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dimanche 19 octobre 2014

Broken Soup

Broken Soup
Jenny Valentine
Editions L'école des Loisirs 
Collection Médium
Un jour, à la caisse du magasin, un inconnu tend à Rowan un objet qu’elle aurait laissé tomber par terre. C’est le négatif d’une photographie. On y distingue un visage radieux. Cela fait deux ans que Rowan ne sait plus ce que c’est, un visage radieux. Depuis la mort de son frère Jack, Rowan doit faire face. Ses parents se sont séparés, sa mère a perdu goût à la vie. Et c’est elle, Rowan, à quatorze ans, qui élève sa petite soeur au quotidien. Mais comment quelque chose qui ne nous appartient pas peut-il transfigurer l’existence ? Rowan est persuadée que ce négatif n’est pas à elle. Pourtant, il va révéler bien des secrets, et éclairer sa vie d’un jour nouveau.

Un sacré livre ! Plein de silences, de non-dits et de secrets. Un roman puissant, beau et très fort. Un récit qui tourne autour de la perte et du deuil. Comment surmonter le décès de son enfant ? De son frère ? De la personne que l'on aime ? Mais aussi un livre où brille l'espoir, avec la vie qui continue, ses amours, ses amitiés qui deviennent profondes, le bonheur d'être soi et de partager du temps avec ceux qu'on aime. L'auteure réussit à nous conter tous ces parcours sans nous faire pleurer une seule fois, c'est pourtant parfois poignant mais sans jamais être larmoyant. 

Morceaux choisis...

"Papa était déjà loin bien avant d'être parti, si vous voyez ce que je veux dire. Quant il nous a quittés, la situation n'a fait qu'empirer. Parce que désormais lui aussi nous manquait."

"Je savais déjà qu'une famille normale, ça n'existait pas. On avait beau croire que la sienne l'était, il survenait toujours un événement pour vous donner tort." 

"Il nous avait fallu apprendre à survivre, jusqu'à ce que quelqu'un se souvienne de notre existence."

"Encore un exemple de ce penchant à réinventer Jack, ce jeu du transformez-le-en-qui-vous-voudrez."

"On a beau ne pas choisir sa famille, on peut toutefois en adopter certains membres."

Un roman à découvrir à partir de 12 ans. 

dimanche 20 octobre 2013

Théodore et ses 13 fantômes, tome 5 et 6

Théodore et ses 13 fantômes, tome 5 et 6
Claude Carré
Mathieu Leyssenne
Editions Nathan
Tome 5 : Dans ce volume, les correspondants écossais sont arrivés à l'école. Le maître écossais explique aux enfants qu'ils partent faire un pique-nique sur les remparts. Là-bas, Théo apprend que Ted, le correspond de son ami Maxime, a aussi le pouvoir de voir les fantômes et est accompagné par une fille fantôme, Pamela. 
Théo est ravi de découvrir quelqu'un qui lui ressemble, par contre il est déçu par Brantôme qui ne lui avait jamais révélé la possibilité qu'il existe d'autres humains médiums. 
Tome 6 : Théo, Lola et Maxime partent en Ecosse suite à une invitation de Ted. La première nuit, les fantômes entendent des voix dans le grenier ce qui les inquiètent. Mais petit à petit, les fantômes de Théo vont se plaire dans ce pays, et décider de quitter le jeune garçon. Théo va devoir apprendre à vivre seul sans ses étranges compagnons...
 Suite et fin de cette série jeunesse très sympa avec une grosse dose d'amitié, de l'aventure et des tas de fantômes, ce joyeux cocktail qui ravit les enfants dès 8 ans. Le texte est facile à lire et les dialogues des fantômes sont mis en gras pour faciliter la compréhension des jeunes lecteurs.
Les illustrations sont jolies, tout en rondeurs, et amusantes. 

