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dimanche 13 septembre 2020

Silex

Stéphane Sénégas

Editions L'école des Loisirs

Silex est un petit garçon pas plus haut que trois pommes peut-être mais bien plus malin et ingénieux (et sans aucun doute plus sensible aussi) que ses aînés. Lorsque Tados, un grand prétentieux, le provoque, Silex lance un pari, d'ici sept lunes il aura capturé trois terribles dinosaures.

mardi 28 mai 2019

Peur dans la neige

Sandrine Beau
Editions Mijade
Les jumeaux Fleur et Julius sont en vacances chez leur grand-mère. Une nuit, Fleur aperçoit une lumière dans le bois qui jouxte la ferme isolée. Oubliant toute prudence, elle enfile des bottes, un manteau et sort dans la neige. 

vendredi 2 mars 2018

Maîtres des dragons, Tome 01

 Maîtres des dragons, Tome 1 : Le pouvoir du dragon de Terre
Tracy West
Editions Bayard
Une série qui a eu beaucoup de succès outre-Atlantique. Je lui souhaite le même de part chez nous !
Tracey West que l'on connaît déjà pour avoir signé des romans pokemon et ku fu panda, nous offre ici une aventure inédite qui plaira aux tout jeunes lecteurs.
C'est à 8 ans que le jeune Drago est retiré de sa famille et éloigné de la vie paysanne. Choisi par le roi, le voilà face à un dragon et à un sorcier. Il rencontre également Fire, une fille qui est la maîtresse du dragon Vulcain.
Le sorcier entreprend de lui expliquer la raison de son arrivée au château. Notre jeune héros a un coeur de dragon, il est ainsi destiné à devenir maître dragon au service du roi. Désormais Drago vivra au palais en compagnie des autres jeunes dragonniers et apprendra à communiquer avec les majestueuses bêtes et plus particulièrement avec le sien...
Le texte est prenant pour les enfants, ils sont se passionner pour les aventures de Dragon. Notre petit héros étant un gentil et sensible garçon, c'est un vrai plaisir de le suivre au fil des pages. Son nouvel ami, Bô, un autre maître dragon est tout aussi sympathique. Dans ce roman, ce sont les filles les plus futées et espiègles. Les garçons sont bien plus calmes et doux. Un joli pied-de-nez aux stéréotypes véhiculés habituellement et une raison de plus pour offrir cette série aux jeunes lecteurs !
Tout en étant simple et accessible, le texte n'est pas simpliste. Traitant d'amitié, de confiance, de liberté et de bravoure, c'est une nouvelle série qu'il ne faut pas manquer de faire découvrir aux lecteurs dès 8 ans.

