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mardi 15 octobre 2019

Seuls les arbres pleurent toujours

Seuls les arbres pleurent toujours
Audrey Chapon
Editions L'école des loisirs
Suzie vit avec sa mère et son père : un homme violent. Pour échapper à ces tempêtes quotidiennes, elle va se réfugier soit chez son grand-père, soit au pied d’un arbre : un saule-pleureur. Au premier qui ne voit rien de sa souffrance bien qu’il l’aime, elle ne dit rien. Au second, auquel elle prête une voix, elle parle. L’arbre l’écoute, la gronde, la console, la fait rire, l’encourage à danser. Mais rien ne change. Jusqu’au jour où éclate une tempête, une vraie.

mardi 5 décembre 2017

SOS Détective : Sauvons Papillon !

SOS Détective : Sauvons Papillon !
Pascale Perrier
Editions Oskar

Collection Premier Polar
Alerte ! Chez les Samazan, depuis 1883, on est détective de père en fils et de mère en fille. Oriane et moi, Simon, on a bien l'intention de rejoindre prochainement l'entreprise familiale. Mais elle est menacée ! Nos parents ont décidé que notre grand-père, surnommé Papillon, devait prendre sa retraite. D'accord, il a quelques petits trous de mémoire et il commence à se faire vieux. Mais quand même ! En plus, ils veulent le remplacer par quelqu'un d'horrible qui ressemble à... un sac-poubelle. Il faut que nous prenions les choses en main. Alors voilà notre plan d'attaque pour sauver Papillon...

Voilà une joyeuse enquête menée sur un rythme endiablée par deux enfants pour prêter main forte (en secret) à leur papi détective un peu débordé. Beaucoup d'humour, comme toujours avec les récits de Pascale Perrier, des petits héros aux répliques truculentes, des bons sentiments et des rebondissements, SOS Détective est un petit polar sympathique à découvrir dès 9 ans.

samedi 24 octobre 2015

Monsieur Elliot

Monsieur Elliot
Claire Mazard
Editions Oskar
Papillon, le spécialiste de la brocante et du vide-grenier, a déniché un très bel ours en peluche. Il décide de l'offrir à Coco, sa petite-fille. Or ce n'est pas une peluche ordinaire. Il s'agit là de Monsieur Elliot, un ours très recherché par les collectionneurs. Alors que la fillette traîne sur le stand de son grand-père, deux acheteurs se proposent de lui acheter son ours. Les enchères montent, mais Coco ne veut pas le vendre...

Claire Mazard est l'auteure du roman Le cahier rouge, paru chez Syros en 2008, que j'avais adoré. J'ai été heureuse de retrouver sa plume même si pour le coup je partais dans un tout autre univers. Ici, nous sommes dans un petit polar (petit aussi par le format du livre qui tient dans la poche) qui m'a ravie surtout pour ses personnages de méchants bien marqués. Aussi moches que bêtes et méchants, ces trois vilains font le sel du récit. Les deux héros Florian et Coco ainsi que leur Papillon-Papillounou (leur papi quoi !)  participent bien sûr au côté agréable de l'enquête. A lire à partir de 9 ans. 

vendredi 24 avril 2015

Notre camping-car

Notre camping-car
Magali Arnal
Editions L'école des loisirs
Chouette ! C’est aujourd’hui le grand jour : Papi m’emmène à la mer dans son camping-car, le plus beau de tous les camping-cars ! Un camping- car, c’est comme une vraie maison : on peut jouer dedans, dormir dedans, y préparer des pique-niques… Mais Papi ne voit pas les choses ainsi : sitôt garé, il faut sortir, partir en promenade, marcher jusqu’à la côte, chercher l’aventure… Je râle. Heureusement, une énorme tempête se lève : vite ! il faut se réfugier… Devinez où? Dans notre camping-car bien douillet !

