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lundi 21 septembre 2015

Mentine, tome 2

Mentine, tome 2 : Cette fois c'est l'internat ! 
Jo Witek
Editions Flammarion jeunesse
Mentine adore dépasser les limites, surtout celles de ses parents ! Exclue. Cette sentence est tombée en novembre, à quelques jours de mon anniversaire. J'allais avoir treize ans, j'étais déscolarisée, et sur le champ de bataille de ma vie, une survivante : Johanna Estamplade, ma seule amie ! L'idée de papa m'a fait l'effet d'une douche de glaçons. Sa super trouvaille était un internat spécialisé, une usine à grosses têtes. Une école où on allait me transformer en petit singe savant. Adieu Johanna, adieu toute ma vie, je pars en Suisse étudier...

J'avais aimé le premier tome et j'ai carrément adoré ce second volume ! Le début est franchement dur, le collège étant un univers impitoyable. On fait face au harcèlement de Mentine (en live et via le net) et à sa longue descente aux enfers.  La jeune fille essayera de remonter la pente et de prendre le taureau par les cornes en faisant agir sa langue acérée mais les flèches qu'elle adresse à ses camarades sont bien trop piquantes pour finalement fonctionner. Alors la voilà qui part pour ce pensionnat pour enfants à haut potentiel, et là c'est l'éclate. L'éclate pour elle et pour nous lecteur. (En tant que maman d'un enfant précoce, je dois dire que la pension de Mentine fait juste rêver ! ) Dans cette deuxième partie du roman, on découvre le fonctionnement de cet établissement, ainsi les enfants peuvent suivre les cours qu'ils veulent et de progresser à leur rythme. Cette école prend en compte la capacité des gamins et ne cherche pas à les uniformiser. Le récit fait la part belle au respect des individualités et des différences. Par exemple être un ado et mettre devant tout le monde des pantoufles nounours, pourquoi pas ! Hurler au loup en cas de crise de mal-être, allons-y gaiement ! Le respect est le maître mot. 
"A George-Sand, on pouvait être soi et être aimé tel qu'on était. On pouvait laisser ses blessures sécher à l'air libre, en espérant qu'elles cicatrisent à jamais - ou du moins qu'elles cessent de nous faire souffrir."
Les personnages sont attachants (Mentine, elle, frôle le attachiante), j'ai particulièrement aimé le jeune suicide-man, un gamin qui organise sa mort régulièrement... tout comme Mentine se détend en inventant ses propres oraisons funèbres. La jeune héroïne évolue beaucoup au fil des pages, en trouvant sa place elle s'apaise enfin, devient ainsi plus réceptive, et montre plus d'empathie. Elle se montre lucide face à ce qu'elle apportait aux autres et en particulier à sa meilleure amie Johanna qui n'a pourtant jamais cessé de la soutenir. Le récit se termine sur un happy-end, d'ailleurs mon seul bémol serait concernant la romance de fin que j'ai trouvé un peu trop appuyée; d'un goût personnel j'aurais préféré le livre sans ça... mais le roman s'adressant aux 10-16 ans, je suis certaine que ça leur plaira à eux ! :) 
Le texte est rythmé, pertinent et très moderne. Les jeunes lecteurs vont se régaler et s'amuser au travers de cette aventure, que les problèmes liés au décalage des enfants précoces leur parlent ou pas finalement. C'est donc une lecture absolument délicieuse (mais qui ne manque pas de piquant !) et c'est à découvrir à partir de 10 ans. 