lundi 5 octobre 2015

Les pierres de fumée, tome 1

Les pierres de fumée, tome 1 : La prédiction
Eric Boisset
Editions Magnard Jeunesse
Liam et Eléa, deux jumeaux, ont été élevés par leur père, un homme couard et un peu trop porté sur la boisson. Alors qu'il se rend au sein du village le plus proche, Liam fait la rencontre d'un vieil aveugle guérisseur et musicien, Gofraidh. Cette rencontre n'est pas le fait du hasard puisque l'homme âgé est venu pour Liam, afin de le ramener avec lui à Porphynia, l'île des mystagogues. Ainsi lorsque Liam se retrouve attaqué par deux créatures de légende, des Roomagads, des lézards géants et à l'intelligence égale à celle des hommes, c'est Gofraidh, maître-bâtonnier détenant un grand pouvoir qui lui sauve la vie. Peu après cette mésaventure, les événements s'enchaînent avec l'enlèvement par des Roomagads de la soeur de Liam, Eléa. 
Le lecteur suivra alors les aventures de Eléa d'une part et Liam de l'autre mais le récit sera raconté du point de vue de plusieurs de personnages et pas seulement des deux héros. Eléa sera amenée dans un autre monde, et vivra désormais dans le château de l'impératrice de ce royaume, celle qui la fit enlever. Il lui faudra toute sa force de caractère pour supporter les épreuves qui l'attendent, et les menaces qui planent sur elle et ses proches. Liam quant à lui va devoir faire ses preuves afin de devenir son tour un maître bâtonnier. 
Eric Boisset est un auteur que j'aime particulièrement.  Jeune adulte j'ai commencé à le lire avec plaisir, puis maman c'est à mon fils aîné que j'ai ensuite offert les séries qui m'avaient marquée tel que La trilogie des Charmettes et celle d'Arkandias. Le nom de l'auteur, la belle couverture, et le résumé alléchant ne pouvaient que me donner envie de découvrir cette nouvelle série. Je n'ai pas été déçue, j'ai adoré !
L'histoire se révèle riche et complexe. Il faudra peut-être à certains jeunes lecteurs une attention soutenue dans les premiers chapitres mais après s'être accrochés quelque peu, la lecture n'est que plaisir, le récit devenant plus fluide et totalement addictif. L'histoire est dense, et les protagonistes marquants nombreux avec chacun des caractères bien dessinés.
Il y a de très forts liens entre ces différents protagonistes. S'il est aveugle, le maître bâtonnier possède toutefois le don de double-vue et des pouvoirs immenses; entre le maître et son disciple la relation deviendra très forte alors même que Gofraidh essaie de ne pas s'attacher à Liam. Ce dernier se fera deux grands amis durant son apprentissage. Deux garçons on ne peut plus différents, un gitan et un Roomajad. A travers ces amitiés, qui connaîtront bien des tumultes, le héros va devenir plus ample, plus ouvert, et moins prompt à porter des jugements sur les autres. 
Eléa de son côté est confrontée à l'impératrice, une femme encore jeune et belle mais au caractère d'autant plus terrible qu'elle vit le plus souvent sous l'emprise d'une drogue, à la chancelière, une naine au physique disgracieux et tordu mais aux pouvoirs immenses, au terrible et cruel Sangat, et au doux et timide Tobias.
Roman fantastique au lourd suspense, ce premier volume pose les bases de l'histoire en détaillant les mondes qui sont développés en n'oubliant pas de revenir sur le passé de chaque royaume. Rivalités, violences, épreuves, rien ne sera épargné à nos héros, et la guerre continue de se profiler. 
La Prédiction laisse encore de nombreuses questions en suspens, la fin en rajoute même de nouvelles, le lecteur aura hâte de se procurer la suite. Le second volume est d'ailleurs déjà paru. La couverture est tout autant magnifique que la première, si ce n'est plus !

samedi 16 mai 2015

La guerre des Mûs, tome 1

La guerre des Mûs, tome 1 : L'empire d'Atlantia
Lisa Fiedler
Editions Flammarion
On peut être petit et avoir le coeur grand. 
Dans la mystérieuse cité d'Atlantia, Hopper se retrouve plongé au milieu d'une dangereuse guerre des territoires entre chats et rats. Pour rétablir la paix, la souris devra faire preuve d'un grand courage et accepter le secret qui entoure sa naissance.

J'ai toujours adoré les romans jeunesse avec des rats et des souris anthropomorphes. Avec la Guerre des Mûs, encore une fois, je me suis régalée. 
L'auteur nous offre une épopée fantastique dans un univers de fantasy riche et complexe. Séparation familiale, guerre, prophétie, combats, secrets, rien ne sera épargné au jeune héros, Hopper. Roman d'apprentissage, nous allons donc observer le souriceau évoluer dans les eaux troubles du mensonge et de la trahison. Il va devoir faire preuve d’ingéniosité et d'abnégation pour dépasser les épreuves rencontrées. Le courageux animal apprendra aussi l'amitié, le sens du devoir et de la résistance. Après une succession de dangers, il reste encore beaucoup à découvrir à Hopper, la suite des aventures s'annonce tout aussi captivante. 

A noter, quelques illustrations, en noir et blanc, de Vivienne To, qui a également réalisé la couverture, enrichissent le roman. Elles sont peu nombreuses mais vraiment superbes. 
J'adore les couvertures VO de cette série, je suis ravie que les éditions Flammarion aient choisi de les conserver pour l'édition française. 



vendredi 24 avril 2015

La Mamani

La Mamani
Sandra Nelson
Sébastien Pelon
Editions Flammarion 
Collection Père Castor
Quelque part en Bolivie, au coeur de la cordillère des Andes, vit la Mamani. Cette gentille sorcière vient en aide à tous ceux qui en ont besoin. Un soir, Anita frappe à la porte de la Mamani... Sa petite soeur Nina est malade depuis que Salamanca, un puissant sorcier, lui a volé sa poupée et ses rêves. La Mamani a très peur de Salamanca... Mais n'écoutant que son coeur, elle décide de l'aider. Ensemble, parviendront-elles à vaincre le terrible sorcier de l'île aux poupées ?

