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vendredi 10 septembre 2021

La carte des nuages

Michael Escoffier
Kris Di Giacomo
Éditions L’école des Loisirs   
Le jour où Kumaï l'orang-outang recueille un oisillon blessé, sa vie est chamboulée. Comment une si petite chose peut provoquer en elle une si grande émotion ? Kumaï fait tout pour le protéger des dangers de la jungle. Jusqu'au moment où l'oiseau prend son envol...

dimanche 7 juillet 2019

Superman : Dawnbreaker

Matt de la Pena
Editions Bayard
Le jeune Clark Kent a toujours été le plus fort, le plus rapide et le plus intelligent. Mais il fait tout pour ne pas attirer l'attention sur ses superpouvoirs. Jusqu'au jour où, attiré par des pleurs, il découvre la petite Gloria Alvarez et le terrible secret. Avec l'aide de sa meilleure amie, Lana Lang, il va tenter de découvrir la vérité derrière les façades de Smallville. Mais à quel prix ?

jeudi 29 septembre 2016

Jessie des ténèbres

Jessie des ténèbres
Yann Rambaud
éditions Hachette 

Le jour, Jessie vit un cauchemar. Au collège, on la harcèle. A la maison, ses parents se disputent. Et pour couronner le tout, à 13 ans, elle est myope comme une taupe. La nuit, Jessie est prisonnière d'autres cauchemars. Elle se "réveille" dans une maison qui grince, pleine de courants d'air et de portes fermées, qu'il lui faut à tout prix ouvrir. Mais au coeur des ténèbres, il reste pourtant un peu de lumière : dans une forêt au fond du jardin l'attendent, chaque mercredi, Alice et ses dingueries. 
Ici, les escargots font la course et les grenouilles savent compter. Et puis, il y a Gaspard...

J'avais adoré Teddy n'a qu'un oeil et bien Jessie des Ténèbres est tout aussi agréable et original. C’est amusant comme la fantaisie de l'auteur reste bizarrement... crédible, on se surprend à sourire et à croire en ses inventions. Absolument jubilatoire, génial, d'une poésie rare, ce roman est une pure merveille. Mais le texte est aussi ancré dans la réalité, celle parfois très dure que connaissent certains élèves, le harcèlement scolaire prenant une place importante dans le récit. Un harcèlement qui monte en puissance jusqu'à atteindre le pire.
J'ai adoré le livre de bout à bout, je l'ai terminé avec les larmes aux yeux. S'il a fallu à l'auteur plus d'un an pour l'écrire, il ne m'aura fallu que quelques heures d'une nuit pour le dévorer. La relation avec la mère, les mystères, les quelques frissons liés à la maison étrange, la forêt si particulière, les animaux, tout est absolument parfait. C'est un récit aux petits oignons ! Impossible de le lâcher une fois commencé, il fait partie de ces livres qu'il est encore plus savoureux de lire d'une traite, et de toutes façons à quoi bon lutter on ne peut pas se séparer des personnages jusqu'au fin mot de l'intrigue. Prochaine étape : m'offrir le tout premier roman de l'auteur, Gaspard des profondeurs ! J'ai déjà hâte de retrouver l'univers si spécial et la sensibilité de cette plume qui m'a déjà enchantée dans deux romans.
Pour couronner le tout, l'auteur dit en postface qu'il va écrire un troisième tome ! Ô joie !
 (À noter, chacun de ces trois volumes - Gaspard, Jessie et le prochain - peut se lire totalement séparément !)
Saperlipopette, je m'en réjouis d'avance !


A lire, à lire, à lire !

mercredi 16 mars 2016

Sunshine, tome 1

Sunshine, tome 1  
Paige McKenzie
Editions Hachette
Colelction Back Moon
Peu après son seizième anniversaire, Sunshine déménage avec sa mère à Ridgemont, dans l'Etat de Washington. Pour elle, rien n'est plus effrayant que cette ville, pleine de brouillard sous un ciel gris, même en été. Rien, sauf peut-être leur nouvelle maison. Il y fait toujours froid, et il s'y passe des choses franchement bizarres. Sunshine ne croyait pas aux fantômes. Jusqu'à maintenant.