Ils ne sont pas si nombreux les albums qui parlent de camping-car ! Comme c'est un véhicule que l'on adore, je ne pouvais pas passer à côté de cet ouvrage ! 
L'histoire met en scène la complicité très forte entre un grand-père (ah le camping-car de papi toute une histoire chez nous aussi !) et sa petite fille. L'attente impatiente avant le départ, le trajet et ses embouteillages, l'arrivée et le choix de l'emplacement, le pique-nique (sacrément important !), et les mille petites aventures imprévues qui surviennent pour donner du sel au voyage. 
Dormir dans le camping-car c'est drôlement chouette et ça fait rêver les loupiots alors c'est un album à conseiller avant les départs en vacances que ce soit en camping-car ou non ! A découvrir dès 5 ans 

lundi 1 septembre 2014

Le dernier événement

Le dernier événement 
Yoo Eunsil 
Editions L'école des Loisirs 

Le grand-père de Yongouk est sur le point de mourir pour la cinquième fois. Mais ce soir on dirait que c’est pour de bon. Il a demandé à son petit-fils d’appeler son père, ses oncles, ses tantes pour qu’ils accourent à son chevet. En vain ! Les enfants de Papi ont tous refusé de venir, persuadés qu’il s’agissait encore d’une fausse alerte. Il faut dire que, dans la famille, Papi compte souvent pour du beurre. Yongouk est le seul à prendre soin de lui, à l’aimer. De son côté, Papi a confié à son petit-fils un grand secret. Il s’agit d’une boîte entourée de ruban adhésif qu’il ne faudra ouvrir qu’après sa mort. Son contenu servira à organiser la cérémonie d’enterrement, ce que Papi appelle le « dernier événement ». Il semble imminent…

Je ne sais pas pourquoi, j'ai du mal à parler de ce roman. Pourtant, c'est un énorme coup de coeur. J'ai adoré chaque partie, chaque détail du livre. 
J'ai aimé retrouver ce que je connais, la vie quotidienne dans une famille en Corée, les façons de faire, de manger, dans la vie ou même lorsque la mort survient. C'est un récit très visuel, je n'ai eu aucun mal à me passer le film de ce que je lisais dans ma tête. L'auteur cisèle chacun de ses personnages de telle façon que tous prennent du relief pour le lecteur. J'ai aimé Yongouk, ce jeune garçon si attachant, si mignon dans ses maladresses, si touchant lorsqu'il prend soin de son grand-père. Le texte est très fort, j'avoue avoir pleuré (bon, j'ai la larme assez facile) émue tant par le courage de l'enfant, son désarroi par la suite, que par ce qu'il constate après le décès. Autour de cette relation grand-père/petit fils, d'autres relations gravitent, celle difficile de Yongouk avec son père par exemple. Une incompréhension de part et d'autre qui trouve son origine dans la propre enfance du père. Notre jeune héros va finalement beaucoup apprendre durant ces deux jours, en observant et écoutant sa famille il va découvrir des facettes de chacun qu'il ne connaissait pas. Toutefois, même dans les peines, la légèreté est là, bien présente. Nous sommes dans les pensées d'un jeune garçon et l'on prend part à ses doutes qui sont souvent teintés d'humour pour le lecteur. A travers cette mort qui survient, l'auteure finalement parle beaucoup de la vie et de comment la mener au mieux. 

Extrait : 

"Moi, je les aime bien les taches de Papi. Je me sens à l'aise quand je les regarde. Je digère mieux. Quand j'étais en CE1, j'aimais bien m'imaginer que son front était une carte au trésor.

