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mercredi 7 octobre 2020

Les Menteurs de Mariposa

Jennifer Mathieu

Editions Milan

ETE 1986, Ile de Mariposa, Texas Chaque été, Elena Finney fait du baby-sitting pour la famille Callahan. C'est le seul moyen pour elle d'échapper quelques heures à sa mère, possessive, manipulatrice et incontrôlable. C'est le seul moyen pour elle de voir son petit ami en cachette. Joaquin Finney a, lui aussi, un secret : il prévoit de quitter l'île pour rejoindre un père inconnu qui, d'après Mamita, vivrait en Californie.
Ce plan, il n'en a parlé à personne, excepté à sa soeur. Mais si Elena craque et avoue tout à Mamita... que se passera-t-il ?

vendredi 15 juin 2018

Love & Gelato

Love & Gelato
Jenna Evans Welch
Editions Bayard

4 mois après le décès de sa mère, victime d'un cancer du pancréas foudroyant, Lina adolescente américaine part en Italie retrouver son père. Elle vient seulement d'apprendre son existence et ne sait de lui que son nom et les anecdotes racontées par la malade sur son lit d'hôpital. Arrivée à Florence, Lina déchante un peu. Howard, l'ami si cher au cœur de sa mère, et accessoirement son géniteur, est en charge du mémorial américain de la seconde guerre mondiale, il vit donc au milieu d'un grand cimetière, difficile environnement pour une jeune fille en plein deuil.

C'est un joli coup de cœur que j'ai eu pour ce roman ! J'ai passé un si agréable moment à voyager à Florence au travers de l'aventure de la jeune Lina ! On se laisse entraîner à la suite du beau Ren et on vit l'émerveillement face multiples découverte touristiques par procuration. On contemple le duomo, on admire le ponte Vecchio, on savoure de délicieuses glaces, on se faufile en ville chevauchant un scooter car l'auteure a le don de rendre son récit vivant. J'ai eu peur seulement durant le prologue car le roman commençait par une note très sombre avec certes un ton assez léger par rapport aux circonstances, à savoir l'annonce du cancer incurable de la mère, mais tout de même la gravité était forcément bien présente. Mais malgré des interludes plus sensibles où Lina apprend à connaître sa mère, et sa propre histoire par là-même, grâce à un journal intime qu'elle lui a laissé, le récit est douce, gaie et rafraîchissante. Une tendre romance au goût de stracciatella  sous la chaleur italienne, une parfaite lecture pour cet été. A découvrir dès 13 ans. 


Et si je mets en images ce qui m'a marquée dans le roman, ça donne ça : 

vendredi 3 juin 2016

Everything Everything


Everything Everything
Nicola Yoon
Editions bayard
Madeline vit sous cloche, sa maison est un palais stérile où aucun microbe n’a la possibilité d’entrer parce qu’elle est atteinte de la maladie rare du DICS, c'est une enfant-bulle. Dehors, tout peut la tuer, elle n’a donc jamais le droit de sortir de chez elle et presque personne ne vient et ne peut la toucher. Sa mère, son infirmière personnelle, et ses professeurs particuliers forment son univers.


J’ai tout aimé de ce livre ! Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas eu un aussi fort coup de cœur ! Everything everything est un roman doux et fort. J’ai aimé m’énerver contre l’héroïne qui ne se rebellait pas assez à mon goût. J’ai aimé comprendre très vite finalement où voulait nous amener l’auteur, je m’y suis laissée entraîner, me fichant bien de ne pas être surprise et savourant au contraire cette victoire sur les personnages et sur la vie aussi. J’ai adoré comprendre tous les indices que Nicola Yoon avait glissé à ses lecteurs dès le départ; Blanche Neige, Raiponce, ce n’est finalement pas pour rien que Madeline et Olly les mentionnent… Je me suis régalée. J’ai savouré chaque phrase, me délectant de l’humour bien présent, des échanges très modernes (retranscriptions d'e-mail par exemple) et de la psychologie de chaque protagoniste.
Everything everything est un bijou d’humanité où je me suis en fait sûrement retrouvée quelque peu au fil des pages et au gré des personnages. Mais loin d'être accablant, le roman est, malgré tout, plein de légèreté, une ode à la liberté. L'auteur a su donner une impression de roman de détente alors même qu'elle aborde des thématiques profondes. 
Je vous le recommande chaudement puisque c'est un gros coup de coeur. 

Je me suis faite plaisir en réalisant un petit montage de photos qui correspond pour moi à l'univers du roman. 

Edit : Je viens de lire sur la page twitter de l'auteure que le roman va bénéficier d'une adaptation en film ! ô joie ! 

mercredi 16 mars 2016

Sunshine, tome 1

Sunshine, tome 1  
Paige McKenzie
Editions Hachette
Colelction Back Moon
Peu après son seizième anniversaire, Sunshine déménage avec sa mère à Ridgemont, dans l'Etat de Washington. Pour elle, rien n'est plus effrayant que cette ville, pleine de brouillard sous un ciel gris, même en été. Rien, sauf peut-être leur nouvelle maison. Il y fait toujours froid, et il s'y passe des choses franchement bizarres. Sunshine ne croyait pas aux fantômes. Jusqu'à maintenant.

