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lundi 29 février 2016

Oeil pour oeil, croc pour croc

Oeil pour oeil, croc pour croc
Frida Nilsson
Editions Bayard Jeunesse
Parce qu'il est un peu grassouillet, Ben est le souffre-douleur des enfants de l'immeuble. Gustave, Astrid et Allan débordent d'idées pour le tourmenter : jeter son ballon dans la rivière, recouvrir de boue la selle de son vélo... jusqu'au jour où ils l'enferment dans le local à poubelles. Là, le garçon rencontre Jagger, un chien SDF, sale, bourru et rigolo, qui a lui aussi goûté à la méchanceté des hommes, avant de décider de vivre à l'écart. Tous deux deviennent immédiatement copains, et décident qu'il est grand temps de se venger.... Oeil pour oeil, croc pour croc : ils vont donner une bonne leçon à tous ces idiots pour leur apprendre à être plus gentils ! 

J'avais commencé par adorer ce roman jeunesse mais à partir du moment où un chien qui parle débarque, j'ai un peu décroché. C'est pourtant le second héros du récit mais il est parfois difficile de faire soi les fantaisies d'un auteur et dans le monde de Ben, pourtant si similaire au notre, les chiens peuvent apparemment communiquer avec les humains, prendre un métier, boire, etc. C'est sûrement/peut-être une métamorphose pour signifier quelque chose au lecteur ? En tous cas, Jagger, le chien de l'histoire, a tout du petit diable sur l'épaule de Ben. Jusqu'alors Ben, huit et un peu rond, était harcelé par les enfants de son quartier : nourriture dans la boîte aux lettres, ballon jeté dans la rivière, rejet, et agressions verbales. L'arrivée de Japper dans la vie de Ben va commencer à apporter du changement. Petit à petit, Ben va sortir de son rôle de victime... pour devenir lui-même un harceleur. Spécial, n'est-ce pas ? Il va tout simplement rendre la monnaie de leur pièce à ses jeunes bourreaux. Et devinez quoi ? Les parents des anciens agresseurs vont finalement ne pas apprécier que leurs enfants soient à leur tour victime de persécutions ! Pourtant, ils étaient les premiers à fermer les yeux et à faire comme s'ils ne voyaient pas ce que leurs enfants faisaient à Ben...
Le récit produit donc un drôle d'effet avec son humour noir. Est-ce bien moral que Ben devienne à son tour méchant envers les trois anciens persécuteurs ? Mais est-ce que finalement ce n'est pas mieux que de s'enfoncer dans une longue déprime ?
Jagger sera sans doute un déclencheur dans la vie de Ben, il lui faudra ensuite un second ami, toujours un peu terrible lui aussi, pour enfin s'épanouir en tant que petit garçon qui rit, court et fait des bêtises de son âge.
Le harcèlement scolaire étant plus que jamais d'actualité, Oeil pour oeil, corc pour croc serait sans doute une lecture pertinente pour bien des jeunes lecteurs, qu'ils soient victimes, témoins indifférents, ou harceleurs en herbe.
Sortie le 2 mars 2016.
A noter : Friada Nilsson est l'auteure de Ma mère est un gorille (et alors ?).

mardi 22 avril 2014

Les Todds, tome 1

Les Todds, tome 1 : L'étrange héritage de l'oncle Déprius
Harald Tonollo
Editions Hachette
Les Todds sont une bien étrange famille, descendants de sorcières, enchanteurs et autres êtres surnaturels, qui vivent de nos jours. Leur apparences extérieures ne prêteraient pas forcément attention sur eux, si ce n'est leur goût pour le noir, mais s'ils ne disposent plus des pouvoirs magiques de leurs ancêtres, ils conservent quelques dispositions atypiques, comme une espérance de vie huit fois supérieur aux humains ou la faculté de voir dans le noir. Autres différences avec nous, ils adorent ce qui est bizarre, affreux, et passablement dégoûtant, manger des salades de mouches bleues ou se baigner dans des bassins remplis d'insectes font partie de leurs plaisirs. Ces particularités ne sont pas au goût de Polly, la benjamine de la famille et pour cause, c'est un "caprice de la nature", petite fille humaine née dans cette famille de sorciers. La vie de la fillette qui est déjà bien assez différente à son goût, prend une tournure catastrophique lorsque sa mère hérite d'un vieil oncle. Obligée de déménager dans un sombre et lugubre manoir sans électricité, de changer de collège, Polly va avoir du mal à trouver ses marques. 