Je m’intéressais au livre un peu avant l'annonce de sa sortie en France et j'avais lu quelques chroniques américaines. Certaines lectrices mettaient en avant que le livre ne faisait pas peur alors qu'elles pensaient découvrir un roman d'horreur. Etant une grande trouillarde au lieu de me décourager, cela m'avait rassurée. Verdict pour moi : le récit fait bien assez peur ! Je ne sais pas à quoi s'attendaient ces lectrices mais pour le coup un roman tiré d'une web série pour ado on ne pouvait pas s'attendre non plus à du méga gore mais nous avons tout de même tout le long du livre un stress ambiant, du suspense et une entité malveillante qui rôde. La jeune fille sera témoin de faits surnaturels et devra même lutter pour sa vie. Pour dire que j'ai trouvé ça largement suffisant côté angoisse : j'ai cauchemardé une bonne partie de la nuit qui a suivi ma soirée de lecture. Personnellement, j'ai passé un très bon moment de lecture, je ne me suis pas ennuyée, je n'ai jamais décroché et je me suis prise au jeu. Mes seuls reproches sur Sunshine concernent un soucis de temporalité et les relations entre les personnages. Pour le premier point, j'ai été éberluée de lire soudain "cela fait trois mois que l'on se connait" alors que je pensais que 2 jours s'étaient écoulés ! (????) Et j'en viens à mon second point, le fait que le temps ne semble pas s'être déroulé normalement donne une impression de tissage de lien très fort entre les protagonistes beaucoup trop rapide. 
Si les personnages ne sont pas très attachants, ils ne sont pas non plus déplaisants. Le roman que je pensais être du surnaturel dérive vers du fantastique avec une mythologie bien particulière. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas vous gâcher la surprise mais nous n'avons plus seulement une histoire de fantôme, l'identité de Sunshine elle-même cache bien plus que ça. 
A découvrir à partir de 12/13 ans. 

lundi 9 novembre 2015

Un drôle de visiteur

Un drôle de visiteur
Eléonore Thuillier
Clotilde Goubely
Editions Frimousse
 Un drôle de visiteur se présente à la ferme. Il est tout petit, tout mignon, avec de belles rayures sur le dos et des moustaches à faire pâlir d'envie le chat. Peut-être un cousin de ce dernier ? Certainement pas, rétorque celui-ci. Mais quand même cette frimousse leur dit bien à tous quelque chose, quel est donc cet étrange énergumène, il doit y avoir la réponse dans l'encyclopédie...
 Un tigre ! C'est un tigre ! Enfer et damnation, voilà les animaux qui s'enfuient à toutes pattes et grimpent dans l'arbre le plus proche, histoire de se mettre à l'abri du terrible animal. 
"Allez va t-en ! Tu nous fais peur ! gémit la vache en lui montrant le livre. C'est là ! C'est écrit noir sur blanc ! Les tigres sont de terribles chasseurs ! Ils mangent tout ce qui a 4 pattes comme nous !" 
Le pauvre bébé prend très mal le fait d'être rejeté, il a beau protester, supplier, rien n'y fait alors il ne lui reste plus qu'une chose à faire... il appelle sa maman !
Nous avons plutôt l'habitude de croiser Eléonore Thuillier aux pinceaux, ici c'est à la plume que nous la retrouvons. Pour les illustrations, c'est Clotilde Goubely qui s'y colle ! La première nous offre une histoire très drôle mais aussi pleine de tendresse et portant un joli message de tolérance. La seconde nous régale avec un graphisme aux ptits oignons ! Tourner les pages de cet album grand format donne forcément le sourire, les dessins sont rafraîchissants, originaux, et ces animaux ont des mimiques absolument irrésistibles ! La chute finit de nous ravir et surprendra à coups sûr les ptits lecteurs. Beau, amusant, empli de délicatesse, et c'est à découvrir dès 4 ans.
A noter, l'album vient tout juste de recevoir le prix Landerneau dans la catégorie Album Jeunesse ! 

mercredi 12 novembre 2014

Les Grinche ont des ennuis, tome 1

Les Grinche ont des ennuis, tome 1
Philip Ardagh
Axel Scheffler
Editions Flammarion 
Collection Père Castor
« Sunny n'était pas vraiment l'enfant des Grinche. Mme Grinche avait toujours voulu un enfant, et au cours d'une de ces rares occasions où M. Grinche était de bonne humeur, il lui en avait trouvé un. Ce n'était pas qu'il ait prévu son coup. C'était arrivé comme ça. » 
M. et Mme Grinche vivent dans une caravane faite de bric et de broc. Ils ont deux ânes, Clip et Clop, et un fils adoptif, Sunny, qu'ils ont habillé... d'une robe bleue ! Voyageant tout le temps sur les routes, les Grinche font de nombreuses rencontres. Le problème, c'est que dès qu'ils vont quelque part, ils attirent forcément les ennuis !
Voici le premier tome (trois autres sont à paraître) bien sympathique !
 Au commencement du récit, j'ai eu un peu peur. Loufoquerie en tout genres, j'étais déstabilisée par cette lecture. Mais au final, je me suis vite attachée à ce petit monde, à ces personnages tous plus bizarres les uns que les autres, et j'ai même parfois été émue. L'auteur aborde des sujets profonds de manière détournée comme l'adoption et le chômage. La plume de Philip Ardagh n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle de Roald Dahl.