La Befana et Matriochka sont deux albums de Sandra Nelson et Sébastien Pelon que j'ai très envie de découvrir depuis leurs sorties, ce qui n'est donc toujours pas fait, mais je ne suis pas passée à côté de cette troisième collaboration entre l'auteure et l'illustrateur. La Mamani est une histoire de sorcière directement inspirée du folklore andin. 
Ce conte transporte le jeune lecteur dans un pays lointain aux couleurs chaudes dans une époque non clairement définie où la modernité et la tradition semble se mêler étroitement.
 Le récit est un véritable conte onirique et enchanteur. L'héroïne, la jeune Anita, va devoir affronter trois épreuves afin de sauver sa petite soeur. Elle devra donc faire preuve de courage, d'ingéniosité et de malice. L'amour familial et dans la fratrie est bien montré. La mamani, sorcière au coeur tendre, est à opposer au terrible sorcier, même si au final c'est la petite fille qui se dresse contre l'homme dangereux et sans parole et non la grand-mère. 
L'histoire est longue mais reste agréable à lire à haute voix. Du plus grand au plus petit, les enfants sont vite passionnés et attentifs à l'écoute de cette aventure semée de dangers. D'ailleurs si le conte est beau et intense, les illustrations le sont tout autant. Dans certaines pages, on est capté par les motifs graphiques et les touches de couleurs vives. Sur d'autres planches, ce sont ces mêmes couleurs qui explosent de mille feux en doubles pages. Au final c'est beaucoup de douceur et de tendresse qui ressort à la lecture et que l'on retient en tournant la dernière page. A découvrir dès 5 ans.

Rouge

Rouge 
Jan De Kinder
Editions Didier Jeunesse
Au début, ça se voyait à peine. C’était tellement discret que personne ne l’avait remarqué. Sauf moi. J’ai pointé du doigt les joues d’Arthur. « Eh, t’es tout rouge… » Puis tout est allé très vite. Un clin d’oeil à Paul, un coup de coude à Ronan, un gloussement de Léna, et c’est parti : tout le monde s’est mis à chuchoter en regardant Arthur. Un album original, à hauteur d’enfants sur le harcèlement à l’école, le courage de s’opposer, la solidarité…

Ça part de rien, une simple petite phrase, qui se répète, s'entrechoque et devient de plus en plus forte. C'est l'enchaînement, d'une remarque qui aurait pu être insignifiante commence le harcèlement. Si au départ, ils sont peu à prendre parti contre le jeune Arthur, l'effet de groupe s’amplifie et finalement tous les enfants s'en prennent au malheureux rougissant.
 A la tête de tout ça, il y a un garçon plus fort et plus violent que les autres, qui intimide et pousse les autres soit à ricaner soit à laisser faire. La petite fille, ironie du sort, tout est partie de sa phrase à elle, va devoir se montrer courageuse et oser dire à la maîtresse qui s'en prend à Arthur malgré sa peur des représailles. 
L'histoire est illustrée essentiellement dans des teintes de noir et de rouge. Certaines planches sont très visuelles et marquantes comme celle des enfants qui ricanent ou celle de Paul qui se comporte comme une bête sauvage.

Mais lorsque l'espoir revient, le vert apparaît de façon soutenue. 
 Cette histoire est terriblement actuelle, on aimerait juste que tout soit aussi simple dans la vraie vie et qu'il y ait toujours un autre enfant pour tendre à la main à celui en détresse...

A noter : une partie des ventes du livre sera renversée à l'association Lire et faire lire. 

vendredi 6 février 2015

Elyssa de Carthage

Elyssa de Carthage
Eric Senabre
Editions Didier Jeunesse
IIe siècle avant J.-C.
Rome et Carthage se haïssent depuis cent ans.Un haut dignitaire romain est assassiné sous les yeux de sa jeune épouse, Elyssa.
Résolue à venger sa mort, elle embarque pour Carthage, accompagnée de son fidèle esclave.
C’est le début d’un voyage tumultueux et d’une mission à haut risque.

