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mardi 10 juin 2014

Comment tomber amoureux... sans tomber

Comment tomber amoureux... sans tomber
Susie Morgenstern 
Editions L'école des Loisirs
Collection Médium 
"Annabelle a décidé que son coeur était hors service et sous les ordres exclusifs de son cerveau. En terminale S, rien n’existe en dehors de son travail. Et pas question pour elle de se limiter à l’obtention du bac, il faut qu’elle soit la meilleure. 
Les garçons ? De simples copains. Et ce n’est pas Samuel, le fils de l’ambassadeur des États-Unis parachuté dans sa classe, qui y changera quelque chose. Annabelle est d’accord pour consacrer deux heures par jour à parler français avec lui, à condition qu’il ne la ralentisse pas dans sa course vers l’excellence.
Annabelle est ambitieuse et passionnée, comme les autres femmes de la famille. Sa mère, Lulu, est obsédée par ses recherches universitaires. Sa grand-mère, Marguerite, ne lâchera pas ses fourneaux avant d’obtenir la deuxième étoile pour son restaurant. Elles risquent toutes trois de tomber de haut, de très haut. De tomber… amoureuses !"


Un titre pertinent, une couv pétillante, une auteure dont j'aime les livres, et une belle maison d'édition... j'étais impatiente de découvrir "Comment tomber amoureux... sans tomber."
"C'est une journée chaude, trop chaude, aussi bleue dans le ciel que dans l'âme."
ô_o Première phrase et ça commençait très mal. Je la relis une deuxième fois "une journée chaude aussi bleue dans le ciel que dans l'âme." et non vraiment je ne comprends pas.
Je continue, Annabelle a rencontré son nouveau camarade américain Samuel...
"les yeux vers la poitrine généreuse d'Annabelle."
et 2 pages plus loin :
"cette fille aux seins généreux, cette Annabelle"
Il n'y a rien que j'aime moins que les détails insipides et répétitifs sur le physique des personnages. De plus, quel garçon de 17 ans dirait "aux seins généreux" ??!!
Je continue... 16 pages, déjà 5 chapitres (les chapitres sont très courts et leur titres toujours en bilingue), et je n'en pouvais plus. S'il n'était s'agit de Susie Morgenstern et de L'école des Loisirs, j'aurais arrêté là ma lecture.
Mais j'ai persévéré, en essayant de passer outre ce qui me gênait. Alors certes, les personnages sont à mille lieux de nos vies. Les adolescents n'ont comme principal soucis dans leur vies que de savoir s'ils vont avoir la mention très bien au bac ou... la mention très bien. -_- Ils mangent au restaurant comme ils respirent (et pas le restaurant chinois avec buffet illimité où tu ne vas qu'une fois par an, et encore le midi parce que le soir c'est plus cher, non, non, des restos qui organisent des "brunchs" (humhum) à 100 euros par tête de pipe, des établissements "de rêve" aux menus libanais, des dîners en nocturne au musée d'Orsay... vous reprendrez bien un peu de caviar ou de soupe aux truffes ?), et ne rencontrent que des gens passionnés et passionnants. A 14 ans et 17 ans, ils dialoguent entre eux comme des adultes de la classe sociale aisée, il y a clairement un décalage énorme entre les jeunes lambda et ceux du roman.
Malgré tous ces points négatifs, j'ai aimé ce roman. Parce que ce côté tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, ça a son charme. C'est un livre qui rend heureux, dont les belles idées restent longtemps en tête. A chaque coupure dans sa lecture, on reste plongé dans ses pensées à évaluer le récit au regard de sa propre expérience de la vie. Entre l'amour, la nourriture, la sensualité, la famille, quelques personnages tirent leur épingles du jeu, mon préféré étant le plus fantasque de tous, la tante Aimée. On sent que le récit est proche de la vie de l'auteure : ce garçon qui arrive en France sans connaître un mot de la langue et tombe amoureux d'une française, ce plaisir de manger presque à chaque page, ces forts liens entre les générations de femmes, ce rattachement aux racines juives, et tout simplement ce bonheur de vivre et d'être près des siens. 
C'est un livre intergénérationnel, je le ferais lire à mon fils lorsqu'il aura atteint 15 ans, et à ma mère qui, j'en suis certaine, va l'adorer.
L'auteur préconise une lecture à partir de 12 ans, personnellement je dirais dès 13/14 ans, pas avant. En tous cas, un roman parfait pour les romantiques.

"On passe le reste de l'existence dans la nostalgie de l'enfance de nos enfants."

