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jeudi 16 juillet 2020

Les loups du clair de lune

Xavier-Laurent Petit
Amandine Delaunay
Editions L'école des Loisirs
Vous rêvez de passer des vacances au bout du monde ? Hannah le fait. Le Bout du Monde, c’est là qu’est partie habiter sa grand-mère. Un endroit perdu à l’est de l’Australie. La première ville est à soixante kilomètres, le premier voisin presque aussi loin. Même la pluie ne sait plus où ça se trouve. Ici, on peut se consacrer aux deux choses les plus importantes : vivre en pleine nature et lire, sans être dérangé par personne. On peut aussi garder ses secrets. Et elle en a, des secrets, sa grand-mère. Des secrets qui remontent à des temps très anciens. Des secrets qui ont la forme d’empreintes et de touffes de poils. Des secrets de la plus haute importance. Des secrets qui font battre le cœur, et même un peu trop vite.

lundi 17 février 2020

Toutes les vies de Margot

Juno Dawson 
Editions Milan 


Comment peut-on détester quelqu'un au présent et l'aimer dans le passé ? C'est ce que Fliss va découvrir en lisant le journal intime de sa grand-mère Margot. Cette incursion dans l'Histoire et dans les liens familiaux va changer sa vie.

jeudi 19 mai 2016

Vies à la dérive


 Meurtris
Siobhan Parkinson
Editions L'école des loisirs
Une mère, on n’en a qu’une, pas vrai ? Même si elle picole toute la journée, même si elle oublie de vous acheter à manger, même s’il faut la tirer du lit le jour du versement des allocations chômage, il faut faire avec… Et Jono, du haut de ses quatorze ans, a toujours fait avec la sienne. Mais le soir où sa mère frappe sa petite soeur en pleine figure d’un coup tellement puissant que Julie valdingue à travers la pièce, Jono décide que c’en est trop.
Que peut-il faire ? Appeler la police ? Une assistante sociale débarquerait dans les trois heures et n’hésiterait pas à les séparer. Emmener Julie loin d’ici ? Mais pour aller où ? Jono n’en a pas la moindre idée, mais il sait qu’il est le seul à pouvoir protéger sa petite soeur.

*****

Comment s'en sortir avec une mère en vadrouille, un petit frère qui se prend pour un chien, une fouine pour voisine et sans un sou en poche ? 
Dave Cousins
Editions Bayard 
"Je ne peux dire à personne que Maman n'est plus là, même pas à Jay. Je ne lui fais pas confiance pour garder le secret. Je lui dirai qu'elle fait des heures supplémentaires au travail ou quelque chose comme ça. Jusqu'à son retour, il va falloir faire comme si de rien n'était, en racontant à tout le monde que Maman est encore là. Ça ne doit pas être si difficile que ça ?"

**************

Aujourd'hui, je rassemble deux livres présentant de nombreuses similitudes. 
2 romans. 2 mères dépendantes. 2 adolescents en souffrance. 2 petits à protéger. 1 volonté farouche de rester toujours ensemble.
Que ce soit Jono, le héros de Siobhan Parkinson ou Terrence celui de Dave Cousins, du haut de leurs 14 et 16 ans l'un et l'autre doivent protéger le plus petit de la fratrie d'une mère qui n'assume plus ses responsabilités. Le lecteur écoutera la voix mal-assurée de ces deux adolescents en souffrance. 
 Dans Meurtris, c'est la petite soeur qui prend le coup de trop, dans Comment s'en sortir..., c'est notre héros. Là où Jono choisira la fuite, chez Terrence c'est la mère qui s'en va et lui qui reste. Dans les deux cas, c'est l'amour fraternel et le désir d'une vie meilleure qui maintient les deux jeunes garçons hors de l'eau. Par crainte d'être séparés s'ils parlent, et placés dans une famille d'accueil ou un foyer différent, ces garçons choisissent de se taire. Ils s'inventent des vies qu'ils n'ont pas et subissent de plein fouet l'alcoolisme de leurs mères et l'absence de père. Même lorsque tout semble perdu - avec une lame de rasoir planquée pour peut-être s'évader pour de bon (Meurtris), avec une perruque sur la tête ou des cafards qui rôdent (Comment s'en sortir...) - les garçons gardent - presque - constamment courage et les récits sont souvent drôles et décalés. Deux romans sincères qui donnent également envie de découvrir les autres ouvrages des auteurs. Ils sont tous les deux à découvrir à partir de 12 ans. 

samedi 3 octobre 2015

La porte de la salle de bain

La porte de la salle de bain
Sandrine Beau
Editions Talents Hauts
"J'attendais mes seins avec impatience. C'est à partir des p'tits oeufs au plat que tout s'est déglingué. Comme s'ils s'étaient passé le mot pour gâcher ma joie toute nouvelle. Ça a commencé dans le bus. C'est là que j'ai vu le regard des hommes changer. Enfin de certains hommes... Ceux-là, ils ne se gênaient pas pour me regarder. Ou plutôt pour me regarder directement dans les seins. Pas gênés ! Tranquilles. Je détestais ça. "

