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lundi 13 novembre 2017

Les coeurs brisés ont la main verte

Les cœurs brisés ont la main verte
Abbi Waxman
Éditions Belfond
Chargée d'illustrer une encyclopédie botanique, Lili, graphiste de trente-quatre ans, se retrouve inscrite bien malgré elle, par sa boss, à un stage d'initiation à l'art du jardin. 
Problème numéro un : Lili n'a jamais rien fait pousser d'autre que des mauvaises herbes. Problème numéro deux : cette timide et indécrottable citadine peine à quitter le cadre rassurant de son foyer depuis le décès de son mari adoré, trois ans plus tôt. Comment pourrait-elle affronter des inconnus armés de binettes et de râteaux ?
C'est chaussée de ses plus belles bottes en caoutchouc que Lili se résout à faire face à son destin. Non sans embarquer avec elle ses deux chipies de filles, et Rachel, sa sœur cadette drôle et sexy. Rempotage, compostage et arrosage Alors que peu à peu les apprentis jardiniers se dévoilent, Lili ne va pas tarder à découvrir les incroyables vertus du terreau sur les cœurs brisés.

Charmant ! Les situations sont totalement irréalistes, c'est bourré de bons sentiments limite cucul la praline, mais c'est irrémédiablement un roman charmant.
Quasi rien n'est plausible dans ce récit, les dialogues, les relations entre les gens, tout est tellement idéaliste et calibré, que ça en est presque risible. Mais le plaisir de cette lecture détente est là, ça se lit si facilement, les bons sentiments ça fait du bien de temps en temps, et les personnages sont agréables. Par contre, au final je suis étonnée que ce soit publié par Belfond, ça ressemble à s'y méprendre à un gentil Harlequin. Si vous voulez un joli roman avec de la romance, de l'amitié, des relations entre sœurs idylliques, des enfants quasi parfaits, des beaux gosses qui tombent du ciel et également bien sûr amoureux de ses dames immédiatement, des liens amicaux indestructibles... qui se créent en 2 minutes 35, bref si vous cherchez un joli récit avec des gens gentils et qui s'aiment tous, un roman pour vous détendre, des pointes d'humour aussi il faut le souligner, Les cœurs brisés ont la main verte sera parfait. (allez, il y a une "méchante" -pas si méchante- et d'ailleurs certaines de ses répliques sont tout à fait crédibles elles, comme quoi la méchanceté sonne plus juste sous la plume de l'auteure que la gentillesse).

Je me rends compte que je semble un peu sarcastique mais j'ai vraiment passé quelques heures délicieuses en sa compagnie. Il suffit que ce soit pile le livre dont on ait besoin à ce moment-là.

mercredi 29 juillet 2015

Le bonheur de A à Z

Le bonheur de A à Z 
Barry Jonsberg 
Editions Flammarion
Collection Tribal
Candice Phee, adolescente débordant d'humour, de joie et d'optimisme, se fait un devoir de ramener le bonheur dans sa famille après la disparition de sa petite soeur.

Une superbe surprise ! 
Je vais essayer de ne pas trop en dire pour ne pas gâcher l'effet de surprise parce que personnellement, j'ai adoré attaquer ce roman en constatant que je ne m'attendais pas du tout à une héroïne de ce type. 
Le bonheur de A à Z m'a fait l'effet d'un petit bonbon délicieux. J'ai eu le même plaisir à le lire que lorsque je me régale avec un Marie-Aude Murail. Ce sera même typiquement le roman que je me délecterai à relire, de A à Z, une fois par an. Le récit tour à tour léger, sensible et drôle est à mettre entre les mains des (pré-) adolescents, dès 11 ans. 

jeudi 13 novembre 2014

Les mondes de l'Alliance, tome 1

Les mondes de l'Alliance, tome 1 : L'ombre blanche
David Moitet
Editions Didier Jeunesse
2551, un frère, une sœur.
Ils sont jumeaux, et ont des rêves plein la tête : traqueur pour Nato, pilote de chasse pour Jade.
Tout semble possible quand on étudie à l’Académie interstellaire. Pourtant, quand ils échouent accidentellement sur une planète non répertoriée, il ne sera plus question de rêver… mais de survivre.

C'est la couverture, vraiment superbe et signée Dozan Oztel, qui m'a attirée de prime abord. J'ai très vite été étonnée par le récit... fichtrement bien fichu et captivant !! L'auteur joue avec les codes de la science-fiction et de la fantasy, et pour les lecteurs qui connaissent, ce roman n'a pas été sans rappeler la série Syrli ou encore Vertige
Les deux héros, un frère et une soeur, ont beau avoir des capacités remarquables, ils n'en demeurent pas moins des adolescents : recherche d'identité, affirmation de soi, coeur parfois chamboulé..., après la disparition de leur père, cette nouvelle aventure, va encore contribuer à faire évoluer Nato et Jade. Leur relation frère-soeur n'en sera désormais que plus forte.
Au fil des pages l'auteur installe le monde qu'il a créé : origines de différents peuples, conséquences de leurs relations les uns vis-à-vis des autres... Une fois arrivé à la toute fin, les différentes pièces du puzzle se seront assemblés pour le lecteur. 
Un premier tome qui pose des bases solides et une conclusion terrible qui donne terriblement envie de découvrir la suite. 

