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lundi 21 septembre 2015

Mentine, tome 2

Mentine, tome 2 : Cette fois c'est l'internat ! 
Jo Witek
Editions Flammarion jeunesse
Mentine adore dépasser les limites, surtout celles de ses parents ! Exclue. Cette sentence est tombée en novembre, à quelques jours de mon anniversaire. J'allais avoir treize ans, j'étais déscolarisée, et sur le champ de bataille de ma vie, une survivante : Johanna Estamplade, ma seule amie ! L'idée de papa m'a fait l'effet d'une douche de glaçons. Sa super trouvaille était un internat spécialisé, une usine à grosses têtes. Une école où on allait me transformer en petit singe savant. Adieu Johanna, adieu toute ma vie, je pars en Suisse étudier...

J'avais aimé le premier tome et j'ai carrément adoré ce second volume ! Le début est franchement dur, le collège étant un univers impitoyable. On fait face au harcèlement de Mentine (en live et via le net) et à sa longue descente aux enfers.  La jeune fille essayera de remonter la pente et de prendre le taureau par les cornes en faisant agir sa langue acérée mais les flèches qu'elle adresse à ses camarades sont bien trop piquantes pour finalement fonctionner. Alors la voilà qui part pour ce pensionnat pour enfants à haut potentiel, et là c'est l'éclate. L'éclate pour elle et pour nous lecteur. (En tant que maman d'un enfant précoce, je dois dire que la pension de Mentine fait juste rêver ! ) Dans cette deuxième partie du roman, on découvre le fonctionnement de cet établissement, ainsi les enfants peuvent suivre les cours qu'ils veulent et de progresser à leur rythme. Cette école prend en compte la capacité des gamins et ne cherche pas à les uniformiser. Le récit fait la part belle au respect des individualités et des différences. Par exemple être un ado et mettre devant tout le monde des pantoufles nounours, pourquoi pas ! Hurler au loup en cas de crise de mal-être, allons-y gaiement ! Le respect est le maître mot. 
"A George-Sand, on pouvait être soi et être aimé tel qu'on était. On pouvait laisser ses blessures sécher à l'air libre, en espérant qu'elles cicatrisent à jamais - ou du moins qu'elles cessent de nous faire souffrir."
Les personnages sont attachants (Mentine, elle, frôle le attachiante), j'ai particulièrement aimé le jeune suicide-man, un gamin qui organise sa mort régulièrement... tout comme Mentine se détend en inventant ses propres oraisons funèbres. La jeune héroïne évolue beaucoup au fil des pages, en trouvant sa place elle s'apaise enfin, devient ainsi plus réceptive, et montre plus d'empathie. Elle se montre lucide face à ce qu'elle apportait aux autres et en particulier à sa meilleure amie Johanna qui n'a pourtant jamais cessé de la soutenir. Le récit se termine sur un happy-end, d'ailleurs mon seul bémol serait concernant la romance de fin que j'ai trouvé un peu trop appuyée; d'un goût personnel j'aurais préféré le livre sans ça... mais le roman s'adressant aux 10-16 ans, je suis certaine que ça leur plaira à eux ! :) 
Le texte est rythmé, pertinent et très moderne. Les jeunes lecteurs vont se régaler et s'amuser au travers de cette aventure, que les problèmes liés au décalage des enfants précoces leur parlent ou pas finalement. C'est donc une lecture absolument délicieuse (mais qui ne manque pas de piquant !) et c'est à découvrir à partir de 10 ans. 

jeudi 12 mars 2015

La mouche

La mouche
Christine Deroin 
Oskar éditeur
Lucile, douze ans et neuf mois, s aperçoit le jour de sa rentrée en troisième que toutes ses amies ont flirté joyeusement avec des garçons pendant l été alors qu elle n a fait que... du vélo. Malgré sa fierté d être « un petit génie », ce retard dans les expériences amoureuses la navre. Quelques jours plus tard apparaît au bout du couloir un professeur ressemblant étonnamment à celui dont, toutes ses amies et elle, étaient amoureuses en sixième. En observant ce prof de plus près, envoyée par son groupe en repérage, elle en tombe raide amoureuse. À partir de là se suivent une série d aventures qui lui occupent son année, mais qui frôlent le harcèlement...