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Esprit, es-tu là ?, tome 1

Esprit, es-tu là ?, tome 1 : Le Fantôme de la bibliothèque
Elizabeth Cody Kimmel
Editions Bayard Jeunesse
Collection Estampille
Lorsque l'on a une mère qui est médium, il est difficile d'être une collégienne comme les autres et de se faire des amis (enfin surtout dur dur de les inviter à la maison avec des esprits taquins qui hantent les lieux !). Mais les choses s'aggravent pour Kate, lorsque le lendemain de ses 13 ans, elle aussi se met à les voir. Finie la tranquillité, elle se rend compte qu'ils sont partout autour de nous et le pire est à venir lorsque le fantôme d'une jeune collégienne apparaît dans la bibliothèque et lui demande de l'aide...
J'ai beaucoup aimé ce roman jeunesse, les personnages sont attachants, les situations font peur juste ce qu'il faut, et l'intrigue se tient. 
La jeune Kate aimerait juste être "normale", elle essaie de se faire des amis mais en vain. Heureusement, l'arrivée d'une jeune fille Jac va bouleverser son univers. La nouvelle et notre héroïne vont vite devenir inséparables. Jac aussi traîne avec elle un gros boulet, certes pas de fantôme, mais un truc bien visible et bien lourd au contraire, la jeune fille étant une virtuose du violoncelle, elle l'emporte partout avec elle. Toutefois, elle cache un secret à ses parents, elle n'arrive plus à jouer depuis des mois. Kate et Jac, vont trouver en chacune d'entre elle une oreille attentive, compatissante, surtout que leurs deux problèmes pourraient bien se rejoindre et trouver une solution commune... 
A découvrir dès 10 ans. 
Petit + perso : Mon presque 10 ans a adoré ! Et veut le tome 2 ! Moi aussi. :) 

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mardi 24 septembre 2013

A la découverte d'un auteur # 1 : Jerry Spinelli

Etes-vous comme moi ? Lorsque vous adorez un livre, vous avez de suite envie de découvrir les autres œuvres de l'auteur ? Je dois dire que je fonctionne beaucoup ainsi, quand surgit un coup de coeur, immédiatement je file regarder si d'autres livres sont disponibles. Ici, ce fût le cas, j'ai adoré "Qui a mis des cheveux sur ma brosse à dents ?", j'ai donc recherché la production littéraire de Jerry Spinelli. "Stargirl" m'a interpellée, j'avais vu passer le livre, dans les sorties, il y a quelques mois, et ce sont les deux premiers tomes d'une précédente édition que j'ai finalement trouvé d'occasion. Pour "Oeuf", je me rappelais très bien le titre et la couverture, mais j'avoue que j'avais été rebutée par l'un et par l'autre et que je n'avais jamais cherché plus loin. J'ai été très surprise en voyant que c'était lui qui l'avait écrit et j'ai eu de la chance de le trouver très vite d'occasion également. Mais tout d'abord, je vous parlerais de mon préféré sur les 4, mon gros coup de coeur, je l'ai même relu 2 fois en 3 semaines...

Qui a mis des cheveux sur ma brosse à dents ?
Jerry Spinelli
Editions L'école des loisirs
 Collection Medium 
 Grosso et Grandegueule sont frère et soeur. Elle ne s'appelle pas vraiment Grandegueule mais Megin, toutefois lui l'appelle ainsi. Il ne s'appelle pas Grosso mais Greg, pourtant elle l'appelle comme ça. Greg et Megin se déteste, dès qu'ils se croisent les coups pleuvent et les injures fusent.
Durant tout l'été, Greg a sculpté son corps, s'est fait bronzer, a soigné son apparence à l’extrême, tout ça en vue de la rentrée car il souhaite impressionner une jeune fille, Jennifer Wade. Mais malheureusement, le jour J, il apprend qu'elle a déménagé et changé de lycée. Grâce à une amie de la jeune fille, Sara, il pense pouvoir approcher sa belle. Mais Sara est amoureuse de lui et il va jouer avec ses sentiments.
En parallèle, Megin est un garçon manqué, qui ne pense qu'au sport sur glace et travaille dans une boutique de donuts en se faisant payer en gâteaux. Elle entretient depuis quelque temps une amitié avec une vieille femme de 89 ans, Emilie, qui ne se déplace qu'en fauteuil roulant, vit en maison de retraite et adore les donuts torsadés.
"_Emilie ? C'est comment, être vieux ? 
Elle m'a donné une gentille tape sur les fesses, et j'ai grimacé. 
_ Comment veux-tu que je le sache ? Je ne suis pas vieille."
Les relations entre Megin et Greg vont aller de pire en pire, jusqu'au jour où un événement va tout bouleverser.
Un énormissime coup de coeur !
Dès le départ le livre m'a énormément plu, à tel point que je doutais que cela puisse tenir à ce point jusqu'à la fin... mais si, j'ai adoré le récit de bout en bout. Bon, j'ai fini le roman en pleurant comme une madeleine (cela ne m'était pas arrivé depuis "Nos étoiles contraires" donc bien 6 mois), je ressors du livre avec le coeur tout chamallo.
Il s'agit d'un texte à deux voix, tour à tour le narrateur change, un chapitre nous avons le point de vue de Megin, l'autre celui de Greg. 
Ce roman met en scène une relation frère-soeur remplie de haine, sans qu'au final, ni l'un ni l'autre ne sache très bien pourquoi.
Mais c'est aussi la plus belle histoire d'amitié entre une personne âgée et un enfant que j'ai lue. Le récit d'une aventure de la petite enfance d'Emilie m'a profondément marquée. De plus, c'est remarquablement écrit et tout se tient dans le récit, une phrase peut avoir une répercussion 100 pages plus loin.
Il y a un très bel équilibre dans les caractères des personnages, ce qui rend le livre sincère et juste. L'auteur excelle pour décrire les pensées d'un ado !
 Megin avec ses frères, ses parents et parfois même avec ses amis, a une grosse tendance à se montrer peste. Par contre, lorsqu'il s'agit d'Emilie, la vieille femme à qui elle rend visite en maison de retraite, Megin laisse apparaître une jeune fille attentive, aimante et bienveillante.
Greg, c'est le  contraire. Certes, avec Megin il peut être un peu pénible mais tout de même sa soeur dépasse plus les bornes et il est facile de prendre partie pour lui. Avec son petit frère et ses parents, il se montre normal. A contrario, avec les filles, il se révèle très goujat.
Le récit est bourré de trouvailles truculentes et d'humour. Pour être brève, c'est un beau roman, drôle, émouvant, en un mot : humain !