Après Sublutetia et Rockin'Johnny, j'étais heureuse de retrouver la plume d'Eric Senabre ! Mais en commençant le récit, j'ai d'abord eu deux déceptions. En premier lieu, lorsque j'ai réalisé que le lecteur aurait peu de détails de la jeunesse d'Elyssa et des débuts de sa romance avec son mari. Deuxièmement, quand j'ai constaté qu'un seul point de vue était donné. 
Finalement, ces déconvenues ont vite été oubliées parce que les aventures d'Elyssa sont déjà bien assez riches, son enfance et les événements jusqu'à ses épousailles n'avaient donc pas besoin d'être développées. Quant à Ganymède, le vieil esclave, c'est un narrateur qui grâce à sa position privilégiée est en contact quasi permanent avec la jeune fille, ce qui en fait un conteur parfait. Cet homme étant doté d'une grande sagesse, et d'une bienveillance rare, le lecteur s'attache beaucoup à lui. 
Le récit se vit de façon intense. Les décors et paysages décrits plongent les lecteurs dans les villes romanes et carthaginoises. L'histoire est captivante : trahisons, vengeances, amour, c'est une grande épopée qui nous est réservée. 
Si effectivement un des éléments de l'histoire est anachronique (nous sommes dans une uchronie), le texte n'en demeure pas moins une vive immersion dans l'Antiquité
Un ingrédient forcément présent au coeur de l'aventure dans cette période troublée : la violence. Je ne peux que souligner que si elle n'est pas tue bien entendu, l'auteur ne s'étend pas sur des détails morbides  et même un événement macabre est relaté de façon suffisamment détournée pour que le lecteur n'en soit pas effrayé véritablement. J'ai vraiment apprécié cette retenue qui d'ailleurs m'a permis de proposer le livre à mon fils de 11 ans. Ce roman confirme mon coup de coeur pour la plume remarquable d'Eric Senabre. Je trouve que le style de l'auteur s'apparente beaucoup à celui de la grande Evelyne Brisou-Pellen. (d'ailleurs, Elyssa de Carthage m'a rappelé quelques-unes de mes lectures d'enfance préférées dont Le défi des druides). 
Un roman d'aventure et d'espionnage qu'on ne lâche plus une fois commencé, bien ficelé, un coup de coeur que je conseille aux lecteurs dès 11/12 ans.

Petit + : 
Au terme du livre, le lecteur sait ce qu'il advint  de la superbe héroïne bien des années plus tard mais on ne dit pas comment elle en est arrivée là... J'en viens à espérer que l'auteur nous régalera avec un prochain roman du point de vue d'Elyssa. 

Vous pouvez lire les premières pages du roman, ICI.  

Sortie le 25 février. 

jeudi 5 février 2015

Il faut sauver Yanaé !

Au coeur de la préhistoire : Il faut sauver Yanaé ! 
Charles Albert
Editions Oskar
Guidé par le flair de boum, son loup gris, Gaok arrive sur les lieux d'un carnage annoncé : au milieu d'une clairière, trois étrangers, un homme blessé et deux enfants, sont sous la menace d'une bande d'hyènes. L'adolescent et le loup mettent en déroute les affamées, mais ils ne sont pas au bout de leurs peines. L'aînée des enfants, une fille courageuse, répète obstinément un nom : Yanaé. A travers la forêt jeune et sauvage, Gaok va devoir porter secours au mystérieux étranger.

Jeune adulte, j'avais adoré la série Les enfants de la terre de Jean Marie Auel. J'ai retrouvé un plaisir proche avec Il faut sauver Yanaé. Un récit qui nous plonge dans des temps ô combien anciens, à la fin de l'ère du Paléolithique, et fait vivre l'Histoire aux jeunes lecteurs comme une grande aventure. C'est un récit captivant, riche en émotions. Le jeune héros affronte avec courage de nombreux dangers et découvre que les hommes peuvent se révéler une menace plus effrayante que les animaux sauvages. Grâce à sa générosité, le garçon trouvera aussi celle qui désormais partagera sa vie... 
A noter, l'ouvrage se termine sur un dossier présentant quelques notions essentielles sur la Préhistoire. 
A faire lire sans hésitation aux enfants dès 9 ans.  

mercredi 4 février 2015

Les extravagantes aventures d'Eulalie de Potimaron, tome 1

Les extravagantes aventures d'Eulalie de Potimaron, tome 1 : Te quiero Espana ! 
Anne-Sophie Silvestre
Amélie Dufour
Oskar Editeur 

Une nouvelle série d'aventurés commence pour Eulalie de Potimaron. Nous retrouvons notre héroïne à la poursuite d'un mystérieux vampire, le Vampire de Castille. 