mardi 4 février 2014

Lili Babylone

Lili Babylone
Claire Maugendre
Editions L'école des loisirs
Loubna, Lou, 15 ans, est issue d'une union mixte et a grandi en banlieue. Ses parents se sont séparés, sa mère, infirmière, passe plus de temps à l'hôpital que chez elle, et son père, infirmier humanitaire, parcourt le monde. Alors Lou et sa soeur Lili (Leïla) grandissent un peu toutes seules. Lili prend toute la place à la maison, elle est aussi impertinente que Lou est discrète.
"J'avais opté pour un silence prudent, et le dialogue intérieur, si l'on peut dire."
Notre narratrice, Lou, observe sa soeur avec forcément un peu de jalousie et d'envie.
"Lili, je l'avais su avant même de savoir marcher, habitait une planète très éloignée de la mienne."
Lorsque Lili se met à porter le voile,  leur mère s'y oppose et l'ambiance à la maison devient électrique.
"Quand les deux ennemis se trouvaient en présence, je rasais les murs, j'évitais les bombes. Je ne tiendrais pas longtemps comme ça."
Lou étouffe et finalement fait le mur. C'est ainsi qu'elle fait plus ample connaissance avec Bouba, un jeune du quartier. Grâce à lui, la jeune fille va enfin sortir de son cocon.
Lili Babylone est un roman qui m'a énormément plu. Ce premier roman de Claire Maugendre est maîtrisé, l'auteure touche à de nombreux sujets sensibles mais sans jamais se disperser. Loin des clichés, l'auteure nous fait suivre au plus près la vie d'une jeune fille de 15 ans en banlieue. Le lecteur n'est pas confronté à du misérabilisme, ni du voyeurisme ou de la violence, dans ce roman la banlieue n'a pas le côté négatif véhiculé habituellement. Il n'y a pas non plus de parti pris chez l'auteur, alors certes on peut sentir en filigrane ce qu'elle pense du port du voile mais en même temps elle donne les clefs de réflexion nécessaires à cette problématique. A travers Lou, l'auteur nous parle de mixité, de laïcité, d'immigration, c'est vraiment un récit qui ouvre la porte à la discussion. Il n'y a pas que ça, le lecteur suit le cheminement intérieur de Lou, les pensées de cette jeune fille mal dans sa peau et un peu déboussolée. Sa romance avec le jeune Bouba sonne très juste, surtout que le garçon est un personnage peu commun et qui devient rapidement attachant. De façon touchante, le lecteur la voit prise par des idées noires, puis finalement évoluer et trouver sa place.  
Un beau roman, à découvrir dès 12 ans. 

vendredi 17 mai 2013

La fille seule dans le vestiaire des garçons

La fille seule dans le vestiaire des garçons
Hubert Ben Kemoun
Editions Flammarion
 "Une fois de plus, Enzo, le beau gosse du collège, tente lourdement de séduire Marion. Et une fois de plus, la jeune fille le repousse. Sauf que ce jour-là, les choses dérapent : suite à un coup de pied mal placé de Marion, Enzo lui jure qu’il se vengera. Habile, il parvient à gagner sa confiance et à la troubler… pour mieux la trahir : une vidéo filmée à son insu, où elle se laisse embrasser par lui, est diffusée dans tout le collège. Humiliée, Marion se laisse gagner par la rage."

A la base du mal-être de Marion et de sa solitude, il y a un parent déficient, un père qui a abandonné sa famille pour vivre sa vie sans eux, en les oubliant. 
"Si j'avais eu un père, il serait venu rectifier la tronche de ces quatre salopards. Il les aurait chopés un par un ou ensemble pour leur faire payer l'affront fait à sa fille. Ensuite, en quelques mots justes, pour me rassurer, il aurait aussi su me faire croire que je valais mille fois mieux qu'eux et que je restais la plus exceptionnelle du monde. Et j'aurais tout gobé, de la première à la dernière syllabe. Si j'avais eu un père, je n'aurais pas fait cela. Ou pas ainsi. Seule, je devais me débrouiller seule." 

Si Marion est seule en collège, elle l'est aussi en quelque sorte chez elle. Sa mère est quasi absente, accro aux sites de rencontre et surtout peu à l'écoute de sa fille. 
La relation que je trouve la plus belle dans le livre est celle entre Marion et son jeune frère. "Mon jeune frère apprenait à compter après avoir appris qu'il ne pouvait plus compter sur son père." Même si je ne pouvais  pas m'empêcher de ne pas trouver la façon de parler du jeune garçon très crédible, j'ai adoré leurs échanges et les mots que l'auteur met dans la bouche de l'enfant. 