Mon papi a soixante-dix-neuf ans.
- Soixante-dix-neuf ans, c'est l'âge idéal pour mourir. Il dit toujours ça. L'année dernière déjà, il disait :
- Soixante-dix-huit ans, c'est l'âge idéal pour mourir. Et encore l'année d'avant, il avait dit :
- Soixante-dix-sept ans, c'est l'âge idéal pour mourir.
La première fois, ça m'a fait tout drôle. Je me suis vraiment inquiété : est-ce qu'il allait mourir pour de vrai ? Mais maintenant que je l'entends répéter ça tout le temps, ça va mieux. J'ai fini par m'y habituer, comme à ses ronflements.
Papi et moi, nous dormons dans la petite chambre près de l'entrée. La grande chambre, c'est celle de mes parents, la moyenne, celle de ma grande soeur.
- Beau-père, si vous voulez, vous pouvez prendre la chambre moyenne, lui propose Maman de temps en temps. L'autre est trop petite pour vous etYongouk.
Mais il refuse à chaque fois. Il lui dit de ne pas s'en faire, qu'il est à l'aise dans la petite chambre près de l'entrée. Moi aussi, je m'y sens bien. Si on dormait dans la moyenne chambre en face de la grande, j'aurais l'impression d'étouffer. J'aime bien dormir dans la petite chambre et me coller tout contre Papi.
- Ça te dérange pas qu'il pue de la bouche et des pieds ? me demande parfois ma grande soeur.
Moi, ça ne me dérange pas. Comme j'ai le nez bouché, je ne sens pas grand-chose.
- Ça te dérange pas qu'il ronfle et qu'il grince des dents ? insiste-t-elle.
Non, ça ne me dérange pas non plus. Moi, je m'endors à la seconde où je pose la tête sur mon oreiller. Et quand je suis endormi, même un tremblement de terre ne pourrait pas me réveiller.
- Maintenant que tu es en sixième, j'aurais aimé que tu aies ta propre chambre. Je suis vraiment désolée.
Maman se fait du souci pour rien. Moi, je suis content de dormir avec Papi. Je déteste l'idée d'être séparé de lui. Par contre, il m'arrive de m'imaginer que je suis séparé de Papa." 


J'ai tellement aimé ce roman que j'ai commandé "Si j'étais Fifi Brindacier" aux éditions Picquier afin de découvrir un autre récit de l'auteure. 

mardi 8 avril 2014

Courir avec des ailes de géant

Courir avec des ailes de géant
Hélène Montardre
Editions Rageot 
Collection Rageot romans
"Mon père aime courir sur le sable le long de l'océan, chez nous, en Australie. Et j'aime le suivre, parfois le devancer. Quand je cours, j'ai l'impression d'avoir des ailes. Je vole ! 
Mais un jour..."

Je connais surtout l'auteur pour ses romans jeunesse sur la mythologie, et aux éditions Rageot j'avais également adoré son roman L'agenda. J'étais donc curieuse de découvrir ce récit qui s'annonçait sensible, ce à quoi s'ajoutait le thème autour de la course à pied, sport que je pratique.
C'est un très très beau roman. L'auteur arrive très bien à faire passer les sentiments de son personnage principal, à tel point que le lecteur finit l'histoire en étant bouleversé, pris dans l'émotion ressentie par ce jeune garçon. On est d'abord touché par sa relation avec son père, et ensuite par celle qu'il développe avec son grand-père. Ce dernier ne devient pas tout à fait un substitut de papa mais tout en restant dans son rôle de grand-père, il va faire son chemin vers son petit-fils, et c'est ainsi que grâce à lui son petit-fils va se sortir de cette douleur qu'il taisait. Parce que c'est ça aussi qui marque dans le récit, les non-dits et les silences, la mère préfère faire mine d'oublier l'Australie, tellement elle était heureuse là-bas, son petit frère qui ne s'en rappelle pas, son grand-frère qui fait aussi un peu l'autruche comme la mère, et bien finalement ce garçon qui avait vécu peut-être un rapport plus fort avec son père que les autres enfants, plus proche grâce à la course, se retrouve en France déboussolé, ayant perdu ses repères et en fait sacrément seul. La famille est bien décrite, pas forcément en plus idyllique, la mère a un rôle peu agréable, un peu de ras-bas-joie, ce qui est crédible, et les deux frères aussi sont décrits sans fioritures avec la non objectivité du regard d'un enfant. Le père, lui, est le géant, car les ailes de géant, c'est certes l'Australie, l'opéra de Sydney, mais c'est aussi le père, son héros, plusieurs fois qualifié de géant par ce petit garçon bourré d'admiration. Enfin, il y a cette dualité très forte qui entoure ce garçon, France/Australie, le français et l'anglais, le récit conte le long cheminement pour arriver à surmonter l'absence du père et l'on suit l'évolution positive du jeune héros vers la compréhension de lui-même.  
Un roman beau et sensible à découvrir à partir de 9 ans.

vendredi 21 mars 2014

L'arbre à l'envers

L'arbre à l'envers 
Pauline Alphen
Editions Hachette
Paulo a onze ans et, aujourd'hui, il a grandi tout d'un coup. 
D'abord, son grand-père est parti. 
Ensuite, son petit frère arrive. 
Ça peut même être une petite soeur. 
Parce que la vie est pleine de surprises. 
En attendant, en jouant à cache-cache avec sa cousine, 
il voit une porte ouverte. La porte du bureau interdit de son grand-père ! 
Il entre...
A l'intérieur, il y a un arbre à l'envers. 
Parce que la vie est pleine de mystères...

