainsi au musée la statue de Maléfique ne prend pas vie comme dans le rêve éveillée que semble faire sa fille, et cette dernière ne se met pas à pousser la chansonnette au bord de la rivière enchantée non plus. L'histoire est pleine de bons sentiments, et les pseudos-méchants sont bien plus drôles que cruels. Les jeunes lecteurs s'attacheront aux différents personnages : à Mal qui essaie tant de plaire à sa mère mais qui commence à éprouver des sentiments pour le beau Ben; à la sublime Evy qui rêve de rencontrer son prince charmant mais qui cache une tête bien remplie sous ses dehors futiles; à Jay le beau gosse sportif; à Carlos qui est sûrement le moins crédible dans son rôle de méchant et qui abrite, comme les autres, un coeur tendre;  à Jane qui voudrait tellement devenir plus jolie; à Doug, l'intello maigrichon qui admire dans l'ombre sa dulcinée... 
Cette novélisation est à faire découvrir aux lecteurs de 9-13 ans. 

A la poursuite de ma vie

A la poursuite de ma vie
John Corey Whaley
Editions Casterman
L'année de ses 16 ans, Travis Coates a perdu la tête. Littéralement. Frappé par une leucémie incurable, il a accepté la folle proposition des médecins : laisser mourir son corps et cryogéniser sa tête, dans l'espoir que les progrès scientifiques permettront de la greffer un jour sur le corps d'un donneur. Personne n'y croyait vraiment, Travis le premier. Et pourtant... Cinq ans plus tard, il revient à la vie. 
Il à toujours 16 ans, mais autour de lui tout à changé : sa maison, ses parents, son meilleur ami et surtout son amour de toujours, Cate, qui vient de fêter ses 21 ans... Cette nouvelle vie est peut-être un cadeau, mais d'un genre très compliqué à gérer.
A la poursuite de la vie est un livre surprenant. Tout d'abord, impossible de ne pas penser à Nos étoiles contraires de John Green, au travers du résumé et surtout avec ce choix français de couverture. (la couverture VO n'a rien à voir du tout - elle est d'ailleurs totalement immonde donc nous l'avons échappé belle). Il va m'être difficile de faire une chronique complète de l'ouvrage car j'ai mis beaucoup de temps à lire le roman et j'ai mis encore plus de temps à commencer ma chronique. Je crois que le récit m'a laissée perplexe. Si j'ai aimé l'écriture, le développement du personnage principal, de ses acolytes, et de leurs états d'âme, j'ai été déstabilisée par une certaine langueur de la narration. Tout au long de l'histoire, c'est la mélancolie qui domine, et même si l'auteur apporte quelques touches de sarcasme et d'humour, il n'y a qu'à la toute fin, lorsque le narrateur finit enfin par s'accepter et à admettre les changements qui vont avec l'évolution normale de la vie de ses proches, que l'on ressent une bouffée d'air frais et d'espoir. C'est donc un livre troublant sur le deuil et l'identité, et c'est à découvrir à partir de 13 ans. 

lundi 21 septembre 2015

Mentine, tome 2

Mentine, tome 2 : Cette fois c'est l'internat ! 
Jo Witek
Editions Flammarion jeunesse
Mentine adore dépasser les limites, surtout celles de ses parents ! Exclue. Cette sentence est tombée en novembre, à quelques jours de mon anniversaire. J'allais avoir treize ans, j'étais déscolarisée, et sur le champ de bataille de ma vie, une survivante : Johanna Estamplade, ma seule amie ! L'idée de papa m'a fait l'effet d'une douche de glaçons. Sa super trouvaille était un internat spécialisé, une usine à grosses têtes. Une école où on allait me transformer en petit singe savant. Adieu Johanna, adieu toute ma vie, je pars en Suisse étudier...

