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jeudi 16 octobre 2014

Le club de la Pluie, tome 1 et tome 2


Le club de la pluie au pensionnat des mystères 
Malika Ferdjoukh
Editions L'école des Loisirs
Collection Neuf
Le club de la pluie au pensionnat des mystères est le premier tome de la série et rassemble deux enquêtesL’énigme de la tour et Le voleur de Saint-Malo.
Quand Rose Dupin fait son entrée au collège à l'internat des Pierres-Noires, elle ne se doute pas de ce qui l'attend. Elle fait la connaissance de Nadget Mellaoui et de son sourire ravageur, ainsi que d'Ambroise, le fils des gardiens de l'internat, et de son chien Clipper. Il pleut ce jour-là sur Saint-Malo. Mais, depuis la tour de l'internat, ce sont des appels au secours qui pleuvent sous la forme de petits papiers. Qui peut bien envoyer de tels messages ? Un mystère que devront résoudre Rose, Nadget et Ambroise, réunis au sein du Club de la Pluie. 

La club de la pluie brave les tempête
Le Club de la Pluie brave les tempêtes est le second volume des aventures des jeunes héros, le lecteur les retrouve dans deux histoires qui se suivent, Le fantôme des Pierres-Noires et Le Mystère des chaussons rouges.
C'est la fin des vacances d'hiver à Saint-Malo, et voilà un moment que le Club de la Pluie n'a pas eu une énigme à se mettre sous la dent. Mais lorsque Jeanne Eyrmont, la filleule de la directrice, débarque à l'internat des Pierres-Noires, elle semble apeurée, comme si elle avait vu des fantômes. Des fantômes, vraiment ? Ambroise, Rose, Nadget et Milo sont bien décidés à tirer cette affaire au clair.

Un club des Cinq revisité, modernisé,  par la plume de Malika Ferdjoukh, ça vous dit ?
Prenez deux garçons, deux filles aux caractères fort différents et marqués. Ajoutez un chien bien malin. (il y a même un petit singe comme celui de Pilou dans la série d'Enid Blyton !) Rajoutez un zeste d'amitié, quelques pincées de tolérance et même un doigt de romance (dans une des aventures). Saupoudrez de mystère, de fantôme, de vols, de secrets et de manigances en tout genre. Mettez le tout dans un vieux château de bord de mer, parfois lugubre et cachant des passages secrets. Vous obtiendrez un joyeux roman jeunesse, petit polar à l'ancienne mais qui se passe de nos jours. Si les portables et les ordinateurs n'étaient pas mentionnés, le lecteur pourrait s’imaginer plongé dans les années 70, l'atmosphère et la langage utilisé semblant un peu anachroniques.
Une écriture fluide, de l'humour, de l'aventure, tous les ingrédients sont réunis pour offrir une belle série aux jeunes lectures friands d'enquêtes policières menées par des enfants. A découvrir dès 8/9 ans.

mercredi 20 août 2014

Sacrées souris !

Sacrées souris ! 
Lois Lowry
Editions L'école des Loisirs 
Collection Neuf
Sacrées souris raconte l'histoire d'un groupe de souris d'église, dirigé par Hildegarde, la Maîtresse souris. Cette dernière a en charge d'assurer la sécurité de près de 200 souris, un seul mot d'ordre : rester invisibles aux humains. Mais le 4 octobre, la Saint François d'Assise, patron des animaux, approche, et le danger qui accompagne la bénédiction par le prêtre ce jour-là est plus que jamais présent dans l'esprit d'Hildegarde. Bientôt les chats vont envahir l'église, la journée pourrait être funeste. Comme si la chef des souris n'avait pas assez de soucis et de responsabilité, des souris finissent par être vues par les humains. Au départ, ceux-ci pensent qu'il s'agit à chaque fois d'une même souris, mais une portée de jeunes souriceaux enthousiastes finissent par faire découvrir le pot aux roses. L'église grouille de souris, le prêtre se voit contraint d'appeler l'exterminateur. Hildegarde doit réfléchir vite pour protéger ses congénères si elle ne veut pas que s'abatte sur elles le terrible grand "X"... 