"Le différence entre "tomber amoureux" et "aimer" est que l'un est temporaire et l'autre permanent."

"Moi je t'aime, sincèrement, toi tu attends que je sois amoureux.Toi tu attends un feu, un incendie qui dévore tout. Pour moi, tu es la source qui illumine ma vie, qui fait la différence entre abandon et joie, un aperçu  de la plénitude."

mercredi 19 mars 2014

Lunerr, tome 1 & 2

Lunerr, tome 1 & 2 
Frédéric Faragorn
Editions L'école Des Loisirs
Collection Médium
"Pour les habitants de Keraël, la cité des aëls, il n'y a pas d'ailleurs. Leur ville est située dans un désert de sable, de pierre et de sel. Keraël est une île sans eau autour.
Le mot Ailleurs y est interdit, considéré comme une insulte, un blasphème. Le jeune Lunerr l'a appris à ses dépens. Pour avoir enfreint la règle, il a été fouetté jusqu'au sang et mis au ban de la société. A cause de lui, mamig a perdu son travail. Qui oserait embaucher la mère d'un paria ? Ken Werzh ! L'homme le plus vieux et le plus craint de l'île les a convoqués dans son brug, demeure unique et fabuleuse toute de bois sculpté. Il a l'air très intéressé par Lunerr, suffisamment pour faire de lui son lecteur et secrétaire particulier.
L'adolescent reste sur ses gardes : le vieillard aux yeux morts et au corps fripé comme celui d'un cadavre paraît doté d'une force singulière. Il se comporte de manière étrange, il tient des propos qui pourraient le faire condamner. Ken Werzh semble détenir un secret, un secret que Lunerr a très peur de découvrir..."

Lunerr est un roman surprenant. Dans le premier tome , le lecteur découvre une ville établie sous forme de castes et qui comporte de nombreuses inégalités. 
Le second tome décortique les fondements de ce qu'avait été la ville de Keraël : foi, différences de conditions des hommes et des femmes, traitement des animaux, etc.. 
Ce n'est pas un roman avec une action constamment palpitante mais le récit amène le lecteur à réfléchir sur notre civilisation. Surtout que Lunerr apparaît dans le second volume comme un roman d'anticipation et pas seulement un livre de sciences-fiction. 
Mon mari, qui a lu la série juste après moi, a trouvé que l'univers de Lunerr se rapprochait de nombreux mangas tels que la série Letter Bee, ou encore de certains films d'animation et particulièrement de Nausicâa, un des chefs-d'oeuvre de Miyazaki : un monde post-apocalyptique où notre époque actuelle est le passé perdu de la société du récit, et la forte présence de créatures fantastiques parfois complices du jeune héros.
Lunerr est donc une excellente série qui mérite vraiment d'être découverte. A lire dès 12 ans. 

jeudi 20 février 2014

Bazmaru et la fille du vent

Bazmaru et la fille du vent
Maëlle Fierpied
Editions L'école des Loisirs
Collection Médium
Lorsque commence le roman, le lecteur ne sait pas qui parle. Le vent ? Le soleil ? Un être vivant ? L'homme des villes est étudié, percé à jour par ce regard extérieur qui ne comprend pas comment "ceux qui piétinent" peuvent vivre ainsi leur vie. Des logements entassés les uns sur les autres, pas de nuit, pas de nourriture, peu d'arbres, seuls les chiens et les pigeons semblent être les animaux acceptés. 
Et la puanteur qui règne. Et la pollution qui envahit tout. 
Le lecteur cerne petit à petit le narrateur, il s'agit d'un jeune homme issu d'un peuple inconnu, les hommes-dauphins, et qui voyage afin de réaliser son initiation et de passer à l'âge adulte. Un cauchemar récurent, un rêve initiatique, l'amène à retrouver une fille et des dauphins. Peu de temps après leur rencontre, un accident surgit et manque de coûter la vie à la jeune fille. Grâce à une pierre magique, le garçon va la sauver mais désormais la fille est aussi spéciale que lui, elle a des branchies. Elle devient notre seconde narratrice et progressivement celle par qui l'on suit l'histoire. 