Extrait de L'ombre Blanche : 

Entrée atmosphérique : phase durant laquelle un vaisseau entre dans l'atmosphère à partir du vide spatial. Ce phénomène s'accompagne d'un très fort échauffement, dû aux frottements de l'air. Réduire la vitesse du vaisseau avant l'entrée atmosphérique est donc capital.
Encyclopédie galactique de l'Alliance

- Contrôle réacteur principal. 
- O.k.
- Contrôle système de refroidissement. 
- O.k.
- Contrôle système de guidage balises interstellaires.
- O.k. Je ne comprends pas, commandant, déclara le sergent Clark. Tout est en parfait état de marche.
- Alors pourquoi sortons-nous de l'itinéraire prévu ?
Le commandant Templeton n'attendait pas vraiment de réponse. Il réfléchissait à voix haute. Son vaisseau, le Neptune, était un des fleurons de la compagnie. Une merveille de technologie, sortie des usines de la capitale à peine cinq ans plus tôt. Des capteurs signalaient plusieurs semaines à l'avance le moindre risque de panne, et le commandant Templeton avait une confiance aveugle en ses mécaniciens. D'ailleurs, tout indiquait qu'il ne s'agissait pas d'un problème mécanique : la totalité des voyants étaient au vert...
Pourtant, le Neptune dérivait dangereusement vers une petite planète, située très loin du chemin qu'ils auraient dû emprunter. Des gouttes de sueur perlaient sur les tempes grisonnantes de Templeton. En trente ans de carrière, jamais il n'avait vu une telle chose se produire. Les alarmes du vaisseau auraient dû saturer les tympans de tous les passagers, mais un silence de plomb régnait dans la salle des commandes.
- Ordinateur, j'ai besoin d'infos sur la planète vers laquelle nous dérivons.
Une image en trois dimensions se forma devant les yeux du commandant et de Clark, son copilote. D'un ton monocorde, l'ordinateur de bord leur délivra une description sommaire :
- GALAXIE DE LA VOIE LACTÉE, SYSTÈME PLANÉTAIRE B202, COORDONNÉES 216, 456, 758. LA PLANÈTE N'EST PAS RÉPERTORIÉE, COMMANDANT.
- Foutue machine ! jura Templeton. Nouvelle recherche, ordinateur ! Il s'agit d'un secteur connu depuis plus de trois cents unités de temps. Il est impossible que cette zone n'ait pas été explorée.
- CONFIRMATION DE LA PREMIÈRE RÉPONSE. PLANÈTE NON RÉPERTORIÉE SUR LES CARTES DE LA COMPAGNIE, NI SUR LES CARTES MILITAIRES QUE VOUS AVEZ AJOUTÉES.
- Impossible ! répéta le commandant.
Templeton scrutait l'holosphère, conscient que sa vie et celle des passagers dépendaient peut-être des décisions qu'il allait prendre. D'un geste de la main, il imprima une rotation aux images en trois dimensions qui représentaient le système planétaire B202.
- Nom de...
- Commandant ?
- Observez bien la carte, sergent Clark, en vous focalisant sur la zone où devrait figurer cette planète. Ne remarquez-vous rien d'anormal ?
- Eh bien... non. Enfin, si. Mais ? Comment est-ce possible ? Cette ceinture d'astéroïdes, et ce petit astre rouge... Leur répartition est trop régulière. On dirait que tous ces éléments gravitent autour d'un corps céleste plus gros. C'est comme si...

mardi 10 juin 2014

Comment tomber amoureux... sans tomber

Comment tomber amoureux... sans tomber
Susie Morgenstern 
Editions L'école des Loisirs
Collection Médium 
"Annabelle a décidé que son coeur était hors service et sous les ordres exclusifs de son cerveau. En terminale S, rien n’existe en dehors de son travail. Et pas question pour elle de se limiter à l’obtention du bac, il faut qu’elle soit la meilleure. 
Les garçons ? De simples copains. Et ce n’est pas Samuel, le fils de l’ambassadeur des États-Unis parachuté dans sa classe, qui y changera quelque chose. Annabelle est d’accord pour consacrer deux heures par jour à parler français avec lui, à condition qu’il ne la ralentisse pas dans sa course vers l’excellence.
Annabelle est ambitieuse et passionnée, comme les autres femmes de la famille. Sa mère, Lulu, est obsédée par ses recherches universitaires. Sa grand-mère, Marguerite, ne lâchera pas ses fourneaux avant d’obtenir la deuxième étoile pour son restaurant. Elles risquent toutes trois de tomber de haut, de très haut. De tomber… amoureuses !"


