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lundi 22 novembre 2021

Un hiver à pile ou face

KaraMcDowell

Éditions Milan 

Paige Collins, 17 ans, est paralysée dès qu'elle doit faire un choix. Aussi, quand deux opportunités extraordinaires se présentent à elle quelques jours avant Noël, Paige est incapable de prendre une décision. Une semaine à la montagne avec son meilleur ami (dont elle est secrètement amoureuse), ou un séjour à New York, LA ville de ses rêves ? Alors que l'angoisse de ce choix cornélien la submerge, Paige fait une mauvaise chute dans un supermarché... et son futur se retrouve divisé en deux !

lundi 17 février 2020

L'île


Christophe Léon
Oskar Editeur
Marie-Anissa et Driss ne sont pas issus du même milieu mais ils sont jeunes et ils s’aiment. Lorsque la mairie organise un séjour en Bretagne pour les enfants du quartier populaire même si elle ne fait pas partie des enfants défavorisés, Marie-Anissa arrive à convaincre son père de la laisser partir avec son amoureux.

Like a Love Story

Abdi Nazemian

Editions Milan

New York, 1989.
La ville est tapissée de posters d’Act Up, et la communauté homosexuelle vit sous la menace du sida.
C’est dans ce climat que Reza, Judy et Art vont se rencontrer, s’aimer et vivre l’année la plus décisive de leur vie.

mardi 6 juin 2017

La Belle et La Bête

La Belle et la Bête : Histoire Eternelle

Jennifer Donnelly
Editions Hachette
Il était une fois, caché au cœur de la bibliothèque de la Bête, un livre très mystérieux. 
En le découvrant, Belle va pénétrer dans un univers fascinant. Mais ne dit-on pas que les apparences sont parfois trompeuses ? Belle retrouvera-t-elle le chemin du retour.  L’histoire pourrait bien ne jamais la laisser partir. 

Voilà une belle façon pour les fans de cette magnifique histoire, du film et du dessin animé, de prolonger leur plaisir. L'histoire saura les surprendre par son originalité, l'auteur s'est permis des libertés, mais aussi pa l'authenticité des personnages. Centré sur Belle, le récit retrace une période de sa captivité. La personnification de la Mort et de l'Amour, rend le livre original et prenant. Fourbe, cruelle mais terriblement intelligente, la Mort est une maîtresse de l'illusion, antipathique au possible. Elle crée un univers magique où elle souhaite piéger Belle à jamais. Cette variante du conte original se révèle encore plus féérique et fantastique que l'histoire que l'on connaît si bien. Le jeune lecteur prend plaisir à suivre Belle dans ces différentes escapades et à découvrir ce conte sous un éclairage différent. 

mardi 10 juin 2014

Comment tomber amoureux... sans tomber

Comment tomber amoureux... sans tomber
Susie Morgenstern 
Editions L'école des Loisirs
Collection Médium 
"Annabelle a décidé que son coeur était hors service et sous les ordres exclusifs de son cerveau. En terminale S, rien n’existe en dehors de son travail. Et pas question pour elle de se limiter à l’obtention du bac, il faut qu’elle soit la meilleure. 
Les garçons ? De simples copains. Et ce n’est pas Samuel, le fils de l’ambassadeur des États-Unis parachuté dans sa classe, qui y changera quelque chose. Annabelle est d’accord pour consacrer deux heures par jour à parler français avec lui, à condition qu’il ne la ralentisse pas dans sa course vers l’excellence.
Annabelle est ambitieuse et passionnée, comme les autres femmes de la famille. Sa mère, Lulu, est obsédée par ses recherches universitaires. Sa grand-mère, Marguerite, ne lâchera pas ses fourneaux avant d’obtenir la deuxième étoile pour son restaurant. Elles risquent toutes trois de tomber de haut, de très haut. De tomber… amoureuses !"


Un titre pertinent, une couv pétillante, une auteure dont j'aime les livres, et une belle maison d'édition... j'étais impatiente de découvrir "Comment tomber amoureux... sans tomber."
"C'est une journée chaude, trop chaude, aussi bleue dans le ciel que dans l'âme."
ô_o Première phrase et ça commençait très mal. Je la relis une deuxième fois "une journée chaude aussi bleue dans le ciel que dans l'âme." et non vraiment je ne comprends pas.
Je continue, Annabelle a rencontré son nouveau camarade américain Samuel...
"les yeux vers la poitrine généreuse d'Annabelle."
et 2 pages plus loin :
"cette fille aux seins généreux, cette Annabelle"
Il n'y a rien que j'aime moins que les détails insipides et répétitifs sur le physique des personnages. De plus, quel garçon de 17 ans dirait "aux seins généreux" ??!!
Je continue... 16 pages, déjà 5 chapitres (les chapitres sont très courts et leur titres toujours en bilingue), et je n'en pouvais plus. S'il n'était s'agit de Susie Morgenstern et de L'école des Loisirs, j'aurais arrêté là ma lecture.
Mais j'ai persévéré, en essayant de passer outre ce qui me gênait. Alors certes, les personnages sont à mille lieux de nos vies. Les adolescents n'ont comme principal soucis dans leur vies que de savoir s'ils vont avoir la mention très bien au bac ou... la mention très bien. -_- Ils mangent au restaurant comme ils respirent (et pas le restaurant chinois avec buffet illimité où tu ne vas qu'une fois par an, et encore le midi parce que le soir c'est plus cher, non, non, des restos qui organisent des "brunchs" (humhum) à 100 euros par tête de pipe, des établissements "de rêve" aux menus libanais, des dîners en nocturne au musée d'Orsay... vous reprendrez bien un peu de caviar ou de soupe aux truffes ?), et ne rencontrent que des gens passionnés et passionnants. A 14 ans et 17 ans, ils dialoguent entre eux comme des adultes de la classe sociale aisée, il y a clairement un décalage énorme entre les jeunes lambda et ceux du roman.
Malgré tous ces points négatifs, j'ai aimé ce roman. Parce que ce côté tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, ça a son charme. C'est un livre qui rend heureux, dont les belles idées restent longtemps en tête. A chaque coupure dans sa lecture, on reste plongé dans ses pensées à évaluer le récit au regard de sa propre expérience de la vie. Entre l'amour, la nourriture, la sensualité, la famille, quelques personnages tirent leur épingles du jeu, mon préféré étant le plus fantasque de tous, la tante Aimée. On sent que le récit est proche de la vie de l'auteure : ce garçon qui arrive en France sans connaître un mot de la langue et tombe amoureux d'une française, ce plaisir de manger presque à chaque page, ces forts liens entre les générations de femmes, ce rattachement aux racines juives, et tout simplement ce bonheur de vivre et d'être près des siens. 
C'est un livre intergénérationnel, je le ferais lire à mon fils lorsqu'il aura atteint 15 ans, et à ma mère qui, j'en suis certaine, va l'adorer.
L'auteur préconise une lecture à partir de 12 ans, personnellement je dirais dès 13/14 ans, pas avant. En tous cas, un roman parfait pour les romantiques.