Au départ, ça commence en douceur et avec des sourires pour le lecteur puisque Mia nous parle de puberté, de ses seins qui commencent à pousser, et des changements progressifs qu'elle ressent en elle. Mia a une vie plutôt agréable. Sa mère s'est remise récemment d'une dépression, par contre elle bosse beaucoup. Son ptit frère est un petit rayon de soleil à lui tout seul. A la maison, traîne le dernier amoureux de la maman, Lloyd, celui par qui elle dit s'en être sortie. Il y a Maminette aussi qui s'occupe si bien de ses petits enfants, et voit d'un oeil mauvais le nouvel amoureux, squatteur, profiteur et glandeur sur les bords. Mais pour les enfants, tout roule jusqu'à lors, Lloyd est plutôt drôle et  n'hésite pas à partir dans des délires pour les faire rire. Puis tout s'enchaîne. Une coïncidence ? Non. Des actes qui deviennent de plus en plus délibérés et malsains. Pour Mia, de la honte, du mal-être, le bonheur de grandir gâché par cet homme aux pensées tordues. 
"J'avais l'impression de ne plus rien comprendre, de ne plus être sur la même planète que les autres. Dans ma tête, il n'y avait plus que la salle de bain, la salle de bain, la salle de bain..."
De la culpabilité aussi, Mia n'a pas envie d'en parler à sa mère, de lui casser son rêve de famille unie puisque pour cette dernière, Lloyd est celui qui l'a sauvée. 
La dépression, la puberté, et la pédophilie, voilà 3 thèmes forts rassemblés dans un seul roman. 
La relation entre Mia et sa grand-mère est très belle, très forte. Elle est essentielle au récit puisqu'il s'agit de la personne en qui Mia a confiance et a décidé de se confier. C'est donc la grand-mère qui va permettre de mettre fin aux violences. 
Ce roman fait partie des indispensables pour moi. Dur en tant que parents de parler régulièrement de pédophilie tout en arrivant à ne pas trop les angoisser, et finalement je ne suis pas certaine que les enfants comprennent bien de quoi il retourne. Ici, l'auteure met des mots sur des actes interdits et des regards qui n'ont pas lieu d'être, elle insiste aussi sur cette nécessité de parler à tout prix de ce qui arrive. S'ouvrir à un adulte est indispensable pour sortir du cauchemar, il est primordial que les enfants intègrent cette notion, ce récit est un bon moyen pour leur faire passer ce message.
Le lecteur est entraîné dans la spirale infernale que vit Mia, mal au ventre, échec scolaire, la peur sourde s'installe, la jeune héroïne est emportée vers le fond, le lecteur se rongeant les ongles face à la tension du récit, s'angoissant du pire à venir. Mais l'auteur s'arrête avant ce pire, ce qu'a vécu Mia est bien suffisant pour traumatiser qui que ce soit, épargnant suffisamment les lecteurs et permettant une lecture par les plus jeunes également. L'épilogue est là comme une renaissance, parce que même quand le pire s'est produit, on peut grandir, ne plus être une petite fille sans défense, et avoir un jour des papillons dans le ventre nous aussi...
A noter, la jolie dédicace de l'auteur qui ouvre le livre parce qu'il est important de rappeler qu'il n'y a pas que les filles qui peuvent être concernées. 

lundi 27 avril 2015

iM@mie

iM@mie
Susie Morgenstern
Editions L'école des loisirs 
A seize ans, Sam est un junkie, un accro, un drogué d’Internet et des jeux vidéo. Pour le sevrer de l’écran et sauver son âme, ses parents ont décidé de l’envoyer à Nice, en pension chez Martha, sa grand-mère, qui coule une retraite paisible, sans ordinateur ni télévision ni portable. Arrivé là-bas, Sam n’a rien d’autre à faire que de lire, réviser son bac de français et jouer du piano tout en se faisant dorloter par sa grand-mère. Comme cure de désintoxication, on a connu pire, et Sam admet qu’il n’est pas vraiment malheureux… Juste terriblement en manque des moyens de communication que des milliers d’années de progrès technique ont mis à la disposition de l’homme moderne. Mais ça, comment le faire comprendre à Martha…