Que de rebondissements encore dans ce volume ! Et quel plaisir tout d'abord de retrouver l'excellente plume d'Anne-Sophie Silvestre ! 
La jeune Eulalie est à nouveau entraînée dans bien des aventures. A la poursuite d'un pseudo-vampire, elle se frotte même à la sainte inquisition; elle déjoue un complot mettant ainsi en péril son honneur; le courage de notre héroïne va être largement mis à contribution !

Les tourments du coeur des grands seigneurs et celui d'Eulalie prennent encore une place importante dans le récit. Les échanges entre la demoiselle et son illustre amoureux sont toujours aussi distrayants étant donné qu’espièglerie et malice décrivent bien les deux personnages. 
 
La série qui fait vivre la grande Histoire de façon romancée à ses jeunes lecteurs est une vraie pépite. 

A noter : le volume porte le chiffre 1 mais il s'agit en fait du 6ème récit des péripéties de l'intrépide Eulalie. Après avoir fait un bout de chemin en compagnie des éditions Flammarion, les lecteurs suivront désormais les extravagantes aventures chez Oskar éditeur.  

Petit + perso : Mon fils de 11 ans adore cette série depuis ses 8/9 ans et chaque sortie est accueillie avec une grande joie. 

vendredi 23 janvier 2015

Elle s'appelait Tomoji

Elle s'appelait Tomoji
Jirô Taniguchi
Editions Rue de Sèvres
 Japon, début du XXe siècle, préfecture de Yamanashi. Là, au coeur d’un monde rural paisible dont les rythmes et les préoccupations paraissent à des années-lumière de la trépidante Tôkyô, l’existence de la jeune Tomoji, d’abord enfant puis adolescente et enfin jeune femme, suit les méandres d’une destinée humaine capricieuse, marquée par l’alternance des joies, des souffrances et des coups du sort. Elle connaîtra surtout, grâce à sa rencontre avec le séduisant Itô, le bonheur de l’éveil à l’amour, clé de son épanouissement futur.
À travers un portrait de femme d’une émouvante simplicité, Jirô Taniguchi évoque un Japon rural qu’il n’avait encore jamais traité, à l’orée du XXe siècle. Taniguchi met en scène la rencontre entre deux adolescents dans le Japon de l'entre-deux-guerres (1925 - 1932). Tomoji vit dans la campagne japonaise au nord du mont Fuji tandis que Fumiaki fait ses premiers pas de photographe à Tokyo. Taniguchi nous fait découvrir avec sa sensibilité habituelle ce qui va unir ces deux personnages. Cette histoire est inspirée de personnages réels qui fonderont par la suite une branche dérivée du bouddhisme.

Auteur reconnu en France, tout autant qu'au Japon, Jiro Taniguchi est l'un des maîtres incontestés du manga. Quartier Lointain, L'homme qui marche, Une année, Le journal de mon père, Blanco, Le sommet des dieux, Un zoo en hiver... je ne compte plus les séries issues de sa plume que j'ai lu. 
Chaque sortie s'annonce comme une fête et c'est avec délice que j'ai plongé dans Elle s'appelait Tomoji
Comme l'ensemble de son travail en France, ce manga a été publié dans le sens de lecture occidentale. Il bénéficie en prime d'une superbe édition avec un grand format. L'histoire commence par quatre pages en couleurs pleines de douceur. La suite se décline dans le noir et blanc des BD japonaises mais le récit est quelques fois ponctué à nouveau par des pages aux illustrations colorées. 

Le style de Jirô Taniguchi nous éblouit encore une fois. Les traits sont précis, les personnages nets et expressifs s'animent sur des fonds travaillés mais fondus dans l'image un peu comme des photos de portraits avec un fond de profondeur