Le roman propose une vision du monde adolescent plutôt sombre. Entre les petites frappes, le mépris ambiant et les jugements, on sent notre héroïne qui patauge littéralement dans la vie au collège. A fleur de peau, paumée et solitaire, Marion va finir par devenir enragée, perdant pied face à la honte ressentie. Le récit est remarquablement bien écrit,  j'ai été transportée par le style de l'auteur et immanquablement émue. C'est une longue montée en puissance, angoissante, qui attend le lecteur pour enfin arriver à une conclusion qui apaise, une fin solaire. A lire à partir de 13 ans. 

vendredi 3 mai 2013

Les yeux de Lisa

Les yeux de Lisa
 Karine Reysset
Editions L'école Des Loisirs
Collection Médium
"La première fois que Manon a vu Lisa, elle a cru que c’était un garçon. Un garçon beau et mystérieux qui l’attirait comme un aimant. C’était il y a presque deux ans en début de seconde. Quand elle a découvert que Lisa était une fille, elle a été bouleversée. Ça ne l’a pas empêchée de se rapprocher d’elle, patiemment, comme on apprivoiserait un animal sauvage. Elle a réussi à convaincre ses parents de la laisser partir avec Lisa, la rebelle, Clémentine, la fille à papa, et Ambre, la cousine exubérante, seule majeure de la bande. Les quatre filles étaient loin d’imaginer que cette aventure au bord de la mer allait leur laisser un goût amer. Un goût de cendres… et de sang !"

L'histoire commence un an après les événements sur lesquels Manon, la narratrice, va revenir. 
"Des nouvelles de Clémentine et de Lisa après une année de silence, ça fait beaucoup."
C'est le jour de ses 17 ans, Manon se projette un an en arrière, se rappelant ce qu'il s'est passé lorsqu'elle, deux de ses amies et sa cousine sont parties en vacances seules. 
Quand Ambre, la cousine majeure les avait abandonnées une station plus tôt pour rejoindre un boy friend, les ennuis avaient commencé...

 L'auteur explore, avec justesse, le monde des adolescents, elle s'intéresse en particulier à l'amitié et à la recherche de l'identité sexuelle. 
Première virée sans parents, premiers mensonges, premiers troubles amoureux, le road movie des trois jeunes filles se termine par une expérience douloureuse, qui heureusement finit avant que le pire ne se passe mais qui laisse des traces. 

Lorsque tout va mal, les coeurs se mettent à nus, révélant un passé bien plus difficile et sensible que l'on aurait pu le penser. 

"Moi, je n'aurais jamais d'enfant. J'aurais trop peur de lui transmettre mes terreurs, de lui faire subir ma violence, j'ai tellement de rage en moi."

Un livre fort, frappant, qui finit par nous percuter de plein fouet. Un récit sur les blessures de l'âme, triste et mélancolique, mais où l'optimisme et la victoire sur la vie finissent par l'emporter. 

"Désormais je ne suis plus spectatrice de ma propre vie, j'y joue même le rôle principal." 

Désarmant de sincérité, crû et réaliste, un beau roman qui se dévore d'une traite. A découvrir à partir de 13 ans. 

jeudi 11 avril 2013

Dans l'enfer d'Ecomonde

Dans l'enfer d'Ecomonde
Ingrid Chabbert
Anne Loyer
Editions Volpilière
 
"Esteban fait sa rentrée en terminale. Solitaire et mal dans sa peau, le lycéen n a pas beaucoup d amis, à part Gilles, peut-être. Lorsqu'il rencontre Jérôme, un homme chaleureux et bienveillant, Esteban intègre Ecomonde. Cette structure, autoproclamée bienfaitrice de l humanité, va enfin lui permettre de se rendre utile. Même si, pour cela, il doit quitter le lycée et sa famille. Mais lorsqu'il disparaît, Gilles, inquiet, se lance à sa recherche..."

"Sous ses verres fumés, ses lèvres s'étirent en un sourire carnassier". Page 9 et je tremble déjà.

C'est une excellente et très prenante histoire. Elle n'est pas pour les plus jeunes car elle angoisse autant qu'elle captive. Le texte est court, puissant et fait passer une foule d'émotions.
On suit trois personnages, Jérome, un fou dangereux, Gilles, un jeune homme gentil mais déterminé et ayant la tête sur les épaules et Esteban, 18 ans, timide à l’extrême et solitaire.
Esteban va se laisser embrigader grâce aux belles paroles de Jérome. Heureusement, il avait croisé Gilles qui s'était intéressé à lui et l'avait pris sous son aile.
Amitié, romance, secte, mal-être, relations parents-enfants, choix de vie, le récit aborde de très nombreux sujets sensibles. 
Les personnages sont attachants et très réalistes. Ici, pas de grands héros mais des hommes et des femmes du quotidien qui affrontent les difficultés malgré la peur.
Le thème de l’embrigadement sectaire est original, c'est pour ma part la première fois que je lis un roman qui en traite. Alors le texte peut sûrement servir de mise en garde contre les manipulations par des organisations opaques mais c'est surtout un brillant thriller à lire dès 12 ans.