Je m’intéressais au livre un peu avant l'annonce de sa sortie en France et j'avais lu quelques chroniques américaines. Certaines lectrices mettaient en avant que le livre ne faisait pas peur alors qu'elles pensaient découvrir un roman d'horreur. Etant une grande trouillarde au lieu de me décourager, cela m'avait rassurée. Verdict pour moi : le récit fait bien assez peur ! Je ne sais pas à quoi s'attendaient ces lectrices mais pour le coup un roman tiré d'une web série pour ado on ne pouvait pas s'attendre non plus à du méga gore mais nous avons tout de même tout le long du livre un stress ambiant, du suspense et une entité malveillante qui rôde. La jeune fille sera témoin de faits surnaturels et devra même lutter pour sa vie. Pour dire que j'ai trouvé ça largement suffisant côté angoisse : j'ai cauchemardé une bonne partie de la nuit qui a suivi ma soirée de lecture. Personnellement, j'ai passé un très bon moment de lecture, je ne me suis pas ennuyée, je n'ai jamais décroché et je me suis prise au jeu. Mes seuls reproches sur Sunshine concernent un soucis de temporalité et les relations entre les personnages. Pour le premier point, j'ai été éberluée de lire soudain "cela fait trois mois que l'on se connait" alors que je pensais que 2 jours s'étaient écoulés ! (????) Et j'en viens à mon second point, le fait que le temps ne semble pas s'être déroulé normalement donne une impression de tissage de lien très fort entre les protagonistes beaucoup trop rapide. 
Si les personnages ne sont pas très attachants, ils ne sont pas non plus déplaisants. Le roman que je pensais être du surnaturel dérive vers du fantastique avec une mythologie bien particulière. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas vous gâcher la surprise mais nous n'avons plus seulement une histoire de fantôme, l'identité de Sunshine elle-même cache bien plus que ça. 
A découvrir à partir de 12/13 ans. 

vendredi 19 février 2016

L'enfant et le masque de fer

L'enfant et le masque de fer
Jean-Pierre Kerloc'h
Editions Didier Jeunesse
"Ma très chère fille, il y a des vérités que vous devez connaître. J'ai dû promettre de ne jamais vous parler de la forteresse où nous étions emprisonnées. Ni du masque de fer. J'ai tenu cette promesse toute ma vie. Il vous appartiendra à vous aussi de garder ce secret." 
Le jour de ses quinze ans, Marie-Anne peut enfin lire la lettre confiée par sa mère des années auparavant. Et ce même jour, d'Artagnan vient la sortir de l'austère couvent où elle était enfermée... 
Quand le roman historique croise la légende...


Énorme coup de coeur ! Ce roman est une merveille de délicatesse ! Je me suis laissée emporter sous le règne de Louis XIV et j'ai vu au travers de la jeune Marie-Anne cette époque et ses travers. La jeune fille passant du château au couvent puis  à la cour, le lecteur pourra ainsi contempler différentes facettes de la France d'alors. Outre le côté historique, le récit brille grâce aux portraits habiles et détaillés des protagonistes et au romanesque qui entoure la légende du masque de fer. Tout en étant fluide, l'écriture est belle, précise et poétique. Le roman se lit d'une traite et aucune lourdeur ne vient peser sur les pages. Il est aussi assez court mais en 131 pages le lecteur aura été témoin d'une tendre relation mère-enfant, de la naissance d'une amitié profonde et sincère et de l'épanouissement d'un coeur libre. L'évolution de l'héroïne, son cheminement vers ce à quoi elle aspire, est très réussie et chaque étape est en rapport avec son âge. 
Ce roman est à faire lire aux collégiens, voilà un roman avec un cadre historique solide mais qui est tout sauf indigeste ! Une superbe écriture, des références littéraires (roman, poésie, théâtre), des touches de mythologie grecque, des pointes d'humour aussi, bref il a tout pour devenir un indispensable de nos bibliothèques ! 
Sortie le 9 mars   

mardi 2 février 2016

Janis est folle

Janis est folle
Olivier Ka
Editions du Rouergue
 
Titouan et sa mère Janis vivent depuis toujours en marge, se faisant héberger ici ou là, de ville en ville, de petits boulots en petits boulots. Seuls au monde tous les deux et s'adorant. Mais un jour, Janis met volontairement le feu aux deux-pièces qu'on leur prête et les voilà en cavale, dormant dans leur vieux Volvo break ou dans des campings paumés. Sans argent, ils braquent une pizzeria, puis une épicerie.
Jusqu'où l'irresponsabilité de Janis va-t-elle les mener ? Pourtant, Titouan a l'impression que sa mère l'emmène dans un lieu précis, le lieu de leurs origines... 

