Les Rebelles De St Daniel Tome 1
Appelez-moi Ismaël
Michael Gerard Bauer
Editions Casterman
"Ismaël ? Qu'est-ce que c'est que ce prénom de lavette ? Que pouvais-je répondre ? Jusqu'alors, j'ignorais que je portais un prénom de lavette. Personne ne m'avait averti qu'il s'agissait d'un prénom de lavette. Pourquoi mes parents m'avaient-ils affublé d'un prénom de lavette ? Je me suis contenté de sourire bêtement tandis que Barry Bagsley et ses copains rigolaient et me bousculaient comme une porte à tambour. Ismaël s'apprête à vivre une année infernale au collège de St Daniel. D'autant plus que Barry Bagsley, le tyran de la classe, a juré d'avoir sa peau. Mais contre toute attente, il va traverser les moments les plus bizarres et les plus exaltants de son existence..."
L'auteur,
Australien, était professeur d'anglais avant de se consacrer
totalement à l'écriture, et cela se sent, son style est très riche
, très recherché, l'écriture est remarquable.
Le
style également fluide et rapide est un régal à lire, on ne
s'ennuie pas une seconde.
Le
récit est très drôle, il m'est même arrivé à plusieurs reprises
de rire tout haut. Dans les dialogues ou situations cocasses,
l'humour est de haut niveau et toujours en jouant sur les mots et
avec les mots.
Les
personnages, précisément décrits par l'auteur, sont terriblement attachants.
Ismaël,
le narrateur, un ado de 14 ans, est le souffre douleur de la terreur du
collège et de sa classe, Barry. Le jeune homme en est venu à détester son prénom
qui est l'une des sources de ses brimades. Très peu sûr de lui, il
essaie de passer inaperçu en cours et n'a lié d'amitié avec aucun
camarade au début du roman.
Heureusement,
l'arrivée d'un nouvel élève, James Scobie, va changer sa vie au
collège. James, qui apparaît comme un garçon malingre et bourré de tics, tient tête à Barry et entraîne Ismaël dans une drôle
d'équipe, une "équipe d'éloquence".
Les
deux garçons sont vite rejoints par trois autres collégiens, tous
ayant des caractères affirmés et opposés : Prindabel, petit génie des mathématiques et des dates, Razza, extraverti et limite hyper-actif, Billy, souffrant d'obésité et accro à la fantasy.
L'ambiance
du récit est très surprenante. J'ai parfois eu l'impression que
l'action se déroulait dans un pensionnat des années 70 alors que
des éléments actuels marqués pourtant l'époque réelle de
l'histoire.
J'ai
eu le sentiment que l'auteur s'appuyait autant sur ses souvenirs de collégien que sur son expérience de professeur.
Cela
m'a donné l'impression qu'une nostalgie flottait sur le récit, une
ambiance qui m'a fortement plu en tous cas.
Le
ton du texte n'est pas que drôle, il peut aussi se faire plus
sérieux, plus grave mais certes toujours avec légèreté et on
retourne rapidement vers le sourire.
Une
belle édition pour ce roman. Un
grand format et une couverture semi-rigide. Le titre apparaît grâce
à un jeu de tous les mots écrits en petits caractères, ces mots sont d'ailleurs
tous les surnoms (péjoratifs) donnés à Ismaël. Ces mots sont en
vernis sélectif et l'étiquette "Les rebelles de St Daniel"
est en relief. Étiquette sous forme de "sotch"
que l'on retrouve aussi pour les intitulés des parties et des
chapitres. Au dos de la couv, on retrouve la petite police
d'écriture, au vernis sélectif, qui entourent le résumé.
Il
m'est difficile de donner une tranche d'âge pour la lecture de ce
roman. A partir de 12 ans ? Je pense qu'il peut même être lu par
les très bons lecteurs à partir de 10 ans. En même temps, je suis
sûre que les adultes prendront un grand plaisir à cette lecture.
En bref, un gros coup de coeur pour ce premier tome où Ismaël a découvert l'amitié, la solidarité, l'importance des mots et aussi les prémices de l'amour. Il me tarde donc de retrouver les rebelles de St Daniel dans le
tome 2. Sortie qui est prévue le 19 septembre.