 Le livre est richement illustré par Axel Scheffler, qui n'est autre que l'illustrateur du célèbre Gruffalo. Le livre peut se lire seul à partir de 8 ans mais peut faire une très chouette lecture du soir pour les enfants autour de 7 ans. 

vendredi 4 avril 2014

Gipsy Song

 Gipsy Song : Le choix de Kenzie
Beth Kephart
La Martinière J Fiction
Après la mort de son père, Kenzie, 18 ans, trouve refuge et réconfort auprès de son meilleur ami. Mais finalement, très vite, elle tombe enceinte de lui. Déterminée à garder le bébé malgré le rejet de cette décision par son petit-ami, elle est forcée par sa mère à partir en Espagne où au terme de sa grossesse, le bébé sera adopté.
Dans la chaleur de l'Andalousie, au son d'une guitare de gitan, du chant des oiseaux, des bruits de cuisine, et couvé par le regard du ténébreux palefrenier Esteban, Kenzie va se découvrir elle-même et devoir faire un choix... 

Au coeur du maquis andalou, l'auteur nous offre un portrait sensible, une plongée dans l'intimité de cette jeune fille, trop tôt femme, abandonnée par les siens. Au fil des pages, Kenzie parcourt un chemin initiatique, mine de rien, elle se reconstruit ou peut-être se construit car elle devient une autre. Au ranch, Kenzie sera entourée de nombreuses personnes : Miguel, Estela, Esteban, Angelita, Luis... La jeune fille essaie de s'accrocher à Esteban ou Estela malgré leurs pseudo-indifférences, et le lecteur découvre ces gens d'Andalousie qui nous paraissent sombres, taciturnes mais qui ont un coeur énorme.
Estela, la cuisinière qui apprend à Kenzie son savoir faire, est l'un des protagonistes marquants de ce récit. Petit à petit son histoire nous est dévoilée et le lecteur comprend alors pourquoi la vieille femme se comporte ainsi envers les autres. Sa relation avec Kenzie est très belle, tout d'abord pleine de réticence des deux côtés, elle devient de plus en plus douce pour finir par être quasi maternelle.
Le récit est plein de silences précieux, les personnages se parlent parfois à demi-mots mais justement les dialogues, peu nombreux, sonnent justes. Kenzie, quant à elle, converse régulièrement avec son bébé, ce sont des instants très doux qui nous rendent le personnage encore plus attachant. 
 L'Espagne est très présente, la chaleur, les couleurs, les odeurs, l'auteur plante son décor et crée une ambiance qui donne le ton et du relief à son récit. Beth Kephart est poète, et cela se sent, sa prose est poétique, délicate, et surtout profondément intimiste. L'auteur ne fait pas dans la facilité, c'est un récit beaucoup plus mûr que le résumé me le laissait penser. Touchant, parfois douloureux, c'est un beau livre, vibrant, qui porte sur les choix, sur la liberté de disposer de son corps, d'être, et de devenir ce que l'on veut. 

A découvrir dès 13/14 ans.

Une très belle chronique chez Clarabel. Il n'y a que ce qui concerne la couverture où je ne la rejoints pas, personnellement je préfère nettement la version française, et j'ai du mal à retrouver l’atmosphère du livre dans l'original. 

Concours pour gagner 3 exemplaires du livre, ICI. 

vendredi 21 mars 2014

Le fils des géants

Le fils des géants
Gaël Aymon 
Lucie Rioland
Editions Talents 
 Parce qu'il est trop petit, le roi et la reine d'une époque lointaine, abandonnent leur enfant en le déposant dans un dé à coudre qu'ils confient au courant d'une rivière. Ce sont deux géants, des pêcheurs, qui le trouvent dans leurs filets. 
L'enfant est en vie mais il manque de l'essentiel, il a besoin de force pour grandir, de mots pour nommer ses peurs, d'amour pour vivre. 
 Le temps passe et désormais c'est un jeune homme qui se tient aux côtés des deux géants. Ensemble tous les trois, ils vivent en paix. Mais un jour, le roi et la reine, surpris par un orage, vont se réfugier dans la grotte des géants. En reconnaissant le dé à coudre, au cou du jeune homme, ils comprennent qu'il s'agit de leur fils. 
N'ayant jamais eu d'autre enfant et donc n'ayant pas d'héritier, le roi et la reine supplient le prince de venir vivre au palais. Quel sera le choix du jeune homme ? 