vendredi 15 mars 2013

I am a Hero, tome 1

I am a Hero
Kengo Hanazawa
Editions Kana
"Hideo Suzuki, 35 ans, est un assistant de mangaka en manque de succès. Sa petite amie, Tetsuko, ne cesse de parler de son ex, un talentueux mangaka très en vue. Hideo est un homme craintif et souffre d’hallucinations : il parle avec un ami imaginaire... Cet homme est ce qu’on appelle un LOSER ! Tellement absorbé par sa médiocre vie, il ne remarque pas qu’il se passe des choses suspectes autour de lui... Tokyo va soudainement sombrer dans le chaos et être envahi d’humains qui n’en sont plus vraiment… Hideo va devoir se faire violence et se reprendre en main. Il en va de sa survie !!!"

Reçu dans le cadre de l’évènement "La BD fait son Festival" organisé par Priceminister, j'avais choisi ce manga dont la couverture et le titre m'attiraient. Mais à part ça, je ne savais rien de l'histoire, c'est donc une totale découverte.
C'est un manga très surprenant, brutal, "brut de décoffrage", en un mot trash ! 
Durant tout le tome, on valse entre deux états, à la fois on ne comprend pas tout, ni parfois où veut en venir l'auteur et en même temps on ne peut s'empêcher de trouver certaines idées brillantes. J'ai donc aimé et en même temps pas aimé ce manga. 
J'ai apprécié le personnage principal, anti-héros qui souffre de schizophrénie, il parle avec un ami imaginaire ressemblant fort à l'enfant qu'il a pu être. Timide, mal dans sa peau, en mal d'amour et si peu sûr de lui, on s'attache à cet homme perdu, malade et dépressif qui ne semble pas être un mauvais bougre au fond. Il est amoureux d'une jeune femme tout comme lui assez bipolaire. Lorsqu'elle boit elle devient agressive et l'humilie et pourtant elle peut être douce et câline. Alcool, sexe, grossièreté, détails très pipi-caca, nez qui coule bien trop souvent, le graphisme et le récit ont de quoi marquer et étonner même si l'auteur maîtrise tout à fait la mise en scène et les dessins. 
Le rythme de l'histoire est finalement assez lent et si ponctuellement au fil du récit des éléments laissent entrevoir l'horreur dans laquelle est en train de sombrer le monde, ce n'est qu'à la toute fin que le héros est confronté au drame qui se joue. 
 Entre les scènes explicites de pratiques sexuelles et les scènes d'horreur, ce manga est à réserver à un public averti, je dirais même pas avant 16 ans. Le second tome s'annonce avec l'invasion des zombis et pour avoir vu certaines planches, je passerais sûrement mon tour (un enfant qui dévore sa mère, ce n'est clairement pas pour moi) et pourtant je reste intriguée et curieuse de voir où l'auteur veut nous amener. Une série qui est donc à conseiller aux amateurs d'horreur. 

"Je me fiche de ne pas être un héros ! Mais je veux au moins être le personnage principal de ma vie."

"I am a hero" a gagné le prix du meilleur manga (dans la catégorie générale)  du Prix Shôgakukan 2013.  

Ma note : 14/20

Bande-annonce : 
Merci à priceminister ainsi qu'aux éditions Kana.  

lundi 25 février 2013

Hors Limites

Hors Limites
Katie McGarry
Editions Harlequin
Collection Darkiss
"Echo. Noah. Chacun a vécu un drame. Chacun y survit à sa façon. Echo s'efforce de revenir à la vie " normale " ; Noah, au contraire, ne fait plus confiance au " système " et accumule les provocations. Ils pourraient se haïr, tant ils sont différents. Pourtant, le hasard va les rapprocher. Les obliger à chercher qui ils sont vraiment. Ils vont s'aimer. Des sentiments si purs qu'ils les réconcilieront avec les autres. Et surtout avec eux-mêmes."

