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lundi 17 octobre 2016

Mon grand frère tombé du ciel

Mon grand frère tombé du ciel
Sandrine Beau
Éditions Alice
Vicky, 10 ans, est fille unique. Elle est choyée, entourée par un père et une mère bienveillants. Sa vie se déroule tranquillement jusqu'au jour où elle apprend l'existence de son grand-frère, un grand gaillard de 30 ans que son père avait eu lors d'une première union. Un grand-frère qui en prime va débarquer du Sénégal avec femme et enfant et ainsi chambouler l’existence de la fillette. La jalousie étant tenace, Vicky mettra du temps à comprendre la richesse que lui apportent ces nouveaux membres de la famille venus d'ailleurs. Sandrine Beau sait y faire pour nous émouvoir, avec justesse elle se met dans la peau de cette pré-ado et retranscrit à merveille ses émotions. J’ai particulièrement aimé les rapprochements par petites touches de cet homme vers sa petite sœur, les maladresses du père, l’accueil sans réserve de la part de la mère, et la petite nièce attachante.
Un très joli roman solaire à découvrir à partir de 8/9 ans.


lundi 4 avril 2016

Le retour de Cherokee Brown

Le retour de Cherokee Brown
Siobhan Curham
Editions Flammarion 
(dès que je trouve dans quelle bibliothèque j'ai posé mon bouquin, je le prends en photo comme à mon habitude !) 


«J'ai agité la carte sous les yeux de ma mère.
- Tu sais qui l'a envoyée, n'est-ce pas ? Tu as reconnu l'écriture. Qui est ce Steve ? Pourquoi est-ce que tu ne veux rien me dire ? Et qui est cette Cherokee Brown ?
Elle a baissé la tête. Les mains dans les poches, elle avait l'air d'une gamine à qui on vient d'interdire de sortir.
- C'est toi, a-t-elle chuchoté.
- Quoi ?
- C'est toi, Cherokee Brown.

Entre le lycée et la famille, Claire se sent incomprise et exclue. Quand Steve, son père chanteur de rock fait son apparition le jour de ses quinze ans, l'adolescente se redécouvre. Elle est désormais Cherokee Broum et tout semble possible...

J'ai beaucoup aimé la plume de l'auteur. Nous découvrons Claire/Cherokee, notre narratrice. Ce livre est son livre, celui qu'elle vient de commencer à écrire. Claire, car oui au départ elle pense s'appeler Claire, en a assez de sa vie actuelle : seule au lycée, harcelée à cause de sa jambe qui l'a fait boiter, se sentant en décalage à la maison. C'est dans ce contexte qu'elle décide d'écrire, de se libérer un peu de son fardeau en laissant couler les mots sur le papier. Initiative qui prend encore plus d'ampleur lorsqu'elle découvre que son malaise n'est pas présent pour rien. Tout d'abord elle ne s'appelle pas Claire mais Cherokee est le prénom qu'elle a porté jusqu'à sa première année de vie. De plus, son père ne l'a pas vraiment abandonné, il a été écarté délibérément par sa mère. Lorsqu'il refait surface, refusant cette fois de ne plus avoir de place près de sa fille, Claire devient enfin Cherokee. Mais cela ne se fait pas sans mal et elle doit gérer cette nouvelle identité, le passé des ses ancêtres, son harcèlement scolaire et enfin les sentiments troublants qu'elle ressent en présence d'un jeune homme un peu particulier lui aussi. Le retour de Cherokee Brown est un roman où le sarcasme est souvent présent pour cacher les blessures profondes mais au récit surtout doux et sensible. On sent bien le tumulte intérieur de cette gamine en quête d'identité, sa peur d'être elle-même et ses efforts pour devenir forte. 
Je l'ai lu d'une traite, s'il est riche en émotions cela reste un livre jeunesse et de détente. C'est sûrement pour cela qu'il est si agréable à lire, les mots coulent et le lecteur se laisse facilement emporter. D'ailleurs, l'ouvrage m'a donné envie de découvrir d'autres romans de l'auteur. J'ai déjà Naufragés paru il y a peu chez Bayard (lire la chronique de Monsieur Bruno) et je pense me procurer Cher Dylan (Flammarion). 