(Megin) 
"_ Papa, arrête. Là. La brosse à dents. 
_ Tu essaies de me dire que j'ai mauvaise haleine ? 
_ Papa, regarde ! ais-je dit en lui plantant presque la brosse à dents dans l’œil. Regarde !
Il s'est reculé et a louché dessus. 
_ Ah, oui. Qu'est-ce que c'est ? 
Je trépignais sur l'asphalte. 
_ C'est un poil ! Un énorme poil brun, horrible, abject !
_ Est-ce que tu essaies de me dire que tu as des poils qui poussent entre les dents ? Je croyais que la puberté se développait à d'autres endroits. 
_ PAAPAAAAA !"

(Greg)
"Il n'y avait qu'une solution : l'haltère dans la main droite et le déodorant dans la gauche. A chaque série de trois, pschitt, pschitt. Les vingt cinq derniers mouvements ont été une vraie torture. J'avais commencé à avoir des rougeurs, mais mon aisselle s'est alors mise à me gratter, puis à me brûler. Une fois arrivé à cent, je me suis fait la promesse de ne jamais oublier ce jour, au cas où je développerais un cancer de l'aisselle dans vingt ans. Je raconterais aux médecins la fois où j'avais fait une overdose de déodorant. Peut-être qu'il serait alors trop tard pour moi, mais ça pourrait sauver d'autres vies .De toute façon, si c'était le prix à payer pour passer vingt ans avec Jennifer Wade, ça en valait la peine."

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Oeuf
Jerry Spinelli
Editions L'école des Loisirs
Collection Neuf
David a 9 ans et il a perdu sa mère il y a un an. Depuis, il vit avec sa grand-mère et ne voit que trop peu son père. Le jour où sa mamie le traîne de force à une chasse aux oeufs, David découvre le corps d'une fille allongée dans les bois, sous des feuilles. Le garçon pense que la jeune fille est morte et là, démarre une longue confidence, David se lâche et lui raconte sa vie et ses secrets. C'est avec horreur que quelques jours plus tard, il reconnaît la fille à la bibliothèque, elle n'est pas morte, elle est bien vivante et elle deviendra même sa meilleure amie. Primrose, c'est son prénom, vit avec sa mère dans un taudis et n'a jamais connu son père. Cette jeune fille de 13 ans, se débrouille pour vivre, manger et dormir seule. Elle va s'attacher, malgré ses dires, à David et trimbaler le jeune garçon partout avec elle.
Une amitié farouche va les unir et une série d'aventures les attend.
"Au moins une fois par soirée, David déclarait à Primrose :
_ Je ne t'aime pas. 
- Pareil, lui répondait-elle."
C'est sûrement le roman le plus sombre sur les quatre que je vous présente. Le personnage principal, David et son acolyte Primrose, sont perpétuellement en colère. David déteste sa grand-mère car il refuse de voir une personne prendre la place de sa mère. Quant à Primrose, elle déteste sa mère qui n'est pas une maman "normale", pas d'histoire le soir, pas de petits plats, elle ne lui offre pas le réconfort d'un foyer aimant.
Après une série de prises de bec et coups de griffes, le dénouement est beaucoup plus apaisé et tend à montrer aux enfants que malgré les épreuves, le deuil et l'absence, la vie continue, il y a de l'espoir et surtout des gens qui vous entourent et qui vous aiment. A découvrir à partir de 9 ans.