Les lectures de Lois Lowry sont toujours un régal. Son sens de l'humour et le récit chaleureux rendent la lecture tellement plaisante.
Les enfants vont forcément se prendre d'affection pour ses courageuses petites bêtes. Les souris doivent faire tant d'efforts et preuve d’énormément de persévérance afin de survivre. De plus, les touches d'humour et de malice rendent particulièrement les souris de Lowry humaines et vivantes pour les lecteurs. 
Les descriptions sont détaillées et le vocabulaire recherché, l'auteur tire les jeunes enfants par le haut clairement. C'est une histoire mignonne, pleine de charme, un merveilleux conte pour les enfants à la fin mémorable. A découvrir seul dès 9 ans mais je pense que l'on peut très bien lire cette histoire, un chapitre par soir, à ses enfants dès 6 ans. 

vendredi 18 avril 2014

Les Willoughby

Les Willoughby
Lois Lowry
Editions L'école des Loisirs 
Collection Neuf
"Imaginez que le livre que vous tenez entre les mains soit l’un de ces vieux romans avec une reliure en cuir marron tout usé. Il raconterait le genre d’histoires qu’on lisait autrefois, pleines de larmes et de bons sentiments. On y croiserait des orphelins forcément valeureux, un bébé abandonné sur les marches d’un perron, un millionnaire vivant dans un taudis ou encore une nourrice au coeur sec… Vous allez rencontrer tous ces personnages dans ce roman. Mais vous découvrirez vite que les enfants Willoughby ne sont pas vraiment orphelins, même s’ils rêvent de se débarrasser de leurs parents. Vous apprendrez que le millionnaire solitaire est aussi un confiseur au grand coeur et la nounou une spécialiste des cookies et de la sculpture antique, ce qui les rend bien plus sympathiques. Il vous reste maintenant à deviner si, comme toutes les histoires d’autrefois, celle-ci se terminera bien… "

Ce roman est un délice de cruauté, de sarcasme et de méchanceté gratuite mais aussi d'amour, de petits plaisirs de la vie et de tendresse. L'auteur s'amuse à mélanger tous les codes des contes et récits pour enfants. (l'ouvrage se termine même par une bibliographie qui rassemble toutes les œuvres rencontrées au cours du récit, un véritable hommage à la littérature classique). Les parents Willoughby détestent leurs enfants, ils veulent s'en débarrasser de la manière la plus simple et la moins coûteuse pour eux. Les dialogues sont jubilatoires à lire...
"_Chérie ? 
_ Oui, chéri ? 
_ J'ai une question à te poser. 
Il se mordilla la lèvre. 
_ Oui, chéri ? 
_ Tu aimes les enfants ?
_ Oh non, dit Mme Willoughby en coupant un petit fil qui rebiquait avec ces ciseaux plaqués or. Je ne les ai jamais aimés. Surtout le grand. Comment s'appelle t-il déjà ?
_ Timothy Anthony Malachy Willoughby. 
_ Oui, lui. C'est celui que j'aime le moins. Mais les autres sont épouvantables aussi. La fille pleurniche tout le temps et, il y a deux jours, elle a essayé de me faire adopter un ignoble bébé. 
Son mari frissonna. 
_ Et il y a les deux que je n'arrive pas à différencier, continua Mme Willoughby. Ceux avec le pull. 
_ Les jumeaux. 
_ Oui, eux. Pourquoi se ressemblent-ils autant ? Ça perturbe les gens et ce n'est pas bien. 
_ J'ai un plan, dit M. Willoughby en posant son journal. 
Il se caressa un sourcil d'un air satisfait. 
_ C'est complètement abject. 
_ Magnifique. Un plan pour quoi ?
_ Pour nous débarrasser des enfants.
_ Oh, zut, il faudra les emmener dans une forêt sombre ? Je n'ai pas les bonnes chaussures pour ça. 
_ Non, un plan bien meilleur. Plus professionnel. 
_ Aaah, tant mieux. Je t'écoute, répondit-elle avec un sourire méchant."
Les personnages des enfants, de la vieille nounou, du milliardaire, sont attachants mais la plupart des protagonistes ont un côté loufoque ou décalé. Le glossaire de fin est tout aussi drôle que le reste du livre. Un coup de coeur pour cette parodie efficace et maîtrisée ! A découvrir à partir de 9/10 ans

mardi 8 octobre 2013

La bande à Grimme et les magiciens du monde

La bande à Grimme et les magiciens du monde
Aurélien Loncke
Editions L'école des Loisirs 
Collection Neuf
"La bande à Grimme et les magiciens du monde" s'ouvre sur les enfants qui veulent se venger du riche Henry Harrings qui leur avait promis une récompense dans le premier tome et ne l'avait finalement pas fait malgré le succès de leur mission. Peu de temps après, cet homme est enlevé en même temps que Griotte par la bande de gamins rivale à celle de nos héros, des loubards. En fait, cette troupe de vauriens jaloux de la nouvelle richesse de la bande à Grimme souhaitait en prime faire cracher des sous au richissime homme d'affaire.

Heureusement, un enfant clochard a vu la scène et a entendu la bande rivale parler d'une taverne mal famée, un repaire de brigands où seraient enfermées les victimes du rapt. Les enfants décident alors de voler la voiture d'Harrings et de contraindre le chauffeur de les emmener jusqu'à la taverne pour délivrer les deux malheureux.