C'est un beau livre, fort, et surprenant. Récit poétique aussi, où la réalité s'accoquine avec le fantastique pour mieux parler du passé afin d'accepter et d'adoucir le présent. A découvrir à partir de 8/10 ans. 

La superbe couverture ainsi que les quelques illustrations intérieures, en noir et blanc, sont signées Princesse Camcam. 

mercredi 27 novembre 2013

La double vie de Cassiel Roadnight

La double vie de Cassiel Roadnight
Jenny Valentine
Editions L'école des loisirs 
Collection Médium 
Chap a 16 ans, après avoir vécu de foyer en foyer entre l'âge de 10 et 14 ans, cela fait 2 ans qu'il vit dans la rue. Jusqu'au jour où, le personnel du nouveau centre pour jeunes désœuvrés dans lequel il vient d'arriver, le reconnait... ou du moins pense le reconnaître. Coïncidence étrange, Chap ressemble comme deux gouttes d'eau à un jeune garçon de son âge disparu deux ans auparavant, Cassiel Roadnight. En regardant les coupures de presse et les photos transmises par la famille de Cassiel au département des personnes disparues et à la police, Chap se met à rêver. Ah qu'est-ce qu'il aurait donné pour avoir la même enfance que ce gars-là ! Qu'est-ce qu'il donnerait pour avoir des êtres chers qui l'attendent quelque part. Et si tout ça était à portée de main ? Et si, en le prenant pour Cassiel, on lui donnait une chance d'avoir un avenir meilleur ? Alors Chap va le tenter, il va accepter d'endosser un rôle, de reprendre la vie de celui qui a disparu, de prendre sa place. Si au départ, tout lui semble idyllique, peut-être aurait-il dû réfléchir afin de se lancer tête baissée dans cette usurpation. Et si la vie de Cassiel n'était pas si heureuse ? Et si, il avait eu une bonne raison de fuir ? Et si le pire lui était arrivé ?...

La double vie de Cassiel Roadnight est un excellent roman, j'ai passé un très agréable moment de lecture. Il est assez rare d'avoir un bon thriller pour jeunes lecteurs et celui-là sait capter l'attention et intrigue. Nous sommes plongés dans les pensées du narrateur, grâce à ce dialogue intérieur nous sommes au plus près de ses émotions. Chap se pose de nombreuses questions concernant son identité et sur la famille au sens général. Toutes ces réflexions prennent un tour plus dramatiques à mesure que Chap s'installe dans la peau de Cassiel. 
"Je n'avais jamais voulu être moi. Mais être ce que l'on est n'est pas vraiment une question de choix. Tout le monde le sait.J'étais Cassiel Roadnight à la surface, mais en dessous j'étais un fou enfermé dans le grenier, un cinglé dans sa cellule, qui gémissait, hurlait, tapait à la porte et la griffait pour sortir."
Chap est un personnage attachant. C'est un garçon solitaire, qui jusqu'à l'âge de 10 ans, n'a connu comme compagnie que son grand-père. Ce dernier quotidiennement sous l'emprise de l'alcool, n'en a pas moins était un être aimant. Par des flash back nous retournons vers le passé du jeune garçon afin d'avoir un regard sur leur vies lorsqu'ils étaient ensemble. La relation entre ce vieil homme et cet enfant, malgré toutes ses failles, est émouvante et tendre. En comparaison, les autres personnages manquent un peu de dimension, de développement mais restent agréables à suivre.
Le livre offre de nombreux rebondissements ainsi que du suspense sans être effrayant
Le style est fluide, par contre le rythme est parfois rapide, surtout à la fin où tout s'enchaîne un peu trop viteIncapacité parentale, dépendance, recherche d'identité, secrets de famille, le récit confronte le lecteur a de nombreux sujets sensibles. Un roman court et prenant à conseiller aux 12-16 ans. 