Lucile, enfant précoce de 12 ans en classe de 3ème est encore une petit fille naïve qui regarde le monde qui l'entoure avec des œillères et produit un certain nombre de remarques à l'emporte-pièce. Puis, au fil du récit, la jeune fille change et passe doucement de l'état d'enfant à celui d'adolescente. Malheureusement, son obsession pour un professeur du collège augmente tout autant. Le récit traite tout à la fois des premiers émois amoureux et de cette relation finalement peu saine qu'essaie d'instaurer la jeune fille avec cet adulte. Notes qui chutent, intérêts extérieurs qui diminuent, disputes avec les copines, conflits avec les parents, ce premier amour de Lucile ne sera pas tout rose. 
Des échanges de mails entre le prof et son mentor ponctuent le récit. Ils permettent aux lecteurs de comprendre l'histoire du point de vue de l'homme adulte; celui-ci se retrouvant rapidement dépassé par le comportement de cette jeune fille qui s'accroche telle la mouche à lui. Ces échanges sans détours paraîtront certainement amusants aux jeunes lecteurs qui n'imaginent pas forcément leurs professeurs parler ainsi. 
A découvrir à partir de 12/13 ans. 

mercredi 11 février 2015

Mentine, tome 1

Mentine, tome 1 : Privée de réseau
Jo Witek 
Margaux Motin 
Editions Flammarion 
Collection Père Castor
Mentine adore dépasser les limites, surtout celles de ses parents !
-9,5 ! a hurlé papa avec une tête de serial killer. Ma fille a sauté deux classes, a le QI d'Einstein et elle n'obtient pas la moyenne à son passage en troisième ! Dans ces conditions ce sera donnant donnant. Une année scolaire pourrie égale un été pourri.
C'est comme ça que j'ai été privée de mon stage de surf et de mes copines. La sentence et tombée : mon père me condamnait à deux mois d'exil dans le Larzac. J'allais me retrouver sous la flotte à bouffer du fromage de chèvre dans un horrible sweet en polaire.

La lecture d'un roman n'est pas linéaire, on peut aimer le début, adorer le milieu pour finalement détester la fin... ou le contraire. Pour Mentine, ce serait plutôt la seconde option en moins radicale toutefois. Le départ m'a déstabilisée. Partant de mon propre vécu de maman d'un enfant précoce, je n'ai pas retrouvé mon fils dans l'héroïne. Mentine à la langue trop pendue qui certes a 2 ans d'avance sur ses 12 ans mais me faisait tout de même plus penser à une jeune fille de 15. (pitié, ne me dites pas que dans un an mon fils sera ainsi !) Une question de maturité sans doute (oui, et puis ce n'est qu'un personnage mais toutefois il est important qu'il soit crédible), peut-être également une différence de l'urbaine face à mon petit campagnard... bref, je ne retrouvais pas mon fils et j'en éprouvais une pointe de déception... Par contre, là où la précocité m'a semblé très bien menée, c'est concernant ce désir de la jeune fille de cacher son intelligence, elle dit régulièrement qu'elle ne veut pas passer "pour une boulette" et dans son but, elle s'est construit une identité plus proche de celle qu'elle pense convenir pour vivre au milieu des autres ados, un personnage où elle ne serait qu'un cocktail explosif et non une surdouée première de la classe. 
Des petits détails me chagrinaient toutefois ... Raoul, le jeune garçon de 18 ans, parle de l'air pollué de Paris... tout en fumant une cigarette. D'ailleurs, Mentine la maline avec son caractère bien trempé ne lui fait même pas remarquer que la cigarette est dangereuse pour la santé. Les passages sur l'élevage et la viande aussi m'ont paru un peu too much mais ça, c'est une question personnelle... 
Et puis, le déclic est intervenu. Peut-être qu'enfin j'étais plongée dans l'histoire ou j'avais accepté certains partis-pris de l'auteure ? Peu importe, je me suis enfin laissée guider par le récit et je l'ai apprécié à sa juste valeur. Le style, comme toujours avec Jo Witek, est pertinent (et impertinent !), le ton est frais, léger et l'humour abonde. J'ai pris plaisir surtout à découvrir cette amitié entre ce vieil homme bourru et cette gamine trop grande dans sa tête. J'ai aimé vivre avec Mentine ses moments de doutes, de colère et de tristesse. J'ai adoré sentir son ouverture vers les autres, la regarder évoluer et finalement grandir, mûrir. Le récit est également actuel, l'auteure fait mention de l'utilisation de drogue douce en cours de soirée. Mais des sujets plus sensibles sont abordés, homosexualité féminine avec la présence de deux femmes qui s'aiment et qui s'embrassent (et que Mentine aurait bien aimer observer dans l’intimité cachée derrière une vitre ^^) est clairement énoncée et j'ai trouvé ça génial. C'est à la fois simple et normal, et en même temps, l'enfant (Mentine) se pose des questions... C'est un passage d'une grande justesse. 
Il est également question d'engagement et de combat politique. De l'envie de s’investir dans une grande cause et de lutter pour cela. Dans cette continuité, Mentine évoque finalement son rapport à l'avenir. Image de soi, communication, autonomie, en arrière-plan de l'histoire on découvre finalement de nombreux questionnements des adolescents ce qui séduira les jeunes lecteurs. A découvrir dès 10 ans. A noter, un petit croquis de Margaux Motin représentant Mentine au gré de ses humeurs est inséré en préambule de chaque chapitre.   