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Stargirl
 Jerry Spinelli 
Editions Flammarion 
Collection Tribal
Au lycée de Léo, notre narrateur, une nouvelle vient d'arriver et fait sensation. 
"Ces premières semaines de septembre, elle débarqua chaque matin habillée de manière proprement scandaleuse : garçonne des années folles, squaw en peau de daim, japonaise en kimono. Un jour, elle osa même une minijupe en jean et des collants verts avec, le long d'une jambe, une ribambelle de coccinelles et de papillons en émail. Sa "normalité" à elle, c'étaient des robes ou des jupes longues, genre XIXe ! [...] C'était son rat domestique. Il l'accompagnait tous les jours au lycée. Un matin, une averse aussi violente que rare s'abatit sur la ville, pendant le cours de gym. Le prof fit rentrer tout le monde. A l'interclasse, on s'aperçut que Stargirl était rester dehors, à danser sous la pluie."
Stargirl fascine Léo et elle semble avoir eu un coup de coeur pour lui. Tous les deux vont commencer une romance inscrite sous le signe des ballades et de la discussion. Mais au lycée les choses s'enveniment et Stargirl un jour adulée, finit par être détestée par tous les élèves. Léo devra faire un choix, c'est elle ou eux... 
Le message principal du roman est qu'il faut rester soi-même. L'auteur revient sur l’exclusion au lycée de ceux qui ne se conforment pas aux autres. Trop gros, trop moche, les cheveux gras, de l'acné, les oreilles décollées, trop maigre, une voix haut perchée, des vêtements sans marques, les raisons peuvent être nombreuses pour être mis à l'écart et rejetés par ses camarades. Stargirl, qui intègre un établissement scolaire pour la première fois après des années d'école à la maison, ignore les codes du groupe, fonce tête baissée et fait ce qui lui plaît, comme il lui plaît. Après un début de popularité fulgurant, tout retombe et la jeune fille découvre à travers les explications de Léo ce qu'elle aurait dû faire, ce qu'elle devrait être. Chanter et jouer du ukulélé à la cafét ? Encourager l'équipe d'un lycée adverse ? Inadmissible ! Avec justesse et émotion, l'auteur suit la longue descente et l’irréversible chute de cette élève paria. En parallèle à ces difficultés, et dans les yeux de Léo, nous lecteur la suivons dans ses bonnes actions, éblouis par l'imagination, la gentillesse et presque la sagesse de la jeune fille, nous en venons à nous dire qu'il serait bon qu'une telle personne existe réellement. 

La couverture de la nouvelle édition :

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Signé Stargirl
Jerry Spinelli
Editions Flammarion
Collection Tribal
Si dans "Stargirl", c'est Léo qui avait la parole, ici la narratrice est Stargirl elle-même. Le livre fait totalement suite au premier, il démarre presque un an après alors que Stargirl se met à écrire une lettre (longue parce que sur un peu plus d'un an) à Léo. Lettre que de toutes façons elle ne pense pas lui envoyer. C'est un peu comme un journal intime sauf qu'elle s'adresse directement à Léo, le prend à témoin et parfois même invente des dialogues entre eux deux.
"Signé Stargirl" est encore meilleur que le précédent car le récit est plus vivant. Peut-être parce que Léo était le spectateur des fantaisies de Stargirl et restait passif face à sa peur de rentrer en communication avec la jeune fille, encore plus lorsqu'il fût question par la suite d'être en opposition aux autres. Alors que dans ce deuxième volume, Stargirl est actrice de sa vie. 
Malgré sa douleur et sa tristesse d'avoir quitté Léo, elle continue son bonhomme de chemin et de semer la joie et la bonne humeur chez les gens. Dans ce tome, elle est sacrément entourée : Dootsie, une petite fille de 5 ans, espiègle et turbulente devient sa meilleure amie; elle rencontre et apprivoise une de ces voisines, Betty Lou, femme mûre qui reste cloîtrée chez elle pour cause d'agoraphobie; elle est souvent accompagnée par Alvira, une enfant à la limite de l'adolescence et au tempérament de feu; Perry, un garçon qui va finir par l'intriguer voire la troubler; Charlie, un vieil homme qui passe ses journées sur la tombe de sa femme; Arnold un handicapé mental qui jalonne la ville; Margie la patronne de la boutique à beignets; et toujours Cannelle, son rat.