C'est un roman formidable, un peu obscur au départ, il prend rapidement toute son ampleur. 
Les personnages sont profondément attachants. Ils forment un duo pertinent, qui se complète bien. Petit à petit, ils apprennent à se connaître et à oublier leurs préjugés. 
"Je réagis enfin à ses insultes. Comment m'avait-il appelée ? Piétineuse. Je lui demandais ce qu'il entendit par là. 
_ "Les piétineurs. Ils piétinent la terre avec les yeux penchés vers le sol. Ils regardent seulement leurs pieds qui piétinent, piétinent sans s'arrêter. Jamais ils ne se regardent les uns les autres. Jamais ils ne lèvent leur regard vers le ciel parce qu'ils ne pensent pas à demain. Pour eux, il n'y a que le moment présent, ici et maintenant. 
Je ne me retrouvais absolument pas dans cette description surprenante. C'était une vision sans appel qui ne me concernait pas." 
L'histoire d'amour qui naît entre eux, n'est absolument pas niaise, elle est juste très jolie et contée avec beaucoup de pudeur. 
Les jeunes lecteurs seront émerveillés par les décors créés par l'auteure. Balades à dos d'orque ou de requin-baleine, voilà qui a de quoi faire rêver de nombreux enfants. Ce à quoi s'ajoute un style poétique qui transforme presque par moment le récit en conte.
Ce roman sur l'écologie  dit les choses avec sincérité et englobe cette thématique dans une très belle histoire.
"Qu'est-ce que j'y peux, moi ? Mon monde est peut-être pourri mais c'est mon monde. J'y suis née et j'essaie d'y trouver une place. Je n'y peux rien si on m'a légué des choses affreuses, sales et cassées. Je ne suis pas responsable des erreurs de mes ancêtres. Alors, arrête de m'accuser sans arrêt."
L'auteure mêle le fantastique à la réalité pour mieux faire comprendre aux jeunes lecteurs quel est l'impact de l'homme sur la planète. 
L'éditeur préconise une lecture de 12 à 16 ans, personnellement je pense qu'il peut être lu sans soucis à partir de 10 ans. 
Ce superbe roman initiatique est un gros coup de coeur. 

mercredi 27 novembre 2013

La double vie de Cassiel Roadnight

La double vie de Cassiel Roadnight
Jenny Valentine
Editions L'école des loisirs 
Collection Médium 
Chap a 16 ans, après avoir vécu de foyer en foyer entre l'âge de 10 et 14 ans, cela fait 2 ans qu'il vit dans la rue. Jusqu'au jour où, le personnel du nouveau centre pour jeunes désœuvrés dans lequel il vient d'arriver, le reconnait... ou du moins pense le reconnaître. Coïncidence étrange, Chap ressemble comme deux gouttes d'eau à un jeune garçon de son âge disparu deux ans auparavant, Cassiel Roadnight. En regardant les coupures de presse et les photos transmises par la famille de Cassiel au département des personnes disparues et à la police, Chap se met à rêver. Ah qu'est-ce qu'il aurait donné pour avoir la même enfance que ce gars-là ! Qu'est-ce qu'il donnerait pour avoir des êtres chers qui l'attendent quelque part. Et si tout ça était à portée de main ? Et si, en le prenant pour Cassiel, on lui donnait une chance d'avoir un avenir meilleur ? Alors Chap va le tenter, il va accepter d'endosser un rôle, de reprendre la vie de celui qui a disparu, de prendre sa place. Si au départ, tout lui semble idyllique, peut-être aurait-il dû réfléchir afin de se lancer tête baissée dans cette usurpation. Et si la vie de Cassiel n'était pas si heureuse ? Et si, il avait eu une bonne raison de fuir ? Et si le pire lui était arrivé ?...

La double vie de Cassiel Roadnight est un excellent roman, j'ai passé un très agréable moment de lecture. Il est assez rare d'avoir un bon thriller pour jeunes lecteurs et celui-là sait capter l'attention et intrigue. Nous sommes plongés dans les pensées du narrateur, grâce à ce dialogue intérieur nous sommes au plus près de ses émotions. Chap se pose de nombreuses questions concernant son identité et sur la famille au sens général. Toutes ces réflexions prennent un tour plus dramatiques à mesure que Chap s'installe dans la peau de Cassiel. 
"Je n'avais jamais voulu être moi. Mais être ce que l'on est n'est pas vraiment une question de choix. Tout le monde le sait.J'étais Cassiel Roadnight à la surface, mais en dessous j'étais un fou enfermé dans le grenier, un cinglé dans sa cellule, qui gémissait, hurlait, tapait à la porte et la griffait pour sortir."
Chap est un personnage attachant. C'est un garçon solitaire, qui jusqu'à l'âge de 10 ans, n'a connu comme compagnie que son grand-père. Ce dernier quotidiennement sous l'emprise de l'alcool, n'en a pas moins était un être aimant. Par des flash back nous retournons vers le passé du jeune garçon afin d'avoir un regard sur leur vies lorsqu'ils étaient ensemble. La relation entre ce vieil homme et cet enfant, malgré toutes ses failles, est émouvante et tendre. En comparaison, les autres personnages manquent un peu de dimension, de développement mais restent agréables à suivre.
Le livre offre de nombreux rebondissements ainsi que du suspense sans être effrayant. 
Le style est fluide, par contre le rythme est parfois rapide, surtout à la fin où tout s'enchaîne un peu trop vite. Incapacité parentale, dépendance, recherche d'identité, secrets de famille, le récit confronte le lecteur a de nombreux sujets sensibles. Un roman court et prenant à conseiller aux 12-16 ans. 

