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mardi 29 septembre 2020

Lire est dangereux (pour les préjugés)

Dave Connis

Editions Milan

Quel est le point commun entre L'Attrape-cœurs et Hunger Games ?
Ce sont des romans. Des romans interdits dans le lycée de Clara.
Quand la jeune fille découvre que, depuis des années, des œuvres y sont censurées sans que personne n'en sache rien, elle décide d'entrer en résistante.
Son plan ? Monter une bibliothèque clandestine dans son casier.
Et montrer qu'en aucun cas, les livres ne peuvent être dangereux.

lundi 26 septembre 2016

J'étais là

J'étais là 
Gayle Forman

Editions Le livre de poche jeunesse
Quand j'ai appris la mort de Meg, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret. Elle avait tout prévu : la méthode, le lieu, ce qu'il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu'elle en finissait avec la vie. Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages. Oui, Meg était ma meilleure amie. Non, je n'étais pas au courant. Pourquoi ne m'avait-elle rien dit ? Elle avait eu besoin de moi, et je n'avais pas été à la hauteur. Pourtant, j'étais là.

Si je connaissais l'auteure de nom, je n'avais jamais lu un de ses romans, pensant qu'ils n'étaient pas pour moi. Et puis pour J'étais là, je me suis dit "et pourquoi pas finalement ?" Grand bien m'a pris puisque je n'ai pas lâché mon bouquin une fois commencé. J'ai eu des frissons en le finissant. Tout ce qui concerne l'amitié et les relations familiales sont particulièrement justes. J'ai été surprise de constater que le roman se lisait presque comme un thriller. L'héroïne, Cody, remonte la piste laissée malgré elle par son amie décédée. Au fil des rencontres, des mails épluchés, des corbeilles (d'ordi) déterrées, elle retrace et met le doigt sur les raisons du suicide de celle avec qui elle a grandi. Les surprises ne vont pas manquer et les rencontres décisives pour la jeune fille non plus. C'est le genre de roman que l'on finit mélancolique, en se posant des questions et peut-être en appréciant encore un peu plus la vie. L'auteure revient avec finesse sur les différentes étapes du deuil des proches des personnes qui se suicident, culpabilité, colère, tristesse, des états qui ne cessent de s'entrechoquer. L'enquête et l’intrigue sont bien ficelées et les personnages agréablement dépeints. Le roman fait partie de la littérature jeunesse et pourtant il n'est pas léger, il aborde sans tabou la maladie et la sexualité. À réserver à un public déjà un peu grand, à partir de 13/14 ans.

jeudi 19 mai 2016

Vies à la dérive


 Meurtris
Siobhan Parkinson
Editions L'école des loisirs
Une mère, on n’en a qu’une, pas vrai ? Même si elle picole toute la journée, même si elle oublie de vous acheter à manger, même s’il faut la tirer du lit le jour du versement des allocations chômage, il faut faire avec… Et Jono, du haut de ses quatorze ans, a toujours fait avec la sienne. Mais le soir où sa mère frappe sa petite soeur en pleine figure d’un coup tellement puissant que Julie valdingue à travers la pièce, Jono décide que c’en est trop.
Que peut-il faire ? Appeler la police ? Une assistante sociale débarquerait dans les trois heures et n’hésiterait pas à les séparer. Emmener Julie loin d’ici ? Mais pour aller où ? Jono n’en a pas la moindre idée, mais il sait qu’il est le seul à pouvoir protéger sa petite soeur.

*****

Comment s'en sortir avec une mère en vadrouille, un petit frère qui se prend pour un chien, une fouine pour voisine et sans un sou en poche ? 
Dave Cousins
Editions Bayard 
"Je ne peux dire à personne que Maman n'est plus là, même pas à Jay. Je ne lui fais pas confiance pour garder le secret. Je lui dirai qu'elle fait des heures supplémentaires au travail ou quelque chose comme ça. Jusqu'à son retour, il va falloir faire comme si de rien n'était, en racontant à tout le monde que Maman est encore là. Ça ne doit pas être si difficile que ça ?"