Après un coup de coeur énorme pour le premier tome, le début de ce nouveau volume déçoit un peu car il fait perdre de son charme à la série, les enfants sont trop bien habillés et tout est légèrement trop facile. Mais à partir de la disparition de Griotte, la plus petite et la plus mimi de la bande, un peu la chouchoute de ses acolytes, les enfants repartent un peu plus à l'aventure pour la retrouver. Cela nous remet dans une ambiance pleine de malice où les enfants sont les rois de la rue et de la débrouillardise, qui bousculent les adules, où les mômes se chamaillent, se bagarrent et rigolent en même temps et c'est cette atmosphère qui est un délice à lire.

Concernant la magie, dans le premier nous avions l'impression de simples tour de passe-passe mais qui pour l'époque captivaient tout le monde. Dans ce second tome, on perd le côté féerique, merveilleux, on n'imagine plus les enfants émerveillés par les tours et c'est dommage.
Il n'en reste pas moins que le texte est dynamique,  vivant et amusant avec des jurons qui fusent dans tout les sens.

Le lecteur s'attache véritablement à ces gosses malins comme des singes et qui arrivent à leurs fins. L'histoire finit bien mais s'arrête sur un mystère concernant l'origine de deux enfants. C'est une série vraiment chouette à faire découvrir aux enfants dès 9 ans.

mardi 24 septembre 2013

A la découverte d'un auteur # 1 : Jerry Spinelli

Etes-vous comme moi ? Lorsque vous adorez un livre, vous avez de suite envie de découvrir les autres œuvres de l'auteur ? Je dois dire que je fonctionne beaucoup ainsi, quand surgit un coup de coeur, immédiatement je file regarder si d'autres livres sont disponibles. Ici, ce fût le cas, j'ai adoré "Qui a mis des cheveux sur ma brosse à dents ?", j'ai donc recherché la production littéraire de Jerry Spinelli. "Stargirl" m'a interpellée, j'avais vu passer le livre, dans les sorties, il y a quelques mois, et ce sont les deux premiers tomes d'une précédente édition que j'ai finalement trouvé d'occasion. Pour "Oeuf", je me rappelais très bien le titre et la couverture, mais j'avoue que j'avais été rebutée par l'un et par l'autre et que je n'avais jamais cherché plus loin. J'ai été très surprise en voyant que c'était lui qui l'avait écrit et j'ai eu de la chance de le trouver très vite d'occasion également. Mais tout d'abord, je vous parlerais de mon préféré sur les 4, mon gros coup de coeur, je l'ai même relu 2 fois en 3 semaines...

Qui a mis des cheveux sur ma brosse à dents ?
Jerry Spinelli
Editions L'école des loisirs
 Collection Medium 
 Grosso et Grandegueule sont frère et soeur. Elle ne s'appelle pas vraiment Grandegueule mais Megin, toutefois lui l'appelle ainsi. Il ne s'appelle pas Grosso mais Greg, pourtant elle l'appelle comme ça. Greg et Megin se déteste, dès qu'ils se croisent les coups pleuvent et les injures fusent.
Durant tout l'été, Greg a sculpté son corps, s'est fait bronzer, a soigné son apparence à l’extrême, tout ça en vue de la rentrée car il souhaite impressionner une jeune fille, Jennifer Wade. Mais malheureusement, le jour J, il apprend qu'elle a déménagé et changé de lycée. Grâce à une amie de la jeune fille, Sara, il pense pouvoir approcher sa belle. Mais Sara est amoureuse de lui et il va jouer avec ses sentiments.
En parallèle, Megin est un garçon manqué, qui ne pense qu'au sport sur glace et travaille dans une boutique de donuts en se faisant payer en gâteaux. Elle entretient depuis quelque temps une amitié avec une vieille femme de 89 ans, Emilie, qui ne se déplace qu'en fauteuil roulant, vit en maison de retraite et adore les donuts torsadés.
"_Emilie ? C'est comment, être vieux ? 
Elle m'a donné une gentille tape sur les fesses, et j'ai grimacé. 
_ Comment veux-tu que je le sache ? Je ne suis pas vieille."
Les relations entre Megin et Greg vont aller de pire en pire, jusqu'au jour où un événement va tout bouleverser.
Un énormissime coup de coeur !
Dès le départ le livre m'a énormément plu, à tel point que je doutais que cela puisse tenir à ce point jusqu'à la fin... mais si, j'ai adoré le récit de bout en bout. Bon, j'ai fini le roman en pleurant comme une madeleine (cela ne m'était pas arrivé depuis "Nos étoiles contraires" donc bien 6 mois), je ressors du livre avec le coeur tout chamallo.
Il s'agit d'un texte à deux voixtour à tour le narrateur change, un chapitre nous avons le point de vue de Megin, l'autre celui de Greg. 
Ce roman met en scène une relation frère-soeur remplie de haine, sans qu'au final, ni l'un ni l'autre ne sache très bien pourquoi.
Mais c'est aussi la plus belle histoire d'amitié entre une personne âgée et un enfant que j'ai lue. Le récit d'une aventure de la petite enfance d'Emilie m'a profondément marquée. De plus, c'est remarquablement écrit et tout se tient dans le récit, une phrase peut avoir une répercussion 100 pages plus loin.
Il y a un très bel équilibre dans les caractères des personnages, ce qui rend le livre sincère et juste. L'auteur excelle pour décrire les pensées d'un ado !
 Megin avec ses frères, ses parents et parfois même avec ses amis, a une grosse tendance à se montrer peste. Par contre, lorsqu'il s'agit d'Emilie, la vieille femme à qui elle rend visite en maison de retraite, Megin laisse apparaître une jeune fille attentive, aimante et bienveillante.
Greg, c'est le  contraire. Certes, avec Megin il peut être un peu pénible mais tout de même sa soeur dépasse plus les bornes et il est facile de prendre partie pour lui. Avec son petit frère et ses parents, il se montre normal. A contrario, avec les filles, il se révèle très goujat.
Le récit est bourré de trouvailles truculentes et d'humour. Pour être brève, c'est un beau roman, drôle, émouvant, en un mot : humain !