Le livre n'est pas à mettre entre les mains des plus jeunes. Il fait partie de la collection Doado noir donc forcément vous l'aurez compris on s'adresse aux adolescents (je frôle le génie là...), à partir de 14 ans minimum. Personnellement, je ressens plutôt cette collection comme des livres pour adultes... mais en mieux ! Sans la fioriture, la complaisance (cf le passage des parents de Fleur... si vous vous laissez tenter dans le roman, vous comprendrez), avec de la sexualité mais pas de scènes de sexe qui n'auraient rien à faire là. Dans Janis est folle, Olivier Ka montre bien l'absurdité de la vie de ses deux héros principaux et en même temps comment Titouan cherche à survivre intérieurement. Le jeune garçon est obligé de se conforter dans l'idée qu'il est heureux avec sa mère mais parfois quand les choses vont trop loin, le barrage lâche et il frôle peut-être une forme d'autisme en rentrant en lui-même. Car une chose est certaine, si sa mère semblait vouloir le protéger, au final, elle ne cesse de le mettre en danger (comme dans l'épisode de l'homme en peignoir ou du vol de jambon). La tension monte, la pression sur Titouan augmente en écho à la folie grandissante de Janis... ou peut-être est-ce juste parce que cela fait trop longtemps qu'ils jouent à ce jeu dangereux. Jusqu'au bout l'auteur nous fait tourner en rond, les bons deviennent les mauvais et inversement. Tout s'explique et le récit laisse d'abord un goût âpre pour finir comme dans une chanson mélancolique sur un vent d'apaisement et pourquoi pas d'espoir. 

samedi 3 octobre 2015

La porte de la salle de bain

La porte de la salle de bain
Sandrine Beau
Editions Talents Hauts
"J'attendais mes seins avec impatience. C'est à partir des p'tits oeufs au plat que tout s'est déglingué. Comme s'ils s'étaient passé le mot pour gâcher ma joie toute nouvelle. Ça a commencé dans le bus. C'est là que j'ai vu le regard des hommes changer. Enfin de certains hommes... Ceux-là, ils ne se gênaient pas pour me regarder. Ou plutôt pour me regarder directement dans les seins. Pas gênés ! Tranquilles. Je détestais ça. "

Au départ, ça commence en douceur et avec des sourires pour le lecteur puisque Mia nous parle de puberté, de ses seins qui commencent à pousser, et des changements progressifs qu'elle ressent en elle. Mia a une vie plutôt agréable. Sa mère s'est remise récemment d'une dépression, par contre elle bosse beaucoup. Son ptit frère est un petit rayon de soleil à lui tout seul. A la maison, traîne le dernier amoureux de la maman, Lloyd, celui par qui elle dit s'en être sortie. Il y a Maminette aussi qui s'occupe si bien de ses petits enfants, et voit d'un oeil mauvais le nouvel amoureux, squatteur, profiteur et glandeur sur les bords. Mais pour les enfants, tout roule jusqu'à lors, Lloyd est plutôt drôle et  n'hésite pas à partir dans des délires pour les faire rire. Puis tout s'enchaîne. Une coïncidence ? Non. Des actes qui deviennent de plus en plus délibérés et malsains. Pour Mia, de la honte, du mal-être, le bonheur de grandir gâché par cet homme aux pensées tordues. 
"J'avais l'impression de ne plus rien comprendre, de ne plus être sur la même planète que les autres. Dans ma tête, il n'y avait plus que la salle de bain, la salle de bain, la salle de bain..."
De la culpabilité aussi, Mia n'a pas envie d'en parler à sa mère, de lui casser son rêve de famille unie puisque pour cette dernière, Lloyd est celui qui l'a sauvée. 
La dépression, la puberté, et la pédophilie, voilà 3 thèmes forts rassemblés dans un seul roman. 
La relation entre Mia et sa grand-mère est très belle, très forte. Elle est essentielle au récit puisqu'il s'agit de la personne en qui Mia a confiance et a décidé de se confier. C'est donc la grand-mère qui va permettre de mettre fin aux violences. 
Ce roman fait partie des indispensables pour moi. Dur en tant que parents de parler régulièrement de pédophilie tout en arrivant à ne pas trop les angoisser, et finalement je ne suis pas certaine que les enfants comprennent bien de quoi il retourne. Ici, l'auteure met des mots sur des actes interdits et des regards qui n'ont pas lieu d'être, elle insiste aussi sur cette nécessité de parler à tout prix de ce qui arrive. S'ouvrir à un adulte est indispensable pour sortir du cauchemar, il est primordial que les enfants intègrent cette notion, ce récit est un bon moyen pour leur faire passer ce message.
Le lecteur est entraîné dans la spirale infernale que vit Mia, mal au ventre, échec scolaire, la peur sourde s'installe, la jeune héroïne est emportée vers le fond, le lecteur se rongeant les ongles face à la tension du récit, s'angoissant du pire à venir. Mais l'auteur s'arrête avant ce pire, ce qu'a vécu Mia est bien suffisant pour traumatiser qui que ce soit, épargnant suffisamment les lecteurs et permettant une lecture par les plus jeunes également. L'épilogue est là comme une renaissance, parce que même quand le pire s'est produit, on peut grandir, ne plus être une petite fille sans défense, et avoir un jour des papillons dans le ventre nous aussi...
A noter, la jolie dédicace de l'auteur qui ouvre le livre parce qu'il est important de rappeler qu'il n'y a pas que les filles qui peuvent être concernées. 