"Oh, Léo ! Je suis triste. Je pleure. Je pleurais beaucoup, petite. Si j'écrasais un insecte, j'éclatais en sanglots. C'est drôle, j'étais tellement occupée à pleurer sur tout que je ne versais jamais une larme sur mon sort. Là, je pleure sur moi. 
Sur toi. 
Sur nous. 
Et je souris à travers mes larmes. Tu te rappelles, la première fois que je t'ai rencontré ? A la cantine ? Je m'approchais de ta table. Tes yeux... ils ont failli m'arrêter net. Ils étaient exorbités. Je ne crois pas que cela tenait uniquement au spectacle que j'offrais - longue robe blanche de grand-mère, ukulélé sortant de mon sac à bandoulière avec un tournesol peint dessus; il y avait autre chose dans ton regard. De la terreur. Tu savais ce qui se profilait. Tu te doutais que j'allais chanter pour quelqu'un et tu étais terrorisé à l'idée que ça tombe sur toi. Tu as vite détourné la tête, j'ai poursuivi mon chemin jusqu'à ce que je déniche Alan Ferko, je lui ai chanté "Joyeux anniversaire". Mais j'ai senti tes prunelles vrillés sur moi durant toute cette pantomime, Léo. Oh oui ! Sans interruption. Et, à chaque mot que je fredonnais pour Alan Ferko, je pensais : "Un jour, je chanterai pour ce garçon aux yeux terrifiés." Je n'ai jamais chanté pour toi, Léo. Jamais vraiment. Toi, entre tous. C'est mon plus grand regret...
Tu vois, je suis de nouveau triste."


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Bilan ? J'adore le style de romans qu'écrit cet homme. Ce sont des récits lumineux et pétillants, bourrés de bons sentiments et de gentillesse. Certes, ça pourrait être à la limite du gnian-gnian, mais non en fait je ne trouve pas, car cela semble naturel et puis c'est fait avec humour et sans une complaisance trop appuyée.
D'un livre à l'autre, il y a des ressemblances, des croisements, le lecteur retrouve des éléments identiques tels que : les beignets et les donuts et les boutique de beignets/donuts qui engagent une fillette contre des gâteaux gratuits; un homme qui, chaque jour, s'installe dans une rue et fait coucou aux voitures, enfin aux gens qui sont dedans, qui passent... Et puis surtout, Jerry Spinelli peuple ses romans de personnages étonnants, de gamins impertinents et turbulents, d'hommes et de femmes excentriques, de parents cools et d'adultes qui deviennent de vrais soutiens pour les enfants (Archie, le professeur confident dans "Stargirl" et "Signé Stargirl"; John Frigo, un homme avec un handicap physique dont la demeure devient une seconde maison pour David et Primrose dans "Oeuf"). 
Une autre chose qui me plait je crois chez lui, c'est que l'amour, la romance, est "à la vie, à la mort", les personnages sont fidèles en amour, c'est beau et touchant.
Ce sont des romans qui font du bien à lire tout simplement.
Des histoires où les adultes ne sont pas néfastes, - ou vraiment très peu d'entre eux et pas de manière trop poussée, les inconnus ne sont pas vu comme un danger constant. Ces livres réconcilient avec le genre humain (ça me fait penser à Dootsie la petite fille de "Signé Stargirl" qui  répète souvent que nous sommes des "nètrumins") et donnent envie de s'ouvrir aux autres.
Alors, il y a seulement deux autres romans de Jerry Spinelli qui ont été traduits en français, "Z comme Zinkoff" et "Misha, enfant du ghetto de Varsovie", ils sont d'ors et déjà sur ma liste d'envie, mais j'espère que d'autres de ses livres seront traduits prochainement !