(Megin) 
"_ Papa, arrête. Là. La brosse à dents. 
_ Tu essaies de me dire que j'ai mauvaise haleine ? 
_ Papa, regarde ! ais-je dit en lui plantant presque la brosse à dents dans l’œil. Regarde !
Il s'est reculé et a louché dessus. 
_ Ah, oui. Qu'est-ce que c'est ? 
Je trépignais sur l'asphalte. 
_ C'est un poil ! Un énorme poil brun, horrible, abject !
_ Est-ce que tu essaies de me dire que tu as des poils qui poussent entre les dents ? Je croyais que la puberté se développait à d'autres endroits. 
_ PAAPAAAAA !"

(Greg)
"Il n'y avait qu'une solution : l'haltère dans la main droite et le déodorant dans la gauche. A chaque série de trois, pschitt, pschitt. Les vingt cinq derniers mouvements ont été une vraie torture. J'avais commencé à avoir des rougeurs, mais mon aisselle s'est alors mise à me gratter, puis à me brûler. Une fois arrivé à cent, je me suis fait la promesse de ne jamais oublier ce jour, au cas où je développerais un cancer de l'aisselle dans vingt ans. Je raconterais aux médecins la fois où j'avais fait une overdose de déodorant. Peut-être qu'il serait alors trop tard pour moi, mais ça pourrait sauver d'autres vies .De toute façon, si c'était le prix à payer pour passer vingt ans avec Jennifer Wade, ça en valait la peine."

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Oeuf
Jerry Spinelli
Editions L'école des Loisirs
Collection Neuf
David a 9 ans et il a perdu sa mère il y a un an. Depuis, il vit avec sa grand-mère et ne voit que trop peu son père. Le jour où sa mamie le traîne de force à une chasse aux oeufs, David découvre le corps d'une fille allongée dans les bois, sous des feuilles. Le garçon pense que la jeune fille est morte et là, démarre une longue confidence, David se lâche et lui raconte sa vie et ses secrets. C'est avec horreur que quelques jours plus tard, il reconnaît la fille à la bibliothèque, elle n'est pas morte, elle est bien vivante et elle deviendra même sa meilleure amie. Primrose, c'est son prénom, vit avec sa mère dans un taudis et n'a jamais connu son père. Cette jeune fille de 13 ans, se débrouille pour vivre, manger et dormir seule. Elle va s'attacher, malgré ses dires, à David et trimbaler le jeune garçon partout avec elle.
Une amitié farouche va les unir et une série d'aventures les attend.
"Au moins une fois par soirée, David déclarait à Primrose :
_ Je ne t'aime pas. 
- Pareil, lui répondait-elle."
C'est sûrement le roman le plus sombre sur les quatre que je vous présente. Le personnage principal, David et son acolyte Primrose, sont perpétuellement en colèreDavid déteste sa grand-mère car il refuse de voir une personne prendre la place de sa mère. Quant à Primrose, elle déteste sa mère qui n'est pas une maman "normale", pas d'histoire le soir, pas de petits plats, elle ne lui offre pas le réconfort d'un foyer aimant.
Après une série de prises de bec et coups de griffes, le dénouement est beaucoup plus apaisé et tend à montrer aux enfants que malgré les épreuves, le deuil et l'absence, la vie continue, il y a de l'espoir et surtout des gens qui vous entourent et qui vous aiment. A découvrir à partir de 9 ans.