Pour faire court, en refermant le livre, j'ai dit à mes enfants et mon mari "ah c'était trop chouette, trop drôle, j'aimerais tellement qu'il y ait une suite !". iM@mie, c'est du Susie Morgenstern dans toute sa splendeur. Le lecteur ressent à merveille son plaisir d'écrire et le reçoit de façon forcément positive. Dans Martha, on imagine bien entendu Susie. Derrière la truculence, la cuisine familiale, le goût des lettres et de la musique, ce bonheur d'être entourée (quoique pas tout le temps !), on projette l'idée que l'on se fait de l'auteure, et on a d'une part envie de la rencontrer et d'autre part on l'adopterait bien comme grand-mère ! iM@mie, est un roman pétillant. Frais, il fait vraiment passer un excellent moment. Si de nombreux personnages sont égratignés, les parents d'adolescents en prennent pour leur grade ! Ça fait parfois un peu mal à coeur tous ces parents qui ne savent finalement pas l'être, et soit pataugent, soit délèguent, soit sont absents. Mais même le personnage principal Martha ne semble pas avoir été une si bonne mère, par contre elle se rattrape bien en tant que mamie ! Si elle aime son indépendance, elle sait se montrer attentive et bienveillante. La belle complicité qui la lie à son petit-fils Sam est l'un des points forts du récit. On appréciera l'humour assez jouissif présent au fil des pages. Le passage sur les bananes et leurs bienfaits m'a fait terriblement sourire (et mes enfants ont même eu le droit à sa lecture à haute voix !).
Comme l'indique son titre, les nouvelles technologies sont un des sujets du livre. L'addiction chez les jeunes... comme chez les plus anciens. Les parents accrocs aux écrans de leur portable et de leur ordi ont bon dos d'interdire à leur fils les jeux vidéos et de surfer sur la toile. La grand-mère s'y met aussi (en cachette s'il vous plait) et se laisse vite submerger par la tentation du net. Mais on y parle aussi amour et encore fois il n'y a pas d'âge pour être amoureux !
Avec les beaux jours qui arrivent, l'été qui se profile, je vous conseille cette lecture ensoleillée pour les 12 - 16 ans (et + si affinités, il n'y a pas d'âge pour le lire non plus !).

jeudi 12 mars 2015

La crocheuse d'enfants

La crocheuse d'enfants 
Gwladys Constant
Oskar éditeur  
Une nouvelle région, une nouvelle maison, une nouvelle école, de nouveaux camarades… Voilà bien des défis à relever pour une petite fille ! Mais ce n’est encore rien car le plus grand défi qui attend Éléonore, désireuse de faire pleinement partie d’une bande d’amis, a des allures de cauchemar. Entre superstition et croyance ancestrale, la fillette devra trouver le courage de révéler la vérité : celle de l’amour d’une petite fille pour sa grand-mère.

Qu'elle est jolie cette histoire ! Dans ce court roman, l'auteure parle aux jeunes lecteurs des méfaits de la rumeur. La petite fille, nouvelle à l'école, est prise au jeu du "cap, pas cap" afin d'intégrer une bande d'amis, et doit ainsi jeter une pierre dans la vitre de la maison de la "sorcière" du village. Mais le ton reste doux et on ne peut s'empêcher d'avoir de la sympathie pour ce groupe d'enfants malgré leurs bêtises. Il n'y a qu'à voir comme ils ont accepté très facilement cette petite nouvelle. Grâce à la perspicacité de leur institutrice et à la générosité de la grand-mère, pourtant la victime de ces croyances résultant des peurs enfantines, les jeunes héros vont apprendre à ouvrir leurs coeurs à plus de tolérance. Un roman doux et sensible à découvrir à partir de 8 ans. 

vendredi 28 novembre 2014

Oniria, livre 1

Attention SPOILERS ! Le livre est un roman jeunesse qui sera certainement lu par de nombreux "jeunes adultes" et pas seulement choisi par des mamans comme cadeau pour leurs grands lecteurs alors je préfère avertir ces jeunes adultes... Je pense en avoir dit un peu trop dans la chronique qui suit, j'ai relaté le minimum de ce qui me semblait important mais peut-être que certains détails pourraient vous gâcher quelque peu la surprise. Si vous être sensibles aux petites informations distillées parfois dans les chroniques de blogueurs, n'allez pas plus loin. ;) Pour vous résumer l'avis détaillé qui suit : Oniria est un excellent roman que je vous recommande chaudement. 

Oniria, tome 1 : le royaume des rêves
B. F. Parry
Editions Hachette
Le père d'Eliott, jeune garçon de 12 ans, est plongé dans le coma depuis des mois et la mort semble se profiler prochainement. Mais ce sommeil n'est pas naturel, cet homme est retenu à Oniria. Eliott découvre alors que les histoires que lui racontait sa grand-mère, Mamilou, le soir lorsqu'il était plus petit, étaient bien réelles. Oniria est le pays des rêves, et grâce à un sablier magique que lui confie Mamilou, Eliott va pouvoir, chaque nuit, partir dans ce monde enchanté. Enchanté ? Pas tout à fait en fait. Oniria a bien changé depuis que Mamilou s'y rendait, et les obstacles se dressent devant le héros. A Oniria, Eliott a un tout autre statut que dans la réalité, c'est un créateur et en cela, il est unique et très précieux. Poursuivi par la puissante reine du pays des rêves, activement pris en chasse par la CRAMO, la police d'Oniria, Eliott va au de-là de graves dangers. Pour sauver son père, il doit trouver le marchand de sable mais celui-ci vit dans un univers parallèle à Oniria, Oza-Gora. Avant toute chose, Eliott va devoir entrer en contact avec un ancien ami de Mamilou qui se trouve être désormais le numéro 1 des bandits recherchés par la CRAMO... 