J'avais aimé le premier tome et j'ai carrément adoré ce second volume ! Le début est franchement dur, le collège étant un univers impitoyable. On fait face au harcèlement de Mentine (en live et via le net) et à sa longue descente aux enfers.  La jeune fille essayera de remonter la pente et de prendre le taureau par les cornes en faisant agir sa langue acérée mais les flèches qu'elle adresse à ses camarades sont bien trop piquantes pour finalement fonctionner. Alors la voilà qui part pour ce pensionnat pour enfants à haut potentiel, et là c'est l'éclate. L'éclate pour elle et pour nous lecteur. (En tant que maman d'un enfant précoce, je dois dire que la pension de Mentine fait juste rêver ! ) Dans cette deuxième partie du roman, on découvre le fonctionnement de cet établissement, ainsi les enfants peuvent suivre les cours qu'ils veulent et de progresser à leur rythme. Cette école prend en compte la capacité des gamins et ne cherche pas à les uniformiser. Le récit fait la part belle au respect des individualités et des différences. Par exemple être un ado et mettre devant tout le monde des pantoufles nounours, pourquoi pas ! Hurler au loup en cas de crise de mal-être, allons-y gaiement ! Le respect est le maître mot. 
"A George-Sand, on pouvait être soi et être aimé tel qu'on était. On pouvait laisser ses blessures sécher à l'air libre, en espérant qu'elles cicatrisent à jamais - ou du moins qu'elles cessent de nous faire souffrir."
Les personnages sont attachants (Mentine, elle, frôle le attachiante), j'ai particulièrement aimé le jeune suicide-man, un gamin qui organise sa mort régulièrement... tout comme Mentine se détend en inventant ses propres oraisons funèbres. La jeune héroïne évolue beaucoup au fil des pages, en trouvant sa place elle s'apaise enfin, devient ainsi plus réceptive, et montre plus d'empathie. Elle se montre lucide face à ce qu'elle apportait aux autres et en particulier à sa meilleure amie Johanna qui n'a pourtant jamais cessé de la soutenir. Le récit se termine sur un happy-end, d'ailleurs mon seul bémol serait concernant la romance de fin que j'ai trouvé un peu trop appuyée; d'un goût personnel j'aurais préféré le livre sans ça... mais le roman s'adressant aux 10-16 ans, je suis certaine que ça leur plaira à eux ! :) 
Le texte est rythmé, pertinent et très moderne. Les jeunes lecteurs vont se régaler et s'amuser au travers de cette aventure, que les problèmes liés au décalage des enfants précoces leur parlent ou pas finalement. C'est donc une lecture absolument délicieuse (mais qui ne manque pas de piquant !) et c'est à découvrir à partir de 10 ans. 

mardi 24 février 2015

Les Insoumis, tome 1

Les Insoumis, tome 1 
Alexandra Bracken
La Martinière J Fiction
 
Dans un futur proche, les adolescents ont été décimés par un virus inconnu.
Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables, sont classés par couleurs en fonction du danger qu’ils représentent, et parqués dans des camps.
Ruby et quelques autres refusent cette fatalité et s’enfuient. Échapperont-ils à leurs poursuivants ? Et surtout, parviendront-ils à maîtriser leurs pouvoirs sans perdre leur âme ?

Si je n'avais pas lu partout que le roman était génial, j'aurais vite mis fin à ma lecture. Le début est dur, violent, glauque. Je me sentais très triste, voire mal à l'aise, en lisant. Pourtant, je ne peux pas dire que je n'aimais pas, mais ce rejet des enfants par leurs propres parents et par la société me prenait véritablement aux tripes. J'ai continué et je n'ai pas décroché jusqu'à la fin. Le livre est captivant. Que ce soit les personnages, les différents pouvoirs ou l'arrivée progressive d'une telle société, tout est bien décrit et expliqué. L'auteur alterne donc des moments plus lents avec des passages où l'action domine. Mais la tension pèse sur tout le récit. Au fur et à mesure, on s'attache aux protagonistes : Ruby, Liam, Chubs et Zu. Chacun a un pouvoir et surtout un caractère bien différent et marqué. Les relations entre eux se révèlent assez justes : une amitié pleine de tendresse, une autre qui commence sur une grande méfiance, et enfin une romance. L'auteure arrive même à distiller quelques pointes d'humour dans la seconde partie ! Bref, rien ne manque dans ce premier tome, et c'est un démarrage en force de ce qui s'annonce être une superbe dystopie ! 


Extrait

La première victime fut Grace Somerfield.
Du moins la première dans ma classe du cours moyen. Je suis sûre que des milliers de gamins, peut-être même des centaines de milliers, avaient déjà succombé. Les gens avaient mis longtemps à comprendre... ou bien s'étaient arrangés pour ne rien voir alors que les enfants mouraient depuis longtemps.
Quand la nouvelle des décès s'était finalement répandue, mon école avait formellement interdit aux enseignants et au personnel de parler devant nous de la «maladie d'Everhart», ainsi nommée à cause de Michael Everhart, sa première victime connue. Bientôt, il avait été décidé de lui donner un véritable nom : neuro-dégénérescence idiopathique aiguë des adolescents... NIAA. Ensuite, ce ne fut plus seulement la maladie de Michael.

Les adultes, autour de moi, cachaient cette information derrière des sourires hypocrites et des démonstrations d'affection. Moi ? J'étais encore dans mon petit monde de princesse. Plus tard, je me suis demandé comment j'avais pu être aussi naïve, négliger tous les indices. Même les signes bien visibles, comme lorsque mon père, flic, s'est mis à faire beaucoup d'heures supplémentaires et à éviter mon regard. Ou lorsque ma mère m'a imposé un régime strict de vitamines et ne m'a plus jamais laissée seule, même pendant quelques minutes.
Mes parents contrôlaient strictement mon accès à Internet et à la télévision. La disposition de mes animaux en peluche sur mon lit me préoccupait beaucoup plus que l'éventualité de mourir avant mon dixième anniversaire.

Je n'étais donc pas du tout préparée à ce qui se passa le quinze septembre.