Ce roman a reçu la Pépite du Roman Ado européen décerné par le Salon du livre et de la jeunesse de Montreuil 2013.

Un roman lu en parallèle avec ma complice de A l'ombre du Saule. Lecture qui d'ailleurs nous a valus de longues discutions sur certains points du roman... Je vous laisse découvrir sa chronique, ICI

mardi 15 octobre 2013

Pauline ou la vraie vie

Pauline ou la vraie vie
Guus Kuijer
Editions L'école des loisirs
Ce roman est pour moi un ovni, un livre dont je n'arrive toujours pas à savoir si je l'ai aimé ou non. Alors, c'est sans doute un peu des deux. J'ai apprécié cette gamine de 11 ans même pas impertinente, juste vraie et franche. Son amour pour Mimoun, jeune garçon de sa classe d'origine marocaine a de quoi toucher et questionner les enfants. Car tout le long du récit, le racisme et la mixité auront une grande part dans la réflexion de la fillette. Mais rien n'est simple dans la vie de Pauline, son père est un junkie, sa mère est une chieuse (désolée, mais c'est un personnage que j'ai eu un mal fou à supporter), et son instit est amoureux de cette casse-pied. Toutefois, Pauline voit tout avec les yeux de l'amour, son Mimoum est le plus beau, son père est le plus gentil, sa mère est adorable et son maître serait quasi parfait s'il s'habillait un peu mieux. Et puis il y a les deux grands-parents, les personnages les plus doux, les plus aimants et tolérants du roman. A travers la réalité et son regard sur le monde et sur ses procheson rit et on pleure mais on s'ennuie aussi un peu alors j'ai pris mon temps pour découvrir ces plus de 600 pages. (Pauline ou la vraie vie est une intégrale comprenant 5 romans initialement publiés séparément). Le jeune lecteur découvrira également beaucoup sur l'amitié, si Pauline a au départ pour meilleures amies une vache et une pimbêche, en compagnie d'une jeune réfugiée mexicaine elle apprendra à écouter l'autre et à l'accepter pour ce qu'il est. Pauline ou la vraie vie, c'est donc le quotidien dans son entier, l'évolution d'une enfant et le passage vers l'adolescence avec ses joies simples comme écrire un doux poèmes et ses peines lorsqu'un proche décède. L'auteur offre au lecteur un monde complexe et complet où de nombreux thèmes sociaux sont abordés : du premier amour au deuil, en passant par le racismela foi et la drogue. Parfois dérangeant mais toujours sincère, un roman à faire découvrir aux plus de 9 ans

"J'aimerais croire en Dieu et pouvoir prier. Je lui dirais 'Cher Dieu, j'aime Mimoum et il m'aime aussi, mais notre amour est impossible. C'est pour ça que Mimoum a inventé un prétexte pour rompre. Parce que nous sommes déjà presque des grandes personnes et que les grandes personnes aiment rendre certaines choses impossibles."

jeudi 13 juin 2013

Ça pousse comment ?

Ça pousse comment ? 
Gerda Muller
Editions L'école des loisirs
"Sophie est une petite fille de la ville, mais elle passe toutes ses vacances à la campagne, chez ses grands-parents. Ils ont un magnifique potager, où poussent toutes sortes de légumes. Cette année Sophie a la chance d'avoir des outils juste à sa taille, et va pour la première fois faire ses propres plantations. Ses grands-parents lui apprennent les gestes précis et les soins attentifs du bon jardinier. Il faut penser à tout, à désherber et aérer la terre, à protéger les petites bêtes utiles et à se méfier de la piéride du chou et des doryphores ! Au fil des saisons, Sophie découvre les mystères des plantes et les insoupçonnables secrets de la vie sous terre."