Servi par une belle couverture en carton rigide, une couleur verte flashy, et des illustrations marquantes sur la 1ère et 4ème de couverture ainsi que sur la tranche, le livre attire le regard ! Le contenu est tout aussi distrayant. Le lecteur découvre avec plaisir ces excentriques personnages dignes successeurs de la famille Addams
Le père entrepreneur de pompe funèbre, les jumeaux (frères de Polly) facétieux et agaçants comme peuvent l'être tous les frères, Hannibal le yorkshire qui a la puissance d'aboiement d'un bouledogue, le sinistre jardiner qui ne laisse pousser qu'orties et chardons, la cuisinière étrangère qui élève des larves de divers cloportes, tout est assemblé pour donner une ambiance marquante tout aussi saugrenue qu'inquiétante.  Le récit est un mélange d’éléments ragoûtants et d'humour, les jeunes lecteurs frissonneront de dégoût en s'amusant des réactions de Polly. Mais le livre ne s'arrête pas à un récit d'horreur amusant, l'auteur s'inscrit dans la réalité et le monde contemporain en projetant l'héroïne dans les difficultés liées à l'adolescence et au changement d'établissement scolaire. Polly va aussi venir en aide au seul camarade de classe avec lequel elle a réussi à sympathiser un minimum, Otto. Et lorsque ce dernier va lui avouer être victime d'harcèlement et de racket de la part de deux autres élèves, Polly va mettre au point un plan d'action pour que cela cesse. Pour cela, elle va demander de l'aide à ses frères, car s'ils sont enquiquineurs et souvent dégoûtants, lorsqu'une crise est là, la famille sait se serrer les coudes. 
Le roman s'accompagne des jolies illustrations en noir et blanc de Carla Miller et Isabelle Metzen.
 Les chapitres sont courts et le texte se prête bien à la lecture à voix haute, c'est tout à fait le style de roman agréable à lire le soir à ses grands enfants. A découvrir à partir de 7/8 ans. 
 



jeudi 27 février 2014

M comme...

M comme...
Yaël Hassan
Editions Casterman
"M comme Mylène, l’héroïne de cette histoire, comme Mamadou, son ami irremplaçable et comme Mathieu, son amoureux.
M comme Mona, une véritable peste !
M comme Méchanceté, Moqueries et Médisance, trois vilains mots qui rendent la vie au collège difficile pour beaucoup d’élèves.
M comme Médiation, l’idée géniale qu’a eue Mylène pour essayer d’arranger les choses..."

Ce livre a tapé juste. Choisi seulement sur le nom de l'auteure dont j'adore les romans, j'ai découvert en le lisant que "M comme..." me renvoyait à mon histoire personnelle. Comme Mylène, mon fils est roux. Comme elle, il a été victime de harcèlement. 
Mon grand va rentrer au collège en septembre prochain et forcément nos craintes sont présentes, il est difficile de ne pas être inquiets, un grand établissement, plus d'élèves, plus de risque... 
Pour l'anecdote, rajoutons que le collège où va aller mon fils porte le même nom que celui de l'héroïne ! 
Le livre correspond a ce que j'aurais pu rêver de lire sur le sujet pour cette tranche d'âge. Yaël Hassan utilise des mots simples, elle sait se glisser dans la peau d'une fillette de 12 ans, ce qui lui permet de parler "vrai" et de se mettre à la portée des adolescents et pré-adolescents. Ceux qui ne se sentent pas très confiants, qui se sentent un peu en retrait par rapport à leurs camarades et subissent parfois de lourdes moqueries, arriveront à se sentir concernés car l'auteur décrit le processus du harcèlement. L'enfant, souvent, ne comprend pas ce qui arrive et n'en parle même pas à ses parents, pris dans l'engrenage infernal, la tête dans l'eau et puis il y a la peur de subir des représailles...
Mais l'histoire de "M comme...", n'est pas seulement axée sur la violence en milieu scolaire. Non, c'est aussi la vision dans son ensemble de la vie quotidienne d'une jeune fille d'aujourd'hui. L'auteure nous offre de très beaux personnages décrits avec beaucoup de réalisme. Le récit est tourné vers Mylène qui grandit, mûrit, et sort finalement petit à petit de l'enfance. Mylène qui voit son corps changer et qui a le coeur également chamboulé. Les préoccupations actuelles telles que le divorce, et le remariage des parents, sont évoquées avec délicatesse mais en mettant des mots sur la douleur de chacun. Avec son affection pour ses parents, ses grands-parents et sa belle-mère, son premier amour pour Mathieu, son amitié tumultueuse avec ses amies  d'enfance, son profond lien avec le solide Mamadou, sa vie à la ville et ses vacances à la campagne, Mylène est un personnage profond et le récit est d'une grande richesse.
Joli +, le roman s'organise autour de chapitres qui commencent toujours par la même ritournelle "M comme..." suivi d'un mot commençant par la lettre "M" : "M comme... Martine", "M comme... mesquin", "M comme... mails..." etc. Des passages de journal intime et des échanges de mails, rajoutent une dimension ludique et vivante à ce roman déjà formidable.
 Des illustrations en noir et blanc, signée Julien Castanié, ponctuent agréablement les pages. 