L'avis de mon pré-ado : Mon 11 ans (quand on parle du loup !) a adoré ! Ce qu'il a préféré c'est le changement radical de Mentine, sa facilité finalement à devenir proche de la nature. L'histoire d'amour de la jeune fille pour un garçon plus âgé lui a également beaucoup plu. 

"[...] étiquetée dans la catégorie des enfants précoces et hypersensibles. J'étais une grosse tête au coeur d'artichaut !"

mardi 28 mai 2013

Les secrets de Zoé, tome 2

Les secrets de Zoé, tome 2 : Les tigres n’embrassent pas les lions ! 
Tanya Stewner
Anne Montel
Après avoir trouvé le premier tome des secrets de Zoé très agréable, j'avais hâte de découvrir ce second volume des tribulations de la petite demoiselle qui communique avec tous les animaux et fait pousser la végétation. par sa simple présence.

Dans Défense de parler aux éléphants !, Zoé avait vécu déjà une sacrée aventure ! Nouvelle à l'école, elle avait dû faire face aux rejets des autres, surtout aux persécutions de l'une de ses camarades, Trixi. Parallèlement, elle avait décidé de venir en aide à une éléphante du zoo de la ville et se trouvait désœuvrée face aux difficultés. Heureusement, elle s'était liée d'amitié avec son jeune voisin, Esahi, qui cachait lui aussi un secret. 
Grâce au soutien et à l'aide du garçon, Zoé avait enfin pu secourir le pachyderme et elle avait aussi pu trouver sa place au sein de l'école et de sa classe. 
A la fin du premier volume, Zoé était engagée par la directrice du parc animalier en tant qu’interprète afin que l'enfant puisse aider les animaux en détresse. 

"Les tigres n’embrassent pas les lions" commence le premier jour de travail au zoo pour Zoé. Comme le titre le laisse entendre, cette fois-ci la fillette va être confrontée à un couple original, mixte, un lion et une tigresse amoureux. 
Zoé va tout mettre en oeuvre pour rapprocher les deux tourtereaux mais elle va devoir trouver une solution pour que les fauves ne soient pas séparés, la tigresse devant être transférée dans un autre zoo. 
Un malheur n'arrivant jamais seul, une jeune fille, Trina, vient de commencer sa formation de soigneur. Inopportunément, Trina n'est autre que la grande soeur de Trixi (la peste du tome 1) et pour venger sa soeurette, elle a décidé de mener la vie dure à Zoé. 

Le roman est très riche, on a aussi l'arrivée de deux autres nouveaux personnages, M. Pong, le jardinier du zoo et son fils Bao. Ces deux protagonistes semblent bien mystérieux et le petit garçon bien morose, Esahi et Zoé vont également tenter de l'épauler.