jeudi 29 août 2013

Cupidon Power

Cupidon Power
Luc Blanvillain
Editions L'école des Loisirs 
Collection Medium
Notre narrateur a un étrange pouvoir, celui de rassembler deux personnes et de les faire tomber amoureux. Il s'en est rendu compte par hasard. La première fois, c'est un de ses meilleurs amis qui l'a poussé à demander à une fille de sortir avec lui. Et ça a marché, la fille a dit oui et elle est sortie avec son copain. Même chose pour un autre camarade, puis un autre et ainsi de suite, chaque fois qu'il se faisait le messager de l'amour d'un ami, la fille disait oui. Il a fini par trouver ça étrange toutes ses réponses positives. Par contre, ce pouvoir ne fonctionne pas pour lui. Héhé ce serait un peu trop facile. Notre jeune héros demande de l'aide à sa meilleure amie, Dorothée, ainsi qu'à une vieille femme,Yvonne, qu'il a rencontré grâce à l'affection débordante de son chien, Tilby.
Lorsque deux hommes commencent à harceler quotidiennement la gentille Yvonne, notre jeune héros va décider de mener l'enquête et de trouver une solution pour mettre un terme à ces agressions, et pour une fois son pouvoir de Cupidon pourrait lui être très utile...
Un récit qui m'a pas mal déroutée, ce pouvoir, élément fantastique, qui se mêle à une trame plus classique de vie de collégien, c'est plus qu'original. Un peu déstabilisée par le style et le ton de l'auteur alors que l'on est dans un roman plutôt très jeunesse (en même temps la collection Medium s'adresse aux 12 - 16 ans), j'ai fini par me prendre au jeu et par vraiment apprécier ma lecture. L'auteur nous offre une jolie réflexion sur l'amour là où on ne l'attend pas. Le texte fait la part belle à l'humour et à certains passages fantaisistes, j'ai carrément ri tout haut. Et sinon le récit reprend les incontournables du genre, avec le méchant gros bras du collège, les intimidations, la plus belle fille qui est aussi la plus pimbêche, etc.
Un roman surprenant qui ne laissera sans doute pas indifférent, à découvrir dès 12 ans.

jeudi 22 août 2013

3000 façons de dire je t'aime

3000 façons de dire je t'aime 
Marie-Aude Murail
Editions L'école des loisirs
Collection Medium
"Chloé, Bastien et Neville ont eu en cinquième une professeure de français qui n’aimait que les livres qui finissent mal. Un soir, elle les a emmenés pour la première fois au théâtre voir une représentation de Dom Juan de Molière. Cette soirée a changé leur vie. C’est décidé, ils seront comédiens ! Six ans plus tard, leur désir de monter sur scène est intact et ils se retrouvent au conservatoire d’art dramatique de leur ville. Le professeur le plus réputé, monsieur Jeanson, les prend tous les trois dans son cours. Comment le théâtre va-t-il lier pour toujours la jolie jeune première, le valet de comédie et le héros romantique que Jeanson a su voir en eux ?"

Voici une magnifique histoire d'amour et d'amitié mêlés entre trois jeunes de 18 ans, encore gamins. Si différents, ils se complètent, formant un trio original et attachant. 
On a une fille Chloé, peu rebelle et timorée et dont les parents sont enseignants. Elle a surtout pour elle d'être très jolie. 
Bastien, fantasque, le bouffon de service, il aime faire rire et n'aime pas faire d'efforts. Il a grandi sans obtenir d'attention de la part de ses parents. 
"Il ferait rire les gens fatigués qui s'affaissent le soir devant leur télé, la zappette à la main. Le rire consolateur, le rire libérateur, le rire médecin !"
Et Neville, enfant d'une maman solo un peu larguée. C'est un très beau garçon, sombre et taciturne. Il vole avec une facilité déconcertante... même le coeur de ceux qui l'entourent. 
Une farandole de protagoniste secondaires tournent joyeusement (ou non) autour de nos trois héros. Le vieux prof de théâtre, passionné et passionnant. La mère de Neville angoissée et angoissante. Les parents de Bastien sont finalement presque aussi absents dans le récit qu'ils ne le sont dans la vie de leur fils. Les parents de Chloé sont d'assez bons parents, sans doute un peu trop exigeants et attentifs. La petite soeur de Chloé est attachante également (je verrais bien un roman centré sur elle). 
Marie-Aude Murail donne du corps à ses personnages, mêlant le réalisme à la fiction, elle a presque réussi à me faire croire qu'ils étaient vivants. 
Tour à tour, l'auteure peut me faire prendre un fou rire, me faire battre le coeur ou comme ça au détour d'une phrase, m'attendrir...
"Neville avait un secret charmant. Au fond, tout au fond de lui, il aimait sa maman."
Le narrateur dit "nous" mais tout en parlant des trois jeunes comme si chacun d'eux était un autre, de sorte qu'il faut attendre la fin du récit pour savoir qui il est, Chloé, Neville ou Bastien ? 
J'ai fini le livre pantoise, le sourire aux lèvres, comme vidée d'avoir ressenti tant d'émotions. 
C'est un roman qui ouvre la porte sur les choix, la passion, l'amitié, le tout lorsque cela concerne les adolescents mais finalement le récit s'adresse à tous. Un coup de coeur pour ma part, je vous le recommande chaudement. 