Parfois, dans les albums que j'adore, les illustrations prennent une place plus importante que le texte dans mon coup de coeur. Là non, le récit est superbe, le texte remarquablement bien écrit, et les mots de l'auteur ont un fort pouvoir évocateur. De belles métaphores sur l'amour parental remplissent le coeur du lecteur de douceur.
"L'enfant regardait les géants avec terreur. 
_Cet enfant est trop perdu pour survivre, dit le second géant. Alors il lui donna tous ses mots pour qu'il puisse nommer ses peurs. Et les peurs s'envolèrent avec les mots." 
J'ai rarement lu un album où tout l'amour que ressentent des parents pour un enfant, mais aussi ce qu'ils font pour l'accompagner sur le chemin de la vie, pour l'aider à grandir, est exprimé de manière si touchante tout en restant subtile. 
L'histoire m'a également beaucoup plu pour son originalité. Ce sont des souverains qui abandonnent leur bébé et non pas des personnes pauvres. De même que la fin ne finit pas sur une rédemption des parents biologiques, le coeur aigri ils ont et garderont. 
"Nous sommes tes parents ! gronda la reine. Nous t'offrons une vie de roi ! Préfères-tu cette grotte puante et la compagnie de deux vieux misérables ?" 
Le jeune homme choisit sa vie simple mais entourée d'amour à un avenir luxueux mais dépourvu de l'essentiel. 
L'homosexualité n'est absolument pas le propos du livre mas je ne peux m'empêcher de penser au fait que ce sont deux vieux qui recueillent l'enfant et non pas un vieux et une vieille comme dans d'autres contes tels que Momotarô ou Shitakiri Suzume, et par les temps qui courent il est toujours bon de rappeler aux jeunes lecteurs que l'important pour élever un enfant, c'est l'amour qu'on lui donne et non pas le sexe des deux parents. 

Un mot tout de même sur les illustrations du livre car si le texte est magnifique, l'ouvrage s'appuie aussi sur de superbes dessins. Des peintures d'une grande finesse qui accompagnent à merveille l'histoire. La toute dernière planche est juste sublime. L’atmosphère apaisante qui baigne sur cette double-page correspond si bien à l'état d'esprit du jeune héros, je n'ai pas pu m'empêcher de pousser une exclamation en finissant ma lecture tellement j'étais sous le charme. 
Petit + perso : Je finirais en précisant qu'il s'agit d'un coup de coeur familial. Mon mari, qui n'est pourtant pas très bon public, a trouvé l'histoire très belle. Mes deux enfants, de 10 et 5 ans, l'ont déjà lu plusieurs fois. Le récit a suscité de nombreuses questions de la part du petit. 

A noter, l'album est soutenu par l'ONG Amnesty International. 

dimanche 16 mars 2014

Les enfants rats

Les enfants rats
Françoise Jay
Editions Plon
"Dans un monde politiquement bouleversé, des milliers d'enfants, abandonnés à eux-mêmes, ont trouvé refuge dans les égouts. Regroupés en hordes où règnent la violence et la loi du plus fort, leur quotidien se réduit à voler dans la ville pour survivre, et à échapper à la police ainsi qu'aux autres hordes. Irielle a dix-sept ans. Arrivée dans les égouts à l'âge de dix ans, elle a refusé la loi sauvage des enfants-rats. Elle vit seule avec Jode, un petit garçon de cinq ans qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle et à qui elle a appris à lire et à écrire... En ce début de printemps, deux rencontres vont bouleverser leur vie..." 

J'avais craqué pour son titre, sa couverture et son résumé, j'avais donc envie de le lire depuis sa sortie. Je ne l'ai acheté qu'il y a quelques mois pour au final, ne pas trouver le temps de le lire... jusqu'à aujourd'hui. Je n'ai pas été déçue une seconde ! Au contraire, il est encore meilleur que ce que j'espérais, il y a dans ce roman  tout ce que j'aime. Et surtout l'auteure dose savamment chaque ingrédient de son récit de manière à ce que tout soit présent (romance, amitié, affection, tendresse, suspense, mort, peur, politique, écologie, etc.) sans trop en faire. Je suis très compliquée en ce qui concerne la romance, j'aime qu'il y est un couple d'amoureux et en même temps je ne supporte pas le moindre gniangniantisme et là j'ai été satisfaite au plus haut point, ce que m'a proposé l'auteure est juste parfait ! Concernant l'intrigue, ce roman d'anticipation très prenant nous plonge en 2025, dans notre société qui a basculé dans le chaos et où la misère et la violence dominent principalement. Heureusement, l'espoir et la solidarité sont également présents, et une nouvelle ère est en marche. Le lecteur se prend un tas d'émotions en pleine face, on est touché par l'héroïne si jeune et pourtant déjà si maternante et tendre. On craque pour son petit protégé de 5 ans, on tremble pour le bébé qui survient, on lit en espérant fortement que tout ce petit monde va survivre malgré les épreuves. Et justement, encore une fois, l'auteure épargne aux lecteurs le trash tout en ménageant une tension au fil des pages, son récit tout en étant très touchant et parfois dur, est adapté aux adolescents dès 12 ans. 
Un coup de coeur ! 