Il avait plu, la veille au soir, et mes parents m'envoyèrent à l'école avec mes bottes en caoutchouc rouge. En classe, on parla des dinosaures et on fit une page d'écriture, puis Mme Port, visiblement soulagée, nous libéra pour le déjeuner.
Mes souvenirs sont très nets.
Grace a été la première et ça n'aurait pas dû arriver. Elle n'était pas vieille, comme mon grand-père. Elle n'avait pas le cancer, comme Sara, l'amie de maman. Ni allergie, ni toux, ni plaie à la tête... Rien. Elle est morte d'un seul coup et, quand on a compris, il était trop tard.
Grace se tut soudain. Le gobelet qu'elle tenait glissa entre ses doigts et tomba sur la table. Elle avait la bouche ouverte, fixait un point situé juste derrière ma tête. Elle fronçait les sourcils, comme si on lui expliquait quelque chose de très compliqué.
- Grace ? dis-je. Ça va ?

vendredi 11 avril 2014

Gabriel et Gabriel

Gabriel et Gabriel 
Pauline Alphen
Editions Hachette
"Un jour, Gabriel de France et Gabriel du Brésil se baignent dans la rivière. Ils jouent, ils rient, ils oublient le temps. La nuit tombe soudain, ils doivent rentrer. Dans leur précipitation, ils échangent leurs shorts. Un short bleu pour un short jaune : ça n'a l'air de rien mais ça change tout. Gabriel et Gabriel, en échangeant leurs shorts, ont échangé... eh bien, vous allez voir..."

Gabriel et Gabriel est un roman (qui me faisait envie depuis fort longtemps) précédemment paru au Livre de Poche Jeunesse. Cette précédente édition n'était pas illustrée, désormais les dessins de Princesse Camcam, qui signait déjà la couverture originale, ponctuent le récit.
J'avais aimé L'arbre à l'envers, j'avais trouvé le texte beau et poétique, mais peut-être un peu trop pour être bien ressenti par le lectorat visé. Ici, je trouve que l'auteure est plus dans la justesse. Gabriel, le premier que l'on découvre, est moitié-moitié, franco-brésilien, issu du mariage mixte entre un père français et une mère brésilienne. Le jeune garçon arrive en avion de France pour passer des vacances au Brésil, chez sa marraine.
"Dehors est le Brésil, le pays de sa mère où il est arrivé."
Le lecteur découvre les us et coutumes du Brésil en même temps que Gabriel, la chaleur, les abraço (accolade), les averses tropicales, tout ce qui peut marquer un jeune français à son arrivée.
"Il est arrivé au Brésil, où les tantes ne sont pas des tantes, où les chameaux sont des vaches, les jus de fruit des stades de foot, et la chaleur une grande flaque où l'on peut s'étendre et dormir."
La vie est belle au Brésil à partir du moment où Gabriel rencontre l'autre Gabriel, le fils de la cuisinière de sa marraine. Ce dernier est un double qui a presque son âge, la peau foncé et les cheveux blonds bouclés. Ensemble, ils jouent, rient, se disputent, et écoutent des histoires racontées par les femmes au sein de la cuisine. Pour plus de facilité, les autres les nomment très vite França et Brasil. Puis, vient l'erreur de short, et l'échange des rôles : França est désormais dans la peau de Brasil et inversement. Cette expérience qui semble tenir de la magie amène de la compréhension de l'autre de la part des deux garçons.
"La vie de Brasil est chouette pour plein de choses et dure pour d'autres. Ça ne se voit pas en le regardant. Je ne le lui dirai pas, mais il est courageux. Ses histoires, ce ne sont pas des mensonges, c'est des mots pour se donner du courage." 
Vient le respect mutuel pour cette vie qui n'est pas la leur mais que dorénavant ils comprennent donc acceptent mieux.
Le texte met en avant la dualité, la différence et la rencontre entre deux cultures. La plume de Pauline Alphen reste remarquable, délicate et poétique. Couleurs, formes, lieux, le texte est très visuel et donne l'impression au lecteur d'être plongé au coeur du récit. De bout en bout, jusqu'à l'épilogue, l'histoire est belle. On touche un peu du doigt de ce qu'est le Brasil, on est ému par les gens, par la solidarité, les rires et le jeune lecteur portera longtemps en lui cette amitié entre ces deux garçons, et la magie qui les a entouré un temps. Un coup de coeur que je vous invite à faire découvrir aux enfants dès 8 ans.

lundi 7 avril 2014

Là où naissent les nuages

Là où naissent les nuages
Annelise Heurtier
Editions Casterman
Amélia est ronde et pas très bien dans sa peau. Pour son malheur, elle a deux parents beaux, intelligents, compatissants aussi. Après un passé dans l'humanitaire, sa mère a conservé des contacts en Mongolie, où elle envoie chaque mois de l'argent à une association. Lorsque la nouvelle directrice envoie une lettre en provenance directe d'Oulan-Bator pour lui demander de maintenir son aide financière et proposer une visite avec un travail de bénévole, la mère d'Amélia décline l'invitation. Le père, plus enthousiaste, projette aussitôt d'y aller avec sa fille mais au final Amélia va se retrouver à devoir partir seule. 
A 16 ans, à travers son bénévolat dans cette ONG qui vient en aide à ce pays émergent, Amélia va être confrontée à des découvertes bouleversantes...