Un titre pertinent, une couv pétillante, une auteure dont j'aime les livres, et une belle maison d'édition... j'étais impatiente de découvrir "Comment tomber amoureux... sans tomber."
"C'est une journée chaude, trop chaude, aussi bleue dans le ciel que dans l'âme."
ô_o Première phrase et ça commençait très mal. Je la relis une deuxième fois "une journée chaude aussi bleue dans le ciel que dans l'âme." et non vraiment je ne comprends pas.
Je continue, Annabelle a rencontré son nouveau camarade américain Samuel...
"les yeux vers la poitrine généreuse d'Annabelle."
et 2 pages plus loin :
"cette fille aux seins généreux, cette Annabelle"
Il n'y a rien que j'aime moins que les détails insipides et répétitifs sur le physique des personnages. De plus, quel garçon de 17 ans dirait "aux seins généreux" ??!!
Je continue... 16 pages, déjà 5 chapitres (les chapitres sont très courts et leur titres toujours en bilingue), et je n'en pouvais plus. S'il n'était s'agit de Susie Morgenstern et de L'école des Loisirs, j'aurais arrêté là ma lecture.
Mais j'ai persévéré, en essayant de passer outre ce qui me gênait. Alors certes, les personnages sont à mille lieux de nos vies. Les adolescents n'ont comme principal soucis dans leur vies que de savoir s'ils vont avoir la mention très bien au bac ou... la mention très bien. -_- Ils mangent au restaurant comme ils respirent (et pas le restaurant chinois avec buffet illimité où tu ne vas qu'une fois par an, et encore le midi parce que le soir c'est plus cher, non, non, des restos qui organisent des "brunchs" (humhum) à 100 euros par tête de pipe, des établissements "de rêve" aux menus libanais, des dîners en nocturne au musée d'Orsay... vous reprendrez bien un peu de caviar ou de soupe aux truffes ?), et ne rencontrent que des gens passionnés et passionnants. A 14 ans et 17 ans, ils dialoguent entre eux comme des adultes de la classe sociale aisée, il y a clairement un décalage énorme entre les jeunes lambda et ceux du roman.
Malgré tous ces points négatifs, j'ai aimé ce roman. Parce que ce côté tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, ça a son charme. C'est un livre qui rend heureux, dont les belles idées restent longtemps en tête. A chaque coupure dans sa lecture, on reste plongé dans ses pensées à évaluer le récit au regard de sa propre expérience de la vie. Entre l'amour, la nourriture, la sensualité, la famille, quelques personnages tirent leur épingles du jeu, mon préféré étant le plus fantasque de tous, la tante Aimée. On sent que le récit est proche de la vie de l'auteure : ce garçon qui arrive en France sans connaître un mot de la langue et tombe amoureux d'une française, ce plaisir de manger presque à chaque page, ces forts liens entre les générations de femmes, ce rattachement aux racines juives, et tout simplement ce bonheur de vivre et d'être près des siens. 
C'est un livre intergénérationnel, je le ferais lire à mon fils lorsqu'il aura atteint 15 ans, et à ma mère qui, j'en suis certaine, va l'adorer.
L'auteur préconise une lecture à partir de 12 ans, personnellement je dirais dès 13/14 ans, pas avant. En tous cas, un roman parfait pour les romantiques.

"On passe le reste de l'existence dans la nostalgie de l'enfance de nos enfants."

"Le différence entre "tomber amoureux" et "aimer" est que l'un est temporaire et l'autre permanent."

"Moi je t'aime, sincèrement, toi tu attends que je sois amoureux.Toi tu attends un feu, un incendie qui dévore tout. Pour moi, tu es la source qui illumine ma vie, qui fait la différence entre abandon et joie, un aperçu  de la plénitude."

mardi 23 octobre 2012

Le garçon qui rêvait de requins

Le garçon qui rêvait de requins
Joseph Monninger
Editions Flammarion
Collection Tribal

Une mère et ses deux enfants traversent les Etats-Unis pour arriver en Californie.  Le garçon, Tommy, a onze ans et est atteint de mucoviscidose. Il a été sélectionné par une fondation qui financent des projets où les enfants malades accomplissent leurs rêves. Son souhait à lui ? Plonger dans l'océan (dans une cage) près d'un grand requin blanc. Arriver à destination, rien ne se passe comme prévu jusqu'au moment où le frère et la soeur décident de profiter du voyage à leur façon. 

A travers leur court road movie, Bee va apprendre à s'ouvrir et va rencontrer son premier amour. Quant à son frère, après les désillusions du début de son séjour, il va enfin pouvoir vivre ses rêves.

Amour fraternel, maladie, c'est un livre touchant mais qui ne surfe pas sur la vague du pathos, le ton du récit est moderne, incisif et plein d'humour.  
A dévorer à pleines dents dès 13 ans. 

«C'est alors que je l'ai aperçu. Il nageait à un mètre cinquante de profondeur, peut-être plus. Il est passé comme un éclair bleu-gris ; son aileron affleurait à peine à la surface. Tommy avait les yeux fermés, mais moi, je l'ai vu. C'était comme si j'avais attendu toute ma vie de le voir.»
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