A travers une vraie histoire, je veux dire par là qu'il y a une fiction avec un personnage principal que l'on suit et que ce n'est pas seulement un livre documentaire, on part à  la découverte du potager. L'album fait la part belle à la nature, à la flore comme à la faune. Par exemple, sur presque chaque double page, on a la présence d'au moins un oiseau, on reconnaît des mésanges bleus, des tourterelles, un rouge-gorge, des hirondelles, des moineaux et des merles.
Le texte met en valeur les relations d'une petite fille avec ses grands-parents
On sent très bien toute la complicité qu'il peut y avoir entre les générations et avec quelle tendresse il y a une transmission des connaissances. 

Le récit est entouré de compléments d'informations et d'illustrations. 
L'auteure entraîne également ses jeunes lecteurs au fil des saisons et au rythme des heures. On a le jardin au printemps, à l'été, à l'automne et à l'hiver avec à chaque fois de nouvelles découvertes et de façon simple ce qu'il y a à faire pour le jardinier. L'auteure n'oublie pas de distiller quelques idées écolos telle que l'utilisation d'un composteur et la création de maisons pour les insectes. 
Il y a même le jardin mais de nuit ! Une double page très chouette où l'enfant peut imaginer ce qu'il se passe. Le chat qui rôde, la souris qui pointe son nez, et oh les petits mulots qui vont essayer de grignoter les légumes ! On s'y croirait !

Les petits citadins trouveront dans cet album également une partie pour eux avec le mini-potager pour la ville. Voilà une illustration qui va donner envie à bien des enfants de faire pousser des capucines et des tomates cerise sur leurs balcons !
 Les illustrations de Gerda Muller ont le côté rétro que nous leur connaissons bien. Elles sont très belles, douces, fines et très réalistes. Cet album a le charme de l'ancien et pourtant à l'heure des problématiques écologiques (sans compter économiques) il est tout ce qu'il y a de plus moderne. J'y retrouve à la fois ce que j'ai vécu enfant et ce que je transmets à mes propres enfants. Plus qu'un coup de coeur, c'est un album qu'il faut avoir et partager. 
pages de garde


dimanche 7 avril 2013

Se souvenir des belles choses

2 beaux livres jeunesse pour aborder la mort d'un proche avec les enfants ou tout simplement lire de très jolies et touchantes histoires. 

Tu te souviens ? 
Martine Beck
Annie Bonhomme
Editions L'école des Loisirs 
Kaléidoscope 
"Barzolo et Barzolino se promènent dans la montagne, dans les grandes prairies d'herbes hautes. Les deux oursons se souviennent qu'ici, « avant », ils venaient pêcher, faire du ski, se baigner, s'amuser avec Grand-Papa. Mais, depuis, les deux oursons ont reçus une lettre leur disant que Grand-Papa s'était endormi pour toujours. Maintenant rien n'est plus pareil dans la montagne..."

Un très bel album doux et tendre où flotte la nostalgie et la tristesse d'avoir perdu un être cher et de voir l'enfance s'éloigner
Les illustrations sont en communion avec le texte et expriment toute la joie et l'amour de la relation entre ce grand-père ours et les petits oursons 
Elles ont un côté rétro que j'affectionne particulièrement et sont suffisamment vivantes et colorées pour ne pas être mièvres.
Même après plusieurs lectures on sourit toujours aux souvenirs amusants des deux jeunes ours. Le texte est forcément triste au moment où le papi meurt mais l'histoire se termine sur une note optimiste et souriante et le texte insiste sur l'importance de la transmission entre les générations
 Les pages de garde...
Le dos...

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Le soleil sur la colline
Sandrine Beau
Nicolas Gouny
Editions Gargantua
Chaque matin, au réveil, Kaméo petit garçon d'un village au coeur de la brousse part chercher son grand-père. Tous les deux vont jusqu'en haut de la plus haute colline pour observer les antilopes en train de s'abreuver à l'eau de la rivière. 
Mais un matin sa grand-mère le renvoie chez lui, grand-père ne pourra plus aller observer les antilopes, il est parti...

Sandrine Beau aborde avec toute sa justesse le sujet du deuil dans ce bel album. 
C'est tout d'abord une belle histoire d'amour entre un grand-père et son petit-fils qui nous est contée. 
Les instants passés sur la colline sont pour les deux générations l'occasion de partage, de jeux et de rires. Une magnifique complicité les unit. Une grande poésie est distillée dans les dialogues entre les personnages "Tu écouteras le bruit du vent dans les arbres, et ce sera moi qui chanterai pour toi".