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Stargirl
 Jerry Spinelli 
Editions Flammarion 
Collection Tribal
Au lycée de Léo, notre narrateurune nouvelle vient d'arriver et fait sensation
"Ces premières semaines de septembre, elle débarqua chaque matin habillée de manière proprement scandaleuse : garçonne des années folles, squaw en peau de daim, japonaise en kimono. Un jour, elle osa même une minijupe en jean et des collants verts avec, le long d'une jambe, une ribambelle de coccinelles et de papillons en émail. Sa "normalité" à elle, c'étaient des robes ou des jupes longues, genre XIXe ! [...] C'était son rat domestique. Il l'accompagnait tous les jours au lycée. Un matin, une averse aussi violente que rare s'abatit sur la ville, pendant le cours de gym. Le prof fit rentrer tout le monde. A l'interclasse, on s'aperçut que Stargirl était rester dehors, à danser sous la pluie."
Stargirl fascine Léo et elle semble avoir eu un coup de coeur pour lui. Tous les deux vont commencer une romance inscrite sous le signe des ballades et de la discussion. Mais au lycée les choses s'enveniment et Stargirl un jour adulée, finit par être détestée par tous les élèves. Léo devra faire un choix, c'est elle ou eux... 
Le message principal du roman est qu'il faut rester soi-même. L'auteur revient sur l’exclusion au lycée de ceux qui ne se conforment pas aux autres. Trop gros, trop moche, les cheveux gras, de l'acné, les oreilles décollées, trop maigre, une voix haut perchée, des vêtements sans marques, les raisons peuvent être nombreuses pour être mis à l'écart et rejetés par ses camarades. Stargirl, qui intègre un établissement scolaire pour la première fois après des années d'école à la maison, ignore les codes du groupe, fonce tête baissée et fait ce qui lui plaît, comme il lui plaît. Après un début de popularité fulgurant, tout retombe et la jeune fille découvre à travers les explications de Léo ce qu'elle aurait dû faire, ce qu'elle devrait être. Chanter et jouer du ukulélé à la cafét ? Encourager l'équipe d'un lycée adverse ? Inadmissible ! Avec justesse et émotionl'auteur suit la longue descente et l’irréversible chute de cette élève paria. En parallèle à ces difficultés, et dans les yeux de Léo, nous lecteur la suivons dans ses bonnes actions, éblouis par l'imagination, la gentillesse et presque la sagesse de la jeune fille, nous en venons à nous dire qu'il serait bon qu'une telle personne existe réellement. 

La couverture de la nouvelle édition :

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Signé Stargirl
Jerry Spinelli
Editions Flammarion
Collection Tribal
Si dans "Stargirl", c'est Léo qui avait la parole, ici la narratrice est Stargirl elle-même. Le livre fait totalement suite au premier, il démarre presque un an après alors que Stargirl se met à écrire une lettre (longue parce que sur un peu plus d'un an) à Léo. Lettre que de toutes façons elle ne pense pas lui envoyer. C'est un peu comme un journal intime sauf qu'elle s'adresse directement à Léo, le prend à témoin et parfois même invente des dialogues entre eux deux.
"Signé Stargirl" est encore meilleur que le précédent car le récit est plus vivant. Peut-être parce que Léo était le spectateur des fantaisies de Stargirl et restait passif face à sa peur de rentrer en communication avec la jeune fille, encore plus lorsqu'il fût question par la suite d'être en opposition aux autres. Alors que dans ce deuxième volume, Stargirl est actrice de sa vie
Malgré sa douleur et sa tristesse d'avoir quitté Léo, elle continue son bonhomme de chemin et de semer la joie et la bonne humeur chez les gens. Dans ce tome, elle est sacrément entourée : Dootsie, une petite fille de 5 ans, espiègle et turbulente devient sa meilleure amie; elle rencontre et apprivoise une de ces voisines, Betty Lou, femme mûre qui reste cloîtrée chez elle pour cause d'agoraphobie; elle est souvent accompagnée par Alvira, une enfant à la limite de l'adolescence et au tempérament de feu; Perry, un garçon qui va finir par l'intriguer voire la troubler; Charlie, un vieil homme qui passe ses journées sur la tombe de sa femme; Arnold un handicapé mental qui jalonne la ville; Margie la patronne de la boutique à beignets; et toujours Cannelle, son rat.