mardi 10 mars 2015

Buen Camino

Buen Camino
Roselyne Bertin
Oskar Editeur
Lorsque son père séparé lui a annoncé qu'il prenait la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, Robin était loin de s'imaginer que sa mère Caroline lui emboîterait le pas pour le reconquérir en 1600 kilomètres. Ce que le collégien savait encore moins, c'est que ses frère et soeur le chargeraient d'une importante mission : servir de garde du corps à Caroline. Pas plus que sa mère, Robin n'est préparé à affronter une si longue marche et son douloureux cortège de tendinites et d'ampoules aux pieds, mais la volonté donne des ailes, et ce voyage forcé lui réserve d'agréables surprises.

J'ai pris plaisir à faire un bout de chemin sur la route de Saint-Jacques de Compostelle avec Robin et sa mère. Le lecteur y découvre une vie parallèle mais pas forcément hors du temps puisque mère et fils se pressent en vue de rejoindre le père de famille. On appréciera ce roman qui sent bon l'apprentissage et le développement personnel. Robin est celui qui va sortir le plus changé de ce périple. Il va apprendre à regarder autrement les gens qui l'entourent et se rapproche sensiblement de sa mère. La route est également synonyme de jolies rencontres, et Robin va en faire une bien belle qui porte le doux nom de Fanette. Un roman tendre à découvrir dès 10 ans. 

dimanche 1 mars 2015

Mon poussin

Mon poussin 
Akiko Hayashi 
Kiyoshi Soya
Editions L'école des Loisirs 
 Comment ne pas craquer pour cette couverture !! Lecteurs français (ou francophones) et fidèles à l'école des loisirs, nous connaissons déjà Le premier camping de NaoAya et son grand frère, Aya et sa petite soeur, Attention! peinture magique et Trois petits noels d'Akiko Hayashi. Kiyoshi Soya, lui, n'a jamais encore été publié en france. Par contre, il est aussi le co-auteur avec Akiko Hayashi de deux autres albums (apparemment publiés seulement en japonais) dont les couvertures sont tout aussi superbes que Mon poussin

Revenons d'ailleurs à Mon poussin... 

Un tout petit poussin semble perdu au milieu de la nature. 
Le soleil se couche. Alors, d'une feuille il se fait un abri. Mais, heureusement, maman poule arrive et c'est bien au chaud sous ses plumes qu'il finira sa nuit. 

Un tout-petit qui part à l'aventure et s'autonomise, la nuit qui n'est pas si effrayante (les étoiles brillent), la mère qui reste comme un point d'ancrage et sera toujours là pour son enfant, pour l'apaiser, tels sont les thèmes que l'on peut retrouver au cours de ces pages dont les phrases brèves suffisent largement. Les couleurs aussi sont sublimées : le jaune tendre du petit poussin ébouriffé, les tons doux de la nuit tombée, et le contraste entre la poule dans l'obscurité et de jour. 
 
Le style de l'auteur est également à noter, le lecteur s'adresse directement à l'animal et celui-ci lui répond. 
L'album est au format carré, pas trop grand et tout en carton, deux atouts pour être manipulés avec aisance par les tout-petits. 

Un coup de coeur. 

lundi 7 avril 2014

Là où naissent les nuages

Là où naissent les nuages
Annelise Heurtier
Editions Casterman
Amélia est ronde et pas très bien dans sa peau. Pour son malheur, elle a deux parents beaux, intelligents, compatissants aussi. Après un passé dans l'humanitaire, sa mère a conservé des contacts en Mongolie, où elle envoie chaque mois de l'argent à une association. Lorsque la nouvelle directrice envoie une lettre en provenance directe d'Oulan-Bator pour lui demander de maintenir son aide financière et proposer une visite avec un travail de bénévole, la mère d'Amélia décline l'invitation. Le père, plus enthousiaste, projette aussitôt d'y aller avec sa fille mais au final Amélia va se retrouver à devoir partir seule
A 16 ans, à travers son bénévolat dans cette ONG qui vient en aide à ce pays émergent, Amélia va être confrontée à des découvertes bouleversantes...

