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lundi 13 septembre 2021

Tous les héros s'appellent Phénix

Jérémie Royer

Nastasia Rugani

Editions Rue de Sèvres

Peut-on monter dans la voiture de quelqu'un que l'on connaît à peine ? Difficile de résister à la tentation si l'automobiliste n'est autre que monsieur Smith, le professeur d'anglais le plus fascinant et le plus séduisant du lycée. Ce soir-là, il a proposé à Phénix et à sa petite soeur, Sacha, de les raccompagner chez elles, de l'autre côté du lac. Elles sont montées dans sa Chevrolet immaculée, et il les a conquises le temps d'un trajet. Quelques jours plus tard, c'est leur mère, Erika, qui se laissait séduire. Monsieur Smith est venu de plus en plus souvent à la maison, accumulant les bons points, avec son don pour la pâtisserie et ses faux airs de Gregory Peck. Phénix et Sacha ont bien remarqué qu'il était un peu trop strict et autoritaire, parfois dur et cassant sans raison. Oh, trois fois rien, pas de quoi s'inquiéter. Comment auraient-elles pu se douter qu'elles venaient de faire entrer le loup dans la bergerie ?

lundi 14 juin 2021

Wild Child

NEIL CONNELY

ÉDITIONS BAYARD

Eddie MacIntyre , jeune lycéen, vit seul avec sa mère dans un taudis tandis que son père est en prison pour violence conjugale. 2 choses lui permettent de supporter ce quotidien, sa colère et la lutte. Mais lors d’un combat, il perd les pédales et brutalise l’arbitre, et lui qui espérait attirer les regards de recruteurs, le voilà exclu de son lycée et susceptible d’aller faire un tour en prison ! Cependant, ses excès de rage ne déplaisent pas à tout le monde car Sundany, un organisateur de combats illégaux veut l’engager ; il lui promet la richesse, la liberté, et la possibilité de continuer à exercer ses talents. Eddie bascule alors dans un monde violent où les faibles ne font pas long feu. Afin d’aiguiser ses dons, le garçon va être confié à Khadjee , une jeune adolescente qui vit avec son oncle. Mais le temps presse ! Un combat est déjà prévu et il promet d’être sans pitié….

lundi 19 octobre 2020

Strong Girls Forever : Comment arrêter de se faire emmerder

Holly Bourne

Editions Nathan

Alors qu'elle prenait le chemin pour se rendre à son lycée, Lottie se fait agresser par deux hommes. La bloquant et l'encadrant, ils font pleuvoir sur elle des compliments non désirés qui laissent place rapidement aux insultes. Si elle parvient à s'enfuir, elle est sous le choc. 

mardi 14 mai 2019

Un putain de salopard

Un putain de salopard, tome 1 : Isabel
Loisel 
Pont 
Editions Rue de Sèvres
Au Brésil, en 1972, très près de la forêt Amazonienne, un jeune homme, Max, débarque en avion.
Avec sa guitare, il revient dans ce pays qui l'a vu naître et grandir jusqu'à ses 3 ans. C'est à la suite du décès de sa mère que l'envie de découvrir ces origines est née et surtout de partir sur les traces d'un père qu'il n'a jamais connu.
De ce père, il ne connaît ni le nom, ni le prénom, seules deux photos lui donnent des indices. Sur chacune un homme différent est présent et il suppose seulement que l'un des deux est son père.

Arrivé au Brésil, il sympathise avec trois femmes, deux qui sont en couple, Christelle et Charlotte, et une dernière au coeur d'artichaut (69, année érotique...), Corinne. Cette dernière est là depuis seulement quelques années, elle aime voyager et a déjà fait le tour du monde. Christelle et Charlotte sont infirmières et viennent là pour exercer leurs métiers dans un camp peuplé d'hommes brutes et rustiques.

Max comprend vite que les deux potentiels pères sont liés au banditisme, au trafic de drogue. Sont-ils morts ou non, le jeune homme n'est qu'au début de ses recherches.

J'ai vraiment aimé ! 
L'histoire tourne autant autour de Max que des trois C (Christelle, Charlotte, et Corinne).

Jusqu'à ce qu'ils arrivent au camp, tout le monde est sympa, c'est la débrouillardise, tout le monde se connait. Malgré le fond de trafic, au début c'est un peu l'auberge espagnol, le mec arrive en free style chez trois copines et se fait héberger. Mais au fur et à mesure qu'ils rentrent dans la forêt profonde, l’atmosphère change, plus de lois, juste des "règles", de la survie, et ne pas être certains de traverser vivants.