"On passe le reste de l'existence dans la nostalgie de l'enfance de nos enfants."

"Le différence entre "tomber amoureux" et "aimer" est que l'un est temporaire et l'autre permanent."

"Moi je t'aime, sincèrement, toi tu attends que je sois amoureux.Toi tu attends un feu, un incendie qui dévore tout. Pour moi, tu es la source qui illumine ma vie, qui fait la différence entre abandon et joie, un aperçu  de la plénitude."

mardi 27 mai 2014

Maléfique

Maléfique
Elizabeth Rudnick
Editions Hachette
"Maléfique est une jolie jeune femme au cœur pur qui vit dans une forêt magnifique. Un jour, une armée menace d’envahir le royaume. Maléfique n’a pas le choix. Pour préserver la paix, pour protéger son pays, elle en devient le plus farouche défenseur… Mais elle est trahie. Et peu à peu, son cœur d’or se change en pierre…"

Je dois dire que je ne connaissais quasiment pas Maléfique, même pas son nom, je me rappelais seulement cette mauvaise fée qui maudit la princesse Aurore alors qu'elle n'est qu'un tout petit bébé. En se basant sur le scénario de Linda Woolverton du film Maléfique qui sortira demain, 27 mai, Elizabeth Rudnick nous offre un développement sur les origines d'un des grands méchants du studio Disney.
Cette histoire est racontée du point de vue de Maléfique, avoir le conte de la belle au bois dormant avec l'angle de la méchante est très original, le texte mêle des éléments présents dans le récit classique avec d'autres plus inattendus. 
L'auteure réussit à rendre attachante cette anti-héroïne car le lecteur la suit dès sa naissance puis durant son enfance et son adolescence, alors qu'elle n'est encore qu'une fée espiègle et aimante. Puis, le long du récit, même après avoir changée, les focalisations sur Maléfique mettent en relief que malgré ses efforts pour garder un coeur de pierre, elle conserve un peu de celle qu'elle a été autrefois. J'avoue en avoir presque été déçue d'ailleurs, je m'attendais à plus de malveillance. Finalement, mon personnage préféré n'a été ni Maléfique, ni Aurore mais Diaval, le corbeau, j'ai ainsi hâte de voir ce que ce protagoniste et la relation qu'il entretient avec Maléfique donneront comme impressions sur le grand écran. 
L'histoire est agréable et très rapide à lire. Mis à part le début où l'on découvre le monde magique et féerique des créatures fantastiques, il n'y a pas de longues descriptions ni de grands développements des caractères des différents protagonistes. Le roman est adapté pour la lecture par les plus jeunes. Attention, même si la lecture est facile, il y a des aspects sombres qui pourraient effrayer les lecteurs avant 10 ans. 
Cette histoire qui prend un tournant dramatique à cause d'une trahison et de deux obsessions de vengeance, met finalement l'amour vrai comme clef de voûte. Surtout que cet amour n'est pas forcément là où on l'attend... 
Cette novélisation donne envie de voir le film, donc pour finir voici une des bandes-annonces. 

lundi 5 mai 2014

Parlez-moi d'amour

L'amour qui fait bafouiller, l'amour qui donne des ailes et met le coeur en joie, 3 albums pour redire des choses tendres ! 

Mon amour trop loin
Peter Elliott
Editions L'école des Loisirs 
Collection Pastel
Ritournelle vient du Sud, c'est lors de sa migration au Nord, au printemps, qu'il rencontre la belle Chansonnette. Entre ces deux oiseaux, c'est l'enchantement mutuel. Ils s'aiment, voltigent et gazouillent de concert. 

Mais lorsqu'arrivent les premiers froids, Ritournelle est contraint de quitter son amoureuse...

Un très bel album qui conte l'amour comme la plus belle des choses, l'amour par delà les océans, qui résiste à l'éloignement et qui triomphe même des saisons à la fin. Une jolie balade tendre et douce en compagnie de ces deux oiseaux attachants. Les dessins sont simples mais expressifs et tout en harmonie de couleurs. 

Des illustrations dont on voit nettement les coups de crayons, ce qui donne un côté très libre et moderne à l'ensemble. C'est rond, lumineux, voilà un album qui donne le sourire, à faire découvrir aux enfants à partir de 3 ans. 