Mon premier Harlequin ! Et oui, ayant pas mal de préjugés, je n'aurais pas tenté cette lecture si elle ne m'avait pas été conseillée par une copinaute dont je peux me fier aux goûts sûrs. 
Je le dis en préambule, je ne suis pas déçue, ce n'est peut-être pas un coup de coeur mais j'ai énormément aimé. Ce roman n'a pas à souffrir de la comparaison avec d'autres livres contemporains du même style, il est bien plus profond que tout ce que j'ai pu lire dans le genre. 
Alors certes, il y a beaucoup de romance, mais l'histoire de Katie McGarry est bien plus dense qu'un simple roman à l'eau de rose. Ici, nous sommes plongés dans la vie de deux adolescents malmenés par la vie. L'auteur aborde de nombreux sujets douloureux , le deuil, l'infidélité, la maladie mentale, la violence physique et les défaillances du système de placement familial.
Le récit est raconté du point de vue des deux personnages principaux. 
D'abord, Echo qui est une jeune fille qui en une année est passée du statut de reine du lycée à celui de fille à éviter. Pourquoi ? Parce qu'elle est revenue en cours en portant des gants en permanence et étant moralement transformée. De là les rumeurs ont couru et même nous en tant que lecteur, on pense à l'auto-mutilation, à l'anorexie, à tous ces troubles du comportement dont peuvent souffrir les adolescentes en particulier. Petit à petit, on va découvrir que c'est bien plus compliqué et plus terrible  que cela. Le récit d'Echo est une lutte pour retrouver ses souvenirs et l'auteur a su rendre la jeune fille poignante. Ensuite, Noah. Un garçon sombre, qui fume (de l'herbe) beaucoup et envoie promener tout le monde. Le récit du jeune homme est comme pour celui d'Echo le cheminement d'une descente aux enfers. Car Noah n'a pas toujours été ce garçon paumé. Il y a quelques années, c'était un jeune homme issu d'une bonne famille, aimé et aimant, jusqu'à ce qu'un drame se produise. Depuis, il a été séparé de ses jeunes frères et baladé de famille d'accueil en famille d'accueil en ayant la malchance de tomber sur les pires individus. Noah essaie de garder la tête hors de l'eau et y arrive à peine. Son récit sera celui d'une lutte pour retrouver plus de droits pour voir ses frères. 
L'auteur sait y faire pour nous rendre ses personnages attachants et ils sont tout à fait convaincants. Elle crée des relations très fortes entre les personnages principaux et leurs entourages. Les scènes et les évènements familiaux entre Echo et ses parents sont marquants, tout comme les moments où Noah voit ses frères. 
Le style de l'auteur est très prenant et fluide, il est dur de lâcher le livre avant d'arriver à la fin. J'ai également trouvé que le roman était bien écrit. Il y a certes l'utilisation du langage familier lorsque Noah s'exprime mais c'est normal, l'auteur n'allait pas faire parler différemment son personnage masculin marqué par les épreuves. C'est par sa grossièreté,  son langage fleuri, qu'elle nous le rend réel. 
J'ai adoré les personnages et les intrigues les concernant. La seconde moitié est parfois un peu trop sucrée en ce qui concerne la romance (car pour le reste on reste avec beaucoup de faits sombres) mais dans sa totalité le livre est vraiment très bon. 
Avant de recevoir le livre, je n'avais pas vraiment accroché à la couverture, mais à la réception j'ai été agréablement surprise, je trouve qu'elle rend nettement mieux en vrai. Et après la lecture, je dois dire que la représentation de ces deux personnages correspond très très bien à l'univers du livre. Du roux, qui tire vers le rouge sang pour elle et du noir et du gris pour lui. 
Au dos, on trouve une citation de Simone Elkelles, auteur, entre autre, de la série des frères Fuentes, et c'est amusant car Hors Limite ressemble à "Irrésistible Alchimie", mais HL est pour moi bien meilleur, avec une plume plus riche et une trame narrative plus poussée. Quoiqu'il en soit ceux qui ont aimé les romans d'Elkelles, seront certainement passionnés par l'histoire d'Echo et de Noah. 
Un roman à lire à partir de 14 ans. 

mercredi 13 février 2013

Les Enfants DYS

Longtemps, que je voulais faire une chronique thématique sur les troubles "DYS" chez les enfants. 
Il y a une multitudes de "dys", mais ce sont à chaque fois des handicaps difficiles à supporter pour les enfants, moqueries de la part des camarades, adultes et enfants qui ne comprennent pas, ce sont des différences qui peuvent être très douloureuses à vivre. Imaginez que vous êtes dysphasique, vous êtes vous-même et lorsque vous ouvrez la bouche, les mots se mélangent, vous parlez d'une voix étrange, vous butez sur les mots, et en face de vous les gens vous regardent avec des grands yeux en vous prenant pour un idiot. Cela a de quoi énerver, attrister voire complètement déprimer. 
Comme souvent, les livres peuvent aider les enfants, en mettant des mots sur leurs douleurs, en s'identifiant avec le personnage, c'est pourquoi j'ai pensé qu'il pouvait être intéressant pour d'autres parents de mettre en ligne ma sélection personnelle de livres pour enfants sur différents troubles "dys". 