lundi 10 juin 2013

Mon arbre

Mon arbre 
Ilya Green
Editions Didier Jeunesse
"Dans le décor d’un arbre aux feuilles multicolores, un bébé fraîchement sorti de son cocon part en quête d’un « nouvel endroit » où il se sentirait moins à l’étroit. En compagnie de son ami le chat, il passe d’une « maison » à l’autre : le tronc de la chouette trop petit, le terrier des loirs trop noir… Finalement, l’enfant, un peu fatigué, trouve une paire de bras qui le mènent « au plus beau des endroits (…) un endroit parfait pour lui et pour son chat ! ». Les bras de Maman..."

C'est un album de toute beauté, mystérieux et poétique et qui nous offre une fin absolument adorable. Le récit mêle adroitement un univers onirique et la réalité. L'histoire peut sans doute prendre plusieurs sens. L'auteur a t-elle cherché à évoquer l'aventure de la séparation et la douceur des retrouvailles d'un bébé et de sa maman ? 
J'y ai vu plutôt une métaphore de la naissance et j'ai adoré la fin si tendre et si juste où la mère est dans une position de prendre soin de son enfant. Quelle belle illustration remplie d'amour maternel !
Le cheminement du bébé qui cherche une maison peut également symboliser un enfant orphelin qui  attendrait une famille adoptante. Et la fin est alors toujours, ou peut-être même plus, aussi jolie et attendrissante. 
Mais sans chercher plus loin, c'est tout simplement une très belle histoire à lire à son enfant. Le texte sous forme de rimes est particulièrement agréable à lire à haute voix. 

Quant aux illustrations d'Ilya Green, elles sont aussi magnifiques que d'habitude. Sur les feuilles de papier épaisses, un peu jaunies, se dévoilent des dessins, des collages et des crayonnés plein de charme et de douceur. 

A noter : Cet ouvrage a été sélectionné par l'opération "premières pages", il est donc proposé dans plusieurs départements par le conseil général et la CAF et offert aux enfants nés dans l'année. 

vendredi 7 juin 2013

Mes deux papas

Mes deux papas
Juliette Parachini-Deny
Marjorie Béal
Editions Des ronds dans l'O 
"Pendant la classe, Oscar demande à Lilou pourquoi elle a deux papas, elle !"

Un énormissime coup de coeur ! 
Enzo et Tom trouvent un oeuf abandonné. Eux qui ont tant envie d'un bébé, les voilà qui prennent soin du futur oisillon. Un matin, la coquille se brise, les deux oiseaux sont désormais les papas d'une jolie Lilou. La petite grandit et rentre pour la première fois à l'école. En classe, un de ses camarades lui demande pourquoi elle a deux papas... 

J'ai aimé tout autant le texte que les illustrations ! J'ai particulièrement apprécié que l'auteur ne fasse pas de la surenchère à la différence, pour une fois on ne nous montre pas tous les parents différents possibles. Par contre, la fin revient sur la famille, au sens large, des deux papas avec les tantes, les cousins, les grands-parents, et ce tableau final est juste extra ! 
C'est un magnifique ouvrage sur l'homoparentalité mais il met aussi l'accent en douceur sur le désir d'enfant et sur l'adoption.
 Les illustrations sont d'un chou ! Si jolies, elles portent à merveille le texte au ton si juste. L'histoire est racontée en toute simplicité, spécialement conçue pour les plus jeunes. C'est un livre nécessaire à mettre entre toutes les mains, en espérant avoir une prochaine génération plus tolérante que les précédentes. A découvrir dès 4 ans. 

Petit + perso : Mon 4 ans a été très attentif et actif face à cette lecture. J'ai eu le droit à de nombreuses questions dont "Mais pourquoi deux papas ? Pourquoi il n'y a pas de maman ?" Car si mon fils connaît déjà le schéma familial avec deux mamans, nous n'avons pas d'amis (hommes) élevant ensemble des enfants. L'album a donc permis l'ouverture d'un dialogue sur l'amour entre deux personnes de même sexe et la possibilité d'avoir soit deux papas soit deux mamans. 