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Patricio et Renata
Satomi Ichikawa
Editions L'école des Loisirs
Patricio est un perroquet de salon qui n'a jamais quitté sa cage. Lorsqu'un jour, Renata, une femelle, vient se percher à la fenêtre et l'invite à la rejoindre, le bel oiseau ne sait comment réagir puisqu'il vit enfermé. 

Mais le lendemain, il parvient à s'échapper et à retrouver le petit perroquet vert. Ensemble, ils mangent des fruits lorsque des hommes, chasseurs d'oiseaux exotiques, essaient de les capturer...
Je n'avais pas relu d'album de Satomi Ichikawa depuis La fête de la tomate. Dans cet album, il n'est point question du Japon, l'auteure nous fait voyager sur une île des caraïbes. Faune et flore majestueuses, les couleurs des illustrations sont riches et profondes. Cet hymne à la liberté ravira les enfants, surtout que le beau perroquet va triompher des braconniers ! Une histoire à leur lire dès 4 ans. 

"Un séjour chez des amis de Porto Rico a inspiré cette histoire à Satomi Ichikawa. Ils ont cinq perroquets : quatre aras, grands et bariolés, et un amazone, petit et tout vert. Consciente de sa chance de les voir de si près, Satomi s’est installée devant leur cage pour les dessiner. Renata, le petit vert, l’a tout de suite prise en affection et a passé des heures à chanter sur le dossier de sa chaise, à la chatouiller, la picoter et se laisser caresser. De retour à Paris, bien sûr, Satomi a voulu prolonger sa complicité avec ce drôle de perroquet si attachant…"


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La déclaration 
Philippe Jalbert
Editions Seuil Jeunesse
Deux petites oreilles. Un lapin sort de son terrier et s'en va cueillir des fleurs pour son amoureuse. Elle est princesse ?! Il sera son prince ! Ils vivront heureux dans un beau château, ensemble pour toujours. Mais pour l'heure, chut, la voilà. Il s'approche, perd ses moyens, heureusement elle sourit et approche ses lèvres pour un tendre baiser...
Avant d'ouvrir le livre, je ne m'attendais pas du tout à trouver ce style d'illustration. Les silhouettes de la première de couverture laisse place à des pages claires, des dessins d'une grande finesse et des touches de couleurs éclatantes. 

Le récit est surprenant, économe en mots (forcément ce pauvre lapin a le coeur tout chamboulé et ne les trouve pas toujours !) pour mieux rythmer le texte, même créer le suspense et pour finir... par un grand éclat de rire ! Très beau, surprenant, poétique, vraiment bien vu, un album qui régalera petits et grands à partir de 3/4 ans. 

jeudi 12 décembre 2013

A comme aujourd'hui

A comme aujourd'hui
David Levithan
Editions Les grandes Personnes
La vie de A est déroutante. Chaque matin, depuis sa naissance, il y a 16 ans, il se réveille dans le corps d'une personne différente. A n'a pas de corps à lui, c'est un esprit, apparemment qui se conçoit comme le sexe masculin, du moins c'est ce que ressent le lecteur. Jusqu'à présent, il se contentait de cette vie, en faisant même du mieux qu'il le pouvait pour interagir le moins possible dans la vie de son hôte. Jusqu'au jour où il devient Justin, un beau garçon imbu de lui-même qui a une petite amie nommée Rhiannon. Avec Rhiannon, A ressent le besoin de bouleverser le quotidien et à la fin d'une merveilleuse journée au bord de la mer, il veut absolument la revoir. Mais comment faire lorsque l'on change de corps chaque jour ? A va désormais perturber les habitudes des personnes que son esprit habite et fera tout pour retrouver Rhiannon au fil des jours. 
A comme aujourd'hui est un récit surprenant, ambitieux et prenant. Déjà bizarrement le lecteur se fait rapidement au postulat fantaisiste de départ. D'emblée, il est admis que A change de corps, nous le suivons donc avec plaisir. Le récit touche à de nombreux genres différents. A en passant de personne à personne, nous entraîne à la découverte d'une multitude de personnalités différentes. Car si A ne change pas de caractère, il découvre la vie de ses hôtes et tombe parfois sur des situations violentes. Comment gérer son esprit lorsqu'un matin on habite un corps qui a besoin d'une dose de drogue de façon urgente et impérative ? Comment réagir face à un corps  mutilé et une adolescente au bord du suicide ? Si quelques règles régissent le changement de personne (A ne peut être transférer que dans le corps d'une personne du même âge que lui, ainsi petit à petit il grandit en même temps que les corps qui l'accompagnent et ses sauts relativement proche géographiquement), A prend possession de personnes du sexe féminin ou masculin sans distinction. S'il se trouve principalement au sein de familles banales, certains cas sont donc bien plus douloureux. A travers le récit, l'auteur nous permet donc de voir au plus près et de façon réaliste un grand nombre de tranches de vie. Autant de portraits sensibles d'adolescents que le lecteur touche du doigt. En parallèle à ces existences où A doit tant bien que mal  s'acclimater, il y a la naissance de l'amour. A avait déjà eu quelques coups de coeur dans ces précédentes rencontres, toutefois avec Rhiannon il découvre le vrai chamboulement et les impératifs d'un cœur amoureux. Il en oublie, jusqu'à un certain point, ses principes et n'est plus aussi prudent pour pouvoir demeurer auprès d'elle. L'aventure prend le plus souvent un ton mélancolique. Il est impossible de rester indifférent à A et à ses tourments. Le thème du changement de corps va donner un développement inattendu et le stress du personnage principal va se transmettre facilement au lecteur. Le roman offre de nombreux champs de réflexion. Lorsqu'on aime véritablement, voit-on seulement la personne qui est à l'intérieur de l'autre ? L'auteur a choisi une fin ouverte et ne donnera pas la clef à toutes les questions que le lecteur peut légitimement se poser. Tout comme la vie continue, celle de A aussi, à vous de découvrir comment et quel chemin elle a pris...