Eliott, vit depuis ses cinq ans avec son père, sa belle-mère, ses demi-soeurs et sa grand-mère, Mamilou. Notre jeune héros est un garçon attachant. Privé de mère dès son plus jeune âge, il a le malheur d'éprouver de plein fouet la maladie de son père. Subissant les foudres de sa belle-mère et des railleries au collège, la vie du pré-ado n'est pas des plus roses. Sa belle-mère fait office de marâtre des temps modernes. Elle privilégie ses propres filles à l'encontre de l'enfant du premier mariage de son mari. 
Les demi-soeurs d'Eliott, de 5 ans ses cadettes, ne sont que moyennement agréables. Ce sont deux petites coquines qui jouent à merveille les petites soeurs enquiquinantes et n'hésitent pas à en faire voir de toutes les couleurs à leur frère. Ce sont juste deux petites soeurs normales : pestes un jour et mignonnes l'autre. 
Mamilou ne peut que plaire aux lecteurs. Elle est la bonne fée de ses petits enfants et veille avec soin sur eux. Par contre, en confiant le sablier à Eliott, elle fait peser sur ses épaules sur énorme responsabilité. C'est à lui que revient le devoir de sauver son père malgré les dangers auxquels il s'expose. Une bien terrible mission pour un garçon âgé de seulement 12 ans. 
Son sablier est un objet mystérieux, il semble presque avoir une existence propre dans le début du récit à cause de la forte attraction qu'il crée chez le jeune garçon. 
A Oniria, les traîtres sont légions mais Eliott pourra compter sur deux personnes. Tout d'abord, Farjo qui devient son premier ami.. Farjo n'est autre qu'un singe doté de la parole et d'intelligence, et également capable de se métamorphoser en d'autres animaux. Bavard surexcité, ce personnage est fortement amusant. 
Il y rencontre aussi Katsia, une jeune fille froide et téméraire qui m'a réellement beaucoup plu. 
Finalement rencontrer le marchand de sable afin de sauver son père n'est pas aussi simple que le comptait Mamilou et que l'espérait Eliott. Oniria ressemble beaucoup au pays des merveilles de Lewis Carroll avec sa reine dangereusement folle et ses soldats. Ce pays des rêves peut prendre différents paysages, tout y est surprenant car il contient une représentation des rêves et des cauchemars des humains. Oniria est donc peuplé de monstres divers et variés : fantôme, sorcière, ogre, cerbère, etc. 
Ce que j'ai énormément apprécié dans le style de l'auteur, c'est qu'il peut arriver que ses personnages reviennent ce qu'ils disent, ainsi ils réalisent parfois que leurs actes ne correspondaient pas à la situation. Je ne sais pas si je vais être claire... mais ça vous est certainement déjà arrivé de vous dire : "bon, là, ok, ça passe mais l'auteur aurait pu trouver autre chose, la réaction de son personnage est à la limite du crédible", pas vrai ?! Et bien ici, les personnages peuvent parfois revenir sur leurs comportements de façon pertinente et en donner l'explication voire s'excuser. Bizarrement ce n'est pas si fréquent dans les romans il me semble, ou c'est seulement que le style de l'auteure est dans Oniria particulièrement remarquable que je puisse le relever. 
J'ai également constaté avec plaisir qu'Eliott fait preuve d'empathie et ne se réjouirait pas dans des moments non propices comme c'est parfois le cas dans certaines histoires. 
Bref, j'ai aimé le style de l'auteure, le monde qu'elle a créé, les relations entre les personnages et l'aventure qu'ils vivent. Ce n'est pas tout à fait un coup de coeur mais ce n'est pas loin du tout ! 
J'ai hâte de découvrir le second tome, "Le disparu d'Oza-Gora". 
Le roman est très jeunesse, et peut se lire dès 9/10 ans. D'ailleurs, mon fils, de tout juste 11 ans, a adoré ! Il l'a même chroniqué lui aussi. :) ICI. :) 

dimanche 26 octobre 2014

L'oiseau de papier

L'oiseau de papier
Ingrid Chabbert
Maud Roegiers
Editions Alice Jeunesse
Collection Histoires comme ça
"Une grand-mère donne à sa petite-fille une feuille de papier en prétendant qu’elle est magique. Mais la petite fille a beau écrire, dessiner… Rien ne se passe. Où est donc la magie, dans cette feuille ? La grand-mère prend la feuille, la plie savamment et réalise une cocotte en papier. "Mais elle n’est pas magique, mamie !" Alors, la grand-mère souffle sur la cocotte qui se met à remuer les ailes… Et c’est, pour la petite fille, l’émerveillement, la découverte progressive de la magie de l’imaginaire : comment une simple feuille de papier peut-elle devenir un personnage, une histoire, un univers… Après tout, un livre, un album, ce n’est pas seulement la somme de mots et d’images, c’est aussi et surtout une histoire que chaque lecteur se crée au gré de son imagination. Pour paraphraser Magritte : "ceci n’est pas une cocote en papier ; c’est un oiseau, et il vole".
Cet album met en valeur des instants du quotidien, moments partagés entre une grand-mère et sa petite fille. La complicité s'installe, et le bonheur des choses simples est présent. Le récit nous entraîne dans l'imaginaire, et la magie, à la rencontre de l'émerveillement d'un enfant. Cette histoire adorable est servie par des illustrations douces et tendres. Ces deux oiseaux en couple, deux "moitiés" forment une bien jolie conclusion. Une histoire destinée à faire rêver les enfants dès 4 ans. 