vendredi 3 mai 2013

Les yeux de Lisa

Les yeux de Lisa
 Karine Reysset
Editions L'école Des Loisirs
Collection Médium
"La première fois que Manon a vu Lisa, elle a cru que c’était un garçon. Un garçon beau et mystérieux qui l’attirait comme un aimant. C’était il y a presque deux ans en début de seconde. Quand elle a découvert que Lisa était une fille, elle a été bouleversée. Ça ne l’a pas empêchée de se rapprocher d’elle, patiemment, comme on apprivoiserait un animal sauvage. Elle a réussi à convaincre ses parents de la laisser partir avec Lisa, la rebelle, Clémentine, la fille à papa, et Ambre, la cousine exubérante, seule majeure de la bande. Les quatre filles étaient loin d’imaginer que cette aventure au bord de la mer allait leur laisser un goût amer. Un goût de cendres… et de sang !"

L'histoire commence un an après les événements sur lesquels Manon, la narratrice, va revenir. 
"Des nouvelles de Clémentine et de Lisa après une année de silence, ça fait beaucoup."
C'est le jour de ses 17 ans, Manon se projette un an en arrière, se rappelant ce qu'il s'est passé lorsqu'elle, deux de ses amies et sa cousine sont parties en vacances seules. 
Quand Ambre, la cousine majeure les avait abandonnées une station plus tôt pour rejoindre un boy friend, les ennuis avaient commencé...

 L'auteur explore, avec justesse, le monde des adolescents, elle s'intéresse en particulier à l'amitié et à la recherche de l'identité sexuelle. 
Première virée sans parents, premiers mensonges, premiers troubles amoureux, le road movie des trois jeunes filles se termine par une expérience douloureuse, qui heureusement finit avant que le pire ne se passe mais qui laisse des traces. 

Lorsque tout va mal, les coeurs se mettent à nus, révélant un passé bien plus difficile et sensible que l'on aurait pu le penser. 

"Moi, je n'aurais jamais d'enfant. J'aurais trop peur de lui transmettre mes terreurs, de lui faire subir ma violence, j'ai tellement de rage en moi."

Un livre fort, frappant, qui finit par nous percuter de plein fouet. Un récit sur les blessures de l'âme, triste et mélancolique, mais où l'optimisme et la victoire sur la vie finissent par l'emporter. 

"Désormais je ne suis plus spectatrice de ma propre vie, j'y joue même le rôle principal." 

Désarmant de sincérité, crû et réaliste, un beau roman qui se dévore d'une traite. A découvrir à partir de 13 ans. 