lundi 21 octobre 2013

My love, mon vampire

My love, mon vampire
Manu Causse
Marie-Pierre Oddoux
Editions Talents Hauts
Collection Dual
Baptiste est un jeune garçon de 16 ans, simple et qui n'aime pas se prendre la tête. Il vit avec sa tante depuis qu'un accident de voiture a tué ses parents. Il partage également beaucoup de son temps avec son grand-père. 
Alicia est une jeune vampire de 480 ans. Elle vit avec deux autres vampires qui décident de déménager, de quitter l'Ecosse pour s'installer en France. 
L'heure est au changement pour tous les deux. Baptiste se découvre des facultés intellectuelles inconnues et Alicia doit passer de son adolescence de vampire à un vampire adulte. 
Jusqu'au jour où leurs regards se croisent... Les parents d'Alicia ne se sont pas installés en France pour rien, Alicia a une mission, elle doit tuer un humain pour se nourrir. Mais cet échange bouleverse les choses, Baptiste découvre un lourd secret qui entoure sa famille, quant à la jeune vampire elle ne peut plus cacher qu'elle ressent une chose interdite chez les siens : des sentiments. 

Si c'est la belle couverture qui m'a attirée l’œil en premier, j'ai surtout eu envie de découvrir cette nouvelle collection. J'ai d'emblée trouvé que l'idée de proposer un premier chapitre en français puis un second en anglais et ainsi de suite, était innovante et formidable. Je n'ai pas été déçue ! J'ai été de suite captée par l'écriture moderne de l'auteur. Le roman dont l'histoire parle de vampire et qui commence sur le jeune héros qui emprunte Twilight au CDI sur le conseil de la bibliothécaire mais qui au bout d'une page l'abandonne le trouvant consternant, je trouve ça amusant. 
L'histoire démarre donc sur des notes humoristiques voire sarcastiques, que ce soit lorsque Baptiste est le narrateur (en français donc) ou Alicia (en anglais). 
Petit à petit, l’atmosphère tourne au mystère et au drame. Les deux jeunes gens éprouvent une forte attraction l'un pour l'autre alors qu'ils sont sensés s'entre-tuer. Cette histoire d'amour qui s'annonce tragique maintient le suspense et donnera forcément et fortement envie de lire aux adolescents. Le but étant de lire en anglais, ce récit contemporain est prenant, les initiera avec plaisir à la lecture dans cette langue étrangère. Le roman étant également suffisamment court pour ne pas lasser et freiner ces jeunes lecteurs. 
L'éditeur indique un niveau de 2 ans d'apprentissage. Pour ma part, j'ai trouvé le texte en anglais un peu plus compliqué que ce à quoi je m'attendais. Et justement, je pense que "My love, Mon vampire" peut convenir également aux adultes qui ont envie de se mettre ou se remettre à la lecture en version originale en douceur. 
En guise de bonus, le lecteur trouve en fin d'ouvrage, un lexique français et un en anglais, ainsi qu'un quizz (et ses solutions) et deux extraits de grands classiques de la littérature vampirique. 

dimanche 20 octobre 2013

Le buveur d'encre qui écrivait des mots d'amour

Le buveur d'encre : Le buveur d'encre qui écrivait des mots d'amour
Eric Sanvoisin
Olivier Latyk
Editions Nathan
Le lecteur retrouve avec plaisir la suite des aventures de ces drôles de personnages, les buveurs d'encre. Cette série au scénario innovant nous amène cette fois-ci au coeur d'une histoire d'amour tragique ! Draculivre est amoureux ! Mais trop timide, il n'ose pas avouer ses sentiments à sa belle. Carmilla et Odillon, nos deux petits buveurs d'encre préférés, vont tenter d'aider le vieux tonton du garçon. 
De Roméo et Juliette au slam, avec tendresse, poésie et humour, l'auteur nous fait à nouveau pénétrer au sein de son univers si particulier. Un roman pour les jeunes lecteurs, à découvrir dès 7 ans. 

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Cliquez sur la photo qui suit pour retourner au sommaire de la chronique thématique. 

mardi 24 septembre 2013

A la découverte d'un auteur # 1 : Jerry Spinelli

Etes-vous comme moi ? Lorsque vous adorez un livre, vous avez de suite envie de découvrir les autres œuvres de l'auteur ? Je dois dire que je fonctionne beaucoup ainsi, quand surgit un coup de coeur, immédiatement je file regarder si d'autres livres sont disponibles. Ici, ce fût le cas, j'ai adoré "Qui a mis des cheveux sur ma brosse à dents ?", j'ai donc recherché la production littéraire de Jerry Spinelli. "Stargirl" m'a interpellée, j'avais vu passer le livre, dans les sorties, il y a quelques mois, et ce sont les deux premiers tomes d'une précédente édition que j'ai finalement trouvé d'occasion. Pour "Oeuf", je me rappelais très bien le titre et la couverture, mais j'avoue que j'avais été rebutée par l'un et par l'autre et que je n'avais jamais cherché plus loin. J'ai été très surprise en voyant que c'était lui qui l'avait écrit et j'ai eu de la chance de le trouver très vite d'occasion également. Mais tout d'abord, je vous parlerais de mon préféré sur les 4, mon gros coup de coeur, je l'ai même relu 2 fois en 3 semaines...