Alors Yaël Hassan, je vous remercie pour ce roman. Il est tellement juste ! Merci pour moi, pour la maman que je suis. Merci pour mon fils. Merci pour tous les collégiens qui vous liront, qui pourront tirer un précieux enseignement à travers les lignes de "M comme..", et puis bien entendu, simplement passer un excellent moment de lecture...  

Vous l'aurez compris, ce roman est un gros coup de coeur
 A découvrir dès 10 ans

jeudi 12 décembre 2013

L'arbre magique

Francette Top secrète : L'arbre magique
Catherine Kalengula
Isabelle Maroger
Editions Hatier Jeunesse
Collection Ratus Poche
 Dans la famille de Francette, tout le monde est agent secret : son père, sa mère et même le chien Macaroni.
Cette année dans sa classe, il y a un nouveau. Malheureusement il est grand, costaud et brutalise les autres enfants. Les amis de Francette sont particulièrement visés. Il coupe un bout de tresse à Lili, à la cantine, il renverse une assiette sur la tête de Poulou, casse les lunettes d'Alix en deux. 
Lorsque la classe part trois jours camper en forêt, Francette redoute les mauvaises actions du vilain garçon. Très vite, celui-ci fait des siennes, les valises sont vidées et les doudous des copains jetés dans la rivière. Notre petite héroïne décide d'agir ! Grâce à l'os déformateur de voix de Macaroni et à quelques astuces, elle va réussir à faire cesser César d'embêter ses camarades.

 Le récit porte sur l'amitié, et sur la brutalité dont peuvent être victimes certains enfants par d'autres. Ici, c'est en faisant marcher ses méninges que la fillette va sortir tout le monde des ennuis. 
Des jolies illustrations parsèment le récit, elles permettent également de voir si l'enfant a bien compris ce qu'il a lu car sous forme de petits jeux une question est posée aux jeunes lecteurs.
Le texte est agréable, facile à comprendre,  les caractères sont écrit assez gros, c'est un roman dit de "première lecture" ainsi il s'adresse aux lecteurs débutants de 6/7 ans

mardi 28 mai 2013

Les secrets de Zoé, tome 2

Les secrets de Zoé, tome 2 : Les tigres n’embrassent pas les lions ! 
Tanya Stewner
Anne Montel
Après avoir trouvé le premier tome des secrets de Zoé très agréable, j'avais hâte de découvrir ce second volume des tribulations de la petite demoiselle qui communique avec tous les animaux et fait pousser la végétation. par sa simple présence.