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Luis le cow-boy sans beurre et sans brioche
Razou
Editions Alice Jeunesse

Luis est un bouvier comme les autres, avec un cheval, un chapeau et des bottes en cuir. Mais l'ennui pour lui, c'est que les mots se mélangent dans sa tête. Quoi qu'il fasse et où qu'il aille, lorsqu'il ouvre la bouche, les mots qui sortent ne sont pas justes et ses interlocuteurs n'en peuvent plus de rire. "Je veux nouer de la guitare avec vous." "Il faut de nouvelles selles pour les chapeaux" "Je peux essayer ton lasso pour attraper les haches ?"
Un jour, Luis tombe amoureux d'une belle demoiselle. Oubliant d'avoir peur qu'elle se moque, il décide d'aller lui parler. 
Amusant même lorsque l'on est concerné par le problème (et donc aussi lorsqu'on ne l'est pas), l'album m'a d'abord intéressé du fait que le héros soit gardien de vaches dans le style western. Les cow-boys plaisent souvent beaucoup aux enfants et pouvoir s'identifier à un personnage qu'ils admirent au départ cela peut-être très valorisant. 
La fin du récit est également plaisante, le garçon, malgré son handicap, trouve une amoureuse. Alors certes, on découvre qu'elle aussi a un trouble de langage mais justement c'est mignon, ils ont enfin trouvés une personne qui les comprenne et les accepte pleinement. On finit le livre sur un sourire. 

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Une histoire sur la dysphasie
Les victoires de Grégoire
Danielle Noreau
Stéphane Jorisch
Editions Dominique et compagnie
Grégoire va faire sa première journée à l'école. Le récit met bien en scène les petites étourderies du quotidien de l'enfant dysphasique; les petites ou grosses incompréhension de la part des autres; comment l'enfant dys peut s'aider en copiant les manières d'un petit copain; comment il peut parler fort et faire de grands gestes pour s'exprimer même en classe; comment l'enfant peut dire un mot puis s'énerver si on ne le comprend pas. 
"_Comment t'appelles-tu ? demande-t-elle. 
_Déda, répond Grégoire. 
_Déda ? dit-elle en hésitant. 
_Non, pas DEDÄ ! DEDA ! répète Grégoire plus fort. 
Ophélie ne comprend pas. Elle cherche un prénom qui ressemble à Déda. ..." 

Le texte et les illustrations sont extrêmement justes. Le récit a été écrit par une orthophoniste et on sent clairement le vécu ! D'ailleurs, l'auteur fait intervenir une orthophoniste en classe dans son histoire, il peut être bon pour les enfants qui se sentent mal à l'aise d'aller, contrairement à leurs camarades, chez quelqu'un pour les aider à dire correctement les mots, de lire un récit où un petit garçon va lui aussi chez une spécialiste.
 Mon seul petit soucis, c'est le postulat de départ "premier jour de maternelle". En fait, on a là un décalage dû au fait que la maison d'édition est canadienne car il est bien dit à la fin du livre, que les enfants ont 5 ans. On peut le préciser aux enfants dys français au début de la lecture. 
L'album met l'accent sur l'importance de valoriser l'enfant en mettant en valeur ses talents. Ce peut être en sport, en dessin, ou en musique, mais il est bon de trouver un point fort chez l'enfant pour développer sa confiance en lui. 