mardi 4 juin 2013

Susan Hopper, tome 1

Susan Hopper, tome 1 : Le parfum perdu
Anne Plichota
Cendrine Wolf
Editions XO
Tout d'abord, ce livre, c'est déjà une magnifique couverture, elle attire, elle intrigue, elle donne clairement envie de découvrir le roman.
Ensuite, il y a le nom des auteurs, mais voilà malgré leur notoriété et le succès de leur série Oska Pollock (Prix Ado 2012 et traduit dans 27 langues, excusez du peu), je n'avais pas cédé à la tentation de la magicienne.
L'avantage est que j'arrivais vierge face à Susan Hopper et sans attente vis à vis de cette nouvelle série des auteurs. 
Au final, je comprend tout à fait l'engouement pour la plume d'Anne Plichota et
Cendrine Wolf, ce premier tome est excellent ! 
Bon, évacuons ce qui m'a tout de même tenu à l'écart de l'énormissime coup de coeur que la première partie me laissait présager. La seconde moitié du livre est un peu trop mystique pour moi. Les multiples références à la religion chrétienne m'ont gâchées quelque peu le plaisir. En même temps, ces interventions liées au culte s'expliquent compte tenu des personnages et des créatures fantastiques rencontrées dans le récit. Tout le reste, par contre, j'ai aimé à 100 % !

Effrayant, captivant, intriguant, ce roman est à la hauteur de mes espérances !
L'un des gros points forts du récit,  ce sont les personnages ! Les auteurs donnent vie aux héros, on s'attache énormément à tous !
Susan est une jeune fille de 14 ans, à vif. Passée de famille d'accueil en famille d'accueil, elle attend désespérément à l'orphelinat, celle qui sentira LE parfum. 
"Aucun n'avait le bon parfum. Peut-être la prochaine voiture serait-elle celle qui annoncerait le bouleversement de sa vie."
Jusqu'au jour où une visiteuse porte justement le bon parfum. Dès lors, Susan fera tout pour se faire adopter par la famille de cette femme. 
Susan semble au départ bien plus jeune que son âge, immature, cruelle, elle m'a pourtant tout de suite plu car ses apartés sont réjouissantes, franches à l’extrême. Car si le récit est à la troisième personne, il est régulièrement ponctué par les pensées, mises en italiques dans le texte, de Susan. Des passages qui permettent de mieux comprendre l'héroïne, d'être plus proche d'elle. De plus, ce sont des pensées très drôles et qui amènent donc de la légèreté au récit globalement sombre. 
Susan est un personnage complexe et à fleur de peau. Ce premier tome verra déjà une profonde évolution de son caractère et de son comportement. Si au départ elle semble irresponsable, elle va apprendre à se contrôler. 
Le roman ne met pas en avant seulement la jeune fille, les personnages secondaires sont bien développés également. 3 autres sont plus particulièrement marquants. Elliot, le fils de la famille, souffrant de la maladie génétique rare et sévère Xeroderma Pigmentosum lui interdisant de s'exposer aux rayons du soleil, devient très vite complice avec la jeune fille. Le grand-père d'Elliot, qui est un adorable vieux farfelu. Et enfin, Georgette, une petite chienne qui apporte une touche de fraîcheur et d'humour bienvenue dans le récit. Ces quatre là vont se retrouver plongés dans une incroyable et terrifiante aventure. Transportés chaque nuit dans un cauchemar étrangement réel, ils vont découvrir les mystères qui entourent la naissance de Susan et la malédiction dont elle est cruellement frappée. Au fil des pages, le récit prend une atmosphère de plus en plus pesante, inquiétante et morbide. Fantômes, démon, meurtres, nos héros vont être projetés aux images du passé et confrontés à l'horreur. Si quelques scènes sont particulièrement éprouvantes, les auteures équilibrent à merveille les différents genres dans le roman. Elles nous offrent du fantastique, du roman d'apprentissage, de l'humour, et une touche de romance. 
Un cocktail détonant pour un excellent premier tome qui se termine par cliffhanger, un gros suspense qui vise à donner envie aux lecteurs de lire la suite. C'est totalement réussi ! Vivement le 2 ! A découvrir à partir de 13/14 ans. 


jeudi 9 mai 2013

Un jour, mes parents viendront

Un jour, mes parents viendront
Ingrid Chabbert
Stéphanie Augusseau
Editions Alice Jeunesse
"La nuit, quand je dors, je rêve que j'ai des parents. Des rien qu'à moi. Des rigolos, des amoureux, des un peu clowns et des beaucoup câlins."

Il y a des livres que l'on a envie d'acheter en plusieurs exemplaires pour les offrir à des personnes qui nous sont chères, "Un jour, mes parents viendront" est de ceux-là. 