"Oh, Léo ! Je suis triste. Je pleure. Je pleurais beaucoup, petite. Si j'écrasais un insecte, j'éclatais en sanglots. C'est drôle, j'étais tellement occupée à pleurer sur tout que je ne versais jamais une larme sur mon sort. Là, je pleure sur moi. 
Sur toi. 
Sur nous. 
Et je souris à travers mes larmes. Tu te rappelles, la première fois que je t'ai rencontré ? A la cantine ? Je m'approchais de ta table. Tes yeux... ils ont failli m'arrêter net. Ils étaient exorbités. Je ne crois pas que cela tenait uniquement au spectacle que j'offrais - longue robe blanche de grand-mère, ukulélé sortant de mon sac à bandoulière avec un tournesol peint dessus; il y avait autre chose dans ton regard. De la terreur. Tu savais ce qui se profilait. Tu te doutais que j'allais chanter pour quelqu'un et tu étais terrorisé à l'idée que ça tombe sur toi. Tu as vite détourné la tête, j'ai poursuivi mon chemin jusqu'à ce que je déniche Alan Ferko, je lui ai chanté "Joyeux anniversaire". Mais j'ai senti tes prunelles vrillés sur moi durant toute cette pantomime, Léo. Oh oui ! Sans interruption. Et, à chaque mot que je fredonnais pour Alan Ferko, je pensais : "Un jour, je chanterai pour ce garçon aux yeux terrifiés." Je n'ai jamais chanté pour toi, Léo. Jamais vraiment. Toi, entre tous. C'est mon plus grand regret...
Tu vois, je suis de nouveau triste."


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Bilan ? J'adore le style de romans qu'écrit cet homme. Ce sont des récits lumineux et pétillantsbourrés de bons sentiments et de gentillesse. Certes, ça pourrait être à la limite du gnian-gnian, mais non en fait je ne trouve pas, car cela semble naturel et puis c'est fait avec humour et sans une complaisance trop appuyée.
D'un livre à l'autre, il y a des ressemblances, des croisements, le lecteur retrouve des éléments identiques tels que : les beignets et les donuts et les boutique de beignets/donuts qui engagent une fillette contre des gâteaux gratuits; un homme qui, chaque jour, s'installe dans une rue et fait coucou aux voitures, enfin aux gens qui sont dedans, qui passent... Et puis surtout, Jerry Spinelli peuple ses romans de personnages étonnants, de gamins impertinents et turbulents, d'hommes et de femmes excentriques, de parents cools et d'adultes qui deviennent de vrais soutiens pour les enfants (Archie, le professeur confident dans "Stargirl" et "Signé Stargirl"; John Frigo, un homme avec un handicap physique dont la demeure devient une seconde maison pour David et Primrose dans "Oeuf"). 
Une autre chose qui me plait je crois chez lui, c'est que l'amour, la romance, est "à la vie, à la mort", les personnages sont fidèles en amour, c'est beau et touchant.
Ce sont des romans qui font du bien à lire tout simplement.
Des histoires où les adultes ne sont pas néfastes, - ou vraiment très peu d'entre eux et pas de manière trop poussée, les inconnus ne sont pas vu comme un danger constant. Ces livres réconcilient avec le genre humain (ça me fait penser à Dootsie la petite fille de "Signé Stargirl" qui  répète souvent que nous sommes des "nètrumins") et donnent envie de s'ouvrir aux autres.
Alors, il y a seulement deux autres romans de Jerry Spinelli qui ont été traduits en français"Z comme Zinkoff" et "Misha, enfant du ghetto de Varsovie", ils sont d'ors et déjà sur ma liste d'envie, mais j'espère que d'autres de ses livres seront traduits prochainement !

jeudi 29 août 2013

La célèbre Marilyn

La célèbre Marilyn
Olivier de Solminihac
Editions L'école des loisirs
Collection Neuf
Alors qu'il revient après avoir été malade, la meilleure amie du narrateur, Marilyn, est perturbée. Pendant son absence, elle s'est rendue compte qu'elle n'avait aucun autre ami. Et puis en prime, l’instituteur oublie toujours de l'interroger et ses parents oublient fréquemment d'aller la chercher à la sortie de l'école. Marilyn cherche une solution à son problème et n'en trouve qu'une : elle doit devenir célèbre !

Le texte est bien adapté pour les jeunes lecteurs, ils retrouveront des références qui leur parlent.