Qui a mis des cheveux sur ma brosse à dents ?
Jerry Spinelli
Editions L'école des loisirs
 Collection Medium 
 Grosso et Grandegueule sont frère et soeur. Elle ne s'appelle pas vraiment Grandegueule mais Megin, toutefois lui l'appelle ainsi. Il ne s'appelle pas Grosso mais Greg, pourtant elle l'appelle comme ça. Greg et Megin se déteste, dès qu'ils se croisent les coups pleuvent et les injures fusent.
Durant tout l'été, Greg a sculpté son corps, s'est fait bronzer, a soigné son apparence à l’extrême, tout ça en vue de la rentrée car il souhaite impressionner une jeune fille, Jennifer Wade. Mais malheureusement, le jour J, il apprend qu'elle a déménagé et changé de lycée. Grâce à une amie de la jeune fille, Sara, il pense pouvoir approcher sa belle. Mais Sara est amoureuse de lui et il va jouer avec ses sentiments.
En parallèle, Megin est un garçon manqué, qui ne pense qu'au sport sur glace et travaille dans une boutique de donuts en se faisant payer en gâteaux. Elle entretient depuis quelque temps une amitié avec une vieille femme de 89 ans, Emilie, qui ne se déplace qu'en fauteuil roulant, vit en maison de retraite et adore les donuts torsadés.
"_Emilie ? C'est comment, être vieux ? 
Elle m'a donné une gentille tape sur les fesses, et j'ai grimacé. 
_ Comment veux-tu que je le sache ? Je ne suis pas vieille."
Les relations entre Megin et Greg vont aller de pire en pire, jusqu'au jour où un événement va tout bouleverser.
Un énormissime coup de coeur !
Dès le départ le livre m'a énormément plu, à tel point que je doutais que cela puisse tenir à ce point jusqu'à la fin... mais si, j'ai adoré le récit de bout en bout. Bon, j'ai fini le roman en pleurant comme une madeleine (cela ne m'était pas arrivé depuis "Nos étoiles contraires" donc bien 6 mois), je ressors du livre avec le coeur tout chamallo.
Il s'agit d'un texte à deux voix, tour à tour le narrateur change, un chapitre nous avons le point de vue de Megin, l'autre celui de Greg. 
Ce roman met en scène une relation frère-soeur remplie de haine, sans qu'au final, ni l'un ni l'autre ne sache très bien pourquoi.
Mais c'est aussi la plus belle histoire d'amitié entre une personne âgée et un enfant que j'ai lue. Le récit d'une aventure de la petite enfance d'Emilie m'a profondément marquée. De plus, c'est remarquablement écrit et tout se tient dans le récit, une phrase peut avoir une répercussion 100 pages plus loin.
Il y a un très bel équilibre dans les caractères des personnages, ce qui rend le livre sincère et juste. L'auteur excelle pour décrire les pensées d'un ado !
 Megin avec ses frères, ses parents et parfois même avec ses amis, a une grosse tendance à se montrer peste. Par contre, lorsqu'il s'agit d'Emilie, la vieille femme à qui elle rend visite en maison de retraite, Megin laisse apparaître une jeune fille attentive, aimante et bienveillante.
Greg, c'est le  contraire. Certes, avec Megin il peut être un peu pénible mais tout de même sa soeur dépasse plus les bornes et il est facile de prendre partie pour lui. Avec son petit frère et ses parents, il se montre normal. A contrario, avec les filles, il se révèle très goujat.
Le récit est bourré de trouvailles truculentes et d'humour. Pour être brève, c'est un beau roman, drôle, émouvant, en un mot : humain !

(Megin) 
"_ Papa, arrête. Là. La brosse à dents. 
_ Tu essaies de me dire que j'ai mauvaise haleine ? 
_ Papa, regarde ! ais-je dit en lui plantant presque la brosse à dents dans l’œil. Regarde !
Il s'est reculé et a louché dessus. 
_ Ah, oui. Qu'est-ce que c'est ? 
Je trépignais sur l'asphalte. 
_ C'est un poil ! Un énorme poil brun, horrible, abject !
_ Est-ce que tu essaies de me dire que tu as des poils qui poussent entre les dents ? Je croyais que la puberté se développait à d'autres endroits. 
_ PAAPAAAAA !"

(Greg)
"Il n'y avait qu'une solution : l'haltère dans la main droite et le déodorant dans la gauche. A chaque série de trois, pschitt, pschitt. Les vingt cinq derniers mouvements ont été une vraie torture. J'avais commencé à avoir des rougeurs, mais mon aisselle s'est alors mise à me gratter, puis à me brûler. Une fois arrivé à cent, je me suis fait la promesse de ne jamais oublier ce jour, au cas où je développerais un cancer de l'aisselle dans vingt ans. Je raconterais aux médecins la fois où j'avais fait une overdose de déodorant. Peut-être qu'il serait alors trop tard pour moi, mais ça pourrait sauver d'autres vies .De toute façon, si c'était le prix à payer pour passer vingt ans avec Jennifer Wade, ça en valait la peine."