La panoplie de personnages réalistes contribue à la puissance du récit.
Les personnages féminins sont mis en avant et valorisés. Elles se défendent, se battent, et n'ont pas besoin des hommes. Les violences qu'elles subissent est l'une des principales thématiques du récit. 
Si les 3 C sont drôles et attachantes, j'ai aimé le personnage de Baïa, une jeune femme muette, sensible, douce que Max va rencontrer.
Clairement si quelques hommes sont sympathiques, la majorité est constituée de pervers ou de vieux filous (comme dans la vie quoi ?)
 Les dessins sont très doux, et si le scénario est top, les illustrations sont un gros point fort de ce début de série, ce qui a fait mon coup de coeur. J'ai réellement apprécié ce style de traits pour une bd adulte. On peut noter également que la mise en couleurs est parfaite.
 Hâte d'être à nouveau transporté dans cette forêt belle et dangereuse dans le volume 2. 


vendredi 20 juillet 2018

Chroniques d'un autre monde, tome 1 :

Chroniques d'un autre monde, tome 1 : Les marcheurs de la Terre
P. C. Cast
Editions Bayard
La Terre a été ravagée par une catastrophe solaire. Les survivants s'organisent désormais en différentes tribus ou clans, la plupart d'entre eux se sont installés au milieu de la végétation pour avoir une chance d'échapper à la mort. Mari, une marcheuse de la terre, fille de la Femme Lune, et Nick de la tribu des arbres, fils du prêtre du soleil, vont se rencontrer. A eux deux, malgré leurs différences et les oppositions des clans, ils vont tenter d'instaurer la paix entre les tribus. Mais c'est sans compter sur Oeil-Mort, chef des Voleurs de Peaux, qui souhaite leur destruction pour installer son peuple sur les terres de ses ennemis et fuir la ville maudite. 


Un énorme coup de coeur ! La création de tout l'univers est si riche ! 
Depuis la catastrophe, les tribus s'entre-déchirent. Elles portent toutes bien leurs noms. On trouve ainsi : 
Les voleurs de peaux. Ils ont une maladie de peau et vivent dans la ville hostile. Ils tuent les individus qu'ils arrivent à capturer pour les écorcher afin de se couvrir de leur corps car ils s'imaginent que ça va les sauver. Ce sont également des cannibales. 
La tribu des arbres. Elle est atteinte d'une maladie mortelle, la rouille, une sorte de tétanos fulgurant qui pourrit leurs corps à la moindre égratignure. Ce peuple s'est installé dans les arbres et y a construit un village suspendu et sûr pour eux. Ils vivent de la chasse d'animaux sauvages et de la culture. Ne pouvant aller eux-même dans les champs à cause de la rouille, ils kidnappent des femmes d'une autre tribu, qu'ils ne considèrent pas comme des vraies humaines, pour qu'elles aillent travailler dans les champs pour eux. 
La tribu des arbres est peuplée de compagnons et de campagnones (si, si) qui se lient à des chiens. 
Les marcheurs de la Terre. Ils vivent dans des tanières même s'ils sortent à l'extérieur pour différentes activités. Ils ont une chef, la Femme Lune, qui est leur guérisseuse. Cette femme canalise le pouvoir de la lune pour purifier son peuple, le soigner et faire pousser les plantes. S'ils ne sont pas purifiés, les hommes deviennent fous, violent et tuent leurs familles. Quant aux femmes, si elles ne sont pas purifiées, elles dépérissent et se laissent mourir. Ce sont ces femmes qui sont kidnappées par la tribu des arbres. 
Toutes les tribus doivent faire attention car à la tombée de la nuit, ce sont les insectes les maîtres désormais. Scarabées, cafards et araignées, sont devenus énormes et dévorent les humains.
Le lecteur sera transporté par l'intrigue, l'action et la romance. Les liens d'amitié avec les chiens sont également très forts, amoureux des animaux on ne peut qu'être touchés par cet aspect-là. 
Mari, l'héroïne, est solitaire car elle est différente des autres. A part, sa mère, sa meilleure amie Gena et le père de celle-ci, elle ne côtoie pas le reste du clan. Elle va progressivement se lier d'amitié avec Sora, jeune femme très sûre d'elle en apparence même si elle cache des fragilités. Mari de par le mystère de son origine a une dualité en elle. Le lecteur va pouvoir observer son ouverture et ses capacités. 
L'écriture est très belle et l'autrice nous donne une foule de détails. J'ai été captivé par cette histoire, elle est parfois très dure, brutale et violente, comme le sont les hommes. Il y a tellement d'action et de rebondissements ! Je suis tellement impatient de connaître la suite ! 
A réserver pour les + de 14 ans. 