lundi 28 mai 2012

Visions

Visions 

Kim Harrington

Seuil Editions 

visions Kim Harrington

"Depuis l'âge de 12 ans, Claire Fern n’arrête pas d’avoir des rêves éveillés qu’elle ne comprend pas. Son don commence à éclore. Une fois que sa mère lui explique comment fonctionne ce don, elle apprend à faire la distinction entre la réalité présente et ses visons secrètes du passé. Claire est en fait extralucide : elle est capable de percevoir des événements qui se sont déroulés dans le passé. Son frère Perry est medium et s’intéresse plus que tout aux filles. Starla, leur mère est télépathe… et leur père est parti sans un mot, il y a quinze ans. Lorsque Victoria, une très belle adolescente de 18 ans, est retrouvée assassinée dans une chambre du motel du jardin du Roi, Claire se retrouve étroitement mêlée à l’enquête, car son frère a passé la soirée avec cette jeune fille. Il se retrouve donc le suspect numéro un. Claire fait la connaissance de Gabriel Toscano, un beau garçon ténébreux aux yeux noirs, fils du nouvel inspecteur de police de la ville, tout en lui cachant que Perry est le dernier à avoir vu la victime vivante. Elle enquête secrètement auprès de Justin, son ex petit ami infidèle et fils du maire, de Stephen, fils unique d’une famille immensément riche de la ville. Sa mère, qui se plaît à s’immiscer dans ses pensées, va s’en mêler. L’intrigue se corse au fil du récit, la relation avec Gabriel évolue, les meurtres se succèdent et les dons de vision de Claire vont se dégrader … risquant de mettre en péril sa propre vie."

Un résumé qui est alléchant, une couverture qui me plait, j'étais contente d'attaquer la lecture de Vision. 
 
L'auteur a choisi de commencer le livre par un chapitre se rapportant au dénouement final, on ne comprend pas qui est le tueur mais on commence le livre en sachant que Claire va manquer de se faire tuer et par quelqu'un qu'elle connaît.  

 Le mystère a été très bien développé. 
J'ai souvent un problème avec les livres de suspens, je découvre le meurtrier bien avant le dénouement de l'histoire mais là ce n'a pas été le cas, j'ai soupçonné plusieurs personnes sans déterminer qui était le coupable. 

 J'ai aimé les doutes que le personnage principal a sur son propre frère, certes sur le coup ça m'a fait un peu bizarre car son frère et également son meilleur ami et elle est prompt à douter de lui mais en même temps ses doutes rajoutent de la crédibilité au récit. 

J'ai été septique sur deux ou trois points en lisant : Une bande de 3 jeunes qui font leurs propres enquêtes et sont autorisés sur les lieux des crimes ? Est-ce bien crédible ? 
Deuxième et dernier point, Claire rencontre toujours les bonnes personnes au bon moment et d'une façon qui me m'a pas convaincue. 
Enfin,  j'ai trouvé le dénouement rapide et vu que je n'avais rien vu venir, ça m'a laissée un peu perplexe. 

 L'auteur a su crée des personnages aux caractères complexes, ils y gagnent en crédibilité. 

Le personnage de Claire, jeune fille pleine de peps, droite, franche et dotée d'une langue acérée. 

Justin, son ex petit ami, étonnament le lecteur a de l'empathie pour le garçon, il semble si doux et gentil. 

Gabriel, fils de policier, un côté bad boy sexy assez énervant, Claire et lui éprouvent un mélange d'attirance et de rejet. 

Nous sommes donc dans un classique triangle amoureux, toutefois pas de disputes entre les deux prétendants, ils sont très cordiaux. 

La mère de Claire est peu stable, un peu femme-enfant ou enfant de ses propres enfants. 
 Point négatif,  la mère lit donc dans les pensées de ses enfants, Claire plusieurs fois lui demande d'arrêter, j'avoue que j'attendrais plus de révolte du personnage dans un cas comme ça car la mère ne se gêne pas pour lire les pensées de sa fille lorsque celle-ci discute avec un garçon. 

 Le frère de Claire entre son côté coureur et son côté passif est un personnage assez déplaisant. 

J'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur amène le personnage de l'autre voyante et le côté folklorique de ce personnage est sympathique. 

Par contre, si les caractères des personnages tranchent bien, j'aurais voulu voir certains protagonistes plus exploités, comme le meilleur ami de Perry qui me semblait très intéressant mais qui est trop laissé de côté à mon goût. 

 En résumé, une lecture très agréable, légère et rapide avec des éléments que les adolescents (+ de 14/15ans) et les jeunes adultes vont adorer; la romance mélangée avec le surnaturel, le suspense et le mystère. 
Un premier roman avec des petits défauts certes mais un livre très prometteur quant aux tomes suivants.
La fin laisse quelques portes ouvertes pour le second livre, il me tarde de le découvrir. 

La couverture de la VO
 clarity_Kim_Harrington

Et le trailer du roman

Edit: Je vous mets les détails de la couverture. Il y a du vernis sélectif sur les silhouettes, l'arabesque, le titre et sur la tranche aussi. Les cheveux de Claire se prolongent de la 1ère de couv,  jusqu'à sur la tranche et la 4ème de couv.  


  visions Kim Harrington


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