jeudi 24 avril 2014

Le Petit chaperon qui n'était pas rouge

Le Petit chaperon qui n'était pas rouge
Sandrine Beau
Marie Desbons
Editions Milan
 Nous sommes en Russie, il fait froid et la neige recouvre maisons et forêt. Une petite fille, surnommée petit chaperon bleu par tous en raison de ses vêtements et de sa chapka, s'en va rendre visite à sa grand-mère bien malade. Elle part donc chargée de ses affaires, sa petite guitare et un pot de miel pour sa mamie, après avoir sagement écouté les recommandations de sa mère. 
"Et ne traîne pas en route, Anouchka ! La forêt est profonde et pleine d'animaux dangereux."
La petite fille s'amuse en chemin et oublie qu'elle doit faire vite. A l'entrée du bois, elle va tomber sur un grand ours brun...

J'ai adoré cet album de bout en bout ! De la rencontre du chaperon bleu et de l'ours qu'elle amadoue avec son pot de miel et dont découle une scène d'une grande tendresse, à sa rencontre avec le lapin pleine d'humour et de fantaisie, c'est un récit irrésistible qui plaira autant aux plus jeunes qu'aux grands enfants (sans oublier ceux qui sont restés de grands enfants !) 
La chute ou plutôt devrais-je dire, les chutes, sont à mourir de rire ! Surtout que les mots de Sandrine Beau qui font déjà mouche sont appuyés par des illustrations dont l'air "de ne pas y toucher" accentue le côté décalé et hilarant de l'histoire. 
Le livre est donc tout autant adorable et mignon qu'il est amusant. Sans oublier l'aspect ludique de cette fin qui ouvre de nombreuses portes et invitent les jeunes lecteurs à laisser parler leur imagination. 
Les dessins de Marie Desbons s'accordent à merveille à l'esprit du conte. Elle arrive très bien à rendre l'ambiance au pays des matriochkas et en même temps, sans se départir de ce charme typique, parvient à être résolument moderne. 
Au final, ce conte revisité est cent fois mieux que l'original ! Si, si, j'ose ! Oublié le chaperon, la galette, le petit pot de beurre, la bobinette, et le loup,  les enfants et leurs parents leur préféreront la chapka, la balalaïka, l'ours, le tigre, le lapin et cette fin délicieusement drôle. Un superbe album à découvrir à partir de 4 ans. 

On en parle aussi en termes élogieux sur La mare aux mots. 

vendredi 21 mars 2014

L'arbre à l'envers

L'arbre à l'envers 
Pauline Alphen
Editions Hachette
Paulo a onze ans et, aujourd'hui, il a grandi tout d'un coup. 
D'abord, son grand-père est parti. 
Ensuite, son petit frère arrive. 
Ça peut même être une petite soeur. 
Parce que la vie est pleine de surprises. 
En attendant, en jouant à cache-cache avec sa cousine, 
il voit une porte ouverte. La porte du bureau interdit de son grand-père ! 
Il entre...
A l'intérieur, il y a un arbre à l'envers. 
Parce que la vie est pleine de mystères...

C'est un beau livre, fort, et surprenant. Récit poétique aussi, où la réalité s'accoquine avec le fantastique pour mieux parler du passé afin d'accepter et d'adoucir le présent. A découvrir à partir de 8/10 ans. 

La superbe couverture ainsi que les quelques illustrations intérieures, en noir et blanc, sont signées Princesse Camcam. 

mercredi 19 mars 2014

C'est pas grave

C'est pas grave
Jo Hoestlandt 
Editions Milan 
Collection Macadam
 
Chloé a passé une très mauvaise journée, sa mère l'a traitée de "petite pute", son petit copain la plaque au beau milieu de la supérette du coin, et cerise sur le gâteau il l'a trompée avec sa meilleure amie. Mais c'est pas grave, Chloé est une winneuse, une revival, elle va rebondir et même si ça fait mal, c'est pas grave, non vraiment c'est pas grave... 

"Ça va !", même quand ça ne va pas, parce que ça va plus vite comme ça ! Et "pas grave !" même quand ça la tue, parce ça lui ferait mal de ployer, de céder, que les autres la voient trembler..."