Je me suis aperçue en recevant cet ouvrage que de La fille aux cheveux d'encre à Charly Tempête, en passant par Le carnet rouge, , On n'a rien vu venir, sans oublier Sweet Sixteen, j'avais plusieurs des livres d'Annelise Heurtier. A chaque fois, ils m'avaient beaucoup plu, voire ils avaient été des coups de coeur. Autre constatation, l'auteure aime pratiquer les grands écarts, Les Etats-Unis des années 50, le Népal, et maintenant la Mongolie. Mais toujours des textes servis par sa belle écriture et une plume qui sonne juste.
J'ai à nouveau aimé ce dernier roman. A travers un récit intime, presque un journal même s'il est au passé, l'auteur nous offre un texte actuel dans lequel elle parvient à nous émouvoir sans tomber dans le misérabilisme.  La pauvreté extrême, la maltraitance, les abandons d'enfants, sont bien présents dans le récit mais la vision de la jeune fille, si touchée soit-elle par ce qu'elle observe, reste marquée par l'humour et le sarcasme, une bonne façon de donner des bouffées d'air aux lecteurs. 
[...] je devais avoir une tête à faire fuir les candidats les plus désespérés de L'amour est dans le pré [...]
Du rire à l'émotion, le lecteur suit donc l'héroïne au fil de ce récit initiatique.
"Je n'aimais pas penser à ces réalités-là. Ne pas les voir, ne pas y penser, c'était plus simple pour se donner l'illusion qu'elles n’existaient pas. Et avoir tout le loisir de m'apitoyer sur mon sort à moi."
"Ils auraient pu être nous, nous aurions pu être eux. Je détestais cette pensée."
 Amélia va s'extérioriser, être moins centrée sur elle-même et finalement en découvrir beaucoup sur qui elle est. 
Car le contact entre une jeune adolescente, parisienne aisée, et la Mongolie traditionnelle (la fête du Naadam avec ses courses de chevaux ou encore dans les steppes la vie d'une famille nomade) et la Mongolie émergente dans la capitale d'Oulan-Bator, n'est pas le seul sujet sensible du récit. Boulimie, relation mère-fille, et enfin en filigrane, par petites touches le mystère qui entoure sa mère et le secret qui entoure la naissance de la jeune fille. 
"C'est ma mère qui m'a conduite à l'aéroport. Dans la voiture, je pouvais presque voir son angoisse prête à faire craqueler son maquillage. Mais quelle angoisse ? Celle de voir sa fille sortir de son cocon ? Ou une autre, plus sourde, dont j'étais, à ce moment-là, à mille lieux d'imaginer la cause ?"
Ce très bon roman est à conseiller à partir de 13 ans. 
J'aime également énormément la couverture qui met bien en valeur les visions parallèles France/Mongolie présentes dans le livre. 

samedi 1 mars 2014

L'école des mauvais méchants, t 1

L'école des mauvais méchants, complot 1 
Stéphanie S. Sanders
Editions Nathan
"Complot
Elève : Rune Drexler
Niveau : Fourbe

Vous devez exécuter les tâches ci-dessous en une semaine à partir de la nuit de la pleine lune : 
1. Kidnapper une princesse
2. Voler un bébé
3. Trouver un homme de main
 et en faire votre esclave
4. Renverser un royaume et placer sur le trône
le souverain de votre choix. 

SI vous échouez, vous serez exclu du Centre de Redressement pour Méchants Récalcitrants.
Si vous réussissez, vous accéderez au grade de Félon. 

Vous avez le droit de choisir deux conspirateurs pour comploter avec vous. "

Imaginez que les plus grands méchants des histoires fantastiques et des contes pour enfants soient réunis dans un même livre. Non seulement eux mais également leurs progénitures, fille de Dracula, fils du Grand Méchant Loup, enfant de la sorcière qui voulait manger Hansel et Gretel, voilà les étranges compagnons de notre héros (ou anti-héros ?). Tous ces enfants de méchants étudient dans des écoles spéciales pour "vilains méchants". Même si celle des personnages principaux n'est pas comme les autres, c'est plutôt une maison de redressement pour cas difficiles, à savoir pour des méchants qui ne le sont pas assez justement. La fille de Dracula, Jezebel, préfère le chocolat au sang, le fils du Grand Méchant Loup, Loup, a sauvé un enfant de la noyade, et notre narrateur, Rune, semble avoir le coeur un peu trop bon. Ces trois-là se retrouvent à devoir accomplir une mission, un "complot", sorte de travaux d'école qui leur permettra d'intégrer le rang supérieur. Ce n'est pas une mince affaire ! Ils devront faire face à des trahisons, des adversaires vont se dresser sur leur chemin. Ils vont également rencontrer de nombreuses créatures, des fées, un ogre, des vampires, des sorcières...
Le récit est prenant, le livre se dévore d'une traite avec plaisir. Les personnages sont bien décrits et attachants. L'auteure revisite les contes avec humour. Ce sympathique roman est à offrir impérativement aux enfants dès 9 ans. Mon grand de 10 ans a adoré !