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Oeuf
Jerry Spinelli
Editions L'école des Loisirs
Collection Neuf
David a 9 ans et il a perdu sa mère il y a un an. Depuis, il vit avec sa grand-mère et ne voit que trop peu son père. Le jour où sa mamie le traîne de force à une chasse aux oeufs, David découvre le corps d'une fille allongée dans les bois, sous des feuilles. Le garçon pense que la jeune fille est morte et là, démarre une longue confidence, David se lâche et lui raconte sa vie et ses secrets. C'est avec horreur que quelques jours plus tard, il reconnaît la fille à la bibliothèque, elle n'est pas morte, elle est bien vivante et elle deviendra même sa meilleure amie. Primrose, c'est son prénom, vit avec sa mère dans un taudis et n'a jamais connu son père. Cette jeune fille de 13 ans, se débrouille pour vivre, manger et dormir seule. Elle va s'attacher, malgré ses dires, à David et trimbaler le jeune garçon partout avec elle.
Une amitié farouche va les unir et une série d'aventures les attend.
"Au moins une fois par soirée, David déclarait à Primrose :
_ Je ne t'aime pas. 
- Pareil, lui répondait-elle."
C'est sûrement le roman le plus sombre sur les quatre que je vous présente. Le personnage principal, David et son acolyte Primrose, sont perpétuellement en colère. David déteste sa grand-mère car il refuse de voir une personne prendre la place de sa mère. Quant à Primrose, elle déteste sa mère qui n'est pas une maman "normale", pas d'histoire le soir, pas de petits plats, elle ne lui offre pas le réconfort d'un foyer aimant.
Après une série de prises de bec et coups de griffes, le dénouement est beaucoup plus apaisé et tend à montrer aux enfants que malgré les épreuves, le deuil et l'absence, la vie continue, il y a de l'espoir et surtout des gens qui vous entourent et qui vous aiment. A découvrir à partir de 9 ans.

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Stargirl
 Jerry Spinelli 
Editions Flammarion 
Collection Tribal
Au lycée de Léo, notre narrateur, une nouvelle vient d'arriver et fait sensation. 
"Ces premières semaines de septembre, elle débarqua chaque matin habillée de manière proprement scandaleuse : garçonne des années folles, squaw en peau de daim, japonaise en kimono. Un jour, elle osa même une minijupe en jean et des collants verts avec, le long d'une jambe, une ribambelle de coccinelles et de papillons en émail. Sa "normalité" à elle, c'étaient des robes ou des jupes longues, genre XIXe ! [...] C'était son rat domestique. Il l'accompagnait tous les jours au lycée. Un matin, une averse aussi violente que rare s'abatit sur la ville, pendant le cours de gym. Le prof fit rentrer tout le monde. A l'interclasse, on s'aperçut que Stargirl était rester dehors, à danser sous la pluie."
Stargirl fascine Léo et elle semble avoir eu un coup de coeur pour lui. Tous les deux vont commencer une romance inscrite sous le signe des ballades et de la discussion. Mais au lycée les choses s'enveniment et Stargirl un jour adulée, finit par être détestée par tous les élèves. Léo devra faire un choix, c'est elle ou eux... 
Le message principal du roman est qu'il faut rester soi-même. L'auteur revient sur l’exclusion au lycée de ceux qui ne se conforment pas aux autres. Trop gros, trop moche, les cheveux gras, de l'acné, les oreilles décollées, trop maigre, une voix haut perchée, des vêtements sans marques, les raisons peuvent être nombreuses pour être mis à l'écart et rejetés par ses camarades. Stargirl, qui intègre un établissement scolaire pour la première fois après des années d'école à la maison, ignore les codes du groupe, fonce tête baissée et fait ce qui lui plaît, comme il lui plaît. Après un début de popularité fulgurant, tout retombe et la jeune fille découvre à travers les explications de Léo ce qu'elle aurait dû faire, ce qu'elle devrait être. Chanter et jouer du ukulélé à la cafét ? Encourager l'équipe d'un lycée adverse ? Inadmissible ! Avec justesse et émotion, l'auteur suit la longue descente et l’irréversible chute de cette élève paria. En parallèle à ces difficultés, et dans les yeux de Léo, nous lecteur la suivons dans ses bonnes actions, éblouis par l'imagination, la gentillesse et presque la sagesse de la jeune fille, nous en venons à nous dire qu'il serait bon qu'une telle personne existe réellement. 

La couverture de la nouvelle édition :

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Signé Stargirl
Jerry Spinelli
Editions Flammarion
Collection Tribal
Si dans "Stargirl", c'est Léo qui avait la parole, ici la narratrice est Stargirl elle-même. Le livre fait totalement suite au premier, il démarre presque un an après alors que Stargirl se met à écrire une lettre (longue parce que sur un peu plus d'un an) à Léo. Lettre que de toutes façons elle ne pense pas lui envoyer. C'est un peu comme un journal intime sauf qu'elle s'adresse directement à Léo, le prend à témoin et parfois même invente des dialogues entre eux deux.
"Signé Stargirl" est encore meilleur que le précédent car le récit est plus vivant. Peut-être parce que Léo était le spectateur des fantaisies de Stargirl et restait passif face à sa peur de rentrer en communication avec la jeune fille, encore plus lorsqu'il fût question par la suite d'être en opposition aux autres. Alors que dans ce deuxième volume, Stargirl est actrice de sa vie. 
Malgré sa douleur et sa tristesse d'avoir quitté Léo, elle continue son bonhomme de chemin et de semer la joie et la bonne humeur chez les gens. Dans ce tome, elle est sacrément entourée : Dootsie, une petite fille de 5 ans, espiègle et turbulente devient sa meilleure amie; elle rencontre et apprivoise une de ces voisines, Betty Lou, femme mûre qui reste cloîtrée chez elle pour cause d'agoraphobie; elle est souvent accompagnée par Alvira, une enfant à la limite de l'adolescence et au tempérament de feu; Perry, un garçon qui va finir par l'intriguer voire la troubler; Charlie, un vieil homme qui passe ses journées sur la tombe de sa femme; Arnold un handicapé mental qui jalonne la ville; Margie la patronne de la boutique à beignets; et toujours Cannelle, son rat.