"Parce que moi, quand je touche le fond, c'est bon ! Ça me donne un appui pour remonter ! Comme à la piscine ! Un coup de talon et zou, je refais surface et coucou, me revoilà !
Une revival ! Voilà ce que je suis !" 

La construction du récit est très originale. Chaque chapitre se construit sur un duo, "Je", "tu", "elle", "on", "nous", "vous", "ils", "elles", neuf parties où Chloé affronte sa mère, son père, son amoureux, sa copine, et même elle-même. Cette dernière dualité est marquée par le désir d'être une autre, sentiment d'autant plus fort que la jeune fille est à la charnière de l'adolescence et de l'âge adulte. Elle se rêve plus belle, plus riche, et surtout plus libre, icône inaccessible finalement, mais c'est surtout trop tôt... Petit à petit, quelques personnages s'orientent vers la compréhension et le renouveau, écoutée par grands-mère, enrichie par son prof, Chloé semble mûrir au fil des pages. De nombreux thèmes sensibles sont abordés, divorce, relation parents-enfants, premier amour, complicité avec les grands-parents, amitié, mais finalement l'auteure dépasse ces problématiques pour amener le lecteur plus loin. Le récit part sur un terrain que je n'avais pas du tout perçu au début et l'importance du milieu social où vit notre héroïne prend de plus en plus d'importance. A la fin du roman, Chloé va faire connaissance avec une jeune fille, une rencontre qui annonce un changement et aussi le retour à deux, et non plus toute seule face aux autres mais cette fois dans le positif, tout en restant elle-même, une adolescente à qui il reste encore beaucoup de chemin à faire. La boucle est bouclée, la vie continue... Un portrait sensible à découvrir dès 13 ans. 

D'autres chroniques chez Moody, Muti et ses livres, Saefiel, Céline, LOraah Books, Megworl. 

"Mais oui, je blague, un peu. Parce que je suis vieille, mon ange, alors les histoires d'amour me font toutes un peu rire, à mon âge. Mais je ne ris pas pour me moquer, oh non, au contraire ! Je ris parce que je suis heureuse qu'il y ait encore des histoires d'amour sur cette malheureuse Terre couturée de partout, où l'on s'entretue plus souvent qu'on ne s'embrasse. Comme tu as de la chance, ma puce..."

Actuellement, un concours sur le blog pour gagner 3 exemplaires de "C'est pas grave", ICI. 

vendredi 31 janvier 2014

Petits Cheyennes : L'arbre à sucre

Petits Cheyennes : L'arbre à sucre
Michel Piquemal
Peggy Nille
Editions Hatier 
Collection Hatier Poche
Le printemps est là et c'est la saison où le sirop d'érable est récolté. Petit Nez, Feuille-de-vent et leur grand-mère partent donc en forêt faire des entailles sur les arbres.
 Mais le temps que le récipient se remplisse du précieux liquide paraît bien trop long à Petit Nez. Le petit garçon part donc en pleine nuit goûter au bon sirop. Heureusement que sa grande soeur s'en rend compte et se lance à sa poursuite accompagnée de trois amis, le jeune cheyenne est en danger... 
Voici une série "première lecture" que j'avais très envie de découvrir. Je dois dire que j'aime beaucoup les romans adaptés aux enfants de CP, bien pensés ce sont des lectures plaisantes qui donnent le goût de lire aux nouveaux lecteurs tout en étant ludiques. L'arbre à sucre s'adresse aux enfants de 6 ans, plutôt à partir de la deuxième partie du CP, pour ceux qui savent déjà lire tout seul. Les caractères d'impression sont bien gros, et le roman est partagé en trois chapitres de 5 ou 6 pages, histoire de ne pas trop fatiguer les jeunes lecteurs en herbe. Bien entendu, savoir lire tout seul ne veut pas dire que les parents ne sont pas nécessaire, il est toujours bienvenu de faire de cette lecture un moment complice, et pourquoi pas de se partager les lignes avec son enfant.
Dans L'arbre à sucre, les enfants retrouveront des thématiques qui leur sont familières, l'amour familial avec la grand-mère, les bêtises du petit frère, la gourmandise, transposées chez les indiens ! Voilà qui ne peut que leur plaire ! Des chevaux, un brin de frisson avec l'animal sauvage, une fillette et des garçons courageux, les jeunes lecteurs frémiront et souriront en lisant l'aventure de Petit Nez, Fleur-de-vent et leurs amis. 