Ce roman a reçu la Pépite du Roman Ado européen décerné par le Salon du livre et de la jeunesse de Montreuil 2013.

Un roman lu en parallèle avec ma complice de A l'ombre du Saule. Lecture qui d'ailleurs nous a valus de longues discutions sur certains points du roman... Je vous laisse découvrir sa chronique, ICI. 

lundi 18 novembre 2013

Le garçon qui aimait deux filles qui ne l'aimaient pas

Le garçon qui aimait deux filles qui ne l'aimaient pas
Nathalie Kuperman
Editions L'école des Loisirs
Collection Medium
Louis et Mona sont inséparables depuis l'âge de la crèche mais leur relation est parfois complexe pour le jeune garçon. Alors qu'il commence à comprendre qu'il est amoureux de sa meilleure amie, celle-ci, une nouvelle fois, lui pose un lapin. Louis décide alors de changer, désormais il sera un garçon cool, de plus il envisage de se tourner vers d'autres filles. Et justement, Déborah, une copine de Mona, se met à s'intéresser à lui. Louis va t-il  en tomber amoureux ? Dur d'avoir 13 ans et d'avoir le coeur qui balance entre deux filles...

Un livre surprenant car le récit se clôt sur l'intitulé du livre, Louis aime deux filles qui ne l'aiment pas (pas d'amour en tous cas). Donc, au final, le lecteur démarre avec ce postulat et finit avec également. L'histoire n'est pourtant pas dénuée d'action mais c'est surtout la réflexion qui marque le pas ici. Le point de vue d'un jeune garçon de 13 ans, gentil, qui a le palpitant qui s'emballe, est un réel plus. Le narrateur nous fait part avec humour de ses états d'âme de jeune ado, le lectorat collégien se retrouvera certainement beaucoup dans tous les questionnements mis en relief au fil des pages. Essayer de changer ou rester soi-même ? Comment plaire ?  Est-ce qu'elle m'aime ou est-ce qu'elle se moque de moi ? Toutes les questions qui tournent autour du premier émoi amoureux et de la puberté sont mises en jeu. A découvrir à partir de 12 ans. 

"J'essaie d'être drôle, de faire de l'humour avec moi-même, mais ce ne sont pas des rires qu'accueille mon oreiller, ce sont des larmes. Des larmes en pagaille. Il me semble qu'elles s'échappent de mes paupières sans attendre que mon cerveau enregistre toutes les raisons pour lesquelles je suis vraiment très malheureux. Bizarrement, c'est un titre qui me tire de ma position couché sur le ventre, la figure dans l'oreiller. Je relève la tête, le corps suit, et je me propulse à ma table pour écrire en grosses lettres sur mon carnet : L'HISTOIRE DU GARCON QUI AIMAIT DEUX FILLES QUI NE L'AIMAIENT PAS. 
Et, au lieu de me rendre triste, ce titre me donne du courage. Je le trouve pathétique, et drôle. Un peu long peut-être. Je dois vite en trouver un autre qui me satisfasse entièrement. Du coup, je réfléchis, je pense aux titres, et j'oublie un peu ce qui m'accable. 
LE MEC QUI S'EST FAIT PLANTER SUR UN TROTTOIR (encore trop long)
L'AMOUR EST CRUEL (gnangnan)
D'AMOUR OU D’AMITIÉ ? (question idiote)
INCOMPRÉHENSION (trop abstrait)
L'AMOUR, L'AMOUR, L'AMOUR (nul)
J'arrache la feuille du carnet pour en faire une boule de papier et la porpulse contre le mur. Je prends ma tête entre les mains et la secoue pour que mon cerveau se mette en route."
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