"Oh, Léo ! Je suis triste. Je pleure. Je pleurais beaucoup, petite. Si j'écrasais un insecte, j'éclatais en sanglots. C'est drôle, j'étais tellement occupée à pleurer sur tout que je ne versais jamais une larme sur mon sort. Là, je pleure sur moi. 
Sur toi. 
Sur nous. 
Et je souris à travers mes larmes. Tu te rappelles, la première fois que je t'ai rencontré ? A la cantine ? Je m'approchais de ta table. Tes yeux... ils ont failli m'arrêter net. Ils étaient exorbités. Je ne crois pas que cela tenait uniquement au spectacle que j'offrais - longue robe blanche de grand-mère, ukulélé sortant de mon sac à bandoulière avec un tournesol peint dessus; il y avait autre chose dans ton regard. De la terreur. Tu savais ce qui se profilait. Tu te doutais que j'allais chanter pour quelqu'un et tu étais terrorisé à l'idée que ça tombe sur toi. Tu as vite détourné la tête, j'ai poursuivi mon chemin jusqu'à ce que je déniche Alan Ferko, je lui ai chanté "Joyeux anniversaire". Mais j'ai senti tes prunelles vrillés sur moi durant toute cette pantomime, Léo. Oh oui ! Sans interruption. Et, à chaque mot que je fredonnais pour Alan Ferko, je pensais : "Un jour, je chanterai pour ce garçon aux yeux terrifiés." Je n'ai jamais chanté pour toi, Léo. Jamais vraiment. Toi, entre tous. C'est mon plus grand regret...
Tu vois, je suis de nouveau triste."


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Bilan ? J'adore le style de romans qu'écrit cet homme. Ce sont des récits lumineux et pétillants, bourrés de bons sentiments et de gentillesse. Certes, ça pourrait être à la limite du gnian-gnian, mais non en fait je ne trouve pas, car cela semble naturel et puis c'est fait avec humour et sans une complaisance trop appuyée.
D'un livre à l'autre, il y a des ressemblances, des croisements, le lecteur retrouve des éléments identiques tels que : les beignets et les donuts et les boutique de beignets/donuts qui engagent une fillette contre des gâteaux gratuits; un homme qui, chaque jour, s'installe dans une rue et fait coucou aux voitures, enfin aux gens qui sont dedans, qui passent... Et puis surtout, Jerry Spinelli peuple ses romans de personnages étonnants, de gamins impertinents et turbulents, d'hommes et de femmes excentriques, de parents cools et d'adultes qui deviennent de vrais soutiens pour les enfants (Archie, le professeur confident dans "Stargirl" et "Signé Stargirl"; John Frigo, un homme avec un handicap physique dont la demeure devient une seconde maison pour David et Primrose dans "Oeuf"). 
Une autre chose qui me plait je crois chez lui, c'est que l'amour, la romance, est "à la vie, à la mort", les personnages sont fidèles en amour, c'est beau et touchant.
Ce sont des romans qui font du bien à lire tout simplement.
Des histoires où les adultes ne sont pas néfastes, - ou vraiment très peu d'entre eux et pas de manière trop poussée, les inconnus ne sont pas vu comme un danger constant. Ces livres réconcilient avec le genre humain (ça me fait penser à Dootsie la petite fille de "Signé Stargirl" qui  répète souvent que nous sommes des "nètrumins") et donnent envie de s'ouvrir aux autres.
Alors, il y a seulement deux autres romans de Jerry Spinelli qui ont été traduits en français, "Z comme Zinkoff" et "Misha, enfant du ghetto de Varsovie", ils sont d'ors et déjà sur ma liste d'envie, mais j'espère que d'autres de ses livres seront traduits prochainement !

mercredi 11 septembre 2013

Un lézard amoureux

Un lézard amoureux
Alex Cousseau
Editions du Rouergue
 Collection Doado
"Tobias va avoir seize ans et vit dans un coin isolé du Finistère, entre rivières et forêts. Cette année-là, du printemps à l'été, la fille qu'il aime secrètement, Zoé, passe du statut de copine à amoureuse. Cinq mois pendant lesquels tout va changer. Tobias et Zoé partent à l'aventure. Celle où il faut vaincre sa peur de "dire", sa peur d'embrasser et enfin de faire l'amour." 

C'est la deuxième fois que je lis un roman d'Alex Cousseau et c'est donc la deuxième fois que je suis surprise par son style. Il y a quelque chose de très surprenant dans la plume de l'auteur, à la limite de l'étrange et de l'ambiguë dans le ton qu'il emploie. J'ai toujours l'impression d'être dans un récit poétique, de ne pas savoir ou comprendre où l'auteur veut en venir mais en même temps c'est une lecture efficace et à laquelle je prends beaucoup de plaisir.
Je n'ai eu aucun mal à entrer dans les personnages, à les faire miens et à les imaginer évoluant dans les lieux du récit car c'est un texte très visuel. Cette histoire sensible laisse bien entendre la voix d'un adolescent, elle nous parle d'amour et d'amitié et nous entraîne jusqu'à l'acte de faire l'amour, comme un passage vers l'âge adulte. Nous suivons le narrateur dans sa relation aux autres, avec son père, par rapport au chien avec qui il a grandit, en compagnie de son meilleur ami et avec Zoé. 5 mois vont s'écouler, 5 histoires nous sont proposées, une par mois et à chaque saut dans le temps Tobias aura évolué et son aventure amoureuse aussi.
"J'aperçois Zoé qui remue les lèvres et je devine qu'elle me parle. Une promesse. Je lui réponds en chuchotant. Une autre promesse. Et tous les deux nous sommes seuls à entendre nos promesses."
Un beau roman pour se plonger avec justesse dans l'intimité d'un adolescent, à découvrir dès 13 ans. 