Lorsque le grand-père décède, l'auteur n'occulte pas la tristesse de l'enfant. Kameo va rester quatre jours couché sans bouger, à pleurer. 
Jusqu'à ce que sa soeur vienne le tirer de sa tristesse et lui apprendre à écouter au dehors dans la nature tout ce qui le reliera pour toujours à son cher grand-père
Cette relation très tendre entre le frère et la soeur finit en délicatesse ce si joli récit
Les illustrations de Nicolas Gouny simples et épurées sont d'une jolie fantaisie. Des dessins aux couleurs chaudes qui conviennent à merveille pour cette histoire africaine.

 Le dos...

lundi 22 octobre 2012

Bon papa

Bon papa
Stibane
Editions L'école des Loisirs 
Collection Pastel
"Bon Papa, c’est le papa de Papy et le papy de Maman. Il est très vieux. Je crois qu’il a connu les dinosaures. Mais quand on est ensemble, on rigole beaucoup. Par exemple, quand il vient me chercher à l’école, il arrive en avance en disant à la maîtresse qu’il a rendez-vous chez le docteur. En vrai, c’est pour m’avoir plus longtemps avec lui." 

Je ne m'attendais pas à ce que le sujet soit traité de cette manière là. C'est avec humour que Stibane a décidé de parler de la mort aux plus jeunes. C'est réussi, cela permet d'aborder un thème douloureux, la perte d'un proche, sans trop de tristesse. 
L'auteur nous parle avec aussi beaucoup de tendresse de l'importance que peuvent avoir les liens entre les générations. Manger des gaufres, faire du foot, regarder les étoiles, ce petit garçon passe des instants particuliers avec son bon papa. Un album très mignon où l'amour entre cet arrière grand-père et son petit fils ne peut laisser indifférent. Pour faire sourire et amorcer un dialogue à partir de 2 ans.

jeudi 30 août 2012

Histoires de grands-pères

L'été où mon grand-père est devenu jaunophile 
 Sandrine Beau 
 Elice
 Editions Les Lucioles
 "Pour Adrien, les vacances avec son grand-père, c'est la récompense à la fin de l'année ! Pendant le voyage en train, il rêve déjà... Aux balades à vélo, au tipi qu'il lui construira au fond du jardin ou à l'arc et aux flèches qu'il lui fabriquera. Seulement, quand Adrien arrive, dans la cuisine de son grand-père, il y a une grand-mère. Et ça ne lui plaît pas du tout ! Est-ce que des vacances avec cette mémé vont être des vacances gâchées, comme le pense Adrien ? Peut-être, peut-être pas..."
 Une histoire adorable que celle de ce jeune garçon qui ne veut pas partager son grand-père avec la nouvelle amoureuse de celui-ci. Une pincée de Nature (hirondelles et crotte de chauves-souris), une robe à fleurs jaunes, une tarte au citron meringuée, une grand-mère qui danse sur (et aussi bien que lui) du Michael Jackson, un soupçon de jalousie mais beaucoup d'amour entre les personnages pour former un tout, rempli de joie de vivre. Les illustrations d'Elice sont pétillantes et accompagnent à merveille le petit rayon de soleil qu'est ce récit. Comme toujours, Sandrine Beau  fait passer ses idées humanistes et mine de rien elle sème la tolérance au fil de ses romans. Une histoire à lire dès 7 ans. 

*********************

L'histoire en vert de mon grand-père
 Lane Smith
Editions Gallimard Jeunesse

C'est l'histoire d'un petit garçon qui se promène dans le parc de son arrière grand père où celui-ci a taillé les arbustes à l'image du  chemin de sa vie. En suivant le garçonnet qui rassemble les objets égarés par son aïeul vieillissant, on s’émerveille sur les illustrations magnifiques, pleines de poésie et de fantaisie. 
 Un album tendre sur la transmission de mémoire entre les générations et l'amour entre un enfant et son arrière grand-père. 
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