Dans Défense de parler aux éléphants !, Zoé avait vécu déjà une sacrée aventure ! Nouvelle à l'école, elle avait dû faire face aux rejets des autres, surtout aux persécutions de l'une de ses camarades, Trixi. Parallèlement, elle avait décidé de venir en aide à une éléphante du zoo de la ville et se trouvait désœuvrée face aux difficultés. Heureusement, elle s'était liée d'amitié avec son jeune voisin, Esahi, qui cachait lui aussi un secret. 
Grâce au soutien et à l'aide du garçon, Zoé avait enfin pu secourir le pachyderme et elle avait aussi pu trouver sa place au sein de l'école et de sa classe. 
A la fin du premier volume, Zoé était engagée par la directrice du parc animalier en tant qu’interprète afin que l'enfant puisse aider les animaux en détresse. 

"Les tigres n’embrassent pas les lions" commence le premier jour de travail au zoo pour Zoé. Comme le titre le laisse entendre, cette fois-ci la fillette va être confrontée à un couple original, mixte, un lion et une tigresse amoureux. 
Zoé va tout mettre en oeuvre pour rapprocher les deux tourtereaux mais elle va devoir trouver une solution pour que les fauves ne soient pas séparés, la tigresse devant être transférée dans un autre zoo. 
Un malheur n'arrivant jamais seul, une jeune fille, Trina, vient de commencer sa formation de soigneur. Inopportunément, Trina n'est autre que la grande soeur de Trixi (la peste du tome 1) et pour venger sa soeurette, elle a décidé de mener la vie dure à Zoé

Le roman est très riche, on a aussi l'arrivée de deux autres nouveaux personnages, M. Pong, le jardinier du zoo et son fils Bao. Ces deux protagonistes semblent bien mystérieux et le petit garçon bien morose, Esahi et Zoé vont également tenter de l'épauler.

Zoé peut parler aux animaux donc c'est à conseiller aux petits fans de la BD Yakari, à tous les loustics qui aimeraient eux aussi partager leurs confidences avec leurs amis à poils ou à plumes
D'ailleurs, Zoé a un chien Bonzai qui s'entend superbement bien avec Madame de Richard, le chatte d'Esahi malgré le fait que chien et chat n'aient pas le même langage. Le toutou semble même amoureux de la jolie minette. Ces deux animaux sont ainsi un des ressorts comiques du récit. 
Toujours aussi fluide et agréable à lire, le récit est vraiment à faire découvrir aux jeunes lecteurs. Je suis certaine qu'il conviendra même aux plus revêches à ouvrir un livre. 
Le roman parlera à tous. Zoé n'est pas une enfant parfaite, elle vit plein de petites (quoique une bien grosse et effrayante aussi) mésaventures. Elle a un ami garçon sur qui elle peut compter, ce personnage masculin permet l'identification pour nos garçons-lecteurs.
Une série qui a tout pour amuser et faire passer un excellent moment aux enfants de 7 à 11 ans
Côté édition, cette collection est irréprochable. Une couverture à rabats, 
des détails sympas, et les très jolies illustrations d'Anne Montel qui ponctuent le récit et qui sont un gros plus pour toute l'histoire. 


vendredi 13 juillet 2012

Les secrets de Zoé, Tome 1


Les secrets de Zoé, Tome 1 

Défense de parler aux éléphants ! 

Tanya Stewner 

Editions Bayard Jeunesse



"Zoé peut parler aux animaux et, d'une simple caresse, redonner vie aux plantes. Depuis qu'elle est toute petite, elle cache ces secrets de peur de passer pour une folle. Alors, à part son chien Bonsaï à qui elle confie ses soucis, Zoé n'a pas d'amis. Même son voisin, Esahi, le garçon le plus cool des CM2, l'ignore. Or, lui aussi a un secret... Lors d'une visite au zoo avec l'école, Zoé et Esahi apprennent qu'on a séparé l'éléphante, Marta, de son petit. Tous deux aimeraient l'aider mais, pour cela, chacun devra révéler son secret... Une ode à l'amitié et à la différence, tout en fantaisie et en poésie."

Zoé, l'héroïne, vient de déménager et change donc d'école. Ce n'est pas facile d'être nouvelle, surtout que Zoé a un secret à cacher, un secret pourtant fort joli mais qui lui cause bien du soucis et qui crée de nombreux quiproquos. Elle se retrouve donc très vite mise à l'écart par ses camarades et même harcelée par certains d'entre eux. 