**************

Aujourd'hui, je rassemble deux livres présentant de nombreuses similitudes. 
2 romans. 2 mères dépendantes. 2 adolescents en souffrance. 2 petits à protéger. 1 volonté farouche de rester toujours ensemble.
Que ce soit Jono, le héros de Siobhan Parkinson ou Terrence celui de Dave Cousins, du haut de leurs 14 et 16 ans l'un et l'autre doivent protéger le plus petit de la fratrie d'une mère qui n'assume plus ses responsabilités. Le lecteur écoutera la voix mal-assurée de ces deux adolescents en souffrance. 
 Dans Meurtris, c'est la petite soeur qui prend le coup de trop, dans Comment s'en sortir..., c'est notre héros. Là où Jono choisira la fuite, chez Terrence c'est la mère qui s'en va et lui qui reste. Dans les deux cas, c'est l'amour fraternel et le désir d'une vie meilleure qui maintient les deux jeunes garçons hors de l'eau. Par crainte d'être séparés s'ils parlent, et placés dans une famille d'accueil ou un foyer différent, ces garçons choisissent de se taire. Ils s'inventent des vies qu'ils n'ont pas et subissent de plein fouet l'alcoolisme de leurs mères et l'absence de père. Même lorsque tout semble perdu - avec une lame de rasoir planquée pour peut-être s'évader pour de bon (Meurtris), avec une perruque sur la tête ou des cafards qui rôdent (Comment s'en sortir...) - les garçons gardent - presque - constamment courage et les récits sont souvent drôles et décalés. Deux romans sincères qui donnent également envie de découvrir les autres ouvrages des auteurs. Ils sont tous les deux à découvrir à partir de 12 ans. 

mardi 10 mars 2015

Toutes ces choses qui nous échappent

Toutes ces choses qui nous échappent 
Wendy Wunder
Editions Hachette
Noah est aussi surdoué et féru d’astronomie qu’en difficulté avec les émotions humaines. Pour l’aider à se sociabiliser, sa grande sœur Zoé, dix-sept ans, a créé pour lui un musée conceptuel, sous forme d’installations artistiques complexes, improvisées dans la cave de leur maison. Peur, envie, déception, vérité, pardon, honte : autant de sentiments qu’elle définit et illustre pour lui au quotidien. Un jour, Zoé et sa meilleure amie Hannah décident de prendre la route – Zoé à la poursuite d'une tornade qu’elle pense être une manifestation d’extra-terrestres venus la chercher, et Hannah pour veiller sur sa meilleure amie dons les délires l’inquiètent. Chemin faisant, Zoé pousse Hannah à vivre mieux, rêver davantage et viser plus haut. Tout comme elle l’avait fait avec son frère, elle se met à expliquer à son amie le sens et la valeur de toutes ces choses qui leur échappent et dont elles ont tant besoin dans leur vie : l'audace, l'insouciance, le karma et même le bonheur…

J'avais été bouleversée par le premier roman de Wendy Wunder, La fille qui ne croyait pas aux miracles (voir chronique ICI), alors peut-être avais-je mis la barre beaucoup trop haute pour son second ouvrage mais je n'ai pas été très enthousiasmée pour Toutes ces choses qui nous échappent. Pour moi, la sauce n'a pas pris mais peut-être que vous, vous vous laisserez happer par la folle échappée des jeunes filles ? Si j'ai aimé le début et la fin du récit, quasiment tout le reste m'a laissé pensive (pour ne pas dire dubitative). Le livre manque cruellement de réalisme et les dialogues de naturel, je crois que c'est pour ces deux raisons que je suis passée à côté. Pourtant la fin qui joue sur la corde sensible a réussi à me toucher. Les événements sont parfois brutaux et en cela véhiculent toutes sortes d'émotions. Au final, cela nous donne une histoire, où l'amitié est plus forte que tout, bancale mais qui grâce à sa conclusion se révèle un puissant roman d'apprentissage. A découvrir à partir de 14 ans. 

La couverture VO (que j'adore !) :  

dimanche 19 octobre 2014

Broken Soup

Broken Soup
Jenny Valentine
Editions L'école des Loisirs 
Collection Médium
Un jour, à la caisse du magasin, un inconnu tend à Rowan un objet qu’elle aurait laissé tomber par terre. C’est le négatif d’une photographie. On y distingue un visage radieux. Cela fait deux ans que Rowan ne sait plus ce que c’est, un visage radieux. Depuis la mort de son frère Jack, Rowan doit faire face. Ses parents se sont séparés, sa mère a perdu goût à la vie. Et c’est elle, Rowan, à quatorze ans, qui élève sa petite soeur au quotidien. Mais comment quelque chose qui ne nous appartient pas peut-il transfigurer l’existence ? Rowan est persuadée que ce négatif n’est pas à elle. Pourtant, il va révéler bien des secrets, et éclairer sa vie d’un jour nouveau.