mardi 15 octobre 2013

Pauline ou la vraie vie

Pauline ou la vraie vie
Guus Kuijer
Editions L'école des loisirs
Ce roman est pour moi un ovni, un livre dont je n'arrive toujours pas à savoir si je l'ai aimé ou non. Alors, c'est sans doute un peu des deux. J'ai apprécié cette gamine de 11 ans même pas impertinente, juste vraie et franche. Son amour pour Mimoun, jeune garçon de sa classe d'origine marocaine a de quoi toucher et questionner les enfants. Car tout le long du récit, le racisme et la mixité auront une grande part dans la réflexion de la fillette. Mais rien n'est simple dans la vie de Pauline, son père est un junkie, sa mère est une chieuse (désolée, mais c'est un personnage que j'ai eu un mal fou à supporter), et son instit est amoureux de cette casse-pied. Toutefois, Pauline voit tout avec les yeux de l'amour, son Mimoum est le plus beau, son père est le plus gentil, sa mère est adorable et son maître serait quasi parfait s'il s'habillait un peu mieux. Et puis il y a les deux grands-parents, les personnages les plus doux, les plus aimants et tolérants du roman. A travers la réalité et son regard sur le monde et sur ses proches, on rit et on pleure mais on s'ennuie aussi un peu alors j'ai pris mon temps pour découvrir ces plus de 600 pages. (Pauline ou la vraie vie est une intégrale comprenant 5 romans initialement publiés séparément). Le jeune lecteur découvrira également beaucoup sur l'amitié, si Pauline a au départ pour meilleures amies une vache et une pimbêche, en compagnie d'une jeune réfugiée mexicaine elle apprendra à écouter l'autre et à l'accepter pour ce qu'il est. Pauline ou la vraie vie, c'est donc le quotidien dans son entier, l'évolution d'une enfant et le passage vers l'adolescence avec ses joies simples comme écrire un doux poèmes et ses peines lorsqu'un proche décède. L'auteur offre au lecteur un monde complexe et complet où de nombreux thèmes sociaux sont abordés : du premier amour au deuil, en passant par le racisme, la foi et la drogue. Parfois dérangeant mais toujours sincère, un roman à faire découvrir aux plus de 9 ans. 

"J'aimerais croire en Dieu et pouvoir prier. Je lui dirais 'Cher Dieu, j'aime Mimoum et il m'aime aussi, mais notre amour est impossible. C'est pour ça que Mimoum a inventé un prétexte pour rompre. Parce que nous sommes déjà presque des grandes personnes et que les grandes personnes aiment rendre certaines choses impossibles."

vendredi 28 juin 2013

Le voyage de Mamily

Le voyage de Mamily
Agnès de Lestrade 
Charlotte Cottereau
Balivernes Editions
"Mamily a oublié quelque chose, peut-être de coudre le bouton du pantalon de Papily ? Mais... Où est le bouton ?"

Voici un album sensible au sujet douloureux mais abordé sans tristesse qui pourra accompagner l'enfant et l'aider à accepter une réalité difficile, la maladie d’Alzheimer chez un grand-parent.  
Le texte d'Agnès de Lestrade est émouvant et permet d'aborder les questions que peut se poser un enfant tout en ayant une jolie histoire racontée dans un langage poétique. Touchant et optimiste, le récit se finit sur un pirouette qui donne le sourire. Les belles et délicates illustrations de Charlotte Cottereau invitent à la rêverie et collent à l’état d'esprit de la personne malade. La nature est très présente, fleurs, oiseaux, et insectes s'invitent  au fil des pages.
 C'est un album au doux parfum de nostalgie où on se sent bien, on prend du plaisir à se balader en compagnie de cette mamie à l'humeur fantaisiste.
Par sa poésie, sa sincérité et la qualité de ses illustrations le livre sera toucher tous les publics, y compris les adultes.
 A découvrir à partir de 4 ans.

jeudi 13 juin 2013

Ça pousse comment ?

Ça pousse comment ? 
Gerda Muller
Editions L'école des loisirs
"Sophie est une petite fille de la ville, mais elle passe toutes ses vacances à la campagne, chez ses grands-parents. Ils ont un magnifique potager, où poussent toutes sortes de légumes. Cette année Sophie a la chance d'avoir des outils juste à sa taille, et va pour la première fois faire ses propres plantations. Ses grands-parents lui apprennent les gestes précis et les soins attentifs du bon jardinier. Il faut penser à tout, à désherber et aérer la terre, à protéger les petites bêtes utiles et à se méfier de la piéride du chou et des doryphores ! Au fil des saisons, Sophie découvre les mystères des plantes et les insoupçonnables secrets de la vie sous terre."

A travers une vraie histoire, je veux dire par là qu'il y a une fiction avec un personnage principal que l'on suit et que ce n'est pas seulement un livre documentaire, on part à  la découverte du potager. L'album fait la part belle à la nature, à la flore comme à la faune. Par exemple, sur presque chaque double page, on a la présence d'au moins un oiseau, on reconnaît des mésanges bleus, des tourterelles, un rouge-gorge, des hirondelles, des moineaux et des merles.
Le texte met en valeur les relations d'une petite fille avec ses grands-parents. 
On sent très bien toute la complicité qu'il peut y avoir entre les générations et avec quelle tendresse il y a une transmission des connaissances. 