Je me suis aperçue en recevant cet ouvrage que de La fille aux cheveux d'encre à Charly Tempête, en passant par Le carnet rouge, , On n'a rien vu venir, sans oublier Sweet Sixteen, j'avais plusieurs des livres d'Annelise Heurtier. A chaque fois, ils m'avaient beaucoup plu, voire ils avaient été des coups de coeur. Autre constatation, l'auteure aime pratiquer les grands écarts, Les Etats-Unis des années 50, le Népal, et maintenant la Mongolie. Mais toujours des textes servis par sa belle écriture et une plume qui sonne juste.
J'ai à nouveau aimé ce dernier roman. A travers un récit intime, presque un journal même s'il est au passé, l'auteur nous offre un texte actuel dans lequel elle parvient à nous émouvoir sans tomber dans le misérabilisme.  La pauvreté extrême, la maltraitance, les abandons d'enfants, sont bien présents dans le récit mais la vision de la jeune fille, si touchée soit-elle par ce qu'elle observe, reste marquée par l'humour et le sarcasme, une bonne façon de donner des bouffées d'air aux lecteurs
[...] je devais avoir une tête à faire fuir les candidats les plus désespérés de L'amour est dans le pré [...]
Du rire à l'émotion, le lecteur suit donc l'héroïne au fil de ce récit initiatique.
"Je n'aimais pas penser à ces réalités-là. Ne pas les voir, ne pas y penser, c'était plus simple pour se donner l'illusion qu'elles n’existaient pas. Et avoir tout le loisir de m'apitoyer sur mon sort à moi."
"Ils auraient pu être nous, nous aurions pu être eux. Je détestais cette pensée."
 Amélia va s'extérioriser, être moins centrée sur elle-même et finalement en découvrir beaucoup sur qui elle est. 
Car le contact entre une jeune adolescente, parisienne aisée, et la Mongolie traditionnelle (la fête du Naadam avec ses courses de chevaux ou encore dans les steppes la vie d'une famille nomade) et la Mongolie émergente dans la capitale d'Oulan-Bator, n'est pas le seul sujet sensible du récit. Boulimie, relation mère-fille, et enfin en filigrane, par petites touches le mystère qui entoure sa mère et le secret qui entoure la naissance de la jeune fille. 
"C'est ma mère qui m'a conduite à l'aéroport. Dans la voiture, je pouvais presque voir son angoisse prête à faire craqueler son maquillage. Mais quelle angoisse ? Celle de voir sa fille sortir de son cocon ? Ou une autre, plus sourde, dont j'étais, à ce moment-là, à mille lieux d'imaginer la cause ?"
Ce très bon roman est à conseiller à partir de 13 ans
J'aime également énormément la couverture qui met bien en valeur les visions parallèles France/Mongolie présentes dans le livre. 

vendredi 4 avril 2014

Gipsy Song

 Gipsy Song : Le choix de Kenzie
Beth Kephart
La Martinière J Fiction
Après la mort de son père, Kenzie, 18 ans, trouve refuge et réconfort auprès de son meilleur ami. Mais finalement, très vite, elle tombe enceinte de lui. Déterminée à garder le bébé malgré le rejet de cette décision par son petit-ami, elle est forcée par sa mère à partir en Espagne où au terme de sa grossesse, le bébé sera adopté.
Dans la chaleur de l'Andalousie, au son d'une guitare de gitan, du chant des oiseaux, des bruits de cuisine, et couvé par le regard du ténébreux palefrenier Esteban, Kenzie va se découvrir elle-même et devoir faire un choix... 

Au coeur du maquis andalou, l'auteur nous offre un portrait sensible, une plongée dans l'intimité de cette jeune fille, trop tôt femme, abandonnée par les siens. Au fil des pages, Kenzie parcourt un chemin initiatique, mine de rien, elle se reconstruit ou peut-être se construit car elle devient une autre. Au ranch, Kenzie sera entourée de nombreuses personnes : Miguel, Estela, Esteban, Angelita, Luis... La jeune fille essaie de s'accrocher à Esteban ou Estela malgré leurs pseudo-indifférences, et le lecteur découvre ces gens d'Andalousie qui nous paraissent sombres, taciturnes mais qui ont un coeur énorme.
Estela, la cuisinière qui apprend à Kenzie son savoir faire, est l'un des protagonistes marquants de ce récit. Petit à petit son histoire nous est dévoilée et le lecteur comprend alors pourquoi la vieille femme se comporte ainsi envers les autres. Sa relation avec Kenzie est très belle, tout d'abord pleine de réticence des deux côtés, elle devient de plus en plus douce pour finir par être quasi maternelle.
Le récit est plein de silences précieux, les personnages se parlent parfois à demi-mots mais justement les dialogues, peu nombreux, sonnent justes. Kenzie, quant à elle, converse régulièrement avec son bébé, ce sont des instants très doux qui nous rendent le personnage encore plus attachant
 L'Espagne est très présente, la chaleur, les couleurs, les odeurs, l'auteur plante son décor et crée une ambiance qui donne le ton et du relief à son récit. Beth Kephart est poète, et cela se sent, sa prose est poétique, délicate, et surtout profondément intimiste. L'auteur ne fait pas dans la facilité, c'est un récit beaucoup plus mûr que le résumé me le laissait penser. Touchant, parfois douloureux, c'est un beau livre, vibrant, qui porte sur les choix, sur la liberté de disposer de son corps, d'être, et de devenir ce que l'on veut. 