Entre tristesse et espoir, une petite fille attend sur un trottoir qu'un jour nouveau arrive pour elle. Une nouvelle vie où elle serait choyée et aimée, un nouveau départ avec des parents. 
Le texte n'est pas trop long, facile à lire aux jeunes enfants pour aborder avec eux les notions d'abandon, d'orphelinat et d'adoption. L'album est touchant certes mais jamais larmoyant. Un regard précieux, tout en retenue et délicatesse, les mots de la fillette sonnent justes. 
"A l'orphelinat, entre deux cris et deux caresses sur la joue, on nous dit qu'ils viendront un jour." 

Sans occulter les difficultés de la vie d'un orphelin, l'album fait la part belle à l'imaginaire. 

Les illustrations qui accompagnent le texte sont très belles. 
Stéphanie Augusteau nous plonge au coeur d'un pays lointain et ensoleillé en jouant des couleurs chaudes. Elle retranscrit très bien également le monde onirique de l'enfant. Les dessins au crayon blanc qui se juxtaposent à la planche du fond et qui courent au fil des pages sont une riche idée et ajoutent de la légèreté à ce sujet sensible.  

Petit + perso : Mon 4 ans a été touché par l'histoire de cette petite fille. Je crois que c'est la première fois qu'il appréhende ce que peut-être une adoption et qu'il perçoit ce que doit ressentir un enfant qui n'a pas de parent. 

samedi 6 avril 2013

Momotarô

Momotarô 
Frédéric Laurent
Editions Balivernes 
 
"Momotarô devient le plus grand et le plus fort du village, mais aussi le plus fainéant. Banni du village, il devra lutter contre les brigands pour pouvoir revenir un jour..."

Ce sont la couverture et le titre qui m'avaient attirée et donné envie de découvrir cet album. Une version du conte de Momotarô, le garçon de pêche (c'est littéralement ce que cela signifie et dans la fable originale Momotarô naît d'une pêche) , héros du folklore japonais, forcément j'était intriguée. 

Ici ,point de pêche pêchée dans la rivière par la vieille paysanne, c'est un nourrisson qui est retrouvé par l'homme au bord du cours d'eau. 
Le texte est épuré, pas trop long et cela en fait une lecture bien plus agréable et facile à lire à haute voix pour les enfants ou le soir pour le parent lecteur. 
Momotaro est un personnage gentil et attachant. Cette histoire est un récit initiatique, le jeune héros va devoir faire ses preuves pour trouver sa place dans le village. 
Au fil du récit, le jeune homme va rencontrer des animaux et c'est parce qu'il va leur venir en aide que ceux-ci vont à leurs tours le tirer de situations périlleuses. 

Ce joli album se démarque par son originalité. L'auteur utilise une technique très particulière pour ses illustrations. Un savoir faire qui fait penser tout d'abord à un emaki, un long rouleau de papier ou de soie qui mêlait calligraphie et dessins. On pense également au cinéma, c'est un peu comme avoir le négatif d'un film sous les yeux. 

Grâce à ses illustrations très détaillées, le très jeune lecteur qui ne sait pas encore lire peut suivre l'histoire tout seul. 

J'ai adoré le clin d'oeil de Frédéric Laurent à l'auteur et peintre japonais Hokusai (1760 - 1849). 
D'ailleurs, dans le conte traditionnel d'origine, l'oiseau est un faisan, ici  l'auteur dessine (mais parle toujours de "l'oiseau") une grue, il se rapproche encore une nouvelle fois des estampes du grand maître. 

En bref : Un récit d'amitié et d'aventure qui reprend un conte traditionnel japonais en le dépoussiérant. Ludique et innovant, cet album saura plaire aux petits et aux grands. 

Une bien jolie édition, un petit format carré (17.5 x 17.5) et à la couverture cartonnée où plusieurs éléments ont été passés au vernis sélectif. Les feuilles sont épaisses et les couleurs bien vives. 
Les pages de garde sont illustrées et de façon différente entre celles de début et celles de fin mais représentent à chaque fois le mont Fuji. 


 Quelques estampes de l'auteur et peintre Hokusai (1760 - 1849)...
 Une statue de Momotarô et de ses amis...

jeudi 21 février 2013

Histoires de singes

Hier, le film "Chimpanzés" de Disney Nature, est sorti sur grand écran, cela me donne l'occasion de vous proposer une sélection d'albums sur nos amis les singes. 

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Petit singe tout seul
Ulf Nilsson
Catherine Pineur
Editions L'école Des Loisirs
Pastel
Ce petit singe n'a pas de nom. Seul derrière les barreaux d'une cage de zoo, il s'ennuie et se sent triste. Il aimerait découvrir les prés et les forêts qu'il aperçoit au loin, il rêve de liberté. Lorsqu'une tempête arrache le toit du baraquement, le jeune animal s'enfuit. Commence alors son voyage, il va de découvertes en découvertes, les voitures, les parcs de jeux, il s'amuse enfin mais se sent toujours seul. Il décide de monter dans un bus puis dans un train, pour partir plus loin.

