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samedi 23 août 2014

A la découverte de la colo et du centre de loisirs


Henri ne veut pas aller au centre de loisirs 
Christophe Nicolas
Ronan Badel
Editions Didier Jeunesse 
Henri ne veut pas aller au centre de loisirs. C'est clair, net et précis. "Le centre de loisirs, c'est nul." Bon, okay, il n'y est jamais allé mais il en est persuadé. De toutes façons, les métiers de ses tontons sont beaucoup plus passionnants, pompier, agriculteur, conducteur de métro, conducteur d'engin, forcément ça promet d'être amusant. quoique...  5 oncles, 4 journées passées en leur compagnie, et surtout 4 journées mortellement ennuyeuses pour le garçon. 
Même pas besoin de tester le 5 ème métier (gardien au musée de l'Horlogerie ancienne, on imagine tout de suite le truc super palpitant) avant qu'Henri laisse échapper : "Je me demande si je n'ai pas envie d'essayer le centre de loisirs." Et finalement ce n'est pas si nul le centre de loisirs, même qu'il a envie d'y revenir...
Quel enfant n'a pas eu envie au moins une fois de passer la journée avec ses parents plutôt que d'aller à l'école ou au centre de loisirs ? Mais si vous faites le test et qu'il se retrouve à devoir travailler pour de bon ou attendre pendant des heures, finalement le lieu au départ fantasmé devient beaucoup moins attrayant. 
Mi-BD mi-album, la mise en page est particulièrement réussi. 
Plein d'humour, délicatement croqué (toujours fan des crayons de couleurs), Henri ne veut pas aller au centre de loisirs est un bel album que j'ai aimé découvrir et lire à mes enfants.  


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Clotilde part en colonie de vacances 
Yann Walcker 
Romain Mennetrier
Editions Auzou
Clotilde, la petite chouette, est timide et est restée très fusionnelle avec sa maman. L'approche de la date du départ pour son séjour en colonie l'angoisse beaucoup, surtout que ses petits camarades n'hésitent pas à inventer des horreurs sur ce qui s'y passe. Le jour J, c'est le coeur bien lourd que la petite décolle mais ses inquiétudes vont vite faire place au plaisir des rencontres nouvelles et des nombreuses activités. 
Cette jolie petite histoire met des mots sur la peur de la séparation et met en avant la prise d'autonomie d'un enfant. L'album peut servir de base pour préparer un bambin à partir quelques jours sans ses parents. 
Les illustrations, tout en rondeurs, sont très jolies, les personnages sont tout simplement adorables. Je suis par contre plus réservée sur la couleur car je n'aime pas ses effets de "granité". 
Point négatif du livre de mon point de vue : la télé dans la chambre de la petite chouette. A vous de voir si c'est rédhibitoire en ce qui vous concerne ou pas. Ici, c'était un cadeau de leur mamie mais je pense que je l'aurais acheté de toutes façons malgré ce détail. 

jeudi 13 février 2014

Thiên An ou la grande traversée

Thiên An ou la grande traversée : Du Vietnam à Paris XIIIe
Valentine Goby
Ronan Badel
Editions Autrement
 Thiên An vit à Paris, avec une partie de sa famille : son oncle, sa tante et leurs enfants, ainsi que son père et sa soeur. Il ne lui manque que sa mère et ses frères restés au Vietnam. 
Lorsque son professeur leur donne comme sujet de rédaction "Racontez une grande épreuve physique", Thiên An décide de raconter leur évasion du Vietnam, deux ans auparavant. Le jeune garçon crée des passerelles entre les pays et va amener les lecteurs du Vietnam jusqu'à Paris XIIIe, tiraillé entre la peur et l'angoisse pour sa mère, qui va entreprendre le même voyage qu'eux, et l'espoir d'un futur meilleur où ils seraient tous ensemble réunis. 
"Cette foutue rédaction m’empêche de dormir. Aucune nouvelle de maman et tous les soirs ce devoir qui me rappelle comme il est facile de mourir."
Ce roman est un coup de coeur, d'ailleurs je l'ai déjà lu deux fois. Je m'attendais à un récit extérieur, presque lointain, j'ai découvert un roman actuel, un style simple, beau et surtout un texte qui sonne très juste. 
J'ai trouvé que ce texte était un très belle ouverture aux autres. L'étranger, celui qu'on ne connait pas, est plus que dans d'autres livres, ressenti ici comme identique à soi-même. Malgré l'époque différente, et le parcours de vie difficile, on sent avant tout l'enfant derrière les mots de l'auteur, et nos jeunes lecteurs d'aujourd'hui arriveront à s'identifier et seront touchés par cette aventure. Education, nourriture, fêtes, c'est également une porte ouverte sur une culture vietnamienne. 
"Le "je" n'existe pas dans ma langue, on est toujours le petit frère ou le grand frère de quelqu'un, seul on est personne."
L'histoire est poignante mais les allers-retours du passé au présent permettent d'adoucir la peine ressentie en lisant leurs vies d'avant, et la douloureuse perte subie lors de la traversée en mer. Touchant mais pas pesant, l'auteure sait dire les difficultés, les blessures de la vie, par exemple celles liées à la guerre du Vietnam et au régime communiste, sans alourdir son récit. Son texte réaliste et très bien mené, amène le jeune lecteur à réfléchir. Valentine Goby a une plume juste et sensible, j'aurais voulu poursuivre un bout de chemin en compagnie de son attachant narrateur et de sa famille. Ce roman m'a donné envie de découvrir d'autres livres de l'auteure, et surtout d'autres titres de la collection "Français d'ailleurs". 
"Thiên An ou la grande traversée" avait été préalablement publié en grand format, tirage désormais épuisé, et vient d'être réédité en format poche. C'est également le cas de "Le cahier de Leïla : De l'Algérie à Billancourt". 

Outre la belle couverture, de délicats croquis de Ronan Badel illustrent le roman, au fil des pages. 

Ce roman fait partie de la sélection de livres, pour les collégiens, recommandés par le ministère de l'éducation nationale. L'ouvrage se termine sur un dossier pédagogique.  
A découvrir à partir de 10 ans. 
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