Esahi, le garçon de l'histoire, est le deuxième personnage principal du roman, il permettra donc aux garçons de s'identifier à lui. L'auteur n'est pas tendre avec son personnage, Esahi se conduit comme un lâche en étant ami avec Zoé lorsqu'ils sont sous la haie qui sépare leur jardin mais en l'ignorant, même lorsqu'elle est malmenée, lorsqu'ils sont à l'école. Toutefois, l'auteur a suffisamment de délicatesse pour que le tout ne soit pas lourd mais reste dans la légèreté d'un roman jeunesse. Donc de la pudeur dans l'écriture pour traiter tous ces sujets sensibles que sont le rejet, la lâcheté, les non-dits et sujet peut être moins sensible mais douloureux parfois, la précocité

Un roman pour montrer aux enfants le sens et l'importance de la tolérance et de l'amitié

                                                    


L'écriture est fluide, agréable et facile à lire. Les enfants y trouveront quelques touches d'humour qui leur plaira. 

Une très belle édition que nous offrent les éditions Bayard. Une couverture souple avec des rabats qui s'ouvrent sur la galerie de personnages. 

Une très jolie couverture avec les illustrations des deux enfants au vernis sélectif. 

Les très charmantes illustrations d'Anne Montel jalonnent le roman et le rendent vivant et encore plus agréable


Un très joli roman pour les enfants, garçons et fillesà partir de 7/8 ans. 
Petit + perso : Malgré le fait que l'héroïne soit une fille (on a beau les élever en leur apprenant la mixité, et en prônant le non sexisme, à cet âge il ne faut pas se leurrer, un garçon veut des histoires de garçons), je l'ai proposé à mon grand de 8 ans et demi et il a adoré l'histoire, une fois le roman commencé, il ne l'a pas lâché. 


Il s'agit du premier tome d'une série, les prochains tome seront "Les tigres n’embrassent pas les lions" et "Dauphins en danger". 

jeudi 12 juillet 2012

Les Rebelles De St Daniel Tome 1 - Appelez-moi Ismaël


Les Rebelles De St Daniel Tome 1 
Appelez-moi Ismaël 

Michael Gerard Bauer

Editions Casterman


"Ismaël ? Qu'est-ce que c'est que ce prénom de lavette ? Que pouvais-je répondre ? Jusqu'alors, j'ignorais que je portais un prénom de lavette. Personne ne m'avait averti qu'il s'agissait d'un prénom de lavette. Pourquoi mes parents m'avaient-ils affublé d'un prénom de lavette ? Je me suis contenté de sourire bêtement tandis que Barry Bagsley et ses copains rigolaient et me bousculaient comme une porte à tambour. Ismaël s'apprête à vivre une année infernale au collège de St Daniel. D'autant plus que Barry Bagsley, le tyran de la classe, a juré d'avoir sa peau. Mais contre toute attente, il va traverser les moments les plus bizarres et les plus exaltants de son existence..."

L'auteur, Australien, était professeur d'anglais avant de se consacrer totalement à l'écriture, et cela se sent, son style est très riche , très recherché, l'écriture est remarquable.
Le style également fluide et rapide est un régal à lire, on ne s'ennuie pas une seconde.

Le récit est très drôle, il m'est même arrivé à plusieurs reprises de rire tout haut. Dans les dialogues ou situations cocasses, l'humour est de haut niveau et toujours en jouant sur les mots et avec les mots.


Les personnages, précisément décrits par l'auteur, sont terriblement attachants.

Ismaël, le narrateur, un ado de 14 ans, est le souffre douleur de la terreur du collège et de sa classe, Barry. Le jeune homme en est venu à détester son prénom qui est l'une des sources de ses brimades. Très peu sûr de lui, il essaie de passer inaperçu en cours et n'a lié d'amitié avec aucun camarade au début du roman.

Heureusement, l'arrivée d'un nouvel élève, James Scobie, va changer sa vie au collège. James, qui apparaît comme un garçon malingre et bourré de tics, tient tête à Barry et entraîne Ismaël dans une drôle d'équipe, une "équipe d'éloquence".

Les deux garçons sont vite rejoints par trois autres collégiens, tous ayant des caractères affirmés et opposés : Prindabel, petit génie des mathématiques et des dates, Razza, extraverti et limite hyper-actif, Billy, souffrant d'obésité et accro à la fantasy.

