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vendredi 17 mai 2013

A copier 1OO fois

A copier 1OO fois 
Antoine Dole
Editions Sarbacane
"«Papa m'a dit 100 fois comment il fallait que je sois.» Et surtout, «pas pédé». La consigne est claire et quand le héros de ce livre, 13 ans, se fait harceler par les gros bras du collège, impossible d'appeler son père à l'aide. Heureusement qu'il y a Sarah, qui n'a pas peur, elle. Mais la question reste : comment se faire aimer d'un père qui vous rejette pour ce que vous êtes ?"

Ce court roman m'a rapidement pris aux tripes. Le récit est douloureux à lire, je ne m'y attendais pas. Certes, j'avais lu le résumé et connaissais le sujet mais avec cette couverture du style écolier, je pensais trouver un texte plus jeunesse. 

Le livre fait d'autant plus mal actuellement lorsque l'on sait les dégâts que les manifestations ont pu faire sur les familles et les jeunes. "Quand ma mère me disait que les monstres n'existent pas, que fallait pas avoir peur, c'était pas vrai Sarah. Ces monstres-là, ils existent, moi j'en ai rencontré."

Combien de filles et de garçons ont déjà subi et risque de subir encore ce qu'endure le jeune narrateur ?! Combien ont été, sont ou seront à la limite du passage à l'acte ?! 
Le récit s'arrête heureusement avant le pire et au final offre une bouffée d'espoir, une passerelle entre un ado en souffrance et son père

Forcément, j'ai pensé au clip d'Indochine, College Boy et je trouve qu'il colle très bien à l'univers de ce roman. Il y a ceux qui ne veulent pas voir, les parents, les profs, les surveillants, les autres élèves, tout ceux qui se détournent, ferment les yeux face à des agressions qui laissent pourtant des traces.  

Notre héros, lui, a Sarah pour lui serrer fort la main et pour le faire sourire. Une belle amitié qui ne suffit à pas éviter le clash ultime, la confrontation face au miroir, à soi, la difficulté de s'accepter et la crainte de se sentir différent
Un narrateur sans prénom qui pourrait être vous, moi, la fille de la voisine ou le type croisé une fois par semaine au conservatoire. parce que l'on ne choisit pas ce que nous sommes et qu'il est intolérable d'accepter le rejet des autres. A découvrir dès 14 ans

dimanche 14 octobre 2012

L'échange

L'échange 
Brenna Yovanoff
Editions Michel Lafon 
"Mackie Doyle donnerait n’importe quoi pour avoir une vie normale, jouer de la basse et passer du temps avec la fille solitaire aux yeux pailletés. Mais la petite ville de Gentry cache de sombres secrets. Il y a seize ans, Mackie a été échangé contre un nouveau-né : il est un « remplaçant ». Il vient en fait d’un monde terrifiant où d’obscurs tunnels côtoient des eaux noires et pestilentielles. Lorsque ceux qu’il aime sont menacés, Mackie n’a pas le choix : il doit affronter les créatures des entrailles de Gentry. Un combat à mort pour trouver enfin sa place, dans notre monde… ou dans le leur. 
Méfiez-vous, tout le monde est échangeable."
  
 Pour les hommes, il est différent, un peu bizarre, peut être même un peu dingue. Pour les "autres", pour  "eux", les "monstres" ou divinités ou lutins, ou sorciers ou autre appellation on ne sait pas en fait, c'est un "rebut"un enfant qui était condamné à mourir et qu'ils n'ont pas hésité à abandonner dans le monde des humains. Tel est l'histoire de Mackie, jeune garçon de 17 ans qui ne se sent nul part à sa place et qui grâce à quelques réminiscences et certaines légendes, sait qu'il n'est pas normal et que s'il ressemble bien extérieurement à un adolescent, il n'en est pas au moins un être différent voire un monstre. 
Le début du roman est spécial, le narrateur est Mackie, nous sommes donc dans sa tête, et l'ambiance du livre trouble et étrange suit son état de santé. Il va mal, il est embrouillé et on lit justement en étant un peu dans le brouillard. A partir du moment où il en apprend plus sur sa nature, qu'il obtient des soins et qu'il se sent mieux, le voile se lève également pour nous
Le personnage principal est attachant, d'ailleurs la majorité des protagonistes le sont
Mackie est obligé depuis toujours de se fondre dans la masse, il vit ainsi depuis son enfance dans la peur d'être découvert, au final il s'est déconnecté de lui-même et des autres et se sent profondément étranger au sein de sa ville et de sa famille. 
Tout au long du récit, notre jeune héros va évoluer, il peut pour cela compter sur l'affection d'amis et de sa soeur et il va finir par se découvrir lui-même. 
Sa famille est particulière, ils ont accepté cet enfant et l'ont élevé tout en sachant qu'il n'était pas leur enfant biologique, que ce dernier avait été kidnappé et que Mackie avait été mis à sa place. 
Le rythme du récit est assez lent mais je n'ai jamais eu envie que cela aille plus vite, je n'ai jamais été tentée de sauter des passages. 
Quant à l'ambiance, elle n'est pas tellement effrayante, bien plus étrange que faisant peur. Alors qu'il y a des monstres, des personnages sadiques et que des meurtres sont évoqués, ce n'est pas trash. 
De même, il y a un large éventail de personnages surnaturels qui pourraient nous donner la chair de poule mais au final ces monstres ont tous un côté triste ce qui les rend touchants. 
J'ai bien aimé ce premier roman de Brenna Yovanoff. Je l'ai lu d'une traite en ce dimanche pluvieux d'octobre, l'atmosphère collait tout à fait au livre ! C'est le titre parfait à lire le soir d'Halloween. J'avais craqué pour la couverture qui est belle, originale, sombre et macabre et elle trouve toute sa signification au fil du récit. 
Point important, il ne s'agit pas d'un tome 1 d'une série, l'histoire se finit à la fin du roman. A lire à partir de 13 ans. 


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