Le récit est basé sur le parcours vrai d'un couple, Fumiaki Ito et Tomoji Uchida. Ensemble, ils fondèrent un mouvement religieux parallèle au bouddhisme. Tomoji fût ainsi la première femme nommée grand officier d'un temple. Dans Elle s'appelait Tomoji, l'auteur commence son histoire en 1925. On y découvre l'héroïne marchant dans la campagne. En parallèle, un jeune homme, cousin de Tomoji, arrive dans le village pour prendre en photo la grand-mère de la jeune fille. Puis le récit nous projette en 1912, le jour de la naissance de Tomoji. Le lecteur y découvre sa famille. Après quelques années de vie familiale des plus heureuses, la roue va tourner et les événements malheureux s'enchaînent. Décès du père, abandon de la mère, pour Tomoji, son frère et sa jeune soeur le quotidien est loin d'être facile. 
"Après les difficultés il y a toujours quelque chose d'heureux qui arrive."
Fumiaki, son cousin, vit tout autrement. Il étudie l'anglais alors qu'au même moment Tomoji désherbe les rizières. 
Au fil du récit, l'auteur instaure un compte à rebours, le temps qui sépare la rencontre de Fumiaki et Tomoji...
Un récit plein de délicatesse et de sensibilité où l'amour familial et la persévérance sont les maîtres mots. Une plongée dans le Japon du début du XXè qui saura intéresser et toucher les lecteurs adolescents et adultes. 




mercredi 20 août 2014

Sacrées souris !

Sacrées souris ! 
Lois Lowry
Editions L'école des Loisirs 
Collection Neuf
Sacrées souris raconte l'histoire d'un groupe de souris d'église, dirigé par Hildegarde, la Maîtresse souris. Cette dernière a en charge d'assurer la sécurité de près de 200 souris, un seul mot d'ordre : rester invisibles aux humains. Mais le 4 octobre, la Saint François d'Assise, patron des animaux, approche, et le danger qui accompagne la bénédiction par le prêtre ce jour-là est plus que jamais présent dans l'esprit d'Hildegarde. Bientôt les chats vont envahir l'église, la journée pourrait être funeste. Comme si la chef des souris n'avait pas assez de soucis et de responsabilité, des souris finissent par être vues par les humains. Au départ, ceux-ci pensent qu'il s'agit à chaque fois d'une même souris, mais une portée de jeunes souriceaux enthousiastes finissent par faire découvrir le pot aux roses. L'église grouille de souris, le prêtre se voit contraint d'appeler l'exterminateur. Hildegarde doit réfléchir vite pour protéger ses congénères si elle ne veut pas que s'abatte sur elles le terrible grand "X"... 

Les lectures de Lois Lowry sont toujours un régal. Son sens de l'humour et le récit chaleureux rendent la lecture tellement plaisante.
Les enfants vont forcément se prendre d'affection pour ses courageuses petites bêtes. Les souris doivent faire tant d'efforts et preuve d’énormément de persévérance afin de survivre. De plus, les touches d'humour et de malice rendent particulièrement les souris de Lowry humaines et vivantes pour les lecteurs. 
Les descriptions sont détaillées et le vocabulaire recherché, l'auteur tire les jeunes enfants par le haut clairement. C'est une histoire mignonne, pleine de charme, un merveilleux conte pour les enfants à la fin mémorable. A découvrir seul dès 9 ans mais je pense que l'on peut très bien lire cette histoire, un chapitre par soir, à ses enfants dès 6 ans. 