Bravo à l'éditeur d'avoir changé la couverture et surtout de l'avoir confié à Coliandre, Xavier Collette. La couverture est bien plus réussie que la VO, elle donne terriblement envie de lire le livre et a un côté manga/comics que j'aime particulièrement. En un mot : superbe ! Vous pouvez retrouvez le site de Coliandre, ICI. 
Par curiosité, la couverture de la version originale : 
Bien moins fun et beaucoup plus enfantine ! 

Le complot 2 de "L'école des mauvais méchant" sortira en juin ! La couverture est tout aussi belle !

jeudi 20 février 2014

Bazmaru et la fille du vent

Bazmaru et la fille du vent
Maëlle Fierpied
Editions L'école des Loisirs
Collection Médium
Lorsque commence le roman, le lecteur ne sait pas qui parle. Le vent ? Le soleil ? Un être vivant ? L'homme des villes est étudié, percé à jour par ce regard extérieur qui ne comprend pas comment "ceux qui piétinent" peuvent vivre ainsi leur vie. Des logements entassés les uns sur les autres, pas de nuit, pas de nourriture, peu d'arbres, seuls les chiens et les pigeons semblent être les animaux acceptés. 
Et la puanteur qui règne. Et la pollution qui envahit tout. 
Le lecteur cerne petit à petit le narrateur, il s'agit d'un jeune homme issu d'un peuple inconnu, les hommes-dauphins, et qui voyage afin de réaliser son initiation et de passer à l'âge adulte. Un cauchemar récurent, un rêve initiatique, l'amène à retrouver une fille et des dauphins. Peu de temps après leur rencontre, un accident surgit et manque de coûter la vie à la jeune fille. Grâce à une pierre magique, le garçon va la sauver mais désormais la fille est aussi spéciale que lui, elle a des branchies. Elle devient notre seconde narratrice et progressivement celle par qui l'on suit l'histoire. 

C'est un roman formidable, un peu obscur au départ, il prend rapidement toute son ampleur. 
Les personnages sont profondément attachants. Ils forment un duo pertinent, qui se complète bien. Petit à petit, ils apprennent à se connaître et à oublier leurs préjugés. 
"Je réagis enfin à ses insultes. Comment m'avait-il appelée ? Piétineuse. Je lui demandais ce qu'il entendit par là. 
_ "Les piétineurs. Ils piétinent la terre avec les yeux penchés vers le sol. Ils regardent seulement leurs pieds qui piétinent, piétinent sans s'arrêter. Jamais ils ne se regardent les uns les autres. Jamais ils ne lèvent leur regard vers le ciel parce qu'ils ne pensent pas à demain. Pour eux, il n'y a que le moment présent, ici et maintenant. 
Je ne me retrouvais absolument pas dans cette description surprenante. C'était une vision sans appel qui ne me concernait pas." 
L'histoire d'amour qui naît entre eux, n'est absolument pas niaise, elle est juste très jolie et contée avec beaucoup de pudeur. 
Les jeunes lecteurs seront émerveillés par les décors créés par l'auteure. Balades à dos d'orque ou de requin-baleine, voilà qui a de quoi faire rêver de nombreux enfants. Ce à quoi s'ajoute un style poétique qui transforme presque par moment le récit en conte.
Ce roman sur l'écologie  dit les choses avec sincérité et englobe cette thématique dans une très belle histoire.
"Qu'est-ce que j'y peux, moi ? Mon monde est peut-être pourri mais c'est mon monde. J'y suis née et j'essaie d'y trouver une place. Je n'y peux rien si on m'a légué des choses affreuses, sales et cassées. Je ne suis pas responsable des erreurs de mes ancêtres. Alors, arrête de m'accuser sans arrêt."
L'auteure mêle le fantastique à la réalité pour mieux faire comprendre aux jeunes lecteurs quel est l'impact de l'homme sur la planète. 
L'éditeur préconise une lecture de 12 à 16 ans, personnellement je pense qu'il peut être lu sans soucis à partir de 10 ans. 
Ce superbe roman initiatique est un gros coup de coeur. 