"Je ne suis pas champion olympique de blague. Je ne m'appelle pas Toto."
Les problématiques traitent de ce qui les touchent, comme l'école, la relation avec les camarades et celles avec les parents.
"C'était quelque fois compliqué de comprendre le langage des parents. Dans leur langage, les mots peuvent prendre des sens inconnus."
L'auteur fait également preuve d'humour avec des jeux de mots, par exemple "le lapin d'ici" pour l'appendicite ou Madame Verbavoir, la directrice. Quant au sujet de la célébrité, il nous rappelle ces jeunes qui souhaitent être célèbre sans rien faire de spécial pour ça, juste passer à la télé. 
"_  […] D'ailleurs, je ne veux pas faire quelque chose de particulier, je veux simplement être célèbre. Je veux que les gens me connaissent. Je veux exister.  […]
_Tu existes pour moi, j'ai dit. 
Elle a fait un mouvement de la tête, qui pouvait vouloir dire non.
_ Ça ne suffit pas, a dit Marilyn. J'ai besoin de plus." 
Ce récit subtil interroge donc sur la popularité, sur  l'amitié et sur l'importance des autres.
"Qu'est-ce que je deviendrais, si elle n'était pas là ? Et Marilyn, qu'est-ce qu'elle deviendrais si je n'étais pas là ? Et nous tous, qu'est-ce que nous deviendrions si nous n'étions pas là ?"
A découvrir dès 9 ans

jeudi 13 juin 2013

Rose le roman + le CD

Rose 
Colas Gutman
Editions L'école des loisirs
Collection Neuf
"Rose parle comme une nouille.
Dans sa bouche, les grandes personnes deviennent des lampadaires, les bisous des ventouses et les chats des moustaches à cul. Les médecins disent que Rose est une
petite fille très intelligente, très émotive, avec un énorme défaut de langage.
Alors elle s’entraîne sur le chemin de sa nouvelle école : « Bonjour, je m’appelle Rose et je suis nouvelle. » Mais face à la classe, ça donne : « Bon levant, je suis neuve, et
mon nom d’avant est Rose. » Et tout le monde la regarde comme une bête curieuse.
Heureusement, une fois dans la cour, Rose se révèle très forte pour jouer à chat et ne se laisse pas ennuimerder par les Sixièmes qui adorent taper sur les petits. Ça impressionne. Il faut dire que Rose n’a pas la langue dans sa poche…"

J'ai adoré ce roman !! Il faut dire que j'ai un grand garçon qui me fait énormément penser à la fillette (il a un handicap de langage ;)) alors forcément ça me parle ! Le langage fleuri et imagé de Rose est à se tordre de rire, une de mes expressions préférées "Moustaches à cul" pour chat. Désolée mais c'est tellement ça ! Alors certes, en bémol je pourrais dire que tout est bien qui finit bien et dans la vie ce n'est pas forcément tout aussi rose (justement), que le handicap de Rose n'est pas forcément énorme si je compare avec les difficultés de mon enfant mais tant pis et tant mieux peut-être aussi. Le récit est une bonne grosse dose d'espoir dans ce monde de brutes. Je suis certaine que les loustics un peu différents verront Rose comme une héroïne à laquelle ils peuvent s'identifier mais en plus qui leur permettront peut-être de se dire qu'un jour meilleur à l'école et avec des camarades est possiblePlus généralement, le livre fera rire et sourire les enfants et leur donnera, du moins je l'espère, à réfléchir sur le comportement à avoir lorsqu'un jour ils seront face à un enfant comme Rose.
J'ai apprécié la place des parents au sein du récit, le fait que l'on sente bien leurs propres détresses, hésitations, interrogations face au trouble du langage de leur fille. Le fait que la mère ait envie de la protéger ou encore tout simplement qu'ils se posent des questions sur l'intelligence de Rose, bref une multitude de détails qui sont très bien vus par l'auteur.
Le texte m'a en fait beaucoup touchée aussi et j'ai fini l'histoire les larmes aux yeux. Alors si comme moi, vous n'aviez toujours pas lu ce roman de Colas Gutman, foncez vous l'offrir ! Lisez-le puis tendez-le à votre enfant, pour peu qu'il ait plus de 9 ans, en lui disant qu'il va se régaler...

Rose 
Colas Gutman
Collection Chut !
Les livres lus de l'école des loisirs - 1 CD
Et oui, très peu de temps après avoir découvert le roman, j'ai reçu le CD du livre lu. Voici une bien jolie manière de découvrir le texte. Je pense que cela peut très bien se soustraire à la lecture du livre (ce n'est peut-être pas bien de dire ça ? tant pis, c'est dit) pour certains enfants, tout comme l'écoute peut venir en complément. Pour nous, ça a donc été en plus car je l'avais donc lu et mon fils aîné de 9 ans également. Et bien nous nous sommes à nouveau régalés du récit de Colas Gutman à travers cette lecture faite par Sylvie Ballul. Cette comédienne qui donne sa voix aux personnages et lit le texte narratif, nous a totalement accroché ! Au bout de la troisième écoute (en deux jours !), mon fils rit toujours autant ! A noter, qu'un agréable arrangement musical (des saxophones) ponctue les chapitres. L'histoire dure 62 minutes, vous ne les verrez pas passer ! A écouter dès 9 ans