Même si j'aime beaucoup le côté sobre et classe de la couverture française, je trouve que la couverture originale claque plus pour les adolescents : 

Chevalier 

jeudi 6 avril 2017

The cruelty

The cruelty
Scott Bergstrom
Editions Hachette

Gwendolyn Bloom a à peine sept ans lorsque sa mère est assassinée sous ses yeux, et dix-sept lorsque son père disparaît brutalement, à la même date. Cette nouvelle épreuve s’accompagne d’une découverte accablante : son père n’est pas un diplomate, comme elle l’a toujours cru, mais un espion travaillant pour le FBI, dont les alliés semblent s’être retournés contre lui, après l’avoir accusé d’être passé à l’ennemi. Désespérée, Gwendolyn décide de partir seule à la recherche de son père qui, elle en est sûre, a été enlevé et reste vivant... Commence alors pour elle une longue traque dans les recoins les plus sombres et les plus dangereux d’Europe. Suivant les indices que son père lui a laissés, à Paris, Berlin puis Prague, Gwendolyn croise les pires spécimens de l’espèce humaine. Et surtout elle comprend très vite que, pour survivre à la cruauté de son un ennemi, il faut devenir plus cruel que lui.

J'ai énormément aimé, pour ne pas dire adorer. J'ai adoré la noirceur du récit, sa brutalité, son réalisme aussi finalement. L'auteur n'épargne pas les grands ados et les jeunes adultes, en leur offrant une histoire dure mais pourtant touchante. L'héroïne est enthousiasmante, elle ne ressemble pas au personnage stéréotypé qui court les romans, et le lecteur ne rencontre pas les clichés qui finissent habituellement par retomber sur les épaules des personnages féminins. Une bouffée d'air et de légèreté pour un roman pourtant âpre. Un comble ! Et surtout un vrai plaisir à découvrir.
Drogue, prostitution, violences faites aux femmes, trahisons, véritable quête initiatique vers un monde où la vie est un combat de chaque instant, 
ce roman ne vous ménagera pas !!


mercredi 11 janvier 2017

L'échappée

L'échappée
Allan Stratton
Éditions Milan
Leslie est une lycéenne à la dérive, en conflit avec ses parents et ses professeurs, lâchée par sa meilleure amie. Arrive Jason, un nouveau en terminale, beau et charmeur. Un soir, elle sort avec lui, ils boivent, elle se réveille nue... Jason révèle progressivement sa vraie nature : pervers, violent, violeur et manipulateur. Leslie réagit mais Jason n'est pas prêt à laisser saper son image.

L’héroïne a un entourage difficile, qui n'aide pas à ce qu'elle sorte rapidement de ses problèmes : une meilleure amie croyante qui se doit d'être parfaite, une mère divorcée sur qui elle ne peut compter, un père totalement absent, une direction de lycée qui essaye d'étouffer les problèmes plutôt que de protéger la jeune fille.
L'échappée est un récit prenant et habile, le roman est un véritable ouvrage de mise en garde contre les violences faites aux femmes. L'auteur rappelle des notions toujours évidentes mais mises à mal par nos sociétés prônant une certaine culture du viol, à savoir : l'obligation du consentement dans les rapports intimes ! Les dangers de l'alcool sont également mis en relief. Fort heureusement, le livre est quand même positif, il démontre qu'il ne faut pas avoir peur de se défendre et qu'il est possible de s'en sortir.

vendredi 3 juin 2016

Everything Everything


Everything Everything
Nicola Yoon
Editions bayard
Madeline vit sous cloche, sa maison est un palais stérile où aucun microbe n’a la possibilité d’entrer parce qu’elle est atteinte de la maladie rare du DICS, c'est une enfant-bulle. Dehors, tout peut la tuer, elle n’a donc jamais le droit de sortir de chez elle et presque personne ne vient et ne peut la toucher. Sa mère, son infirmière personnelle, et ses professeurs particuliers forment son univers.