L'ambiance du récit est très surprenante. J'ai parfois eu l'impression que l'action se déroulait dans un pensionnat des années 70 alors que des éléments actuels marqués pourtant l'époque réelle de l'histoire.
J'ai eu le sentiment que l'auteur s'appuyait autant sur ses souvenirs de collégien que sur son expérience de professeur.
Cela m'a donné l'impression qu'une nostalgie flottait sur le récit, une ambiance qui m'a fortement plu en tous cas.

Le ton du texte n'est pas que drôle, il peut aussi se faire plus sérieux, plus grave mais certes toujours avec légèreté et on retourne rapidement vers le sourire.

Une belle édition pour ce roman. Un grand format et une couverture semi-rigide. Le titre apparaît grâce à un jeu de tous les mots écrits en petits caractères, ces mots sont d'ailleurs tous les surnoms (péjoratifs) donnés à Ismaël. Ces mots sont en vernis sélectif et l'étiquette "Les rebelles de St Daniel" est en relief. Étiquette sous forme de "sotch" que l'on retrouve aussi pour les intitulés des parties et des chapitres. Au dos de la couv, on retrouve la petite police d'écriture, au vernis sélectif, qui entourent le résumé.

Il m'est difficile de donner une tranche d'âge pour la lecture de ce roman. A partir de 12 ans ? Je pense qu'il peut même être lu par les très bons lecteurs à partir de 10 ans. En même temps, je suis sûre que les adultes prendront un grand plaisir à cette lecture.



En bref, un gros coup de coeur pour ce premier tome où Ismaël a découvert l'amitié, la solidarité, l'importance des mots et aussi les prémices de l'amour.  Il me tarde donc de retrouver les rebelles de St Daniel dans le tome 2. Sortie qui est prévue le 19 septembre.

lundi 7 mai 2012

Vampire City, Tome 1

Vampire City

Rachel Caine

Editions Hachette



Claire est le souffre-douleur de la reine de la fac de Morganville. Pour fuir le campus universitaire, elle s'installe dans une étrange maison déjà habitée par Eve la gothique, Shane le dur au coeur tendre, et Michael le musicien noctambule. Grâce à eux, elle découvre que les vampires règnent sur Morganville. Entre amitié et amour, les quatre colocataires vont devoir unir leurs forces pour lutter contre la menace grandissante...


J'ai très vite aimé ce roman car je sentais la nouveauté dans le genre, je n'avais pas lu d'histoire ressemblant à celle-là.

L'histoire est tellement bien menée, qu'une fois commencée, je n'ai pas réussi à le lâcher. 

Le texte étant de qualité, on découvre tout avec Claire et ses émotions sont si bien décrites et si réalistes que je n'ai eu aucun mal à croire à l'univers inventé par l'auteur. 

Claire, intelligente (enfin, je dois dire que l'on ne le sent pas trop alors qu'elle est décrite comme surdouée), fragile, naïve mais aussi courageuse est un personnage attachant et auquel les jeunes filles peuvent s'identifier facilement. Elle est très banale, très humaine et c'est très bien ainsi. 

Les personnages secondaires sont aussi tops que l'héroïne du livre. Tout comme Claire, les autres habitants de la maison sont jeunes et ont des côtés immatures. Ils sont plus fragiles qu'on peut le penser au départ, ils ont été écorchés par la vie, chacun a sa part de douleur, de tristesse et de secret.  Shane le beau gosse, feinéant, drôle, un peu con en fait ^^", Ève, la gothique, à la langue acérée mais au cœur chamalo (je l'imaginais sous les traits d'Abby dans NCIS. ^^ Yana ;) ) et David, sous les traits d'un ange, il n'est pas ce à quoi il ressemble; David est un des points forts du roman, c'est un très bonne invention de l'auteur. 

C'est un roman bourré d'aventures, sans temps mort, tout se met en place rapidement et les événements s'enchaînent. 