jeudi 6 février 2014

La couleur des sentiments

La couleur des sentiments 
Kathryn Stockett
Editions Jacqueline Chambon
Actes Sud
"La couleur des sentiments", premier roman de Kathryn Stockett, est rapidement devenu un best-seller mondial, un classique incontournable. La sortie de cette édition collector chez l'éditeur français, Actes Sud, me donne enfin l'occasion de le découvrir. 
L'histoire se déroule à dans une ville nommée Jackson dans le Mississippi, au Sud des Etats-Unis, au cours des années 60. Le récit est raconté à partir des trois points de vue des trois personnages principaux, Skeeter, Aibileen et Minny.
 Skeeter (c'est un surnom) est une blanche de bonne famille, qui a grandie nourrie par l'amour de la bonne de la famille, une noire, Constantine, mais à son retour de l'université, cette seconde maman a disparue. Skeeter qui cherche à devenir journaliste, va trouver, en commençant à ouvrir les yeux, une idée pertinente, recueillir les témoignages des employées de maison, toutes des femmes de couleur, afin d'en faire un livre. C'est ainsi que la jeune fille se rapproche de l’employée d'une de ses amies, Aibileen. Mais ce projet est dangereux et doit rester caché. A Jackson, comme dans tout le Mississipi, le racisme persiste, la ségrégation, les persécutions font rage. Minny est une autre servante, la meilleure amie d'Aibileen, et elle ajoutera son récit aux écrits recueillis par Skeeter. Le mouvement des droits civiques est en marche mais les trois femmes vont encore être victimes du système mis en place dans l'Etat. 
Il n'y a pas un seul moment ennuyeux dans ce roman. Les 500 pages passent même trop vite et on aimerait continuer le chemin en compagnie de ces femmes incroyables encore une bonne centaine de pages. Je crois que je peux dire qu'un roman est vraiment bon lorsqu'après avoir tournée la dernière page, je continue à rêvasser et à imaginer la suite des vies des personnages. J'ai beau me raisonner en me disant que le livre est une fiction, l'auteure a réussi à créer des protagonistes si vivants qu'il est difficile de ne pas avoir envie d'imaginer ce qui pourrait leur arriver après. Les personnages sont merveilleusement développés, chaque protagoniste a un caractère tranché. En ce qui concerne les trois principaux, Aibileen et Minny sont formidables. Aibileen est pleine de force et de dignité, aimante, dévouée aux enfants de ses patrons, c'est un personnage remarquable. Minny est impertinente et terriblement attachante. Skeeter est plus jeune, elle est blanche et a été préservée toute sa vie, elle a donc au départ un idéalisme qui frôle la naïveté mais son personnage va beaucoup évoluer au fil des pages. D'ailleurs, chaque personnage du récit va changer, voir sa vie ou sa façon de penser transformée. Il y a une multitude de personnages sur lesquels je pourrais revenir, de nombreuses maîtresses de maison laissent un fort (et amer !) souvenir. 
C'est une histoire très forte, très touchante mais sans être mélodramatique, le lecteur a même souvent le sourire aux lèvres. J'ai apprécié que l'auteure ne fasse pas la surenchère de la violence, certes il y a des épisodes difficiles mais l'espoir domine toujours. Ce qui est également impressionnant dans ce roman, c'est l'authenticité qui ressort du récit. Les dialogues sonnent justes, le contexte historique est respecté, le réalisme transparaît à travers toutes ces tranches de vie. Car il n'y a pas qu'une histoire entre ces trois femmes. Le lecteur les voit jour après jour chez elles ou au travail. De très nombreux sujets sont ainsi traités : racisme bien entendu, humiliations, alcoolisme, violences faites aux femmes, fausses couches, différence, amour, amitié et tant d'autres. "La couleur des sentiments", c'est bien l'histoire de la vie à cette époque avec ce qu'il y a de beau et de plus mauvais. Un succès plus que mérité pour cet excellent roman. A découvrir dès 14/16 ans. 

Un grand merci à toute l'équipe de Livraddict ainsi qu'aux éditions Actes Sud pour ce partenariat. 

mercredi 15 janvier 2014

Moi, Ben - Tome 1

Moi, Ben - Tome 1 : Le livre de mes records nuls
Bernard Friot
Editions Flammarion
Ben a 11 ans. Les autres (les parents, les profs) disent qu'il est nul ? Ok, d'accord, dans ce cas il décide de commencer le livre de ses records nuls. Ce ne sera que des records à la noix et il se remettra même un diplôme, à chaque fois, pour célébrer ce nouveau triste, ou pas, record. Record des insultes (celles qu'il a reçues, pas celles qu'il aurait dites, notre jeune anti-héros est très poli... enfin quasiment tout le temps), record des rots à table (la faute au tapioca et aux rognons de veau au chou (on peut le comprendre !)),

 record du fils indigne (se tromper de maman quand même !), record de saleté (pas pu prendre sa douche pendant plusieurs jours !) mais aussi des records plus précieux comme celui du silence ou encore mieux celui des sourires... Non, Ben est tout sauf nul et c'est un plaisir de partager un peu de sa vie au fil des pages... 