A découvrir dès 13/14 ans.

Une très belle chronique chez Clarabel. Il n'y a que ce qui concerne la couverture où je ne la rejoints pas, personnellement je préfère nettement la version française, et j'ai du mal à retrouver l’atmosphère du livre dans l'original. 

Concours pour gagner 3 exemplaires du livre, ICI. 

dimanche 16 mars 2014

Les enfants rats

Les enfants rats
Françoise Jay
Editions Plon
"Dans un monde politiquement bouleversé, des milliers d'enfants, abandonnés à eux-mêmes, ont trouvé refuge dans les égouts. Regroupés en hordes où règnent la violence et la loi du plus fort, leur quotidien se réduit à voler dans la ville pour survivre, et à échapper à la police ainsi qu'aux autres hordes. Irielle a dix-sept ans. Arrivée dans les égouts à l'âge de dix ans, elle a refusé la loi sauvage des enfants-rats. Elle vit seule avec Jode, un petit garçon de cinq ans qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle et à qui elle a appris à lire et à écrire... En ce début de printemps, deux rencontres vont bouleverser leur vie..." 

J'avais craqué pour son titre, sa couverture et son résumé, j'avais donc envie de le lire depuis sa sortie. Je ne l'ai acheté qu'il y a quelques mois pour au final, ne pas trouver le temps de le lire... jusqu'à aujourd'hui. Je n'ai pas été déçue une seconde ! Au contraire, il est encore meilleur que ce que j'espérais, il y a dans ce roman  tout ce que j'aime. Et surtout l'auteure dose savamment chaque ingrédient de son récit de manière à ce que tout soit présent (romance, amitié, affection, tendresse, suspense, mort, peur, politique, écologie, etc.) sans trop en faire. Je suis très compliquée en ce qui concerne la romance, j'aime qu'il y est un couple d'amoureux et en même temps je ne supporte pas le moindre gniangniantisme et là j'ai été satisfaite au plus haut point, ce que m'a proposé l'auteure est juste parfait ! Concernant l'intrigue, ce roman d'anticipation très prenant nous plonge en 2025, dans notre société qui a basculé dans le chaos et où la misère et la violence dominent principalement. Heureusement, l'espoir et la solidarité sont également présents, et une nouvelle ère est en marche. Le lecteur se prend un tas d'émotions en pleine face, on est touché par l'héroïne si jeune et pourtant déjà si maternante et tendre. On craque pour son petit protégé de 5 ans, on tremble pour le bébé qui survient, on lit en espérant fortement que tout ce petit monde va survivre malgré les épreuves. Et justement, encore une fois, l'auteure épargne aux lecteurs le trash tout en ménageant une tension au fil des pages, son récit tout en étant très touchant et parfois dur, est adapté aux adolescents dès 12 ans. 
Un coup de coeur ! 

vendredi 6 décembre 2013

Le plus beau des trésors

Une chronique thématique sur l'amour familial, la douceur, la tendresse... parce qu'il est toujours bon de leur dire "Je t'aime" même au travers d'une histoire... 
3 superbes albums fort différents les uns des autres. 3 ouvrages coups de coeur à lire et à relire.

Le plus beau cadeau du monde
Claudia Bielinsky 
Editions Casterman
Je dis toujours à mes fils que les enfants sont les plus précieux des trésors, les plus beaux des cadeaux, cet album m'a donc forcément tapé dans l'oeil immédiatement. 
Papa Ours se lève de bonne humeur, aujourd'hui c'est son anniversaire. Cette année, en plus, on lui a promis qu'il aurait le plus beau cadeau du monde ! Il est impatient ! Une lettre laissée par ses enfants l'informe qu'ils sont partis faire des courses et que Papa Ours ne doit pas en profiter pour chercher son cadeau. Non, non, non il ne ferait pas ça, voyons... Enfin, quoique l'occasion est trop belle. Alors hop un ptit coup de serpillière par-ci et un petit coup d'oeil par-là... Il passe l'aspirateur mais regarde dans le placard en même temps...
La voiture est sale, un coup d'éponge mais pas de cadeau dans le garage. Il est temps d'arroser ? Le moment de vérifier dans l'arbre si rien n'est caché... 
Et puis, à chaque fois il tombe sur de drôles d'animaux ce Papa Ours ! Un requin (à moustaches !) dans la baignoire, des fourmis musiciennes (reines de la trompette !), des chenilles qui dansent (en chaussettes !), des baleines (à tâches !)... 
Mais toujours pas de cadeau !! 
Oh mais au beau milieu du salon, que trouve t-il ? Un immense paquet 
Sûr que Papa Ours va y trouver le plus beau cadeau du monde, 10 oursons qui lui ont fait une surprise, 10 enfants à câliner...
Cet album est une vraie réussite ! L'album est d'ailleurs tout en carton, ce qui est particulièrement judicieux pour en faire un album que l'enfant peut lire et manipuler sans risque. L'album est un grand format avec des grands dessins, et associés aux couleurs vives, aux motifs à fleurs, à rayures ou à pois, tout attire le regard et l'attention du tout-petit. Le personnage du Papa Ours est un personnage très sympathique. Un poil loufoque, il a un côté enfantin et les enfants seront certainement sensibles à ce papa qui fait des bêtises. L'album pourrait se contenter d'être une très jolie, tendre et amusante histoire mais l'auteure rajoute un aspect ludique à son livre grâce aux rabats à soulever qui laissent apparaître une numérotation de 1 jusqu'à 10. Le jeune enfant peut donc apprendre à compter tout en écoutant l'histoire lue par le parent. 
Un bel album à découvrir à partir dès 2 ans.