samedi 15 février 2014

Bonolon, volume 2

Bonolon, volume 2 : L'île de la tortue
Seibou Kitahara
Go Nagayama
Tetsuo Hara
Edition nobi nobi !
 Après Bonolon, le gardien de la forêt, premier recueil de la série Bonolon, je suis ravie de retrouver l'univers enchanté et émouvant de ce gros géant, esprit de la nature, ami des hommes, des animaux et de la flore.
C'est à nouveau à travers cinq histoires que l'on suit Bonolon et son ami Gon, le petit chien. A eux deux, ils essaient de réaliser du mieux qu'ils le peuvent, les souhaits des êtres en détresse. Le texte est simple et fluide, une jolie poésie musicale découle des mots de l'auteure, le lecteur prend plaisir à lire et se retrouve charmé par la douceur du récit
L'ouvrage commence par une très belle histoire où il est question de déforestation. Le jeune lecteur sera touché par le courage d'une petite tortue et ému par le sacrifice d'un vieil arbre. 
La volonté d'une seule personne aussi fragile soit-elle peut faire la différence. Nos petits actes écologiques du quotidien ne sont pas à prendre à la légère, chaque pierre de l'édifice a son importance. 
Le récit suivant est plus léger et traite de comportement social et d'amitié
Dans l'histoire d'après, une grand-mère rêve de voir son fils une dernière fois avant de mourir, ce conte aura de quoi vous faire pleurer à chaudes larmes. 
"Merci d'être toujours aussi gentille avec moi, Maman. 
Merci de faire de la si bonne cuisine. 
Merci de me chanter des berceuses. 
Merci de pleurer pour moi. 
Merci d'être ma mère. 
Merci de m'avoir donné tout ton amour." 
Le récit avec les deux garçons qui cherchent à réaliser le rêve de leur père est très tendre. Dans cette histoire, on découvre aussi que Bonolon peut voyager dans le temps !
"Ce nuage rougeoyant dans le soleil couchant est vraiment le portrait craché de Gairo. On dirait qu'il sourit doucement... En silence... Avec beaucoup de tendresse et de retenue."
La dernière histoire met en scène une petite fille malade, chérie par ses parents. Bonolon et Gon vont devoir subir quelques épreuves avant de pouvoir ramener le sourire à la fillette. 
Ces aventures humaines touchent le coeur des lecteurs. 
Ces fables comportent un message écologique compréhensible même par les plus jeunes. Ce sont des contes où le courage, l'amitié et l'amour familial sont les maîtres mots. Bonolon est un recueil qui enchante petits et grands, et qui je dois dire me laisse à chaque fois avec le coeur tout chamallow
Les illustrations débordent de délicatesse. Les personnages sont ronds, sympathiques et ont l'air très doux. Les couleurs pastels adoucissent le ton parfois mélancolique des récits. 
Ce gros recueil est aussi un très beau livre objet. Il est superbe avec un grand format, une couverture cartonnée très épaisse et toute l'illustration de la première de couverture a été passée au vernis sélectif et un signet. Ce magnifique ouvrage de contes, intemporel, est à offrir et à conserver précieusement dans sa bibliothèque. 
Le 27 février sortira le prochain album des éditions nobi nobi !, "Le Peintre". Le livre semble être dans la même veine que "La maison en petits cubes", j'ai hâte de le découvrir. 

Ce qu'en dit l'éditeur :
"Shinya, jeune peintre en bâtiment, est apprenti. Il fait un double apprentissage : celui de la vie, sur les traces d’un père qu’il n’a pas connu, et celui des couleurs, dont la palette infinie exprime la gamme tout aussi complexe des sentiments. Sur le bateau qui le mène à la recherche de la tombe de son père, une mystérieuse inconnue lui remet le pinceau de celui-ci, qui était peintre lui aussi. Un jour, il devra l’utiliser pour peindre ce bateau en blanc. Mais pas de n’importe quel blanc... du blanc d’Utrillo. Tout au long de sa vie, ce pinceau inspirera Shinya dans sa quête du coloris juste, celui qui rendra les gens heureux. 
Une histoire pleine de sensibilité et d’amour, aux illustrations poétiques et oniriques."