Il est des auteurs que j'aime mais finalement que je ne connais pas. Je m'explique. J'ai dévoré "Le livre de mes records nuls" et j'ai adoré ce roman. Ce qui m'a donné envie d'en savoir plus sur l'auteur, dont certes le nom me disait quelque chose mais ça n'allait pas plus loin, et là, surprise. Je découvre... que justement cette plume n'est pas une découverte. J'ai en fait dans ma bibliothèque plusieurs livre de l'auteur ! "Folle" (que j'aime énormément, je l'ai même lu plusieurs fois), "Lilo", "La leçon de pêche", et "Histoires pressées"... 
Mais finalement tous ces livres ne se ressemblent pas (non, je ne me cherche pas d'excuse), il me semble que chacun a un style bien différent. Dans "Le livre de mes records nuls", Bernard Friot s'est glissé dans la peau d'un môme de 11 ans. Et c'est une totale réussite ! J'ai ri, beaucoup, et j'ai eu l'impression d'y retrouver mon fils de 10 ans, et pas qu'un peu. L'auteur a remarquablement bien réussi à donner l'impression que c'est un jeune pré-ado qui s'exprime. C'est un exercice délicat et souvent pas très convaincant lorsque d'autres s'y adonnent. Ici, le ton est totalement juste, les situations crédibles, les réflexions, les pensées du garçon correspondent à la perfection à un jeune de cet âge. Le lecteur ne sent jamais l'auteur qui se cache derrière. Les jeunes lecteurs s’identifieront donc facilement et avec plaisir à ce jeune héros. Ils trouveront tout un condensé de vie quotidienne avec des relations familiales pas toujours idylliques mais qui peuvent se faire tendres (une grande soeur casse-pieds, des parents pas forcément toujours à l'écoute mais sympathiques tout de même), des amitiés variées et riches de diversité (un clown, un vieux monsieur et un camarade de collège), et de l'humour à gogo. Graphiquement le roman est également une réussite. Le livre est sensé être un livre des records nuls, du jeune personnage principal et finalement en devient par là-même un journal intime. Le visuel intérieur est original : bloc note, taille et couleurs de caractères variées, rajout de phrase en marge, de très nombreux détails qui apportent une touche d'originalité en plus. 
Concernant l'édition, le roman est un grand format à rabats, dont un propose une pancarte "Ne pas déranger" à découper. (au secours, découper un livre !) 
Un énorme coup de coeur pour ce roman juste et très amusant ! Un roman idéal autour de 9 - 12 ans !
Hâte de lire la suite. Le prochain volume sortira en mai et s'intitulera "Le cahier de mes vacances nulles". 

mardi 15 octobre 2013

Pauline ou la vraie vie

Pauline ou la vraie vie
Guus Kuijer
Editions L'école des loisirs
Ce roman est pour moi un ovni, un livre dont je n'arrive toujours pas à savoir si je l'ai aimé ou non. Alors, c'est sans doute un peu des deux. J'ai apprécié cette gamine de 11 ans même pas impertinente, juste vraie et franche. Son amour pour Mimoun, jeune garçon de sa classe d'origine marocaine a de quoi toucher et questionner les enfants. Car tout le long du récit, le racisme et la mixité auront une grande part dans la réflexion de la fillette. Mais rien n'est simple dans la vie de Pauline, son père est un junkie, sa mère est une chieuse (désolée, mais c'est un personnage que j'ai eu un mal fou à supporter), et son instit est amoureux de cette casse-pied. Toutefois, Pauline voit tout avec les yeux de l'amour, son Mimoum est le plus beau, son père est le plus gentil, sa mère est adorable et son maître serait quasi parfait s'il s'habillait un peu mieux. Et puis il y a les deux grands-parents, les personnages les plus doux, les plus aimants et tolérants du roman. A travers la réalité et son regard sur le monde et sur ses proches, on rit et on pleure mais on s'ennuie aussi un peu alors j'ai pris mon temps pour découvrir ces plus de 600 pages. (Pauline ou la vraie vie est une intégrale comprenant 5 romans initialement publiés séparément). Le jeune lecteur découvrira également beaucoup sur l'amitié, si Pauline a au départ pour meilleures amies une vache et une pimbêche, en compagnie d'une jeune réfugiée mexicaine elle apprendra à écouter l'autre et à l'accepter pour ce qu'il est. Pauline ou la vraie vie, c'est donc le quotidien dans son entier, l'évolution d'une enfant et le passage vers l'adolescence avec ses joies simples comme écrire un doux poèmes et ses peines lorsqu'un proche décède. L'auteur offre au lecteur un monde complexe et complet où de nombreux thèmes sociaux sont abordés : du premier amour au deuil, en passant par le racisme, la foi et la drogue. Parfois dérangeant mais toujours sincère, un roman à faire découvrir aux plus de 9 ans. 

"J'aimerais croire en Dieu et pouvoir prier. Je lui dirais 'Cher Dieu, j'aime Mimoum et il m'aime aussi, mais notre amour est impossible. C'est pour ça que Mimoum a inventé un prétexte pour rompre. Parce que nous sommes déjà presque des grandes personnes et que les grandes personnes aiment rendre certaines choses impossibles."

jeudi 8 août 2013

La fleur millénaire, tome 2

La fleur millénaire, tome 2
Kaneyoshi Izumi
Editions Kazé
"Hakusei, qui désire s'aguerrir, accompagne Seitetsu pour intégrer les troupes du pays de Kô. Après une période de séparation, Aki, désormais âgée de 15 ans, part rejoindre leur campement pour y retrouver son jeune ami que l'implacable réalité des champs de bataille a endurci. Afin de la préserver, ce dernier décide alors de repousser sa princesse pour lui faire reprendre le chemin du palais. Mais face à l'imminente attaque du pays de Do, Aki devra échafauder une tactique si elle veut éviter que les fantassins auxquels appartient son Hakusei ne soient sacrifiés sur l'autel de la guerre…"

Après un premier volume excellent, c'est un plaisir de retrouver l'univers de la fleur millénaire.
Le récit commence par un flash-back où l'on revoit Aki et Hakusei enfants.
 