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Et encore à l'envers ! 
Christine Teruel
Julie Eugène 
                                        Editions Arphilvolis                                                                                  
Mon chouchou ! 
Déjà il est si joli ! Les illustrations sont toutes douces et pleines de charme. Et le texte est vraiment bien pensé ! Tout le monde connaît le roi Dagobert et la célèbre ritournelle dans laquelle il a mis sa culotte à l'envers. Mais en fait, cela allait bien plus loin ! Le gentil roi Dagobert pendant ses jeunes années ne savait pas empiler des cubes, faire des puzzles, nouer ses chaussures... A l'école, c'était pire, il ne comprenait rien à la géométrie, était nul en dictée, mélangeait et rendait ses copies sales et raturés. 
"Applique-toi un peu !" "Fais un peu attention !" Pourtant, justement, Dagobert essayait de toutes ses forces ! En sport, ce n'était pas mieux. "On ne le veut plus avec nous, il n'est bon à rien et nous fait perdre." Et c'était comme ça pour tout, le jeune prince mettait toute son énergie pour tenter de faire le mieux possible mais tout allait de travers. "Fournir tant d'efforts pour de si mauvais résultats, et en plus se faire sans arrêt disputer, voilà qui, à force, peut rendre triste le plus heureux des petits garçons."  Jusqu'au jour où arrive un vieux sage nommé Sintéloi... 
Quelle riche idée que de faire du roi Dagobert un enfant dys (dyspraxique en l’occurrence mais il conviendra à tous les dys)  et du bon Sintéloi un mélange d'orthophoniste et de psychomotricien ! 
Le bon Sintéloi met en place des solutions adaptées, dont tout parent rêve pour son enfant un peu particulier. 
J'adore vraiment cet album, il est à la fois superbe, intelligent et amusant.
 Et pour finir, la chute de l'histoire est irrésistible !



vendredi 11 janvier 2013

Comment devenir une rock star (ou pas)

Comment devenir une rock star (ou pas)
Anne Percin
Editions Rouergue
Collection Doado
"Bon, alors, comme ça, vous voulez que Maxime Mainard vous déballe sa life, une fois de plus ? Vous voulez qu'il vous raconte avec quelle bande de dingues il va fonder son (fameux) groupe de rock ? Tout découvrir sur les secrets (brésiliens) de sa mamie Lisette ? Ouvrir (enfin) les yeux sur la vie privée d'Alex, sa meilleure pote ? Découvrir (avec stupeur) qui a osé rouler une pelle à Natacha, sa petite copine ? Et vous demander comment, avec tout ça, il va réussir à avoir son bac ? Entre Noël et les vacances d'été, il va lui en arriver, des aventures inoubliables... Musique (à donf) et affaires (émouvantes) de famille : Anne Percin poursuit et signe une saison 3 toujours aussi délirante !"

Je n'avais pas lu les deux précédents volumes mettant en scène Maxime mais j'ai eu envie de commencer celui-là, de découvrir l'auteur à partir de la saison 3. Bon, j'ai bien fait, le livre peut se lire de façon indépendante sans soucis (no soucy comme dirait l'autre) mais maintenant j'ai envie de lire les deux précédents tout de même, c'est bien le signe que le livre est top, n'est-ce pas ! 

Comment vous résumer les thèmes abordés par le roman, il y en a tant ! Secrets de famille, déconvenues amoureuses, homosexualité, différence, mal-être, adolescence bien sûr, drogue, la musique, etc.... et l'auteur manie aussi bien ses sujets sérieux que sa plume légère. 
C'est franchement sympa comme bouquin ! Rythmé, pétillant, on rit beaucoup, on est ému aussi parfois. Un texte qui parle de la "vraie vie", avec des personnages très marqués et sacrément attachants. 

A découvrir dès 13 ans. 

lundi 8 octobre 2012

Hiyokoi, tome 1


Hiyokoi, tome 1
Moe Yukimaru
Editions Panini 

"Hospitalisée à la suite d'un accident, la timide Hiyori Nishiyama effectue sa rentrée scolaire avec plusieurs mois de retard. En classe, elle se retrouve assise près du très populaire Yushin Hirose, dont elle tombe immédiatement amoureuse ! Mais quand on est aussi réservée que notre héroïne, comment approcher un garçon qui est toujours entouré d'amis ?!"

Un manga à la Kimi ni Todoke (Sawako pour le titre français) même si Hiyori est moins agréable car plus plaintive et plus passive que Sawako. Mais l'héroïne n'en est peut être que plus vraie et permet sûrement aux  adolescentes timides et complexées de s'identifier à ce personnage. 
 L'histoire de cette jeune fille introvertie et souffrant de phobie scolaire, qui s'ouvre aux autres et apprend à sourire grâce à l'amitié du garçon le plus populaire de la classe, est très plaisante à lire. 


