J’ai tout aimé de ce livre ! Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas eu un aussi fort coup de cœur ! Everything everything est un roman doux et fort. J’ai aimé m’énerver contre l’héroïne qui ne se rebellait pas assez à mon goût. J’ai aimé comprendre très vite finalement où voulait nous amener l’auteur, je m’y suis laissée entraîner, me fichant bien de ne pas être surprise et savourant au contraire cette victoire sur les personnages et sur la vie aussi. J’ai adoré comprendre tous les indices que Nicola Yoon avait glissé à ses lecteurs dès le départ; Blanche Neige, Raiponce, ce n’est finalement pas pour rien que Madeline et Olly les mentionnent… Je me suis régalée. J’ai savouré chaque phrase, me délectant de l’humour bien présent, des échanges très modernes (retranscriptions d'e-mail par exemple) et de la psychologie de chaque protagoniste.
Everything everything est un bijou d’humanité où je me suis en fait sûrement retrouvée quelque peu au fil des pages et au gré des personnages. Mais loin d'être accablant, le roman est, malgré tout, plein de légèreté, une ode à la liberté. L'auteur a su donner une impression de roman de détente alors même qu'elle aborde des thématiques profondes. 
Je vous le recommande chaudement puisque c'est un gros coup de coeur. 

Je me suis faite plaisir en réalisant un petit montage de photos qui correspond pour moi à l'univers du roman. 

Edit : Je viens de lire sur la page twitter de l'auteure que le roman va bénéficier d'une adaptation en film ! ô joie ! 

lundi 30 mai 2016

Dans le silence de ton coeur

Dans le silence de ton coeur
Alice Ranucci
Editions Hachette
À seize ans, Claudia est belle, populaire, et obtient tout ce qu'elle désire. Aller en cours ? Obéir à ses parents ? À d'autres !

Elle préfère retrouver ses amis dans la rues de Rome et attirer l'attention de Rodrigo, le plus séduisant garçon du lycée.

Sa mère lui reproche son comportement immature et l'oblige même à travailler bénévolement dans un centre pour jeunes immigrés. Claudia s'en moque.
Elle la défie toujours plus, se préparant, chaque fois, à subir de nouvelles remontrances.

Mais un soir, tout s'arrête.
Il n'y a pas de dispute.
Il n'y en aura plus jamais.
Claudia se retrouve seule, face à sa conscience.

Alice Ranucci a écrit ce roman alors qu'elle n'avait que 17 ans. De sa vie au lycée peut-être, de ses deux années en tant que bénévole dans un camp de réfugiés sans aucun doute, Alice a tiré un roman sensible et même si je suis restée malheureusement un peu en retrait vis à vis des personnages, j'ai été touchée par l'histoire. En tous cas, j'ai été surprise, je ne m'attendais pas à ce que tant de sujets difficiles soient abordés : alcoolisme, grossesse chez les adolescentes, groupe de jeunes activistes fascistes, viol, troubles de l'alimentation, réfugiés, etc. On peut dire que l'auteure aura fait le tour des problèmes actuels et même de ceux qui touchent au plus près l'actualité. L'auteure ne caresse pas son lecteur dans le sens du poil, l'écriture est souvent brute de décoffrage ce qui donne un rythme soutenu au récit et rend le roman encore plus percutant. Au fil des pages, on apprend à connaître Claudia, cette jeune ado insupportable au départ, on va même se pencher sur elle, la regarder évoluer et commencer à l'apprécier. Un apprentissage dans la douleur pour l'héroïne mais elle en sortira grandie. Les jeunes lecteurs quant à eux auront sûrement de quoi réfléchir suite à cette lecture. A découvrir à partir de 13/14 ans. 

mercredi 25 mai 2016

Six of Crows, volume 1

Six of Crows, volume 1
Leigh Bardugo
Editions Milan
KAZ Brekker, dit "Dirtyhands", est le chef des "Six of Crows", une équipe de malfrats aux talents exceptionnels : INEJ, espionne défiant les lois de la gravité: MATTHIAS, soldat assoiffé de vengeance; NINA, Grisha aux puissants pouvoirs magiques; WYLAN, fugueur des beaux quartiers, expert en démolition, et enfin JESPER, tireur d'élite accro au jeu.
Ensemble, ils peuvent sauver leur monde de la destruction... s'ils ne s'entretuent pas avant !