jeudi 22 août 2013

3000 façons de dire je t'aime

3000 façons de dire je t'aime 
Marie-Aude Murail
Editions L'école des loisirs
Collection Medium
"Chloé, Bastien et Neville ont eu en cinquième une professeure de français qui n’aimait que les livres qui finissent mal. Un soir, elle les a emmenés pour la première fois au théâtre voir une représentation de Dom Juan de Molière. Cette soirée a changé leur vie. C’est décidé, ils seront comédiens ! Six ans plus tard, leur désir de monter sur scène est intact et ils se retrouvent au conservatoire d’art dramatique de leur ville. Le professeur le plus réputé, monsieur Jeanson, les prend tous les trois dans son cours. Comment le théâtre va-t-il lier pour toujours la jolie jeune première, le valet de comédie et le héros romantique que Jeanson a su voir en eux ?"

Voici une magnifique histoire d'amour et d'amitié mêlés entre trois jeunes de 18 ans, encore gamins. Si différents, ils se complètent, formant un trio original et attachant. 
On a une fille Chloé, peu rebelle et timorée et dont les parents sont enseignants. Elle a surtout pour elle d'être très jolie. 
Bastien, fantasque, le bouffon de service, il aime faire rire et n'aime pas faire d'efforts. Il a grandi sans obtenir d'attention de la part de ses parents. 
"Il ferait rire les gens fatigués qui s'affaissent le soir devant leur télé, la zappette à la main. Le rire consolateur, le rire libérateur, le rire médecin !"
Et Neville, enfant d'une maman solo un peu larguée. C'est un très beau garçon, sombre et taciturne. Il vole avec une facilité déconcertante... même le coeur de ceux qui l'entourent. 
Une farandole de protagoniste secondaires tournent joyeusement (ou non) autour de nos trois héros. Le vieux prof de théâtre, passionné et passionnant. La mère de Neville angoissée et angoissante. Les parents de Bastien sont finalement presque aussi absents dans le récit qu'ils ne le sont dans la vie de leur fils. Les parents de Chloé sont d'assez bons parents, sans doute un peu trop exigeants et attentifs. La petite soeur de Chloé est attachante également (je verrais bien un roman centré sur elle). 
Marie-Aude Murail donne du corps à ses personnages, mêlant le réalisme à la fiction, elle a presque réussi à me faire croire qu'ils étaient vivants. 
Tour à tour, l'auteure peut me faire prendre un fou rire, me faire battre le coeur ou comme ça au détour d'une phrase, m'attendrir...
"Neville avait un secret charmant. Au fond, tout au fond de lui, il aimait sa maman."
Le narrateur dit "nous" mais tout en parlant des trois jeunes comme si chacun d'eux était un autre, de sorte qu'il faut attendre la fin du récit pour savoir qui il est, Chloé, Neville ou Bastien ? 
J'ai fini le livre pantoise, le sourire aux lèvres, comme vidée d'avoir ressenti tant d'émotions. 
C'est un roman qui ouvre la porte sur les choix, la passion, l'amitié, le tout lorsque cela concerne les adolescents mais finalement le récit s'adresse à tous. Un coup de coeur pour ma part, je vous le recommande chaudement. 

mercredi 26 juin 2013

Thésée et le fil d'Ariane

Ma première mythologie : Thésée et le fil d'Ariane
Hélène Kérillis
Grégoire Vallancien
Editions Hatier Poche
Le roi Minos réclame au roi Égée  sept jeunes hommes et sept jeunes filles en sacrifice au Minotaure. En cas de refus, le dirigeant de Crète menace de déclarer la guerre au dirigeant d'Athènes. 
"Le roi Égée sait bien qu'il ne peut pas vaincre Minos. Il est trop puissant. Alors que faire ?"
Alors que le souverain ne sait quelle solution choisir, son fils Thésée se porte volontaire. Le prince est convaincu de pouvoir tuer le monstre et il est d'ailleurs si convaincant qu'un groupe de jeunes gens décident de l'accompagner.
 Les voilà partis, ils naviguent des semaines sur la mer et enfin arrivent devant un roi Minos satisfait. "_... douze, treize, quatorze. C'est parfait ! déclare Minos. Demain, vous serez jetés dans le labyrinthe ! Le labyrinthe est la prison du Minotaure. Des couloirs taillés dans le roc se croisent et se recroisent sans fin. Personne ne peut en sortir. Pas même Dédale, l'architecte qui l'a construit." 
Mais dans l'assemblée, une jeune fille est bouleversée, elle vient d'avoir un coup de foudre pour le beau et courageux Thésée, c'est Ariane la fille du cruel Minos. Elle ne peut se résoudre à laisser mourir le jeune prince et se faufile dans sa chambre en pleine nuit pour lui offrir de quoi tuer le minotaure et sortir du labyrinthe...
Voici un roman jeunesse qui revient sur l'une des plus célèbres légendes de la mythologie grecque à travers cette adaptation d'Hélène Kérillis. Le récit est prenant et le suspense fera frissonner les jeunes lecteurs. Le texte est court et facile à lire, c'est un roman première lecture qui convient aux enfants dès 6/7 ans. Les illustrations intérieures de Grégoire Vallancien sont en couleurs. Les dessins aux formes graphiques correspondent bien à l'ambiance grecque et les personnages sont expressifs. Les illustrations sont présentes à chaque page du livre, ce qui offre beaucoup de vivacité au récit et permet certainement un passage facile des albums aux romans, pour les jeunes lecteurs. 

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