lundi 4 février 2013

L'attrape-fantôme & Ma grand-mère m'a mordu

L'attrape-fantôme
Alex Cousseau
Editions Rouergue
Antonin a 11 ans. Il vit avec son père, qui fait le ménage, sa grand-mère, un peu casse-pied sur les bords, et son grand-frère obnubilé par les filles et les films d'horreur. Avec sa mère aussi et justement ce soir-là lorsqu'elle rentre chez eux, elle est dans tous ses états. Elle a percuté un chevreuil en voiture et l'animal est mort sur le coup. Bizarrement, elle l'a attrapé et l'a ramené chez elle. Le chevreuil est là dans le coffre, raide... En parallèle  Antonin qui doit écrire une poésie pour l'école, s'interroge. 
Un récit qui flotte entre deux univers, un texte très ancré dans le réel et une atmosphère onirique. Un roman presque un peu perturbant mais que j'ai trouvé beau et étrangement poétique. 
A découvrir à partir de 9 ans. 
"Pour tout avouer, à cet instant précis, je me demande si la poésie existe ailleurs que dans les livres d'école. Si ça existe dans nos vie. Si ça existe tout court. Pareil que les fantômes."

Ma grand-mère m'a mordu
Audren
Editions L' école des Loisirs 
Collection Neuf
Marcus s'est fait mordre par sa grand-mère pour n'avoir pas voulu changer de chaîne et la laisser regarder son émission préférée. Mais voilà, personne ne le croit. "une grand-mère, ça ne mord pas !". Son père rit, sa mère partit vivre avec son nouveau mari est trop loin, Marcus reste seul avec son sentiment d'injustice. 
Heureusement, il y a Fleur, camarade de classe et voisine de palier qui le croit et pour cause les mémés timbrées elle connaît ! Avec ses frères, ils ont même fondés les "VMV", les victimes des mémés violentes. Une seule règle "Oeil pour oeil, dent pour dent". 
Un texte amusant. Audren arrive à rendre très réel et très attachant, ce garçon sérieux et contrarié par le tour que prend sa vie. Entre son père qui tombe sous le charme de la psy, sa grand-mère qui ment, sa mère impuissante, ce n'est pas facile pour l'enfant. Mais les petites épreuves qu'il rencontre vont le faire grandir et lui apprendre à s'affirmer. Les beaux yeux de Fleur ne sont pas étrangers à ces nouvelles résolutions... Un joli roman à lire dès 9 ans.
"J'attrapai le poignet de Grand-mère et j'y plantai mes dents féroces. - Oeil pour Oeil, dent pour dent, dis-je."

samedi 3 novembre 2012

La bande à Grimme

La bande à Grimme
Aurélien Loncke
Editions L'école des Loisirs 
Collection Neuf
"C'était peu avant Noël, dans un parc blanc comme sucre. Assis serrés sur un banc en bois, les pauvres petits de la bande à Grimme attendent leur chef en frissonnant, tenaillés par la faim. Enfin Grimme apparaît, plié en deux par sa course. De ses poches en lambeaux il sort une clé, un morceau de ficelle, un mouchoir, une bien maigre récolte.
Mais de sa veste élimée il tire aussi un soldat de plomb d'environ dix centimètres de haut. Ce que la petite bande ne sait pas encore, c'est que ce fantassin va bouleverser leur vie."

La bande à Grimme, c'est huit orphelins, gamins des rues, qui s'émerveillent devant une boutique de friandises, qui s'enthousiasment avec une très vieille luge dont ils se servent pour faire des glissades aussi dangereuses que délicieuses. Leur plaisir quotidien ? Assister à la représentation d'un magicien et pendant les quelques tours de passe-passe, les enfants s'évadent et oublient la faim et le froid. Par hasard, ils se retrouvent à devoir venir en aide au prestidigitateur, c'est alors qu'ils en découvrent  plus sur la vie de leur héros. Une chouette, des malles et des passages secrets, des feux d'artifices, c'est un univers qui mêlent surréaliste et fantaisie. Un roman à l'ambiance chaleureuse, au départ les enfants sont solidaires, ils ont une vieille roulotte où ils se serrent les uns contre les autres, tels des petits chatons. Après la rencontre avec le magicien, c'est un père qu'ils trouvent et le doux bonheur d'être aimés. 
Des rêves de sucreries, des parties de rigolade, de la magie bienveillante, quelques frissons, le triomphe de la bonté contre la méchanceté, de la chaleur humaine, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un merveilleux conte de Noël. A lire au coin du feu et devant une tasse de chocolat chaud, dès 9 ans. 
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