Le récit est entouré de compléments d'informations et d'illustrations. 
L'auteure entraîne également ses jeunes lecteurs au fil des saisons et au rythme des heures. On a le jardin au printemps, à l'été, à l'automne et à l'hiver avec à chaque fois de nouvelles découvertes et de façon simple ce qu'il y a à faire pour le jardinier. L'auteure n'oublie pas de distiller quelques idées écolos telle que l'utilisation d'un composteur et la création de maisons pour les insectes. 
Il y a même le jardin mais de nuit ! Une double page très chouette où l'enfant peut imaginer ce qu'il se passe. Le chat qui rôde, la souris qui pointe son nez, et oh les petits mulots qui vont essayer de grignoter les légumes ! On s'y croirait !

Les petits citadins trouveront dans cet album également une partie pour eux avec le mini-potager pour la ville. Voilà une illustration qui va donner envie à bien des enfants de faire pousser des capucines et des tomates cerise sur leurs balcons !
 Les illustrations de Gerda Muller ont le côté rétro que nous leur connaissons bien. Elles sont très belles, douces, fines et très réalistes. Cet album a le charme de l'ancien et pourtant à l'heure des problématiques écologiques (sans compter économiques) il est tout ce qu'il y a de plus moderne. J'y retrouve à la fois ce que j'ai vécu enfant et ce que je transmets à mes propres enfants. Plus qu'un coup de coeur, c'est un album qu'il faut avoir et partager. 
pages de garde


jeudi 31 janvier 2013

La fête de la tomate

La fête de la tomate
Satomi Ichikawa
Editions L'école des Loisirs 
C'est l'été, comme bien des enfants japonais, Hana quitte la ville et ses parents qui travaillent, pour aller passer les vacances à la campagne chez sa grand-mère. Elle n'oublie pas d'y amener son petit plant de tomate dont elle prend grand soin. Planté en pleine terre dans le jardin de la mamie, le plant deviendra fort et donnera de délicieuses tomates à l'enfant, de quoi l'amuser à inviter ses parents, lorsqu'ils reviendront la chercher, à son propre restaurant, pour la fête de la tomate. 
Un album qui ouvre les enfants à la culture japonaise car l'auteur décrit des éléments réels typiques de la société nippone : la maison traditionnelle japonaise, le typhon, les futons, l'art de la table etc... 

Les personnages sont très attachants. Hana est une fillette mignonne, vive et curieuse qui s'investit comme une grande dans la culture de ses légumes. 
La relation entre la grand-mère et la petit fille est chaleureuse, douce et tendre, on ressent le même amour familial lorsque les parents sont de retour pour la conclusion du récit. 

Les dessins d'Ichikawa sont d'une grande finesse. Avec les traits délicats de son pinceau et l'harmonie de couleurs, elle crée des aquarelles aux dessins réalistes de toute beauté. 

Un album charmant à découvrir dès 5 ans. 

Quelques mots en +...

 Satomi Ichikawa est arrivé à Paris en 1970 et s'y est installée. C'est en France qu'elle commence à dessiner. Cette autodidacte a déjà publié de très nombreux albums chez L'école des loisirs, tels que Ma chèvre Karam-Karam, De la glace aux pommes de terre ?, Mon cochon Amarillon et bien d'autres encore. On peut imaginer que cette auteure qui met moult de ses souvenirs dans ses albums, aura mis un peu (beaucoup) d'elle dans l'aventure de la petite Hana.  

Pour en savoir plus sur cette artiste, rendez-vous sur le site de l'éditeur. 


                                                                            

mardi 8 janvier 2013

Le chef est une femme

Le chef est une femme 
Valérie Gans
Editions Flammarion 

Un très joli roman sur une femme d'aujourd'hui, très prise par son boulot (chef d'un restaurant étoilé) et le reste du temps, par ses enfants qu'elle élève seule. Après l'échec de son premier mariage et étant doté d'un ex-mari n'assumant pas ses responsabilités parentales, Graciane n'a ni le temps ni l'envie de retourner dans les bras d'un homme. Jusqu'au jour où son regard croise les beaux yeux d'Erwan. 

Le récit nous parle de sexisme, de parité, d'homosexualité, de maman solo et d'adolescence, de nombreux thèmes actuels traités avec bon sens et surtout une grosse dose d'humour. 

Un texte qui m'a beaucoup parlé, il sent bon la cuisine traditionnelle et m'a replongé dans des souvenirs d'enfance. Et puis, Valérie Gans a créé un personnage de grand-mère qui m'a énormément plu, il y a une belle transmission de savoir entre l'aïeule et sa petite fille (notre héroïne) et un amour entre ces deux protagonistes particulièrement touchant. 
Je suis moins convaincue par la romance de l'histoire car le personnage masculin principal m'a déplu et ne s'accordait  pas assez bien aux convictions de Graciane. 

Le style de l'auteur est très fluide, j'ai passé en compagnie du roman une excellente soirée. 

Le livre finit par 16 recettes, plusieurs que l'on a croisé au cours de la lecture. Ce petit + a été une jolie surprise et sûr qu'il y aura une pincée de poudre de piment d'Espelette dans ma prochaine mousse au chocolat... 

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