 Les dessins sont alors remplis de leur sincérité enfantine, c'est un régal de douceur. Mais la suite de l'histoire sera moins douce pour nos deux héros. Après une période de séparation, Aki a rejoint Hakusei sur un campement où celui-ci est soldat. Alors qu'Hakusei est quasiment devenu un homme, la princesse est toujours aussi impulsive et franche. Elle se rend d'ailleurs compte que des différences entre elle et son ami commencent à se faire sentir.
"On a grandi ensemble et pourtant il donne l’impression d'être le seul à avoir mûri."
Mais la réalité du monde dans lequel ils vivent va vite les rattraper. La guerre est proche, et la brutalité ne va pas les épargner. Dans la tourmente, leurs coeurs sont mis à mal et leurs sentiments exacerbés. Si la romance est le fil rouge que l'on suit avec délice, les deux personnages étant si attachants, on se laisse également prendre à l’action et l’auteure arrive à tourner les choses de façon à ce que les enjeux militaires et politiques nous en apprennent plus sur l'héroïne, la fassent grandir et évoluer, ainsi ces scènes de violences gardent tout leurs intérêts.
 Les morts sur le champ de bataille, un espion qui essaie de la tuer, une demande en mariage du prince d'un pays voisin, petit à petit la jeune fille prend de l'assurance et semble s'endurcir.
Quant au titre de la série dans ce second tome, il prend une importance différente. "Fleur millénaire" devient une litanie dont la princesse se sert pour se donner du courage. Et il lui en faut aux vues des épreuves qui l'attendent !
Un deuxième tome presque aussi bon que le premier qui avait été un coup de coeur absolu, j'ai hâte de découvrir le troisième, surtout que l'auteure clôt ici sur les personnages en position disons très délicate, et je meurs d'envie de savoir comment cette scène va se dérouler.

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mardi 9 juillet 2013

Rishima - reine de Bollywood

Rishima - reine de Bollywood
Natalie Zimmermann 
Cat Zaza
Editions Marmaille & compagnie
Après des années de patience, les deux éléphants préférés du maharadja viennent d'avoir un éléphanteau. 
"Un beau jour, Arkita met enfin au monde une toute petite éléphante, blanche comme la lune. Un éléphant blanc est une rareté en Inde, un cadeau des dieux. On l'appelle Rishima, ce qui veut dire "rayon de lune"". 
En attendant qu'elle grandisse et puisse le porter, le maharadja en fait la monture de la jeune princesse. Mais le temps passe et l’éléphante ne grandit pas. De plus, elle semble bien maladroite et peu douée pour porter et pour marcher. En fait, ce que Rishima aime et ce en quoi elle excelle, c'est la danse. Mais ce n'est pas facile pour elle de décevoir ses parents et les souverains. 
Pour les 8 ans de la princesse Kakti, une grande fête est organisée. Une astuce de ses amis les singes vont la propulser sur la scène où elle va obtenir l'admiration de tous en dansant et virevoltant avec une grâce infinie. 
"La petite éléphante est si vive qu'elle donne l'impression d'avoir quatre bras et sa trompe multicolore dessine comme des gerbes de fleurs dans le ciel. Rishima est la grâce incarnée. Un murmure parcourt bientôt la foule. "Une déesse danse dans les jardins du maharadja.""
Mais Rishima ne veut pas être une divinité, elle dévoile alors son souhait le plus cher, devenir une star de Bollywood. 
Le récit qui commence de façon classique, avec ce petit éléphant qui ne grandit pas et qui a peur de décevoir, finit de manière surprenante et originale lorsque Rishima devient une vedette du cinéma. Le texte met donc l’accent sur la différence et la poursuite des rêves aussi fantasques soient-ils.
Les illustrations sont superbes ! Cat Zaza par ses dessins aux belles couleurs dominées par le bleu, le rose et le violet, nous transporte dans le palais du maharadja et dans l'ambiance hindoue. 
Les jeunes enfants sont ainsi initiés à quelques notions de culture
indienne
 à travers les dirigeants, les éléphants sacrés, les peintures, Bollywood. 
Côté édition, on a vraiment un très bel objet avec un grand format (31x25), une couverture cartonnée, un papier épais et de qualité, des pages de garde illustrées...
La couverture est initialement protégée par une jaquette. Cette jaquette se retire (en dessous, la couverture a la même illustration) et se transforme en... poster ! Quelle belle idée !
Un magnifique et original album à découvrir dès 4 ans. 
 
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