 Au terme d'un long périple, il entend des bruits familiers, derrière d'autres clôtures, d'autres barrières, il y a des singes. Malgré les barreaux, le petit primate va les rejoindre. Il y est recueilli par une grande guenon qui lui donne un nom et le materne. Jeff a retrouvé une cage et un vieux pneu mais il a désormais une famille. 

Ce très joli album aux illustrations d'une grande douceur nous parle avec délicatesse de solitude et d'adoption. Le petit singe se retrouve finalement à nouveau dans un parc animalier mais cette fois il est entouré d'amis et choyé. Un tendre album à lire dès 5 ans. 

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La petite fille aux singes
L'enfance incroyable de Jane Goodall
Patrick McDonnell
Editions De la Martinière Jeunesse
Jane Goodall n'est encore qu'une petite fille, elle adore jouer dans le jardin en compagnie de son chimpanzé en peluche, Jubilé. Elle observe les insectes, les plantes, les animaux de la campagne. Elle grimpe dans les arbres, lit le roman"Tarzan" et s'imagine elle aussi vivant en Afrique pour aider les animaux. Et si un jour, son rêve devenait réalité ? 

Cet album a gagné le prix de l'association des bibliothécaires américains pour enfants. 
Il est visuellement très vivant et propose différents styles graphiques. Les illustrations très réalistes qui entourent le texte côtoient les dessins mignons aux couleurs pastels. Un livre très riche, on trouve des extraits du cahier personnel de Jane lorsqu'elle faisait partie de la société des alligators, des croquis qu'elle avait réalisé, ainsi qu'une biographie et en toute fin un message de cette grande dame. 
Un album où la réalité est toujours présente voire troublante, particulièrement avec la photo de Jane toute petite faisant un câlin à sa peluche chimpanzé. 
Outre le fait que cet album soit très beau, il permet d'ouvrir un horizon optimiste et positif pour les jeunes lecteurs, les rêves peuvent se réaliser, la preuve, Jane l'a fait. Un album à offrir aux enfants amoureux des animaux et à tous les autres pour le joli message d'espoir.  





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Singeries
Céline Herrmann
Editions L'école Des Loisirs 
Collectin loulou & cie
 L'orang-outan, le ouistiti, le capucin, le gorille, le maki catta (attention, ce petit animal n'est pas un singe mais un lémurien), le chimpanzé,  le mandrill, le douroucouli, tour à tour, ces primates s'invitent sur les pages.
Un album grand format qui  avec ses illustrations aux couleurs vives captera l'attention des plus jeunes. Tout en carton, il résistera aux assauts répétés des petites mains. 
L'auteur joue avec les mots et s'en amuse, ils se mêlent et rebondissent joyeusement. On finit sur une note tendre, il ne nous reste plus qu'à bisouiller les joues rondes de nos bambins adorés. 



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Zékéyé et le singe de Cocodi
Nathalie Dieterlé
Editions Hachette Jeunesse
On retrouve le gentil héros Zékéyé pour une aventure sur la différence et l'amitié.  
Depuis tout bébé, Dodi le singe a été élevé par la maman de Zékéyé. Le jeune singe et le petit garçon ont donc grandi ensemble et sont très liés. Mais les autres enfants du village rejettent parfois Dodi car il est différent.
 L'animal rêve de rejoindre ceux qui lui ressemblent mais n'ayant connu que la sécurité auprès des hommes, la forêt lui semble pleine de danger. Zékéyé décide d'aider son grand ami et ils partent donc tous les deux à la rencontre des singes. Mais au milieu de la tribu, Dodi a du mal à s'adapter, et le voilà à nouveau exclu. Mais voilà une bande de terribles gorilles qui attaquent, Zékéyé et Dodi vont arriver à sauver les singes et finalement Dodi sera accepté. 
Le grand format met en valeur les jolies illustrations de l'auteur, d'autant plus qu'elles mettent l'accent sur la différence de taille entre les personnages, ainsi les grands dessins plongent l'enfant au coeur de la jungle africaine. Un grand serpent, deux crocodiles, plusieurs méchants gorilles, Zékéyé a beau être tout petit, il vient à bout de grands dangers. Un petit héros au visage rond et souriant auquel les filles et les garçons pourront s'identifier facilement. Une belle histoire bien rythmée à lire aux enfants dès 4 ans. 

Et pour finir, pour ceux qui ne l'auraient pas vu, la bande-annonce de "Chimpanzés"...
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