Haletant ! Six of Crows est un roman grisant ! 
L'écriture est précise, très imagée et cinématographique, nous n'avons aucun mal à nous représenter les différentes scènes et les protagonistes. 
Kaz semble si froid, capable de rester impassible dans toutes les situations mais rongé autant par les souvenirs que par la douleur. Inej est un petit bijou d'héroïne, on a forcément envie de la protéger et de la rassurer, et pourtant elle est peut-être la plus forte d'entre tous. 
Jesper est drôle que ce soit dans ses réflexions, dans son addiction aux jeux d'hasard et d'argent, ou dans ses pointes de jalousie. 
Wylan est un peu en retrait, c'est le benjamin du groupe, il manque quelque peu de prestance mais saura gagner sa place. 
Nina, tendre et au coeur romantique, n'en est pas moins une redoutable magicienne. Matthias est un personnage très complexe, il lutte contre deux aspects de sa personnalité et le lecteur mettra autant de temps à l'apprécier que lui à se décider de laquelle de ses facettes laisser prendre le dessus. 
Tout en ménageant l'action, l'auteure revient sur le passé des héros. Elle s'arrête forcément sur les moments les plus douloureux de leurs existences car des blessures à l'âme et au corps, nos héros n'en manquent pas. Tous nous touche parce qu'ils ont réussi à conserver suffisamment d'humanité en eux malgré leurs passés. 
Nous contemplons des héros torturés par les souvenirs et qui essayent tant bien que mal de s'en sortir. Fréquemment, on les imagine plus vieux, pour d'un seul coup voir réapparaître leurs fragilités et réaliser qu'ils sont bien jeunes encore. Ce sont tout simplement des adolescents qui ont mûris trop vite et qui se doivent de survivre. 
Il est toutefois extraordinaire de constater que ces personnages auxquels on s'est fortement attaché peuvent tuer ou même torturer sans une seconde d'hésitation. 
Six of Crows saura captiver les lecteurs. Les défis monumentaux que doivent surmonter les héros pour mener leur mission à son terme, les batailles, le suspense, la magie, tous ces ingrédients nous donnent envie de tourner les pages à toute allure. 
Si l'action et les péripéties ne manquent donc pas, la romance est bien présente dans le récit. Celle entre Kaz et Inej est essentiellement faite de non-dits et de regards de l'un ou de l'autres.

Celle de Matthias et Nina, véritables Roméo et Juliette, est faite, elle par contre, de beaucoup de mots, mêlant révulsion et passion. 

(ne vous laissez pas avoir par ces fanarts amusants, la relation entre Nina et Matthias n'est pas du tout aussi sereine ! Haine, destruction, trahison et tension sexuelle sont 4 termes qui peuvent définir leurs échanges !)

Une relation verra t-elle le jour entre Jesper et Wylan ? L'auteure glisse quelques éléments permettant d'y songer. 


Le lecteur arrive au terme du roman avec l'envie d'en avoir plus, la fin étant totalement frustrante et stressante. Le second volume s'annonce tout aussi riche en suspense et en actions dangereuses ! Nous n'avons pas fini de trembler pour ces 6 là ! 
En raison de quelques éléments liés à la violence ou à la sexualité, le roman est à découvrir à partir de 14 ans. 





vendredi 6 novembre 2015

Kid I luck, tome 3

Kid I luck !, tome 3
 Yuko Osada
Editions Ki-oon 
Le pauvre Kinjiro est dans une mauvaise passe : critiqué de toutes parts, il n'arrive toujours pas à faire rire et sombre dans un profond désespoir. Heureusement, une rencontre providentielle avec le célèbre humoriste Hamazaki des Hamamiya va le remettre sur la voie, tandis que Yayoi, qui commence à se prendre au jeu, accepte de participer avec lui aux «Champions du rire» ! Mais terrassée par le trac, l'adolescente ne parvient pas à trouver la moindre blague derrière son masque.
C'est alors que Kinjiro a la révélation : petit à petit, la salle commence à réagir ! A présent beaucoup plus serein, le jeune homme continue à se préparer pour le grand tournoi d'humour ! Réussira-t-il enfin à rendre le sourire à Kuriko ? 
 

Ça y est, je me suis offert le troisième et dernier tome ! Je n'ai pas attendu trop longtemps de peur de ne pas le trouver et qu'il ne soit pas réédité. J'étais ravie de retrouver l'attachant Kinjiro. J'ai adoré la façon dont l'auteur, comme dans les deux premièrs volumes d'ailleurs, tient le fil du scénario fermement entre ses doigts, fait monter la tension jusqu'à son niveau le plus extrême, pour finalement relâcher la pression exercée sur le lecteur d'un seul coup !
 C'est haletant et terriblement jouissif ! J'ai eu les larmes aux yeux en finissant l'ouvrage !
Maintenant que je l'ai terminé, je peux clairement dire que j'ai eu un coup de coeur pour cette série drôle et émouvante qui aborde de sensibles sujets de société tout en étant suffisamment légère pour ne pas être plombante. 
Jalousie, trahisons, harcèlements, viol, rejet, rien n'est épargné aux personnages. Mais c'est un très beau moment de lecture, une série pleine d'espoir.
Mon seul bémol demeure les passages qui concernent l'apprentissage du comique, et les joutes verbales ludiques que se lancent les humoristiques... 
Décalage de culture entre le Japon/la France ? Blagues qui rendent mieux dans leur langue d'origine et impossible à traduire ? Je suis restée de marbre en lisant toutes ces répliques alors qu'à côté de ça, l'auteur sait être drôle. Dans le dernier volume, j'ai fini par en prendre mon parti, et de toutes façons ça ne m'a pas empêchée d'adorer Kid I luck ! 