Les méchants, les vampires, les péripéties, tout est quasiment bien mené, j'ai quelques réserves sur certains détails mais l'ensemble est vraiment réussi

Par contre, j'ai décroché au moment de la bataille finale, je n'ai pas adhéré à l'action, j'étais même un peu perdue et je n'avais pas envie de faire l'effort de comprendre. (*en mode feignasse*). 

Autre hic pour moi : A la toute fin du livre, on retrouve les différents moments clefs du roman, vu par Ève. J'ai trouvé ça... très mauvais. Le langage devient pauvre et ennuyeux. Lorsqu'elle nous confie ses pensées, Ève ne ressemble pas à ce qu'elle paraît aux yeux de Claire et se révèle très décevante, donc à refaire je ne lirais pas cet épilogue. (qui en prime ne sert à rien pour moi). 


La vraie fin du récit est terriblement frustrante, il vaut mieux avoir le tome 2 à proximité !! 




dimanche 11 mars 2012

Tout le monde veut voir la mer

 Tout le monde veut voir la mer
Auteur : Agnès de Lestrade
Illustratrice : Nathalie Choux 
Editions du Rouergue
Collection Zig-Zag

J'avais beaucoup aimé le petit roman Des vacances trop bizarres, dans lequel d'ailleurs, la narratrice Mira vivait au départ en banlieue et avait une meilleure amie Marika... la même que l'on retrouve dans "Tout le monde veut voir la mer" ? 
Marika, petite fille issu d'un mariage de métissage, vit heureuse au sein de sa joyeuse famille (un papa trop gentil qui n'aime pas crier parce que lui n'a pas eu la chance de grandir avec des parents, et des petits frères, des jumeaux qui adorent faire les clowns et une maman nostalgique de son pays, l'Algérie.) dans une cité. Comme beaucoup de français, cette famille est modeste, ils vivent sans faire d'écarts. Marika rêve d'équitation mais les cours sont trop chers, elle le sait et elle ne demande pas à ses parents de pouvoir pratiquer cette activité; son plaisir elle l'a en s'achetant chaque mois un magazine sur les chevaux. Alors lorsque sa meilleure copine Sofia insiste pour qu'elle l'accompagne à la sortie organisée par la Croix-Rouge, une journée à la mer, Marika fait la moue, elle n'a pas envie ! Elle, ce serait une journée d'équitation qui lui plairait et non pas une journée à la plage ! « C'est pas parce qu'on est pauvre qu'on veut forcément voir la mer ! » Dans le car, deux garçons turbulents, Tristan et Joan, s'en prennent à Christian, enfant petit et maigrichon. Mais arrivé à destination, une surprise les attends, Christian se relève être un excellent nageur et épate tout le monde. Le jeune garçon gagne ainsi l'admiration et l'affection de tous même de Joan. La journée se passe merveilleusement bien et le soir voit apparaître une deuxième surprise pour Marika, au détour d'une dune, un pur-sang arabe... 
J''ai encore une fois énormément aimé.
Les personnages d'Agnès de Lestrade sont très attachants, très crédible, je me sens proche d'eux.
 Vivre dans une famille modeste, limite pauvre, ça me parle beaucoup et j'aime la façon dont elle aborde ses sujets toute en finesse et sans aucun pathos.
J'aime aussi la façon dont elle a de toucher à de nombreux sujets sensibles, d'une ou deux phrases d'effleurer quelque chose d'important, juste ce qu'il faut pour distiller quelques belles idées à ses jeunes lecteurs. 
 "Parfois, la mairie plante des fleurs et le lendemain, pfft, elles ont disparu. Des vandales qui cassent tout, voilà comment on les appelle. En vérité, s'ils cueillent les fleurs, c'est pour les offrir à leurs mères. Parce que je les connais, moi, les jeunes. .... Non, les jeunes, ils sont comme vous et moi : ils aiment leurs mères et puis c'est tout."
La cité, le papa qui a grandit en foyer, la maman qui pleure parfois en pensant à son pays, le grand-père Algérien qui est mort en France en faisant la guerre, les fins de mois difficiles, le garçon souffre-douleur, ce roman aborde tous ces sujets importants. 
Mais pourtant un très joli livre doux et joyeux, rempli du plaisir des bonheurs simples, plein d'espoir et que l'on finit avec le sourire.
A lire à partir de 7-8 ans. 
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