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Devine combien je t'aime
Ici, là-bas et partout
Sam Mc Bratney
Editions L'école des loisirs
Collection Pastel
Devine combien je t'aime de Sam Mc Bratney est devenu un classique de la littérature jeunesse. Je connais bien le premier et il m'est déjà arrivé de l’offrir à des enfants d'amis proches. J'ai donc été ravie de découvrir cet album qui est dans la continuité de ce best-seller.

Grand Lièvre Brun et Petit Lièvre Brun jouent à cache-cache ou à souffler sur des pissenlits. Ils parcourent leur territoire de la Montagne dans les nuages à l'Arbre à cachette, en passant par la rivière et le champ lointain.
"Ensemble, ils dévalent la montagne, sortent des nuages et retrouvent le soleil qui brille sur les champs."
 A travers ces petites aventures, ils nous font passer trois messages qui reposent sur l'amour et l'éducation dans le respect de l'enfant. 
"Après le déjeuner, Petit Lièvre Brun joue dans les rochers près du torrent. Puis, il trouve des pissenlits bons à être soufflés. Et ça, c'est encore mieux ! Un... deux... trois... ffffff ! La moitié du pissenlit a disparu.
 _ Tu as bien soufflé, dit Grand Lièvre Brun."
En grandissant en confiance, l'enfant n'a plus peur et peut se dépasser. Le petit animal trouvera une résonance chez le jeune lecteur en mettant des mots sur ce qu'il ressent dans la vie quotidienne. Le grand qui l'empêche de faire des choses, mais dont la petit voix revient aux oreilles lorsqu'un danger se présente. 
"Mais une voix l'interpelle : _Non, les trous sombres sont dangereux. 
Cette fois, c'est sa propre petite voix intérieure qui lui conseille d'être prudent."
Pédagogique, le livre rassure et accompagne avec sagesse les découvertes qui se présentent. 
Le récit est à la limite du mièvre peut-être mais impossible de ne pas fondre devant tant de douceur et de bienveillance. Le message principal s'annonce clairement dès le titre et se décline au fil des pages, l'important c'est l'enfant, il est ce que le parent a de plus cher. Nous sommes heureux d'être leurs parents et de les avoir près de nous.
"_ On s'est presque perdus ! dit Petit Lièvre Brun.
_ Presque, sourit Grand Lièvre Brun en lançant un dernier regard sur la Montagne dans les Nuages. Mais l'important, c'est que je t'ai trouvé, toi !"
Les illustrations réalisées à l'aquarelle et à l'encre sont tendres et apaisantes. Les deux personnages sont expressifs. La nature prend une place importance dans l'album. Même si l'auteur prête des jeux ou pensées humaines aux animaux, ils restent réalistes et semblables à de vrais lièvres
L'édition est très soignée. La couverture est cartonnée, les pages sont épaisses, et le livre bénéficie de  belles pages de garde, un plus toujours aussi agréable. 

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Regarde comme je t'aime
Emiri Hayashi
Editions Nathan
Un petit ours et sa maman se promènent au coeur d'une Nature enneigée. Le matin commence par un câlin, puis la promenade les conduit jusqu'aux ruches où ils se régalent de bon miel. 
Des chatouilles, des jeux dans l'eau, la journée a été bien remplie, voilà la mère et son petit qui retournent se coucher...
Après Regarde dans la nuit, Regarde dans la mer et Regarde dans la neige, voici la dernière collaboration d'Emiri Hayashi avec les éditions Nathan. On retrouve avec un plaisir non dissimulé le style très kawaii de l'auteure. Ces dessins tout ronds et tout mignons se succèdent au fil des pages. L'album, tout en carton et aux bords ronds, s'adresse aux tout-petits dès 6 mois en créant des effets visuels très attractifs. Les motifs sont gros et 5 couleurs seulement sont déclinées sur chaque double-page : le noir, l'argent, le brun, le bleu et le saumon. Le saumon, entre rose et orange, est très flashy, l'argent brille dans un joli effet miroir avec la lumière
C'est également un livre à toucher, les deux ours sont recouverts de tissu, un relief tout doux que l'enfant aura donc envie de caresser, ce qui en fait un livre-doudou-câlin qui colle forcément au thème de l'ouvrage. Un bel album tendre et doux, sur la relation entre une mère et son enfant et cet amour, pour un moment de lecture complice avec son petit
En 4ème de couverture, la psychologue et psychanalyste Christel Denolle qui a collaboré à l’élaboration de l'album, donne les grandes pistes de ce qu'apporte l'ouvrage à un bébé. 

vendredi 15 novembre 2013

Doudous, pouce et surtout beaucoup de tendresse

Les objets transitionnels aident et apaisent les tout-petits. Ils constituent pour eux, tout simplement, d'un moyen d'affronter le monde. Aujourd'hui, je vous présente 3 albums qui parlent de la place que prennent les doudous et le pouce auprès des jeunes enfants. 
3 albums pour grandir en douceur ! 3 albums coups de coeur ! 