samedi 3 octobre 2015

La porte de la salle de bain

La porte de la salle de bain
Sandrine Beau
Editions Talents Hauts
"J'attendais mes seins avec impatience. C'est à partir des p'tits oeufs au plat que tout s'est déglingué. Comme s'ils s'étaient passé le mot pour gâcher ma joie toute nouvelle. Ça a commencé dans le bus. C'est là que j'ai vu le regard des hommes changer. Enfin de certains hommes... Ceux-là, ils ne se gênaient pas pour me regarder. Ou plutôt pour me regarder directement dans les seins. Pas gênés ! Tranquilles. Je détestais ça. "

Au départ, ça commence en douceur et avec des sourires pour le lecteur puisque Mia nous parle de puberté, de ses seins qui commencent à pousser, et des changements progressifs qu'elle ressent en elle. Mia a une vie plutôt agréable. Sa mère s'est remise récemment d'une dépression, par contre elle bosse beaucoup. Son ptit frère est un petit rayon de soleil à lui tout seul. A la maison, traîne le dernier amoureux de la maman, Lloyd, celui par qui elle dit s'en être sortie. Il y a Maminette aussi qui s'occupe si bien de ses petits enfants, et voit d'un oeil mauvais le nouvel amoureux, squatteur, profiteur et glandeur sur les bords. Mais pour les enfants, tout roule jusqu'à lors, Lloyd est plutôt drôle et  n'hésite pas à partir dans des délires pour les faire rire. Puis tout s'enchaîne. Une coïncidence ? Non. Des actes qui deviennent de plus en plus délibérés et malsains. Pour Mia, de la honte, du mal-être, le bonheur de grandir gâché par cet homme aux pensées tordues. 
"J'avais l'impression de ne plus rien comprendre, de ne plus être sur la même planète que les autres. Dans ma tête, il n'y avait plus que la salle de bain, la salle de bain, la salle de bain..."
De la culpabilité aussi, Mia n'a pas envie d'en parler à sa mère, de lui casser son rêve de famille unie puisque pour cette dernière, Lloyd est celui qui l'a sauvée. 
La dépression, la puberté, et la pédophilie, voilà 3 thèmes forts rassemblés dans un seul roman. 
La relation entre Mia et sa grand-mère est très belle, très forte. Elle est essentielle au récit puisqu'il s'agit de la personne en qui Mia a confiance et a décidé de se confier. C'est donc la grand-mère qui va permettre de mettre fin aux violences. 
Ce roman fait partie des indispensables pour moi. Dur en tant que parents de parler régulièrement de pédophilie tout en arrivant à ne pas trop les angoisser, et finalement je ne suis pas certaine que les enfants comprennent bien de quoi il retourne. Ici, l'auteure met des mots sur des actes interdits et des regards qui n'ont pas lieu d'être, elle insiste aussi sur cette nécessité de parler à tout prix de ce qui arrive. S'ouvrir à un adulte est indispensable pour sortir du cauchemar, il est primordial que les enfants intègrent cette notion, ce récit est un bon moyen pour leur faire passer ce message.
Le lecteur est entraîné dans la spirale infernale que vit Mia, mal au ventre, échec scolaire, la peur sourde s'installe, la jeune héroïne est emportée vers le fond, le lecteur se rongeant les ongles face à la tension du récit, s'angoissant du pire à venir. Mais l'auteur s'arrête avant ce pire, ce qu'a vécu Mia est bien suffisant pour traumatiser qui que ce soit, épargnant suffisamment les lecteurs et permettant une lecture par les plus jeunes également. L'épilogue est là comme une renaissance, parce que même quand le pire s'est produit, on peut grandir, ne plus être une petite fille sans défense, et avoir un jour des papillons dans le ventre nous aussi...
A noter, la jolie dédicace de l'auteur qui ouvre le livre parce qu'il est important de rappeler qu'il n'y a pas que les filles qui peuvent être concernées. 