vendredi 13 décembre 2013

Dame Hiver

Dame Hiver
Les frères Grimm
Annette Marnat
Editions Flammarion - Père Castor
Une mère, veuve, a deux filles mais ne les traite pas de la même manière. La première fort jolie et courageuse doit s'occuper de toutes les corvées de la maison et pour cause, elle n'est que la belle-fille de la veuve. L'autre, paresseuse et laide, est gâtée par sa mère. La belle et gentille jeune fille doit chaque jour filer, au bord du puits, de sorte que ses doigts saignent abondamment. Un jour, la quenouille, souillée par son sang, lui glisse entre les mains et poussée par sa méchante belle-mère, elle est forcée d'aller chercher son bien mais pour cela la seule solution est de sauter dans le puits... Miraculeusement, ce puits est un passage entre deux mondes. En marchant, la belle découvre un four à pain et entend des voix qui la supplient...
"Ah ! retire-nous ! retire-nous, sinon nous allons brûler ! Nous sommes déjà tous cuits et plus que cuits !" 
Bienveillante, la jeune fille s’exécute. Un peu plus loin, c'est un pommier, chargé de belles pommes rouges, qui lui demande de l'aide.
"Ah ! secoue-moi ! secoue-moi ! Mes pommes sont déjà toutes mûres et plus que mûres !". A nouveau, gentille et serviable, elle ne peut qu'aider l'arbre. Puis, elle arrive près une petite maison où habite une vieille femme. 
"Cette femme avait de si longues dents, qu'elle prit peur et voulut se sauver."
Mais cette grand-mère n'est pas méchante et elle promet une belle vie à la jeune fille en échange de quelques services.
"Chaque matin, tu devras faire mon lit.
Tu veilleras à secouer soigneusement mon édredon
pour en faire voler les plumes.
Alors, il neigera sur le monde, car je suis Dame Hiver."
Et désormais chaque jour, la belle et gentille enfant s’acquitte de sa tâche avec le sourire. Toutefois, la nostalgie et le mal du pays s'installent dans son coeur. Avant de repartir chez elle, Dame Hiver fait passer la jeune fille par la porte d'un grand portail, aussitôt la belle se retrouve couverte d'or.
De retour chez elle, elle attire la convoitise de sa belle-mère et sa demi-soeur. Cette dernière décide donc de partir pour chez Dame Hiver elle-aussi. Mais pour la paresseuse rien ne va se passer comme elle l'avait prévu...
Je ne connaissais pas du tout ce conte des frères Grimm et c'est un réel plaisir de le découvrir accompagné des très jolies illustrations d'Annette Marnat. Cette histoire à la Cendrillon est issue de la tradition folklorique allemande. Ici, l'éditeur ne nous propose pas le texte intégral mais une adaptation fidèle à la version des frères Grimm. Le lecteur retrouve les personnages et thèmes classiquesLa jeune fille gentille et belle est exploitée par sa belle-mère et la fille de celle-ci. Le travail est mis en valeur et la gentillesse récompensée, à contrario la paresse et la méchanceté sont punies. Dame Hiver est également une jolie histoire féerique, un conte étiologique, c'est à dire qu'il donne une explication imagée (secouer l'édredon de Dame Hiver dont les plumes s'envolent) à un phénomène naturel (la neige). Les illustrations sont chaleureuses, elles adoucissent le conte qui pourrait être un peu effrayant (avec les grandes dents de Dame Hiver, le sang qui coule...) et avec leurs couleurs et leur côté rétro, elles collent parfaitement au conte classique tout en le rendant adapté aux plus petits. La fin avec l'air malicieux de la vieille dame est même amusante. La couverture de cette édition est souple mais le livre est déjà d'un joli format (21x18), cette collection permet de constituer une jolie bibliothèque aux enfants pour un prix du livre modeste. Un très joli album de saison, à découvrir dès 4 ans

samedi 30 novembre 2013

La reine des neiges

La reine des neiges
Hans Christian Andersen
Lesley Sims
Alan Marks
Un jour, un miroir maléfique se brise sur terre. Chaque petit morceau se révèle aussi dangereux que le miroir entier, si un seul se loge dans le corps d'une personne, celle-ci devient cruelle et voit tout en noir. C'est ce qui arriva à un garçon nommé Kay. Pour comble de malchance, il est par la suite enlevé par la terrible reine des neiges, une sorcière au coeur de glace. La meilleure amie de Kay, Gerda, décide alors de lui porter secours, pour cela elle devra affronter de nombreuses épreuves avant d'arriver au grand Nord...
Vous n'êtes pas sans savoir que Disney va prochainement sortir son film d'animation de Noël et qu'il s'agit de "La reine des neiges". L'occasion pour certains éditeurs de rééditer ou de mettre en avant leur version de ce conte d'Andersen. Pour ma part, je n'avais jamais lu ou entendu cette histoire, il s'agit d'une totale découverte. Je suis ravie de commencer par cet album des éditions Usborne. En le recevant, j'ai été étonnée par le format. Le livre a la taille à peine supérieure à celle d'un poche et il a la couverture cartonnée. Mais il reste agréable à feuilleter et à lire, au contraire, les enfants auront l'impression d'avoir un livre de grand. L'histoire a été adaptée de l'oeuvre originale, la lecture est aisée, les caractères d'impression sont assez gros, le livre est donc parfait pour les jeunes lecteurs qui aiment lire seuls, dès l'âge de 7 ans. L'histoire comprend 8 chapitres plus ou moins court, et peut faire l'objet d'une lecture du soir dès 5 ans.
Le personnage de Gerda est délicat, plein de douceur mais également débordant de courage. La fillette a le coeur pur et même si sa quête n'est pas sans danger, elle rencontre de nombreux personnages disposés à l'aider : des vieilles dames, une gamine, fille de brigand mais au coeur bon, des animaux qui parlent dont un renne qui va pouvoir la conduire jusqu'au royaume de la reine des neiges. Les illustrations sont de jolies aquarelles dont les tons pastels accompagnent agréablement la douceur de la fillette ou l'atmosphère glaciale. Le livre comporte un signet violet, un ruban qui permet de marquer la page où le lecteur s'arrête.
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