Ça sent bon la maman
Emile Jadoul
Claude K. Dubois 
Editions L'école des Loisirs
Pastel
Après l'histoire et le câlin du soir, Taupinou n'a pas envie de se retrouver tout seul dans son lit
"Mais Maman Taupe lui donne un dernier bisou entre les oreilles... puis elle s'en va tout doucement."
La petite taupe s'assoit alors sur son lit et écoute les bruits de la maison et ceux de la nuit. 
Taupinou se relève mais sa maman n'est pas d'accord et insiste pour qu'il se recouche. Son enfant voudrait qu'elle dorme avec lui. Alors maman taupe trouve une idée pour laisser un peu d'elle auprès de son petit. Elle ôte son foulard et Taupinou retourne au lit avec...

Lorsque je tiens ce livre, je pars forcément sur un bon à priori car j'adore les deux auteurs. La couverture est d'un chou ! A l'intérieur, c'est tout aussi joli, doux et tendre. Un joli brin rétro peut-être, avec les tissus à carreaux. L'ambiance, créé par Claude K. Dubois, est à l'image du texte, une envie de cooconing, de prendre dans ses bras son enfant et de se laisser dorloter et câliner. C'est un livre-doudou dans tous les sens du terme, une histoire sur les doudous, un récit à lire et à relire avec son tout-petit bien au chaud au creux de nos bras.  

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Nos beaux doudous
Stéphane Servant
Ilya Green
Editions Didier Jeunesse
Le petit garçon a un doudou, nommé tout simplement Doudou, qu'il amène partout avec lui dans ses activités. 
L'enfant et son compagnon en peluche continuent d'être fusionnels jusqu'au jour où le garçon rencontre Laura, une fillette elle-aussi accompagnée d'un énorme doudou. 
La petite fille et le petit garçon vont jouer, au toboggan, à s’inventer des histoires de château... 
"Dans le parc, le château grandissait
Et plus il grandissait, moins je pensais à Doudou."
Les enfants vont grandir, oublier leurs doudous jusqu'au jour où ils les retrouveront avec bonheur, ceux-ci auront repris leur taille réelle et resteront près d'eux. Ainsi va la vie...
Un texte poétique et subtil sur l'importance que peut prendre un doudou jusqu'au moment où l'enfant est prêt à grandir, à s'en détacher et à s'ouvrir aux autres.
"Maman et Papa étaient un peu inquiets parce que Doudou prenait toute la place dans ma chambre. Mais comme j'étais heureux, ils ne disaient rien."
Le livre va au-delà d'une simple histoire de doudou, j'y ai vu le récit du début du chemin de la vie. Le texte est magnifique et Ilya Green a bien su retranscrire à travers ses magnifiques dessins cette histoire fantaisiste.  
Les illustration utilisent des techniques variées et riches, découpages, dessins, crayon noir, le graphisme est aussi beau que percutant. 
Un album pour apprendre, rêver et grandir. 

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Pouce 
Alice Brière-Haquet
Amélie Graux
Editions Flammarion
Père Castor
Alàlà je fonds devant ce livre ! J'adore la couverture, quelle riche idée d'avoir fait une page pleine du personnage le pouce à la bouche ! J'aime, que dis-je, je suis fan des auteurs. Le thème me parle énormément ! Alors cet album fera sans doute partie de mes chouchous pour très très longtemps. 
C'est doux un pouce, ça rassure, c'est toujours là pour se calmer, on est bien en train de téter. Mais justement ça isole un peu, si on le sort, on peut faire plein de choses : dessiner, recueillir un oiseau et même prendre la main d'une jolie petite fille...
Ici, c'est le pouce qui a envie de liberté, le petit narrateur essaie de l'en dissuader mais son pouce n'a pas envie de reculer et préfère GRANDIR ! 
J'aime cet album sans restriction. L'auteur a su trouver les mots justes pour parler de cette drôle de relation que l'enfant peut avoir avec ce petit bout de lui-même. L'histoire est une aventure du quotidien, avec les copains de la classe, la maîtresse et la petite amoureuse. Le petit garçon s'extériorise, prend confiance en lui et se découvre l'envie de nouvelles expériences. 
Amélie Graux nous régale avec ses crayonnés. Je ne me refais pas, j'adore son travail qui me touche à chaque fois. 
C'est un album bourré de tendresse à découvrir absolument. 

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