Un sacré livre ! Plein de silences, de non-dits et de secrets. Un roman puissant, beau et très fort. Un récit qui tourne autour de la perte et du deuil. Comment surmonter le décès de son enfant ? De son frère ? De la personne que l'on aime ? Mais aussi un livre où brille l'espoir, avec la vie qui continue, ses amours, ses amitiés qui deviennent profondes, le bonheur d'être soi et de partager du temps avec ceux qu'on aime. L'auteure réussit à nous conter tous ces parcours sans nous faire pleurer une seule fois, c'est pourtant parfois poignant mais sans jamais être larmoyant. 

Morceaux choisis...

"Papa était déjà loin bien avant d'être parti, si vous voyez ce que je veux dire. Quant il nous a quittés, la situation n'a fait qu'empirer. Parce que désormais lui aussi nous manquait."

"Je savais déjà qu'une famille normale, ça n'existait pas. On avait beau croire que la sienne l'était, il survenait toujours un événement pour vous donner tort." 

"Il nous avait fallu apprendre à survivre, jusqu'à ce que quelqu'un se souvienne de notre existence."

"Encore un exemple de ce penchant à réinventer Jack, ce jeu du transformez-le-en-qui-vous-voudrez."

"On a beau ne pas choisir sa famille, on peut toutefois en adopter certains membres."

Un roman à découvrir à partir de 12 ans. 

lundi 26 mai 2014

Et puis après ?

Et puis après ?
Katie Williams
Editions Milan
Collection Macadam

Après être tombée du toit du lycée, Paige est décédée mais reste présente sous forme de fantôme. Elle n'est pas la seule, deux autres adolescents, Evan et Brooke, morts également dans l'établissement hantent les lieux. Lors d'une réunion de soutien qui suit sa mort, Paige entend une de ses camarades, Kelsey la coqueluche du lycée, émettre l'idée qu'elle s'est suicidée. La jeune fille ne peut supporter l'idée que sa meilleure amie et ses parents puissent croire qu'elle s'est donnée la mort, pour rétablir la vérité elle devient prête à tout. Mais comment s'y prendre lorsqu'on  n'est qu'un esprit ?! Paige fait alors une découverte surprenante, lorsqu'une personne pense à elle, elle peut la posséder et l'obliger à faire et dire ce qu'elle désire...


Et puis après ? est une lecture touchante, je me suis retrouvée deux fois à avoir les larmes aux yeux. L'héroïne, très attachante, m'a émue dans sa volonté farouche de rétablir la vérité (ou du moins la sienne) mais c'est surtout quand elle réalise ce à quoi elle est passée à côté et qu'elle ne pourra jamais changer ça que j'ai véritablement été touchée au coeur. Le récit nous montre bien qu'il faut ouvrir grand les yeux sur ceux qui nous entourent pour tenter au maximum de ne pas avoir de rendez-vous manqué avec une personne qui aurait pu marquer notre vie. Une ode au carpe diem même si une douce mélancolie découle de l'histoire. Le livre est court et se lit vite, on peut ainsi découvrir le mystère qui entoure les morts des trois adolescents en dévorant le récit d'une traite. 
Malgré ma sympathie pour le personnage principale, la jeune fille m'est également apparue comme profondément égoïste. Dans sa quête pour décrédibiliser Kelsey, elle agit sans penser aux conséquences et va engendrer quelques souffrances. A travers cette histoire de fantômes, l'auteure nous présente tous les groupes étiquetés d'un lycée, les cul-bénis, les belles filles un peu garces, les beaux gosses qui se la jouent, les fumeurs de shit, et puis les papillons de nuit plus fragiles tels qu'un jeune garçon homosexuel ou une adolescente dite folle, pour finalement bouleverser tout ça en démontrant que les apparences sont parfois trompeuses. 
Deuil, acceptation, responsabilité, et tolérance, Et puis après ? est un roman intense qui aborde tous ces sujets sensibles de façon subtile. A découvrir à partir de 14 ans. 

J'adore la couverture de l'édition originale !! Elle est en rapport avec un détail du récit et je trouve que ça sonne très très juste. Je regrette qu'elle n'ait pas été conservée en français. (sinon, j'aurais bien vu un vol d'oiseaux pour l'illustration de la couv...) 
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