J'ai apprécié qu'il n'y ait pas de rejet de la part des autres élèves, tous sont avenants et essaient de sympathiser avec la jeune fille, cela change des éternelles histoires d'ijime.

 Un manga à la fois mignon et drôle, j'ai hâte de voir l'évolution du récit et de ses protagonistes dans le tome 2. 



Hiyokoi, tome 1
Moe Yukimaru
Editions Panini

Hospitalisée à la suite d'un accident, la timide Hiyori Nishiyama effectue sa rentrée scolaire avec plusieurs mois de retard. En classe, elle se retrouve assise près du très populaire Yushin Hirose, dont elle tombe immédiatement amoureuse ! Mais quand on est aussi réservée que notre héroïne, comment approcher un garçon qui est toujours entouré d'amis ?!


Un manga à la Kimi ni Todoke même si Hiyori est moins agréable car plus plaintive et plus passive que Sawako. Mais l'héroïne n'en ai peut être que plus vraie et permet sûrement aux jeunes adolescentes timides de s'identifier à ce personnage.
 L'histoire de cette jeune filleintrovertie et souffrant de phobie scolaire, quis'ouvre aux autresetapprend à souriregrâce à l'amitié du garçon le plus populaire de la classe, est très plaisante à lire.



















J'ai apprécié qu'il n'y ait pas de rejet de la part des autres élèves, tous sont avenants et essaient de sympathiser avec la jeune fille, cela change des éternelles histoires d'ijime.
 Un manga à la foismignon et drôle, hâte de voir l'évolution du récit et de ses protagonistes dans le tome 2.

mercredi 26 septembre 2012

Un accordéon sinon rien

Un accordéon sinon rien !

Ingrid Chabbert 

Manola Caprini

Editions Les petits pas de Ioannis


"Félicien adore son accordéon, c'est sa passion ! Mais à l'école, ses camarades se moquent de lui. Et toutes ces remarques commencent à l'éloigner de son meilleur copain. Jusqu'au jour où une grande star s'intéresse à lui..."

Un roman jeunesse qui aborde de nombreux sujets à travers l'histoire de ce garçon, prodige de l'accordéon qui préfère arrêter de jouer de son instrument plutôt que de continuer à subir les moqueries de ses camarades d'école et surtout le rejet de son meilleur ami. 
 Un récit sur la différence, Félicien qui commence par nous dire qu'il a un prénom de personne âgée, a des goûts qui tranchent par rapport à ses amis. 
 L'auteur montre bien l'escalade de la violence (verbale) de la part des enfants et la tristesse de Félicien qui monte crescendo.
 
Le récit montre aussi que les parents ne prennent pas la pleine mesure du degré de souffrance de l'enfant. Des parents qui nous apparaissent tout de même comme sympathique dans leur attitude très admirative de leur fils.

 Le narrateur étant Félicien qui a 10 ans, les enfants se sentent concernés et s'attachent aux personnages qui leur ressemblent. 
L'amitié et l'acceptation (de l'autre et de soi-même) ont une part très importante dans ce livre. Au départ, le meilleur ami de Félicien, Léo, ne le soutiendra pas pendant les agressions des autres élèves et la peur du rejet et des moqueries des autres le tiendront éloigner de son ami.  Heureusement, Léo va évoluer et montrer à son ami qu'il l'accepte tel qu'il est.  Quant à Félicien, il va s'affirmer et apprendre à s'accepter. 

 Un roman vraiment mignon avec ce garçon attachant qui prend vie sous les pinceaux aux couleurs vives de Manola Caprini, une ambiance chaleureuse se dégage du texte et des images. Le ton de l'histoire est actuel et l'auteur arrive en plus à insérer de l'humour dans son récit. Un roman, à lire à partir de 7 ans, qui tour à tour fera réfléchir et amusera les jeunes lecteurs.

 Une très jolie édition avec une belle couverture et des illustrations intérieures en couleurs. La calligraphie est en gros caractères d'imprimerie, idéales pour les premières lectures. L'histoire finit sur deux pages doubles de bonus, un quiz avec des questions portant sur le récit, les enfants pourront donc tester de façon ludique ce qu'ils ont retenu de leur lecture. 
Petit + perso : Mon grand de "presque 9 ans" a beaucoup aimé. :-) 

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