mardi 22 mars 2016

Il suffirait d'un signe

Il suffirait d'un signe
Tiffany Schmidt
Editions Bayard

"Qu'est-ce qui se passe ? Dis-moi, je t'en prie. 
 _ J'ai une leucémie, chuchotai-je, le mot redouté me laissant un goût amer dans la bouche. 
L'accablante réalité me frappa soudain. 
_ Mon Dieu ! J'ai un cancer. 
Quand Gyver m'attira contre lui, mes yeux se remplirent de larmes. 
_ Alors, on fait quoi, maintenant ? "
Au lieu de passer l'été à la plage avec ses amies pompom-girls et son petit copain, Mia se retrouve à l'hôpital à livrer un combat contre la leucémie. Elle hésite à leur annoncer la terrible nouvelle. Pourra-t-elle compter sur eux, quoi qu'il arrive ? Mia se sent perdue, elle a besoin d'un signe... 

Je vais toujours à reculons lorsqu'il s'agit de lire un roman parlant du cancer, encore plus depuis Nos étoiles contraires que j'avais adoré. Il suffirait d'un signe n'a rien à voir avec ce que j'avais pu lire sur le thème jusqu'à présent puisqu'il traite de la maladie mais a tout du roman de détente se passant dans un lycée américain avec tous les personnages que vous pouvez imaginer (le beau gosse sombre, le play-boy chéri de ses dames, les pom-pom girls, la fille superbe mais gentille, etc.). 

Original le mélange. D'autant plus que l'héroïne est certes malade mais c'est aussi la pièce maîtresse des pom-pom girl, l'une des filles les plus populaires du lycée, qu'elle est belle comme un coeur, entourée de copines aussi splendides qu'elle et qu'enfin de nombreux garçons rêvent de sortir avec elle.

Mia est dès le départ dans le déni de sa maladie et de sa douleur. Elle refuse de mettre au courant ses amis -mis à part son ami d'enfance -, est obligée de jouer un rôle auprès d'eux et s’enlise. Maintenir ses trois meilleures amies à l'écart ne sera pas une mince affaire et à cause de cela leur amitié sera mise à mal.
L'auteure s'arrête aussi sur les sentiments des parents de Mia, se surcharger de travail pour l'un ou assurer continuellement que tout va bien pour l'autre.
Finalement, à part l'ami d'enfance de Mia aucun des autres protagonistes n'est à 100% sympathique, comme dans la vie en fait.
Malgré des imperfections j'ai aimé ce roman. Le récit reste doux, c'est peut-être étrange vu le thème de dire ça mais je n'ai pas ressenti de lourdeur, de mélo poussif, la maladie est là, c'est très dur, les traitements sont plus que douloureux, mais l'auteur sait rester sobre.
L'héroïne pourrait passer pour égocentrique (non pas à cause de son cancer mais de sa personnalité de départ) mais justement son aveuglement et son égoïste me l'ont rendue plus réelle. Ce n'est qu'une gosse de 16 ans pour qui le monde vient de s'écrouler et qui essaie de garder pied comme elle peut. Elle fait des boulettes, rejette les uns ou les autres, ne sait pas ce qu'elle veut, ne comprend pas certains signes justement, pourtant évidents, mais ce n'est qu'une gamine.
La romance menée par un trio amoureux est visible à mille kilomètres et on est quasiment certain de savoir comment ça va se finir en commençant le bouquin mais tant pis, ou tant mieux, finalement j'aurais été déçue du contraire.

L'écriture est agréable, l'auteur prend son temps mais je ne me suis pas ennuyée et j'ai passée une soirée agréable en le lisant.

A découvrir à partir de 13 ans. 

D'autres couvertures du roman...


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