vendredi 12 juin 2015

Red Rising, tome 1

Red Rising, tome 1
Pierce Brown
Editions Hachette 

Dans le futur, la Terre n'est plus habitable. Pour survivre, la Société est partie coloniser Mars. Les Ors, ses membres les plus riches, érigés en aristocrates, ont réduit les autres en esclavage... Darrow est un Rouge, un membre de la caste la plus basse de la Société. Sa fonction : arracher au cœur de Mars de quoi assurer à la Société sa croissance et sa richesse. Toute la journée, il creuse, persuadé que les Rouges sont le dernier espoir de l'humanité.
Qu'importe si, en seize ans, il n'a pas vu le ciel ? Qu'importe s'il doit subir chaque jour les injustices des Ors ? Darrow vit, il a l'amour d'Eo, la plus jolie des Rouges, et pour lui, c'est bien suffisant. Mais pas pour elle. Eo rêve à un futur meilleur, un avenir où les Rouges pourront regarder les Ors dans les yeux. Pour ce rêve, Eo est prête à tout. Jusqu'au sacrifice. Lorsque Eo est condamnée à mort, Darrow est dévasté.
Désormais, il ne vivra plus que pour sa vengeance. Rien ne l'empêchera d'anéantir ses ennemis. Même si, pour cela, il doit devenir l'un d'eux.
Red Rising est une pure tuerie ! Dans tous les sens du terme puisque l'auteur n'hésite pas à tuer quelques-uns de ses personnages même parmi les plus attachants ! Si je devais trouver des similitudes avec d'autres romans déjà parus et ainsi aider à résumer Red Rising, je dirais que c'est un savant mélange entre Hunger Games (Suzanne Collins) et L'élite (Joelle Charbonneau) avec des pointes de Game of Thrones (George R-R Martin) ! Plutôt alléchant n'est-ce pas ?! Je me suis ré-ga-lée ! Je l'ai lu quasi d'une traite mais lorsque j'étais obligée de le poser, l'histoire ne cessait de tourner en boucle dans ma tête. Je m'imaginais la suite, essayais de projeter les futures actions des différents protagonistes... le récit est de ceux qui ne vous lâche pas, qui vous tient en haleine et comble du bonheur qui vous surprend ! Quel plaisir de constater que l'on ne voit pas venir différents rebondissements ! Recommençons depuis le début. Le narrateur est un homme, ce qui nous change bien agréablement après toutes ces dystopies racontées du point de vue d'une femme. Ce héros est un garçon aux sentiments et aux actions "bruts de décoffrage", sincère, combatif, et finalement profondément humain. L'auteur nous plonge de suite dans l'action, dans ce monde différent du notre, et nous fait découvrir ce nouvel univers avec une aisance bluffante. Le rythme est soutenu, sans temps mort et si le texte est simple, il n'est pas simpliste. Brown manie également l'humour et le langage des uns et des autres est quelque fois fleuri. ^^ Dans Red Rising, vous aurez de l'amour, de l'amitié, de la violence, de l'espoir et des idéaux à réaliser, le tout pour quelques heures de lecture absolument parfaites et un début de série qui envoie du lourd ! Vous l'aurez compris, c'est un coup de coeur et je vais maintenant prendre mon mal en patience en attendant l'arrivée en France du second volume. 
Ce premier tome sort en librairie le 17 juin.  

Kid I luck, tome 2

Kid I Luck !, tome 2 
Yuko Osada
Editions Ki-oon
Ejecté illico du club de comédie, Kinjiro trouve heureusement un nouvel espoir en la personne de Yayoi, timide fille de sa classe...qui se révèle être le drôlissime Spaghetti Arrabbiata, le n°1 des participants au "Resto Barjo" ! En échange de son silence, le jeune homme la supplie de lui apprendre les ficelles du comique. Même si la tâche s'annonce ardue, il ne se décourage pas et parvient à la faire rire à deux reprises... 
Un exploit quand on a le sens de l'humour d'une huître ! Mais le revirement de Yaokin est loin de faire l'unanimité : voilà que des amies de Kuriko l'accusent d'avoir complètement oublié la jeune fille...