Zoé peut parler aux animaux donc c'est à conseiller aux petits fans de la BD Yakari, à tous les loustics qui aimeraient eux aussi partager leurs confidences avec leurs amis à poils ou à plumes. 
D'ailleurs, Zoé a un chien Bonzai qui s'entend superbement bien avec Madame de Richard, le chatte d'Esahi malgré le fait que chien et chat n'aient pas le même langage. Le toutou semble même amoureux de la jolie minette. Ces deux animaux sont ainsi un des ressorts comiques du récit. 
Toujours aussi fluide et agréable à lire, le récit est vraiment à faire découvrir aux jeunes lecteurs. Je suis certaine qu'il conviendra même aux plus revêches à ouvrir un livre. 
Le roman parlera à tous. Zoé n'est pas une enfant parfaite, elle vit plein de petites (quoique une bien grosse et effrayante aussi) mésaventures. Elle a un ami garçon sur qui elle peut compter, ce personnage masculin permet l'identification pour nos garçons-lecteurs.
Une série qui a tout pour amuser et faire passer un excellent moment aux enfants de 7 à 11 ans. 
Côté édition, cette collection est irréprochable. Une couverture à rabats, 
des détails sympas, et les très jolies illustrations d'Anne Montel qui ponctuent le récit et qui sont un gros plus pour toute l'histoire. 


vendredi 13 juillet 2012

Les secrets de Zoé, Tome 1


Les secrets de Zoé, Tome 1 

Défense de parler aux éléphants ! 

Tanya Stewner 

Editions Bayard Jeunesse



"Zoé peut parler aux animaux et, d'une simple caresse, redonner vie aux plantes. Depuis qu'elle est toute petite, elle cache ces secrets de peur de passer pour une folle. Alors, à part son chien Bonsaï à qui elle confie ses soucis, Zoé n'a pas d'amis. Même son voisin, Esahi, le garçon le plus cool des CM2, l'ignore. Or, lui aussi a un secret... Lors d'une visite au zoo avec l'école, Zoé et Esahi apprennent qu'on a séparé l'éléphante, Marta, de son petit. Tous deux aimeraient l'aider mais, pour cela, chacun devra révéler son secret... Une ode à l'amitié et à la différence, tout en fantaisie et en poésie."

Zoé, l'héroïne, vient de déménager et change donc d'école. Ce n'est pas facile d'être nouvelle, surtout que Zoé a un secret à cacher, un secret pourtant fort joli mais qui lui cause bien du soucis et qui crée de nombreux quiproquos. Elle se retrouve donc très vite mise à l'écart par ses camarades et même harcelée par certains d'entre eux. 

Esahi, le garçon de l'histoire, est le deuxième personnage principal du roman, il permettra donc aux garçons de s'identifier à lui. L'auteur n'est pas tendre avec son personnage, Esahi se conduit comme un lâche en étant ami avec Zoé lorsqu'ils sont sous la haie qui sépare leur jardin mais en l'ignorant, même lorsqu'elle est malmenée, lorsqu'ils sont à l'école. Toutefois, l'auteur a suffisamment de délicatesse pour que le tout ne soit pas lourd mais reste dans la légèreté d'un roman jeunesse. Donc de la pudeur dans l'écriture pour traiter tous ces sujets sensibles que sont le rejet, la lâcheté, les non-dits et sujet peut être moins sensible mais douloureux parfois, la précocité. 

Un roman pour montrer aux enfants le sens et l'importance de la tolérance et de l'amitié. 

                                                    


L'écriture est fluide, agréable et facile à lire. Les enfants y trouveront quelques touches d'humour qui leur plaira. 

Une très belle édition que nous offrent les éditions Bayard. Une couverture souple avec des rabats qui s'ouvrent sur la galerie de personnages. 

Une très jolie couverture avec les illustrations des deux enfants au vernis sélectif. 

Les très charmantes illustrations d'Anne Montel jalonnent le roman et le rendent vivant et encore plus agréable. 


Un très joli roman pour les enfants, garçons et filles, à partir de 7/8 ans. 
Petit + perso : Malgré le fait que l'héroïne soit une fille (on a beau les élever en leur apprenant la mixité, et en prônant le non sexisme, à cet âge il ne faut pas se leurrer, un garçon veut des histoires de garçons), je l'ai proposé à mon grand de 8 ans et demi et il a adoré l'histoire, une fois le roman commencé, il ne l'a pas lâché. 


Il s'agit du premier tome d'une série, les prochains tome seront "Les tigres n’embrassent pas les lions" et "Dauphins en danger". 

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