Le début de ce second tome est un peu en dessous de l'introduction du précédent volume puisque comme dans le 1, je suis hermétique aux blagues racontées par les uns et les autres. 
Par contre, la nouvelle longue descente aux enfers de Kinjiro m'a scotchée au bouquin. 
Sa prise de conscience du manque ressenti par l'absence de sa meilleure amie est bouleversante. S'en suis un flash back sur leur petite enfance qui nous dévoile une partie de leurs souvenirs et permet de comprendre d'où vient leur belle complicité. 
Au fil des pages, l'auteur revient à la subtilité et traite à nouveau d'espoir, de confiance en soi, et de détermination à tout prix. Kinjiro est un héros de manga atypique et surtout tellement attachant. Enfin, le jeune homme trouve le déclic pour s'améliorer et espérons-le afin de trouver un chemin qui le mènera jusqu'au coeur de son amie. 
 
Le tome se termine sur un cliffhanger qui donne juste envie de se jeter sur le dernier volume !
En bref, après un début lent et moyen, le rythme du récit monte crescendo. Sachant que c'est une série en trois volumes, je suis vraiment ravie de la découverte ! Vivement que je dévore le 3 !

vendredi 29 mai 2015

Kid I Luck !, tome 1

Kid I Luck !, tome 1 
Yuko Osada
Editions Ki-oon
Kinjiro Yaoi est la terreur de son lycée. Bagarreur invétéré et incorrigible tête brûlée, il est du genre à laisser ses poings s'exprimer avec générosité à la moindre occasion. A l'extrême opposé, son amie d'enfance, Kuriko est la douceur incarnée. Mais peu avant ses 18 ans, une tragédie double touche la jeune fille, qui est agressée au retour du lycée... Traumatisée, elle n'a plus la force de retourner en cours et vit enfermée chez elle, complètement coupée du monde extérieur...
Kinjiro. de son côté, est rongé par la culpabilité. Lui qui n'a pas été présent pour défendre son amie cherche inlassablement un moyen de la sortir de la déprime. Sa décision est prise : à l'image de ces comiques professionnels qui faisaient le bonheur de KuriKo avant son agression, il deviendra lui aussi un champion du rire et consacrera son existence à redonner le sourire à son amie. Mission loin d'être évidente pour notre voyou au grand coeur...
qui est doté d'un sens de l'humour catastrophique !
 
 J'ai choisi de découvrir ce titre pour deux raisons. La première, mon fils aîné avait adoré la série Toto ! du même auteur. La seconde porte sur le personnage en couverture. Il m'avait fait penser à un de mes héros préférés de manga, Seiji de Midori Days. Effectivement, Kinjiro lui ressemble bien. Fort en gueule et toujours partant pour la castagne, il se révèle vulnérable et ne sait pas exprimer ses sentiments. Le manga est d'ailleurs au départ plus sensible que drôle. La scène suggérée du viol de l'amie d'enfance de notre héros, Kuriko, fait forcément mal aux tripes.
 
La tristesse de Kinjiro et son accablement face à la douleur profonde de son amie ressort de façon très forte à travers les illustrations. 
L'auteur sait très bien retranscrire les émotions violentes et intimes de ses personnages. Kinjiro culpabilise de n'avoir pas raccompagné Kuriko chez elle ce jour-là. Pendant trois mois, chaque jour, il vient la voir, lui parle à travers la porte de la chambre de la jeune fille où elle vit désormais enfermée, et lui glisse des livres, CD, entrées de musées, bref tout ce qui pourrait lui plaire, afin que la jeune fille réagisse. En vain. 
Le jeune homme se sent si accablé que son état à lui aussi glisse petit à petit vers la dépression. On s'attache à lui extrêmement vite. Sa volonté farouche d'aider son amie et ses airs de gros durs donnent le sourire. 
Le décalage entre son apparence et ses actions crée des situations très drôles. Petit à petit, le récit s'ouvre vers d'autres personnages, et ainsi l'auteur aborde d'autres thèmes de société tels que l'exclusion et l'introversion. La manga est donc aussi riche en sujets sensibles qu'en humour !
 Par contre, si l'auteur propose des mises en situations drolatiques, les blagues racontées par les personnages qui sont sensées faire rire le public (pour rappel, Kenjiro veut devenir humoriste et participe à des clubs ou émissions humoristiques) ne sont pas fameuses, je n'ai pas souri une seule fois en lisant les pseudos jeux de mots qui devraient montrer que certains personnages sont de grands humoristes. C'est mon seul petit point négatif. 
J'ai par contre beaucoup apprécié le graphisme, le dynamisme et la force du trait de l'auteur. De plus, en ouvrant l'ouvrage, on ne peut qu'apprécier les quelques pages en couleurs sur papier glacé que nous offre cette édition.
Au final, le manga est bien mené et fait autant sourire qu'il émeut.  
Presque un coup de coeur ! 
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